Le rapprochement avec l'oeuvre de Sofia Coppola peut paraître facile, mais mes sentiments après avoir achevé ma lecture rejoignaient globalement ceux éprouvés après visionnage du film : l'impression d'avoir passé un moment de grande légèreté, à la limite de l'insignifiance, mais très plaisant.
Le livre n'est pas très long - moins de 200 pages, et se lit sans peine. Le style, pour autant qu'on puisse en juger à travers la traduction, est agréable. J'ajoute que je ne connaissais pas Peter Carey, et je ne peux donc faire aucune comparaison avec ses oeuvres plus connues. Je doute qu'il y ait lieu d'en faire de toute façon.
La courte odyssée de l'auteur et de son fils au Pays du Soleil Levant semble n'être qu'une succession de malentendus. Face à son gamin de douze ans féru de manga et de jeux vidéo, le "gaijin" australien se lance dans une quête obsessionnelle du "Vrai Japon", que représentent pour lui kabuki, onsen et artisanat du sabre. Systématiquement, ses idées reçues sont battues en brèche par ses interlocuteurs d'une dénégation polie mais ferme, à son grand désarroi - et celui de son fils qui passe le plus clair de son temps à avoir honte pour lui, surtout quand il l'embarrasse devant les plus prestigieux mangaka et réalisateurs d'animes (Tomino et Miyazaki, excusez du peu).
L'aspect "choc culturel" est décrit avec humour, mais de façon très superficielle. Les amoureux du Japon et de sa culture comme les animefans n'apprendront rien en lisant ce livre, ils risquent même de trouver l'auteur assez nombriliste dans sa démarche de découverte d'une autre culture. En outre, j'ai été déçu d'apprendre qu'un personnage important du récit (le pittoresque Takashi) était purement fictif, imaginé par l'auteur "pour introduire de l'adversité".
En fait, il apparaît très vite que ce que Peter Carey s'attache vraiment à comprendre, c'est moins le "Vrai Japon" que son propre fils Charley. Les rapports parfois difficiles avec le primo-adolescent sont relatés de façon très vivante, et pris sous cet angle, l'ouvrage est assez savoureux. Il parlera sans doute davantage aux parents effarouchés par les postures extrême-orientales de leurs rejetons. Comme dans le film de Sofia Coppola, le Japon avec son paysage urbain n'est qu'une toile sur laquelle se (re)dessinent des liens d'une grande délicatesse.