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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Destins croisés,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Meets pierrick pedron (CD)
Sur son disque précédent, How Deep Is The Ocean (Igloo, 2009), Greg Houben jouait et chantait comme Chet Baker dans un style tellement maîtrisé qu'il a fait tout de suite l'unanimité. Sur cet album, le trompettiste affiche une personnalité plus affirmée que l'on ne peut plus désormais rattacher à un nom en particulier. Malgré tout, si l'on excepte le boppisant Funnel Cloud, les morceaux qui sont tous en tempo lent ou moyen rappellent quand même les ambiances des albums de Miles Davis dans les années 50, surtout quand Houben joue avec une sourdine comme sur Mademoiselle Croissant. Et puis, il s'est associé avec un sacré souffleur nommé Pierrick Pédron. Le saxophoniste breton était de passage à Liège en 2009 pour le grand festival de jazz et c'est dans la cité ardente « after hours » qu'Houben et lui ont fait connaissance, ce qui les a conduit naturellement à enregistrer ensemble cet album. Si le trompettiste belge a oublié Chet pour souffler dans la sphère davisienne, Pédron lui joue avec un allant et une flamme qui évoquent tout de suite le grand Cannonball Adderley. L'alchimie est donc parfaite entre les deux hommes dont l'interaction rappellera la magie d'un célèbre quintet de 1958. Le contrebassiste vétéran Sal La Rocca, efficace mais discret, est ici associé au batteur américain Rick Hollander dont la réputation n'est plus à faire et, cerise sur le gâteau, le piano est aux mains du jeune et talentueux Pascal Mohy qui, en plus de délivrer quelques beaux chorus, participe aussi à l'écriture des thèmes. Certes, rien de neuf n'émerge de cette association franco-belge mais franchement, qui s'en soucie quand la musique est tellement bonne qu'elle fait vibrer. Notons en passant la belle pochette monochrome à l'ancienne qui aurait pu porter le sigle du label Prestige : on y voit les deux solistes se serrer la main devant des voies de chemin de fer qui se croisent comme des destins.
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