Contrairement aux deux avis précédents, je trouve ce livre intéressant, car il montre une face moins connu de Vian, présenté trop souvent comme un auteur pour adolescents, qui se reconnaissent dans la prose à la fois angoissée et moqueuse de romans comme l'Ecume des jours, ou dans les chansons ironiques telles que "J'suis snob" ou "La Complainte du progrès". Déjà, les romans signés Vernon Sullivan montraient un intérêt vif pour le sexe, mais il s'agissait d'une veine policière, où la violence et l'érotisme ont souvent une place obligée, dans le but d'intéresser un certain lectorat qui y est habitué. Ce que l'on découvre ici, c'est un auteur adulte, qui, d'une part, justifie, par des textes théoriques, le recours à l'érotisme dans la littérature, en se réclamant de Sade ou de H. Miller, et qui, d'autre part, nous donne une illustration à la fois désopilante et très crue de poésie pornographique ("La marche du concombre","La messe de Jean Mineur"), dans la droite lignée des 'Zutistes" de la fin du 19e siècle, parmi lesquels Rimbaud et Verlaine s'illustrèrent avec leur fameux et parodique "Sonnet du trou du cul".
Certes, le résultat peut sembler un peu mince, quand on voit l'épaisseur du livre, et B. Vian n'est sans doute pas le plus grand des pornographes, ne serait-ce que par la quantité (ce qui n'ôte rien à leur qualité) des écrits qu'il a consacré à ce thème. Pour autant, on ne saurait dire, comme le font les 2 autres commentateurs, que c'est de l"'argent gâché", d'abord parce que le prix n'est pas élevé (moins de 4 euros), et ensuite parce que les quelques sonnets présents justifient largement, par leur valeur, l'achat d'un tel livre.
A bon entendeur, salut !