... qui, pas folle la guêpe, se cache derrière les bons sentiments et les idéologies libertaires de gauche (comme d'hab)
L''enfant est-il un produit comme un autre ?
Ces dernières années, les progrès biotechnologiques et médicaux ont ouvert un champ du possible inédit.
Séquençage du génome humain, clonage, procréation médicalement assistée : aucune perspective ne semble se refuser à l'être humain, en particulier dans ce dernier domaine où naître d''un père mort, d''une mère ménopausée ou d''une mère porteuse est désormais une réalité.
A l''origine destinée à des couples confrontés à la stérilité de l''un des conjoints, la procréation médicalement assistée (qui ne se réduit pas à la fécondation in vitro) et l'offre technique grandissante ont rendu le problème de la stérilité d''autant plus insupportable tout en stimulant une demande d''enfants chez des populations «inédites» : femmes ménopausées, couples homosexuels'
L''argument thérapeutique a cédé la place en Occident à l''expression d''un «droit à l'enfant» beaucoup plus vaste.
La question des mères porteuses illustre parfaitement ce glissement puisque, dans certains pays, les couples homosexuels utilisent ce procédé sans que la stérilité ne soit ici en cause. Par ailleurs, la «gestation pour autrui» (terme politiquement correct pour «mères porteuses») a créé une véritable industrie procréative.
Dans certains Etats américains, des grands centres de reproduction humaine mettent en œuvre des programmes proposant une «Assisted Reproductive Technology». Sperme, utérus ou ovocytes deviennent des produits chèrement monnayés (les tarifs sont plus compétitifs en Inde ou en Ukraine) et destinés à satisfaire la demande d'enfants. Aux Etats-Unis, des entreprises proposent de choisir le sexe de l''enfant avant de promettre pour bientôt le choix de la couleur des yeux ou des cheveux'
La puissance technique rejoignant la demande individuelle, on assiste ainsi à une aliénation et une marchandisation sans précédent de l''être vivant, la procréation et l''enfant devenant des produits comme les autres.
On retrouve cette tendance dans le domaine de l''adoption. Depuis quelques années, des stars du show-bizz ont lancé la mode : d''Angelina Jolie (qui a adopté trois enfants venus d'Afrique et d''Asie entre 2002 et 2005, on lui prête l''intention d''une quatrième adoption') à Madonna (deux enfants adoptés au Malawi). De son côté, Sharon Stone a adopté deux enfants et fait appel à une mère porteuse pour un troisième tandis que Sarah Jessica Parker a eu recours à une mère porteuse pour ses jumelles.
Quant à Elton John, âgé de 62 ans, il avait voulu, voici quelques mois, adopter un enfant de 14 mois aperçu dans un orphelinat en Ukraine. Le chanteur et son époux n''ont pu néanmoins satisfaire leur désir d'adoption car celle-ci est interdite aux couples homosexuels dans l''ancienne république soviétique'
Ces quelques anecdotes, bien qu''édifiantes (les élites mondialisées venant faire leur «marché aux enfants» dans le Tiers Monde), pourraient sembler dérisoires si elles n'épousaient une évolution plus globale : tout s'achète et tout se vend.
A cela, il faut superposer l'emprise d''une technologie scientifique toujours plus conquérante. D''un côté, on met en place des politiques eugénistes (notamment envers les embryons présentant des «défauts») ou malthusiennes (par exemple en Chine où le contrôle des naissances obéit à des pratiques quasi totalitaires) qui n''osent pas dire leur nom. D''un autre côté, on met en place une offre procréative qui semble sans limites.
Ces deux versants, loin de s''opposer, transforment l''humain en objet de consommation.
Le Meilleur des mondes est à venir'.
Merci à
Christian Authier, dans son indispensable hebdo, l'Opinion indépendante, d'avoir attiré notre attention sur ce livre.