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Le petit livre bleu - Analyse critique et politique de la société des schtroumpfs [Broché]

Antoine Buéno
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Mieux vaut exercer son intelligence à des conneries que sa connerie à des choses intelligentes. Les Shadocks
Nous aimons tous les Schtroumpfs. Leur univers fait partie intégrante de notre enfance. Pas question, pour l auteur, d en casser la magie ou d en rompre le charme ; mais bien au contraire de prolonger le plaisir autrement...
Les Schtroumpfs peuvent être étudiés sous une infinité d angles : culturel, esthétique, marketing, économique, juridique, historique, sociologique, psychologique, psychanalytique. Pédagogique également : ils s adressent en priorité à un public d enfants. Une telle approche explique certains traits saillants du monde des Schtroumpfs, comme l absence de sexualité. Le village des Schtroumpfs peut apparaître comme la métaphore d une classe d école.
Mais allons plus loin dans l analyse :
Les petits lutins de Peyo se ressemblent tous : bonnet blanc, collant blanc, corps bleu, petite schtroumpf bleue, excepté le grand Schtroumpf, ils vivent en collectivité et travaillent tous à une cause commune : réparer le village après le passage d un méchant, bâtir un pont sur la rivière Schtroumpf... l initiative privée est rarement récompensée, elle est même la plupart du temps réprimée, ils prennent leur repas tous ensemble dans une salle commune, ils ont un chef unique, ils sortent très rarement des limites de leur petit pays...
Cela ne vous évoque rien ? Une dictature politique par exemple ?
A l issue de la lecture, nous espérons qu il vous aura convaincu d une chose : Le monde des Schtroumpfs semble bien un archétype d utopie totalitaire. Alors, cela change-t-il pour autant le regard que nous portons dessus ? En aime-t-on moins les petits lutins de Peyo ? Sans doute pas. Faut-il s en inquiéter ? C est toute la question...

Biographie de l'auteur

Antoine Bueno, professeur à l IEP de Paris, nous propose une étude intéressante autant que divertissante émaillée d exemples divers pris dans l oeuvre de Peyo. Son raisonnement étayé en étonnera plus d un, et livrera aussi toutes les réponses aux questions fondamentales que pose la série, comme la taille réelle des Schtroumpfs.

Détails sur le produit

  • Broché: 250 pages
  • Editeur : HORS COLLECTION (1 juin 2011)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258088917
  • ISBN-13: 978-2258088917
  • Moyenne des commentaires client : 2.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
n'importe quoi 13 août 2011
Par Discophage TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Broché
Donc : le Grand Schtroumpf, c'est Staline. Pourquoi ? Parce que (p. 104) « la comparaison des portraits de Marx, de Staline et du Grand Schtroumpf fait apparaître une certaine ressemblance » (ah bon ???? Marx, je veux bien, à cause de la barbe... mais Staline ???? Et le Père Noël est-il marxiste aussi, du fait de la barbe ? Et Brassens, stalinien, à cause de la moustache ?). Parce que le Grand Schtroumpf est costumé de rouge, et que le rouge, n'est-ce pas... Parce que le marteau et la faucille, « emblèmes du communisme, se retrouvent à plusieurs reprises réunis dans la BD » (p. 102). Alors, évidemment... Parce que le Schtroumpf qui rêve d'aller sur une autre planète s'appelle, à la soviétique, le « cosmoschtroumpf » et non l'« astroschtroumpf » ou le « spatioschtroumpf » (p. 103). Et enfin, parce que le Grand Schtroumpf, comme Staline, « est en position de pouvoir » et que son paternalisme rappelle celui du dictateur russe, qui, n'est-ce pas, se faisait appeler « Le petit père des peuples » tout comme le Grand Schtroumpf est « le petit père des Schtroumpfs » (p. 104/5). Et le père Noël, figure paternelle s'il en est, « petit père des enfants », c'est Staline, aussi ?

Mais ce n'est pas tout. Non content, dixit Buéno, que le village Schtroumpf soit « un modèle authentiquement soviétique » (page 103), la société Schtroumpf est un peu nazie sur les bords, en plus. Démonstration ? Ben, d'une part, comme chez les nazis, c'est un univers raciste : voyez les Schtroumpfs noirs, clairement des Africains bestiaux tels que vus par l'idéologie colonialiste belge (p. 122 ss). Et puis, c'est un univers antisémite, par la figure de son ennemi juré, Gargamel. Buéno développe à cet égard ses analyses dans son chapitre consacré au stalinisme (pp. 107-109), mais il les reprend dans son chapitre sur le soi-disant nazisme des Schtroumpfs (p. 127 ss) : Gargamel aime l'or (comme les juifs dans la propagande nazie ou stalinienne), il est laid (comme l'image du juif dans la propagande etc.), « il a un gros nez crochu et le cheveu rare. Il est voûté. Il est sale. » Conclusion : « il a tout du juif tel que le représente la propagande stalinienne » ou hitlérienne. Ah oui, et n'oublions pas Azraël. Azraël, Israël, et hop ! le tour est joué. Et puis, la Schtroumpfette, dans son état originel brune et moche (et donc juive, puisque créée par Gargamel, « sale juif ignorant des bons canons raciaux » - si, si, c'est écrit en toutes lettres, p. 126) devient, après sa transformation par le Grand Schtroumpf, une pure blonde aryenne. Brigitte Bardot, autre célèbre bimbo blonde, aussi ? Buéno ne nous le dit pas. Autres traits nazis, selon Buéno : le monde Schtroumpf est un univers phallocrate et misogyne, comme le nazisme, et une société corporatiste, où chacun se définit par une fonction, un métier, comme le nazisme. Même la Schtroumpfette est définie par ses fonctions (pp. 135), subalternes et domestiques : s'occuper du bébé Schtroumpf, faire la lessive et le ménage. Certes, elle ne fait pas la cuisine, parce que nous sommes en pays francophone, et que la bouffe, c'est une affaire de chef ! (p. 136). Buéno ne nous dit pas pourquoi, contrairement à l'idéologie et à la pratique du régime hitlérien, elle ne se voit pas assigner des fonctions reproductrices, notre bonne Schtroumpfette. En fait, si : les Schtroumpfs ne se reproduisent pas, nous avait déjà appris notre bon Buéno (pp. 41 ss). Pas très nazi, ça - mais ne nous embarrassons surtout pas de telles contradictions, elles risqueraient de ruiner toute la « démonstration ».

C'est tout le problème. Le petit bouquin de Buéno aurait pu être (un peu) intéressant s'il s'était limité aux premiers chapitres, où il traite de des questions absurdes (car faisant mine de considérer ces personnages de pure fiction que sont les Schtroumpf comme des personnes réelles) mais amusantes, à la manière de Saint Augustin qui s'interrogeait sur la sexualité d'Adam et Eve au paradis terrestre. Genre : pourquoi les Schtroumpfs ont-ils la peau bleue ? Ont-ils des cheveux sous leurs bonnets ? Comment respirent-ils (alors que leurs nez n'ont pas de narines et que leur cage thoracique est sous-développée, au profit de leur bidon) ? Se reproduisent-ils ? (Partie I)

On aurait même pu, malgré, déjà, quelques raisonnements absurdes et contradictoires, adhérer aux démonstrations de Buéno sur le fait que la société Schtroumpf a tous les traits d'une utopie au sens de Thomas More, une société parfaite décrivant un contre-modèle à la société humaine (Partie II Chapitre I), voire, en se forçant un peu, à sa thèse selon laquelle il y a des aspects totalitaires dans la société Schtroumpf (Partie II chapitre IV). On aurait même pu se laisser convaincre qu'un personnage comme Monulf (dans « Le Pays Maudit ») ressemble fort à la caricature du Juif dans la propagande antisémite (p. 128) - plus que, comme le prétend Bueno, Gargamel ou Maltrochu (dans "La Flûte à six schtroumpfs"); mais, élément à charge, Buéno passe sous silence l'image accablante dans ce dernier album, où l'usurier dévalisé par Maltrochu parle, comme c'est bizarre, avec un accent... "Foilà ! Foilà ! Che fiens !..." dont il est douteux qu'il soit alsacien, plutôt que Yiddish -, et que Peyo, consciemment ou inconsciemment, se nourrissait de ce fonds-là.

Mais tout ça n'était sans doute pas suffisant pour nourrir un livre entier. Alors plutôt que d'admettre que quand on a rien à dire, mieux vaut se taire, Buéno et son éditeur ont préféré dévider le fil de la logique jusqu'au pur délire - espérant, clairement, profiter de la sortie du film, puisque le livre y fait même référence dans sa chronologie des Schtroumpfs, p. 33 !

« Mai 2011 : publication du Petit Livre Bleu...

Juillet 2011 : adaptation hollywoodienne des schtroumpfs en film d'animation 3D ».

Sauf que les deux chapitres sur le stalinisme et le nazisme sont tellement, grotesquement délirants, qu'ils corrompent l'ensemble - le reste n'étant d'ailleurs pas dénué du même genre de pseudo-démonstration qui sont poussées jusqu'à la caricature dans les deux chapitres en question.

C'est de ce genre de raisonnement parfaitement délirant que se nourrissent toutes les théories du complot, tous les systèmes paranoïaques qui fleurissent sur la toile, toutes les « causalités diaboliques » analysées par Léon Poliakov et, finalement, tous les totalitarismes. On sait comment ça fonctionne : on déniche un argument - et plus souvent l'apparence d'un argument - en faveur de la thèse, tout en ignorant consciencieusement les mille autres qui l'invalident. Par exemple : Le Grand Schtroumpf est le petit père des Schtroumpfs comme Staline fut le petit père des peuples, donc le Grand Schtroumpf = Staline. C.Q.F.D. Oui, mais enfin, consubstantiel au stalinisme, plus que ce genre de ressemblance métaphorique à la mord-moi-le-noeud (redisons-le : le Père Noël est une figure paternelle, donc le Père Noël = Staline, et Brassens porte la moustache comme Staline, donc Brassens = Staline ?), il y a : les millions de déportés et de morts au goulag (alors, c'est quoi, m'sieu Buéno, le goulag des Schtroumpfs ?), la police secrète (c'est quoi, m'sieu Buéno, la police secrète des Schtroumpfs ?), la collectivisation forcée (et non, comme le dit Buéno, le simple collectivisme : et elle est où, la collectivisation forcée des Schtroumpfs qui les aurait fait passer d'un état antérieur de propriété privée à un état actuel de propriété collective ?), l'invention d'un ennemi intérieur (la contre-révolution, les « valets de l'impérialisme », les agents secrets de la CIA) et les procès de Moscou (et c'est quoi, les agents secrets du capitalisme et les procès de Moscou des Schtroumpfs ?), etc. En vérité, les Schtroumpfs n'ont rien à voir avec Staline et le stalinisme, et faut vraiment être taré pour s'imaginer le contraire.

Idem avec le nazisme. Ils sont où, m'sieu Buéno, les camps d'extermination des Schtroumpfs ? Leurs « nuits de cristal » où les « braves » Schtroumpfs auraient été commettre un pogrom sur « l'ignoble » figure du Juif, Gargamel (puisqu'il s'agirait, selon Buéno, non d'une condamnation mais d'une apologie du nazisme) ? Et leurs autodafé de la bibliothèque gargamélienne ? Et leurs rassemblements de Nuremberg, où le Grand Schtroumpf/Hitler exalterait « le triomphe de la volonté » en des discours enflammés ? En vérité, Buéno écrit n'importe quoi. Gargamel, figure du Juif ? Lire la suite ›
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Avant d'acheter ce pamphlet, je vous conseille d'en lire l'excellente critique, ecrite par Damien Boone, sur le forum d'ActuaBD Il est clair que sous un vernis savant, l'auteur n'a excercé qu'une recherche tres superficielle de l'univers et de l'histoire de la creation des Schtroumpfs... Un exemple d'un travail baclé
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
Critique ou buzz ? 16 juin 2011
Format:Broché
Avant d'acheter ce livre, j'ai toujours pensé que les schtroumpfs étaient une critique cachée de l'humanité. Le scénario d'un grand nombre d'histoires est finalement similaire, on y montre une société certes fermée, mais ou chacun peut vivre ensemble tout en ayant sa particularité, plus ou moins utile au groupe. Mais l'harmonie de cette société est brisée dès que les schtroumpfs commencent à se comporter comme des humains. cela est particulièrement évident dans les albums "le schtroumpfissime", "schtroumpf vert et vert schtroumpf", "le schtroumpf financier", "docteur schtroumpf", et d'autres encore.
J'ai été très déçu. L'auteur croit voir du nazisme, du stalinisme, du racisme, de l'antisémitisme caché. Le livre laisse la mauvaise impression que l'auteur a voulu faire le "buzz" en surfant sur ces thèmes très sensibles à notre époque, et probablement l'annonce de la sortie prochaine des schtroumpfs au cinéma. Cette "critique" est désagréablement triviale et peu nuancée, indigne du curriculum vitae de l'auteur. A éviter, donc.
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