On ne lit sans doute pas Tim Powers pour la qualité de sa plume, mais vraisemblablement plus pour la richesse de ses histoires et la cohérence de ses récits. Le poids de son regard contient ce que l'auteur fait de mieux : du fantastique où sont revisités des événements, périodes ou personnages marquants de l'Histoire et non sans brio.
Le poids de son regard raconte l'histoire de Michael Crawford, un brillant chirurgien anglais du XIXème siècle, contemporain des poètes Percy Shelley, John Keats et Lord Byron. Il va se retrouver embarqué avec ces derniers dans une histoire mêlant humains et créatures nées de la Terre, parasitant leurs hôtes et partageant avec eux sentiments et bien plus.
Le roman est en fait une fable sur le vampirisme, et la présence des poètes romantiques anglais apporte une justesse et une saveur incomparables à l'ensemble. Le charme de l'Italie et la mélancolie de Byron et Shelley donnent du corps et une dimension réellement romantique au mythe du vampire, bien éloigné des stéréotypes Dracula/Carpathes qu'on nous sert habituellement. Peut-être pourra-t-on reprocher un scénario un peu convenu et sans surprises, même si le récit est conduit habilement du début à la fin. Un roman où Tim Powers prouve qu'il maîtrise très bien son style aux confins de l'uchronie et du fantastique et on souhaite découvrir avec lui d'autres univers (pour ma part en tout cas).