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17 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
ennuyeux..., 26 septembre 2008
Je dois être une petite nature ou insensible au « chef d'oeuvre ultime » (si, si, il y en a qui le pense...), mais je me suis profondément ennuyé à la lecture de cet ouvrage.
Tirant les grosses ficelles bien crades d'une lubricité qu'un pornographe actuel pourrait sans peine égaler, le Marquis signe là une oeuvre bien triste. Non pas triste, comme j'ai pu le lire, concernant la profonde solitude (!) dans laquelle baigne ses personnages (sans profondeurs et intrinsèquement pathétiques), mais tristesse de voir un écrivain se vautrer complaisamment dans le sordide. Ce qui est amusant, c'est que nous avons l'impression, au fur et à mesure que nous tournons les pages, que l'auteur cherche par tous les moyens possibles et inimaginables à choquer, et ce de manière basique, facile et, n'en déplaise à certains, d'une folle banalité.
Alors, autant choquer pour choquer, pourquoi ce cher Marquis n'a t-il pas introduit dans son récit quelques bribes de nécrophilie, de scatologie, voire de nécro-scatologie ? Parce qu'en lisant certaines pages, on arrive à se demander pourquoi s'encombrer l'esprit de chose si malsaine et franchement répugnante, quand la littérature, la vrai (il n'y a rien de plus subjectif, je vous l'accorde), regorge d'oeuvre passablement méconnue (à ce titre, les « contes licencieux » du même auteur sont autrement plus fins et méconnus).
Les lecteurs assidus de « la Philosophie dans le boudoir » me répondront sûrement que l'injection d'une maladie mortelle par le biais d'un viol est un acte d'une poésie enflammée ou que la suturation de certaine partie se veut une métaphore de notre incapacité à communiquer avec autrui...mouais...dans ce cas là, je pourrais facilement commenter les sous-entendus nombreux qui se cachent au sein d'une oeuvre philosophique telle que Picsou Magazine ou le Journal de Mickey...rien de plus facile que de parler sur du vent.
Trêve de bla-bla...je comprends que l'on puisse aimer ce genre de littérature, mais chercher des sous-entendus, des états de pensées sous-jacents ou je ne sais quoi de profond (sans mauvais jeu de mot...), c'est donner à un vulgaire roman de « cul » une importance qu'il n'a pas.
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10 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Découvrir Sade écrivain et auteur d'un système s'impose, 21 août 2004
Nul auteur plus mal compris que Sade, dont la seule mention évoque le terme sadisme, comme si l'oeuvre du divin marquis devait se résumer à une apologie de la violence dans les pratiques sexuelles. Rien de plus idiot que de s'en tenir là, et de passer avec pudibonderie son chemin devant "La philosophie dans le boudoir". Car l'apologie de moeurs inédites mise à part, on manquerait ainsi de lire parmi les plus belles pages de la littérature française, écrites dans un style que n'a rien à envier à celui de Chordelos de Laclos. On manquerait aussi "Français, encore un effort si vous voulez être républicains", essai dont le reste de l'oeuvre ne constitue finalement que le cadre et dans lequel Sade, pris dans la tourmente révolutionnaire, expose son système. En s'interrogeant sur la manière d'organiser la société pour satisfaire les besoins qu'il juge les plus légitimes de ceux qui la composent, c'est toute la contradiction d'une société qui n'a pas encore su faire la part entre l'égalité et l'égalitarisme que Sade met à jour. Autrement dit, comment est-il possible de penser un groupe composé d'individus épanouis, quand l'épanouissement de l'un passe par l'asservissement de l'autre ? Sans doute, le raisonnement de Sade est biaisé; on sent qu'il ruse avec les autorités pour donner corps à ses fantasmes ou du moins échapper à la censure, ce qui lui coûte de se contredire parfois. Mais cela n'enlève rien à l'intérêt de sa question, sur laquelle on débouche encore aujourd'hui chaque fois qu'un évènement nous impose de méditer sur les limites des libertés individuelles - entre la liberté et l'égalité, on comprend ainsi que la fraternité constitue le moyen terme. Enfin, de savoir que la question a pu être posée avec autant d'enthousiasme en 1794 suggère le climat d'excitation intellectuelle que dut être la période révolutionnaire, chacun exposant avec conviction son système, aussi délirant soit-il. Sade est donc à découvrir, et ce livre sert cette entreprise à merveille.
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14 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Sade ou la tristesse de ses libertins..., 10 septembre 2006
C'est un ouvrage très intéressant à lire, dont la philosophie laisse songeur... Sade enonçait déjà des idées dont on retrouvera la trame chez certains penseurs qui viendront après lui. Sans être vraiment spécialiste du monde sadien, j'ai perçu de la tristesse et beaucoup de solitude dans cet ouvrage. Sade était emprisonné, révolté contre la société qui l'avait mis derrière les verrous et j'ai cru percevoir cet isolement (encore une fois, je ne suis pas spécialiste), dans ses écrits. Les scènes érotiques me semblent caricaturales, presque irréelles. En effet, il n'y a que la parole du libertin qui condamne, aussi bien par le verbe que par le geste, sans sembler s'apercevoir qu'il s'adresse à un autre. Sa parole est froide et incisive, ses gestes ordonnés, presque mécaniques. Il n'y a pas de réel dialogue, le libertin s'adressant soit à une victime qui n'existe quasiment pas ou à un converti qui n'a pas besoin d'être convaincu. En fait, tout me semble être prétexte pour que le libertin se parle à lui-même, pour qu'il laisse éclater sa colère et sa révolte. L'autre n'existe pas pour lui-même, il n'est là que pour permettre au bourreau d'épancher son coeur. Aussi nombreux soient-ils dans la même pièce, les personnages semblent faire chacun un long monologue ne s'accordant pas toujours avec celui des autres. Les héros semblent étrangement seuls même en compagnie des autres, à tel point que la question de savoir qui est vraiment la victime, entre le libertin et la personne qui lui est soumise, se pose. C'est très déroutant mais terriblement intéressant à découvrir.
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