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Pour cet universitaire, qui est par ailleurs secrétaire général de la Fondation Saint-Simon, un club de réflexion aussi discret qu'influent, le déclin de l'Etat providence est inéluctable. Car la logique qui le sous-tend - celle d'une sorte d'assurance tous risques basée sur les contributions des actifs - est mise en échec.
Difficultés économiques et multiplication des nouvelles formes d'insécurité font que l'Etat providence, organisé pour faire face aux problèmes de groupes sociaux homogènes, doit désormais prendre en charge des individus placés dans des situations de plus en plus imprévues.
Ces problèmes ne pourront être résolus que par l'abandon de la logique assurancielle et par une intervention directe de l'Etat.
Mais de quelle manière? Pour s'en tenir au domaine de l'emploi, en faisant en sorte que tous les efforts soient concentrés sur une politique d'insertion. Le RMI pourrait jouer en partie ce rôle à condition que les bénéficiaires se sentent liés par une contrepartie: leur engagement personnel dans une démarche d'insertion.
Pierre Rosanvallon nous met surtout en garde contre une tentation très perceptible actuellement, celle qui consiste à salarier l'exclusion. Si le chômage et l'exclusion doivent nécessairement donner lieu à des aides venant de la collectivité, l'automaticité et la banalisation de l'indemnisation ne peuvent qu'aggraver le mal que l'on est censé combattre. --Rémy Arnaud--
Ce livre propose une rediscussion d'ensemble de la question sociale, et ce, au travers des deux grandes parties intitulées : refonder la solidarité et repenser les droits. En fait, selon l'auteur, la France n'a pas encore clairement pris conscience de l'entrée dans cette crise philosophique qui accompagne l'avènement d'une nouvelle question sociale. Il faut en explorer les termes pour comprendre le nouveau paysage social qu'elle dessine en creux. Cette problématique d'une nouvelle question sociale touche actuellement la plupart des pays industriels, même si c'est à chaque fois avec une tonalité différente. Néanmoins, nous dit Pierre Rosanvallon, la crise philosophique de l'État providence présente dans tous les cas des traits communs. Elle marque partout une inflexion décisive dans la perception du social qui a prévalu pendant près d'un siècle. Au-delà des difficultés financières et gestionnaires, elle correspond en effet en profondeur à l'entrée dans un nouveau moment de la modernité.
Le véritable défi posé à l'État est donc de recréer une nouvelle cohésion sociale par l'adoption d'un système de dépenses non plus passives mais actives, qui rétablit une obligation "positive". Pour Pierre Rosanvallon, "l'avenir de l'État providence n'est pas tracé d'avance. Il se confond pour une large part avec celui de la vie démocratique". Ainsi, ses problèmes se régleront davantage sur le terrain politique qu'à travers une réforme de l'administration. --Futuribles-- --Ce texte fait référence à l'édition Relié .
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