Jamais le grand écrivain autrichien n'a sans doute mieux allié le romanesque à la poésie.
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Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Peter Handke, un auteur à part,
Par Lou Daniela (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille (Poche)
Ce roman de Peter Handke, est, comme les autres œuvres de l'écrivain autrichien, un livre inclassable. Cette originalité a pour conséquence de surprendre le lecteur, trop habitué au fil du temps à isoler aisément tout roman au sein d'une catégorie qui contient ses propres codes stylistiques et narratifs. Est-ce un roman d'aventures ? Non. Un roman policier ? Non. Un roman de genre, un roman sentimental ? Non plus. Un roman traitant d'un thème de société ? Non. Un roman fantastique, un roman de science-fiction ? Non plus. Un roman historique ? Non.
Il s'agit d'une histoire étrange, presque indicible, le récit d'une longue marche solitaire depuis l'Autriche jusqu'au sud de l'Espagne. L'écriture en elle-même est déroutante, car la syntaxe de Peter Handke est atypique, atypique mais très intéressante. Sa construction des phrases et son choix lexical renforcent brillamment le sens du récit, le message de l'ouvrage. Un message, avertissons les lecteurs potentiels, assez sombre, mais pas toujours. « Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille » fut mon premier roman de Peter Handke et une sorte de voyage insolite, à l'instar du narrateur de l'ouvrage, au sein du monde personnel de l'auteur. La vision grise et déprimante du monde vue par Peter Handke. La psyché de l'auteur est très clairement perceptible à travers son roman, un esprit complexe, trouble, déprimé. Car c'est précisément en cela que ce roman est passionnant : on y découvre, à travers son écriture, la perception du monde tel que le voit Peter Handke (ou du moins, tel qu'il nous le présente à travers ce roman). Un monde gris, empli de solitude, où pointe souvent la souffrance, le découragement, cette sensation de ne pas avoir sa place dans l'assemblée des hommes, l'impossibilité d'une communication claire entre les personnes. Un monde curieux, empli aussi d'une poésie méditative, d'une communion avec les éléments et les sensations : le vent, l'effet du soleil sur la peau, l'odeur d'un champignon que l'on hume en silence. Le livre de Peter Handke est indéniablement une œuvre forte. Je déconseille vivement aux lecteurs qui ne s'intéressent ni à la psychologie cognitive, ni à la « vraie » littérature (sujet sensible au possible !) de le lire, car ils ne comprendraient pas l'intérêt du roman et seraient insensibles à son aspect presque psychiatrique. Amateurs de romans de gare s'abstenir. Pour les autres, je conseille vivement la lecture, certes parfois déroutante, de ce roman à part. L'intérêt de la littérature n'est-il pas justement de nous faire découvrir un autre point de vue sur le monde ? En cela, le roman de l'écrivain autrichien accomplit parfaitement son rôle. Le titre singulier et déconcertant du roman est en soit une première étape : « Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille » ... Très bon roman. Original et inclassable, même si indéniablement triste et déprimant. Excellente richesse psychologique. Note personnelle 13/20. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Lecture ardue,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille (Poche)
Dans quel état j'erre ? La langue de Handke, le récit de Handke, c'est le rêve au sens freudien ' cette « inquiétante étrangeté » ' qui se serait accouplée à Kafka.
Voilà ce qu'il en coûte de lire ce roman, névrosé et immoral, malsain et plein de fulgurances poétiques, une longue et triste rêverie maladive sur les rives de la Mort, fleuve dont personne ne sort indemne et qui laisse à jamais son odeur sur les chairs ' Frottez ! Frottez ! Vous ne sentirez pas bon pour autant. Malheur à celui qui veut vivre, semble nous-dire Handke. Malheur à celui parti en quête. Les quêtes sont désormais lettres mortes dans des livres imprimés, tuant le texte, le laissant vide de toute explication sécurisante. Quoi ? Il ne nous reste plus qu'à mourir ? Certes. C'est tout ce que nous gagnerons à vivre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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