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Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance [Broché]

Simon Epstein
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Spécialiste de l'antisémitisme, Simon Epstein a constitué au fil des ans un socle informatif considérable sur les itinéraires contrastés de deux catégories de Français : ceux qui protestèrent contre le racisme et l'antisémitisme dans les années 1920 et 1930, avant de s'engager dans la Collaboration ; et ceux qui exprimèrent une hostilité ou un préjugé à l'égard des Juifs, puis qui se retrouvèrent, l'heure venue, dans la Résistance. Ce livre ne retrace ni l'histoire de l'antiracisme ni celle de l'antisémitisme ; il est l'histoire du passage de l'un à l'autre. Les principaux chefs de la Collaboration ont traversé, chacun à sa manière, une phase de dénonciation de la haine antijuive ; beaucoup furent même militants de la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA). Réciproquement, de nombreux résistants, et non des moindres, sont originaires d'une extrême droite nationaliste qui, dans les années 1930, fut fertile en prises de positions hostiles aux Juifs. C'est ce phénomène paradoxal que Simon Epstein décrit puis analyse, en s'appliquant aussi à démonter l'occultation dont ces chassés-croisés, déroutants certes mais significatifs, ont fait l'objet dans les mémoires françaises.

Biographie de l'auteur

Économiste et historien, Simon Epstein vit à Jérusalem depuis 1974. Auteur de plusieurs ouvrages sur le racisme et l'antisémitisme, il a publié, en 2001, un livre remarqué sur Les Dreyfusards sous l'Occupation.

Détails sur le produit

  • Broché: 622 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (15 mars 2008)
  • Collection : Bibliotheque histoire
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226179151
  • ISBN-13: 978-2226179159
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Superbe travail d'historien 21 février 2009
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Broché
Simon Epstein est économiste et historien, auteur de plusieurs ouvrages sur le racisme et l'antisémitisme, vit à Jérusalem depuis 1974. Il a publié en 2001 un ouvrage remarquable sur Les Dreyfusards sous l'Occupation.

"Un paradoxe français" est un livre d'histoire qui détruit plusieurs mythes et autres mensonges.

Mythe n°1 : l'extrême droite française, collaborationniste pendant la seconde guerre mondiale était majoritairement l'extrême droite d'avant la guerre. C'est tout l'inverse. La majorité des premiers résistants était issue de l'Action Française qui prônait le "nationalisme intégral" et était germanophobe.

Mythe n°2 : la gauche pacifiste, antiraciste, philosémite a majoritairement composé la Résistance. C'est tout l'inverse. Les pacifistes ont continué, dans leur majorité (à l'image des dreyfusards) de l'être sous la botte nazie.

"Que le pacifisme fut le vecteur principal de la collaboration, que les pacifistes furent nombreux à collaborer, et qu'ils fournirent de très nombreux collaborateurs, que la gauche fut dominante dans la collaboration parce qu'elle fut dominante dans le pacifisme - toutes ces vérités dérangeantes échapperont aux politiciens, aux polémistes et aux historiens soucieux d'inculper "toutes les droites" et de leur faire porter le chapeau exclusif des erreurs, des trahisons et des crimes qui ont endeuillé, à jamais, les années 1940-1944.

Ils chargeront Maurras (Action Française) de forfaits commis par des gens, qui, pour beaucoup, étaient des antimaurrassiens endurcis. Ils s'acharneront sur La Roque (les Croix de Feu), qui vraiment n'y était pour rien. Ils débusqueront des "fascistes" un peu partout y compris là (et surtout là) où il n'y en avait pas, et ils ignoreront ces pacifistes, intransigeants et candides à la fois, qui se fascinèrent pour l'Allemagne de Hitler (...)".

Simon Epstein expose à l'aide de fiches biographiques précises, de leur mise sous lumière de l'Histoire, dans cet ouvrage dense, exégétique, une réalité historique très éloignée des multiples propagandes et oublis nés dans l'après-guerre.

Les nombreuses sources d'informations puisées notamment chez Bernard Lacache qui fut le président de la LICA (ancêtre de l'actuelle LICRA) qui dénonça tous ces traîtres qui, ayant milité au sein de ce mouvement pacifiste, de gauche, philosémite se convertirent à la collaboration et à son opposé, Henry Coston, l'extrêmiste de droite de toujours, qui dénonça ces "convertis" qui après-guerre quittèrent pour leur carrière politique cette extrême droite collabo, donnent de cette page d'histoire de France à la fois l'image des égoûts les plus puants du racisme, de la honte, du meurtre, et celle des cieux les plus purs de l'héroïsme, de la Liberté, de l'Honneur.

L'auteur enfin explique les raisons qui ont soutenu ces mythes et nous régale par une notice biographique précise de François Mitterrand.

Quelques colles pour les forts en thème :

- Si Brasillach était maurrassien, Drieu-La Rochelle était-il d'extrême droite avant guerre ? Non. Il était de gauche et philosémite.
- Jean Luchaire, Pierre de Brinon, Alphonse de Chateaubriand : idem, de gauche.
- Doriot, Déat ? de gauche
- Cocteau, Aymé, Giono ? de gauche
- Bergery ? radical de gauche
- Bertrand de Jouvenel ? de gauche
- Simon Sabiani, Maurice-Ivan Sicard, Paul Perrin, André Grisoni, Paul Rives, Maurice Levillain, Barthélémy Montagnon, René Chateau, Claude Jamet : de gauche itou
- Robert Jospin (le père de Lionel) pacifiste intégral, munichois, proche de Marcel Déat : SFIO
- Camille Chautemps, Georges Bonnet, Maurice Papon, René Bousquet : de la gauche radicale !
- Robert Hersant : idem
- Charles Spinasse, Georges Monnet : encore
- Georges Suarez qui fut l'ami de Jopseph Kessel dans les années 20, biographe de Clémenceau et de Briand, dont le souci de réconciliation franco-allemande le conduisit sous Vichy au pronazisme le plus effréné, fut le premier journaliste à être jugé pour collaboration : proche de la gauche briandiste.
- Alfred Baudrillart, Marc Augier, Jean Balestre : etc.
- Camille Planche, Léon Emery, René Gérin, déatistes, provenant de la gauche.
- Saint-Loup (alias Marc Augier qui, avant guerre, chantait "Au devant de la vie" avec ses camarades juifs des Auberges), Saint-Paulien (alias Maurice-Ivan Sicard, qui avant guerre vomissait dans son "Huron" le fascisme et les fascistes), Roland Gaucher (ex- Roland Goguillot qui militait aux Etudiants révolutionnaires), François Brigneau (Emmanuel Allot, pacifiste de gauche): ex-antifascistes, anciens de la gauche et de l'extrême gauche, collabos, militants d'extrême droite après la guerre.

- René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, responsable de la déportation de 54.000 juifs français, l'ami de toujours de François Mitterrand : centre gauche républicain.

Saviez-vous que 12 des 17 ministres SFIO de la fin de la III° République furent exclus de ce parti après guerre pour leur comportement collaborateur pendant ?

Saviez-vous que trois des grands chefs de la collaboration, Pierre Laval (socialiste révolutionnaire avant la première guerre mondiale), l'amiral Darland (socialiste) et Déat (ex-SFIO) furent victimes de deux nationalistes, d'avant guerre ? Fernand Bonnier de la Chapelle, Action Française, assassina Darland à Alger en 1942 et Paul Collette, ex-Cagoulard, blessa par balle Marcel Déat et Pierre Laval en 1941 lors d'une revue des troupes de la LVF.

Ce livre est riche d'enseignements précis qu'il est impossible de résumer.

Exceptionnel ouvrage qui fait date dans la compréhension de notre Histoire.
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35 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Jean Weil
Format:Broché
En effet c'est un paradoxe que de dire que les antiracistes, d'avant 1939, sont devenus des collaborateurs et qu'inversement les antisémites d'avant 1939, sont devenus des résistants... Car c'est oublier deux faits qui ont boulversés la répartition de la donne idéologique: le pacte germano-soviétique et la défaite française prise en charge par Pétain-le-vainqueur-de-Verdun...Le pacte a fait éclater les digues souvent fragiles entre antiracisme et racisme et entre fascime et communisme et enfin le vainqueur de verdun faisait clairement apparaître la défaite de 1940 comme étant le résultat de la démocratie parlementaire: d'ailleurs même De Gaulle disait la même chose en 1942 à Christian Pineau dans "la simple vérité". Ceci étant ce livre a l'immense mérite de montrer que la tête des mouvements de résistance était souvent aux mains de personnes de droite voir d'extrême droite, comme... voir l'ouvrage lui-même. Par contre il ne dit mot des résistants de l'armée des ombres qui ont trimés et qui sont des gens de gauche et en grosse majorité des socialistes car le secrétaire général clandestin du parti socialiste était Daniel Mayer dont la consigne était: "faîtes de la résistance dans le mouvement le plus proche de chez vous".
Ouvrages complémentaires :
Les vichysto-résistants de Bénédicte Vergez-Chaignon et
Les socialistes sous l'occupation Marc Sadoun.
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Pinuche
Format:Broché
Après l'occupation, très nombreux sont les gens qui, ayant fait toute leur carrière politique dans une gauche antiraciste, durant les années 20 et 30, ont été arbitrairement classés à l'extrême droite après avoir collaboré.

A la même époque, la dite extrême droite, parfois antisémite, a fourni à la résistance de nombreux cadres.

L'image d'Epinal: extrême droite = collabos/ gauche = résistance, ne résiste pas à l'analyse historique.
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