Les économistes ont un métier ingrat et difficile, il leur faut aujourd'hui utiliser les données économétriques (souvent recueillies par l'INSEE), et en déduire l'effet de telle réforme sur le bonheur de la société : carte scolaire, collège unique, aide au logement, etc. C'est difficile pour tout un tas de raisons, mais en particulier parce qu'on cherche à établir une causalité alors qu'on ne mesure que des corrélations.
Eric Maurin examine dans "La Nouvelle Question Scolaire", les effets du passage au collège unique. Il est pris, sur ce sujet dans une masse de difficultés : données éparses et hétérogènes, mais surtout, il a son opinion : il croit que le collège unique n'a pas provoqué, comme d'autres sociologues le soutiennent, la dévalorisation des diplômes. Il faut faire parler les chiffres !
Il y a donc, sur cette question scolaire qui concerne autant le primaire que le supérieur, d'un côté les statistiques que produit Eric Maurin, et de l'autre les récits, toujours plus nombreux et plus tristes de ces enseignants ou de ces étudiants, partis plein d'espoir et qui comprennent en cours de route, que d'une manière ou d'une autre, on leur a menti.
L'intérêt du livre d'Eric Maurin est qu'il apporte la contradiction à ce flot de récits. Il nous invite à regarder le phénomène dans ses grandes lignes, et en particulier à reconnaître l'élévation du niveau scolaire moyen, et ses conséquences sur taux d'emploi.