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La plus grande exposition rétrospective consacrée au photographe Garry Winogrand (1928-1984) s'est tenue à San Francisco et Washington en 2013, et a donné lieu à l'établissement d'un catalogue en anglais : Garry Winogrand. A l'occasion de la reprise de cette exposition au Musée du Jeu de Paume à Paris en 2014-15, le même livre, une fois traduit en français, est publié par Flammarion : Garry Winogrand. Comprenant de nombreux clichés inédits par rapport à ce qui avait été publié au préalable, cet ouvrage fait à présent figure de somme incontournable concernant ce photographe.

Jusqu'au prochain? Sans doute, en particulier lorsque l'on sait que Winogrand, qui n'avait jamais été passionné par la sélection de ses travaux, a laissé derrière lui des quantités de rouleaux de films non développés, tandis que nombre de planches-contacts comprennent des photos par lui entourées, sans qu'il ait jamais pris la peine de les tirer. L'exposition et le catalogue, dont le commissariat a été assuré par Leo Rubinfien, présentent déjà une bonne proportion de clichés sélectionnés et tirés récemment. Pour les photos des vingt premières années, ont essentiellement été retenues des images déjà cochées par Winogrand sur planche-contact ; pour la dernière douzaine d'années en revanche, Winogrand ayant largement renoncé à sélectionner quoi que ce soit alors même que la somme des clichés est finalement supérieure, la sélection ne peut tenir compte de ce qu'auraient pu être ses choix.

Le catalogue n'ignore pas les questions posées par cette sélection, pas plus que la position du photographe vis-à-vis de sa production - il a régulièrement fait l'objet de critiques dans le milieu de la photographie, sans parler des problèmes que cela peut à présent poser aux institutions muséales. Le texte principal de l'ouvrage, celui de Rubinfien, est intelligemment biographique au sens où il se pose toutes les questions majeures telles que celle-ci tout en examinant son parcours de façon plus ou moins chronologique. Dans le texte conclusif, "Garry Winogrand et le problème de l'editing rétrospectif", Erin O'Toole développe plus nettement cet aspect.

Quoi que l'on puisse penser des clichés tirés pour la dernière période - Signalent-ils ou non une nette baisse de qualité ? En disent-ils plus long sur l'évolution du regard de Winogrand ou sur celle de l'Amérique qu'il avait choisi de capter ? - on ne peut en aucun cas regretter d'avoir une idée plus précise de son activité sur quelque trois décennies.

Mais d'abord, que signifie ce "C'est l'Amérique que j'étudie" prononcé par Winogrand et mis en exergue dans l'exposition et le catalogue? Voir toutes ces images, prises dans les relativement figées années 50 mais aussi dans les beaucoup plus turbulentes années 60 et 70, c'est constater à quel point Winogrand semble être passé à côté des grands événements ayant scandé des années parmi les plus troublées de l'histoire du pays. Où sont les marches liées au mouvement des droits civiques, les émeutes, les protestations contre la guerre au Vietnam, etc? Il y a bien quelques clichés pris lors de meetings ou de manifestations pour la paix, et des rassemblements de jeunes gens de toute évidence beaucoup plus émancipés que ceux de la génération précédente, mais cela semble bien tout. C'est que Winogrand, qui a très vite pris ses distances avec la photographie pour magazine et le photo journalisme, ne s'intéressait que très modérément à l'événement historique en train de se faire ou à la politique telle qu'elle se met en scène dans son rapport avec le peuple ou tel que lui-même cherche à la reprendre en main. Il se méfiait de la photographie qui symboliserait quelque chose bien au-delà d'elle-même. Dans ce qu'il captait dans la rue, il pouvait évidemment se jouer bien plus qu'une micro-histoire concernant quelques personnages circonscrits. Si c'était l'Amérique qu'il étudiait, c'était en donnant à sentir comment les courants culturels sous-jacents trouvaient à s'exprimer dans l'espace public, sans chercher à traiter des sujets ou à dénoncer quoi que ce soit.

Que cherchait Winogrand? A l'entendre, il n'en savait rien et pouvait s'intéresser à un sujet / objet pour des raisons bien diverses. Évidemment adaptable, il ne semblait pas vouloir rencontrer l'insolite à tout prix - mais lorsqu'il le trouvait, il en faisait son miel, bien sûr. Exubérant, il faisait preuve d'une curiosité insatiable et d'une joie à capter tout ce qu'il captait qui n'empêchaient ni l'angoisse ni le pessimisme (croissants au cours des années 60, des tensions avec Cuba au Vietnam). Tous les aspects de la photographie le passionnant, il pouvait ressentir le besoin de prendre un cliché pour le sujet mais aussi pour un mouvement, une lumière, etc. Ce qui comptait le plus? Quand "la photographie est plus dramatique que ce qui est photographié : il faut qu'elle le soit".

Dramatique : l'exposition insiste sur cet aspect des choses. Ces clichés sont autant de scènes, la rue faisant figure de théâtre permanent. Certes, mais au-delà de l'établissement d'un quasi-truisme déjà bien labouré, il y a la façon dont un cliché de Winogrand fait émerger des personnages et des récits. Tous les autres photographes ayant fait de la rue leur terrain de jeu principal, au moins pendant une partie de leur carrière, de Walker Evans à Lisette Model ou Helen Levitt, le faisaient aussi. Moins distant que certains, moins tendre que d'autres, moins intéressé par la composition que beaucoup (même si ses cadres, ses légères inclinaisons s'avèrent souvent passionnants), il était comme le disait de lui son amie Diane Arbus "un ironiste instinctif, sans méchanceté aucune". La saine distance qu'il avait avec ses sujets, son refus d'instrumentaliser ses images ou de verser dans la sentimentalité, tout cela explique peut-être en partie pourquoi ses clichés semblent ouvrir sur autant d'histoires potentielles. Il semblait ne pas penser que ses photos étaient ambiguës, même si comme le rappelle Rubinfien elles s'avèrent souvent polysémiques. Il ne cultivait en tout cas pas l'ambiguïté pour elle-même. Winogrand a pu dire qu'il fallait être le plus spécifique et réaliste possible afin de créer du mystère. Dans ses photographies les plus frappantes, on semble toucher du doigt ce qui fait de lui un grand photographe 'moderne' (pour autant que cet adjectif veuille dire quelque chose), dont la leçon a été retenue par nombre d'artistes postérieurs pour qui la transparence et le pseudo-réalisme à même de faire naître le surréel et l'inquiétante étrangeté sont cardinaux. Dans presque tous les cas, une amorce de récit se présente sans que trop de clés ne soient données au spectateur. Ou bien ces personnages sont donnés pour ce qu'ils sont : des personnages, forcément intéressants et plus dramatiques que la situation du moment ne les fait. De ce point de vue, la photographie de Winogrand peut être qualifiée de fascinante.

Ceux qui auront vu l'exposition seront comme souvent un tantinet déçus par les reproductions. Elles sont toutefois de très bonne qualité, à quelques exceptions près (pas assez de noirs par rapport aux tirages exposés). On regrettera un petit manque de contrastes dans l'ensemble, qui ne dépare cependant pas trop le tout. Plus de 400 planches sont incluses, à raison d'une ou deux par page. Certains ont pu regretter que le format de la reproduction ne soit pas assez grand lorsqu'il n'y en a qu'une par page, mais je ne trouve pas particulièrement que ce soit le cas. Bien que les formats soient plutôt bien respectés, quelques photos particulièrement impressionnantes par leur composition souffrent d'avoir été très légèrement rognées (cf. la planche 66 - New York, vers 1960 - avec sa petite inclinaison accentuant encore la forte pente qui semble déporter toute la rue vers la droite). Ce n'est pas la perfection, mais la qualité d'ensemble est tout de même très bonne. Il faut bien entendu ajouter à cela le fait que les textes sont informatifs et posent des questions souvent intéressantes, sur Winogrand autant que sur la photographie en règle générale, et qu'ils sont bien traduits pour ce qui est de l'édition française. En définitive, si l'on s'intéresse à la photographie, en particulier à la photo dite de rue ou américaine, il n'y a aucune raison de ne pas acquérir cet ouvrage bien réalisé sur un photographe majeur, enfin bien servi par l'édition. Que l'on ait eu la chance de pouvoir contempler les photos au mur ou non d'ailleurs.
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le 25 septembre 2013
On y retrouve un large aperçu de l'oeuvre de Winogrand et le texte (en anglais) résume bien l'artiste. Vu le prix inabordable des ses livres originaux, celui-ci trouvera certainement sa place dans votre bibliothèque si vous aimez la photographie et plus particulièrement "The Street Photography"
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