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2.0 étoiles sur 5
au coeur des mammifères, 21 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La part animale (Broché)
Il y a tout d'abord l'importance des personnages installés dans ce village de Trésanne.
Marie Ducasi, la boulangère, duchesse de son domaine limité à sa petite boutique, aussi lézardée qu'elle, perdant le goût de vivre aussi vite que fuient les derniers clients.
Le paysan, Henry Chaumier soucieux d'accomplir un travail rémunérateur et d'occuper son esprit perturbé par des soucis de couple. Ce patron « rubicond et prognathe », chaponne son nouvel ouvrier Etienne, le personnage principal du livre. Ce jeune employé surnommé vire-branle en rapport avec son activité particulièrement délicate, consistant à récolter la semence des Douglas (non, pas les résineux) ces volatiles énormes élevés et confinés dans des bâtiments spécialisés.
La femme du paysan qui tourne vire autour de François Mornand, le notable local, notaire passionné par l'observation des limaces et des rapaces.
Les protagonistes installés dans leurs habitudes coutumières, évoluent dans un cadre champêtre somptueux.
Yves Bichet commente les vies de chacun, avec une aisance gorgée d'ironie. L'écriture souple et détaillée donne du relief au texte souvent agrémenté de poétiques références discrètes. L'auteur nous conduit chemin faisant, sur la voie de la réflexion concernant les réactions animales qui régissent parfois notre comportement de mammifère évolué. Avec l'appréhension première de parcourir le texte d'un auteur « régionaliste », j'ai eu le plaisir de lire ce livre.
Extrait : Etienne propose une réflexion sur son environnement à sa femme, Claire.
ce qui ne laisse de m'étonner, vois-tu, c'est que les bêtes souffrent en silence. Elles se débattent quand on les attrape, mais, sitôt immobilisées, elles acceptent sans un frémissement la loi du plus fort. Elles se taisent. Elles subissent nos charcuteries sans réagir. C'est très différent chez les humains. La violence ordinaire est plus sourde, et puis certains d'entre nous se rebellent. Parvenu à mon stade on ne peut plus se rebeller. Regarde Maria Ducasi... Alors on se marre, et le miracle a lieu. On découvre la paix. On rit. J'apprends lentement à rire, Claire. »(bertrand-môgendre)
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3.0 étoiles sur 5
histoire de cul de poule, 8 janvier 2008
Il y a tout d'abord l'importance des personnages installés dans ce village de Trésanne.
Marie Ducasi, la boulangère, duchesse de son domaine limité à sa petite boutique, aussi lézardée qu'elle, perdant le goût de vivre aussi vite que fuient les derniers clients.
Le paysan, Henry Chaumier soucieux d'accomplir un travail rémunérateur et d'occuper son esprit perturbé par des soucis de couple. Ce patron « rubicond et prognathe », chaponne son nouvel ouvrier Etienne, le personnage principal du livre. Ce jeune employé surnommé vire-branle en rapport avec son activité particulièrement délicate, consistant à récolter la semence des Douglas (non, pas les résineux) ces volatiles énormes élevés et confinés dans des bâtiments spécialisés.
La femme du paysan qui tourne vire autour de François Mornand, le notable local, notaire passionné par l'observation des limaces et des rapaces.
Les protagonistes installés dans leurs habitudes coutumières, évoluent dans un cadre champêtre somptueux.
Yves Bichet commente les vies de chacun, avec une aisance gorgée d'ironie. L'écriture souple et détaillée donne du relief au texte souvent agrémenté de poétiques références discrètes. L'auteur nous conduit chemin faisant, sur la voie de la réflexion concernant les réactions animales qui régissent parfois notre comportement de mammifère évolué. Avec l'appréhension première de parcourir le texte d'un auteur « régionaliste », j'ai eu le plaisir de lire ce livre.
Extrait :
Etienne propose une réflexion sur son environnement à sa femme, Claire.
ce qui ne laisse de m'étonner, vois-tu, c'est que les bêtes souffrent en silence. Elles se débattent quand on les attrape, mais, sitôt immobilisées, elles acceptent sans un frémissement la loi du plus fort. Elles se taisent. Elles subissent nos charcuteries sans réagir. C'est très différent chez les humains. La violence ordinaire est plus sourde, et puis certains d'entre nous se rebellent. Parvenu à mon stade on ne peut plus se rebeller. Regarde Maria Ducasi... Alors on se marre, et le miracle a lieu. On découvre la paix. On rit. J'apprends lentement à rire, Claire. »(bertrand-môgendre)
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