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L'univers romanesque de Paul Auster ne cesse d'explorer les thèmes de l'invraisemblance du sort, du vacillement de l'identité ou encore de la déréliction. Ici, la "musique du hasard" est le dénominateur commun aux récits qui composent cet ouvrage. Attention toutefois, il ne s'agit pas à proprement parler d'une uvre de l'auteur de la
Trilogie new-yorkaise, mais plutôt d'une anthologie d'histoires vraies aux allures de fiction, sélectionnées parmi un ensemble de quatre mille textes que l'écrivain a reçus dans le cadre d'une émission de radio ; en tout, cent soixante-douze textes courts, écrits exclusivement par des auditeurs américains, de tous âges et de tous horizons sociaux et qui vont de la farce à la tragédie, du rire aux larmes ; dix rubriques tentent d'organiser ce chaos de voix. Le résultat est inégal : le style est souvent maladroit, et rares sont les récits véritablement "littéraires", comme le remarque l'auteur lui-même dans sa préface. Mais l'essentiel n'est pas là : dans leur rugosité même, toutes ces histoires sont sincères et humaines, donc touchantes. "Dépêches du front de l'expérience personnelle", elles ont aussi une portée historique et sociale qui les rend souvent universelles : plus d'un lecteur se reconnaîtra dans tel ou tel individu, exilé d'un monde auquel il appartient pourtant. Un ouvrage austérien, donc, à lire comme on feuilletterait un album de photos.
--Nathalie Gouiffès
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Revue de presse
L'aventure de
Je pensais que mon père était Dieu a commencé il y a environ deux ans, lorsque Paul Auster, auteur acclamé de la trilogie new-yorkaise, s'est vu proposer de participer régulièrement à une émission de radio. Peu enthousiasmé par l'idée de devoir écrire sur commande, il suit alors le conseil de son épouse, la romancière Siri Hustvedt, et propose aux auditeurs de lui envoyer leurs propres histoires. Deux règles étaient fixées : elles devaient être courtes, et surtout véridiques. Devant le succès de l'entreprise (pas moins de 4000 lettres reçues) et la richesse de beaucoup de ces récits, un livre s'imposait, trace matérielle de cette fantastique anthologie du peuple américain. Les 172 textes choisis par Auster tracent un portrait loin des stéréotypes habituels. LAmérique se dévoile alors comme probablement on ne l'avait encore jamais vue.
Entre les déambulations d'une poule dans les rues de Portland et une réflexion sur la solitude, on assiste à des tranches de vie, à des événements incroyables, des hasards inimaginables, des rencontres bouleversantes. Le rire d'un père disparu depuis longtemps, une photo trouvée par hasard, un souvenir d'enfance qui rejaillit, un doigt coincé dans les trous d'une grille en acier, une roue qui apparaît comme par miracle... le livre est rempli de ces petits riens qui font les moments les plus marquants d'une vie. Et même si l'Histoire s'inscrit souvent en toile de fond, de la Guerre de Sécession au Viêt-Nam en passant par la grande Dépression, elle ne prend jamais le pas sur les individus.
Malgré un classement thématique, les histoires se succèdent sans lien ni évolution logique, passant de la nostalgie à la joie, de la douleur à la situation la plus comique. Et l'alternance brutale de toutes ces émotions, nous conduit parfois jusqu'au malaise, tant on est conscient d'entrer dans le quotidien des Américains, dans ce qu'il a de plus intime, de plus tragique aussi. C'est la réalité d'un peuple qui nous est offerte ici. Dans sa préface, Paul Auster résume d'ailleurs cette entreprise par ces mots empruntés à un vétéran du Viêt-Nam condamné à perpétuité pour meurtre, et qu'il pose comme le principe fondateur de ce livre : «Je n'ai jamais été parfait, mais je suis réel»... --
Olivier Bacquet --
Urbuz.com
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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