« Un peu de cocaïne pour me délier la langue » nest pas, à proprement parler, un ouvrage de Sigmund Freud, mais plutôt une anthologie de ses textes relatifs à la cocaïne.
On passe un moment bien agréable dans cet ouvrage malgré la rigueur scientifique de la grande majorité des pages, durant lesquelles Freud analyse lutilisation de la coca sur des cobayes et lui-même. Aussi étrange cela puisse-t-il paraître, il ne semble y avoir, à lépoque, aucun phénomène secondaire important à lutilisation de la cocaïne ! Mieux, cette dernière est même utilisée pour guérir les morphinomanes de leur addiction. Nayant aucune connaissance sur ce domaine, je ne mexplique pas labsence de contre phénomènes.
En tout cas, la partie la plus intéressante du livre réside probablement dans les lettres de Freud à sa fiancée : il réside alors à Paris où il fait la cour à Charcot tout en poursuivant ses études médicales sous sa direction. Les qualités littéraires dont fait preuve notre médecin, son sens de la description, son honnêteté dans la peinture quil fait de lui-même à Martha sont très appréciables et concourent à donner un visage humain et touchant à lhomme.
Malheureusement, il nous faut bien confesser que ce recueil manque dun réel appareil critique : lintroduction du psychanalyste Charles Melman voit ce dernier défendre lidée que les médicaments anti-dépresseurs sont léquivalent de la cocaïne de lépoque (sic) et Jean-Louis Chassaing, autre psychanalyste lacanien, prétend que Freud aurait compris que la cocaïne abâtardissant la liberté de lhomme : il aurait alors tout quitté pour retrouver, sans le sou, Martha : des propos que rien ne vient justifier, ni les propres paroles de Freud, ni un courrier, ni même un ouvrage cité en note