"Je peux vivre sans toi, on peut vivre sans bras" : tel est le vers d'annonce du tube en puissance (et en puissance seulement hélàs) "Pas de bras, pas de chocolat", résultat en chanson d'une vieille blague de rugbyman, et signature de Bertrand Betsch : ce désespoir qui ne perd jamais l'humour, c'est le signe des grands.
Troisième album de BB, qui a défaut d'être un grand vendeur, est un grand chanteur, unique, loin de la Star Réac' et même des écoles d'ici (Delerm ou les autres). Loin aussi de l'austérité relative de ses premiers disques, Bertrand noie le poisson (décidément soluble) dans les eaux mêlées du jazz, du reggae ou de la fanfare ... jamais loin de la fanfaronnade, jamais trop loin non plus d'un sombre spleen : "le lundi, c'est maladie" (la réforme de la sécu n'y pourra rien), et "les mots ont leur importance" : comme tout cela est bien chanté ! 5 étoiles, haut la main, et même sans les bras !