Ce livre est une somme, et si c'est un magasin, il ressemble plus à un hypermarché qu'à une épicerie de campagne, tant il offre de richesses (avec la qualité de l'épicien parisien de luxe !) Pourtant, je n'y ai pas trouvé de véritable bonheur. Le nouveau magasin d'écriture est un livre savant et exigeant, qui ne s'adresse pas au public le plus large possible, mais aux initiés, universitaires ou motivés. C'est un livre pour les amoureux des mots, les poètes et les aspirants écrivains, et tous les animateurs d'ateliers d'écriture (parmi lesquels j'inclus les enseignants, l'ouvrage proposant beaucoup d'exemples pour la jeunesse). Je ne fais pas partie de ce « public cible ». Oui mais. En même temps qu'un recueil d'exercices et de pistes pour susciter les jeux d'écriture, c'est aussi un gigantesque manuel d'histoire littéraire, qui fourmille d'exemples et de références à explorer. Ce n'est donc pas un essai qu'on lit d'une traite, mais un ouvrage de référence dans lequel on reviendra piocher régulièrement, au gré des envies, et selon que l'on s'intéressera à la poésie, au conte, au surréalisme, à tous les champs possibles du roman et de la littérature. A condition d'avoir au préalable fait une fac de lettres et de se souvenir, si l'on a pris de l'âge, de tout ce vocabulaire qui emprunte à la critique littéraire, car bien sûr, vous savez par caeur, vous, ce que sont les actants, le paratexte et les hétéronymes, la cénesthésie, le chiasme et la fatrasie, l'expolition et l'apologue ? (Vous avez raison, il n'y a pas d'âge pour apprendre).
Ceci dit, de toute évidence, une nouvelle référence dans la critique littéraire.