Ce roman est baigne dans des couleurs dignes de celles de Roy Andersson dans "Du levande" (Nous les vivants). Il est ponctué ici et là d'une pointe d'humour. La résolution de l'intrigue, percutante, rattrape un récit lancinant, dans lequel l'enquête suit des chemins détournés. Ce n'est pas palpitant, c'est langoureux.
L'empreinte de la Seconde guerre mondiale est aussi puissante que dans "Le retour du professeur de danse" de Mankell. La critique sociale est acerbe. Le livre laisse l'impression d'une Norvège datée (ça "sent" ses Quatre-Vingts...) mais il a aussi donné une profondeur à cette ville de Bergen que j'ai visitée en 2006.
Donc, à lire si vous aimez les atmosphères gris-bleu-jaune dans lesquelles évoluent des personnages désemparés. Et si comme moi vous êtes très scandinavophiles.