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5.0 étoiles sur 5
Un ouvrage essentiel !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une politique mondiale pour nourrir le monde (Broché)
Comme celui sur l'eau de Erik Orsenna, ou encore le dernier livre de Jacques Attali "Demain, qui gouvernera le monde", ce livre fait partie des livres essentiels pour réfléchir constructivement à la façon d'affronter les défis de demain dans la mondialisation.
Edgar Pisani avait prévu déjà il y a 24 ans ce qui allait arriver : crise alimentaire, croissance des inégalités Nord/Sud, persistance et accroissement de la pauvreté, etc. Il est plutôt pessimiste et alarmiste. Ce sujet est aussi très lié à celui du problème de ressources énergétiques (utilisation de terres arables pour les bio-carburants au détriment de la nourriture humaine et animale), du développement durable (le réchauffement climatique assèche des régions entières et en inonde d'autres), du mode de vie et de la santé (on mange trop de viande au Nord, or l'élevage consomme plus de céréales que si l'homme mangeait directement ces céréales). On pourrait ajouter d'autres sujets comme les OGM, ... Résumé selon lui de ce qu'il faudrait faire : # Lier politique agricole et politique alimentaire, # Considérer la faim dans le monde et l'extrême pauvreté comme un enjeu de sécurité, un risque pour la paix et la survie de l'humanité, # Mettre en place une gouvernance mondiale, soit par création d'une structure dédiée, qui n'existe pas aujourd'hui, à laquelle participerait la Banque Mondiale et la FAO ou bien pourquoi pas au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unis, puisqu'il s'agit d'un enjeu de sécurité et de paix dans le monde. Et retirer à l'OMC la responsabilité de ces sujets, # S'organiser en régions dans le monde, qui auraient à la fois des objectifs internes (garantissant l'autosuffisance alimentaire et préservant l'environnement local, développant l'emploi local,...) et des objectifs externes (interdire de nuire aux autres régions par sa propre politique). L'organisation en régions permettrait de mutualiser les moyens pour l'approvisionnement et la gestion de l'eau, le partage des ressources, la prévention sanitaire ou des catastrophes naturelles, les investissements communs. # Il propose, pour les questions agricoles, un système basé sur des régulations, en fonction des spécificités des produits, des pays, des acteurs,se substituant au capitalisme pur basé sur le libre échange soumis uniquement aux mois du marché, à l'instabilité des prix et uniquement au bénéfice du commerce international, ruinant systématiquement les plus faibles, aboutissant à une concentration du marché dominé par quelques acteurs qui font la loi et finissent par orienter le marché en leur faveur. Il dénonce aussi la fausse idée que les subventions agricoles (PAC) profitent aux agriculteurs, dont 45% ont un revenu au dessous du SMIC et ce serait 84% s'il n'y avait pas ces subventions (dont 58% en revenus négatifs !). La politique subventionnée de prix bas a surtout profité aux intermédiaires et non aux consommateurs car les intermédiaires n'ont pas baissé les prix à la consommation tout en bénéficiant de baisse à l'achat. Il montre aussi que les centrales d'achat tiennent le marché (10 centrales contrôle 40% du marché de 160 millions de consommateurs !) et donc on n'est pas dans une vraie concurrence. Il faudrait préciser la mise en application pratique, progressive (conduite du changement) de ces propositions. De même qu'une suppression brutale de la PAC aurait pour effet à la fois de renchérir considérablement les denrées alimentaires de base exportées aux pays pauvres alors que l'agriculture vivrière locale, décimée, n'aurait pas les moyens de se reconstituer dans un temps raisonnable pour compenser le besoin et retrouver compétitivité, engendrant des émeutes notamment en zones urbaines, et aussi l'effet de ruiner des agriculteurs européens non préparés à la reconversion, et nuire à l'autosuffisance alimentaire européenne. Je suis étonnée qu'il n'ait rien dit sur la prévention démographique. D'ailleurs personne n'en parle comme si c'était sujet tabou. Nous sommes aujourd'hui 6 milliards d'êtres humains et nous serons 9 milliards en 2050. Ne faudrait-il pas agir aussi sur le contrôle de la natalité, non pas de façon coercitive comme en Chine, mais par l'éducation et l'accès à la contraception ? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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