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Transmetropolitan Vol. 3: Year of the Bastard
Format: BrochéModifier
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50 PREMIERS REVISEURSle 18 décembre 2010
Ce tome comprend les épisodes 13 à 18 de la série et il fait suite à Lust for Life.

Spider Jerusalem se réveille et avant même de se lever il avale quelques pilules pour que la vie lui apparaisse beaucoup plus colorée. Il se lève commande l'allumage de la télé et il est tout de suite agressé par les informations sur la course à l'investiture des candidats aux élections de président. Dans le même temps son rédacteur en chef l'appelle pour lui demander de couvrir ces élections, et il dispose d'arguments convaincants. Spider finit par se résoudre à prendre plus de cachets et à écrire des articles sur Monsieur Sourire (Gary Callahan) l'homme politique qui tente de se faire élire candidat par son parti pour se présenter contre le président sortant qui se représente. Première étape dans sa campagne éditoriale, Jerusalem attire l'attention des autres médias sur un quartier de la ville un peu particulier. Deuxième étape, il prend en charge une nouvelle assistante. Troisième étape, il commence à écrire ce qu'il pense de Callahan et il noue des liens inattendus avec sa directrice de campagne. Mais sa consommation de substances hallucinogènes continue d'augmenter de manière alarmante.

Après un tome consacré à la découverte du monde d'anticipation dans lequel vit Spider Jerusalem, Warren Ellis s'intéresse de plus près à son personnage principal. Le lecteur retrouve donc ce junkie insatiable et irascible qui profite des avancées de la science en matière de soins se maintenir dans un état de défonce permanent. Pire encore, Ellis le fait replonger dans une addiction encore plus destructrice : la politique. Il met en évidence que son personnage ne vit que pour la politique et les ravages qu'elle peut avoir quand elle est menée par des individus corrompus par le pouvoir.

Toutefois, le début du récit repose sur les mêmes ressorts que précédemment (mauvais caractère de Jerusalem et abus de chroniques destructrices), en s'embarquant en plus dans le mécanisme des élections à l'américaine, sujet déjà souvent traité (de manière positive dans Eagle, ou de manière sarcastique dans High Society). Or le lecteur a l'impression qu'Ellis n'a pas d'angle d'approche nouveau à proposer sur le sujet... jusqu'à ce qu'il revienne sur le personnage de Jerusalem pour sous-entendre que ce journaliste souffre de sa soif d'absolu et de son manque de pouvoir à faire changer les choses. À partir du moment où Jerusalem commence à devenir un véritable individu plutôt qu'un simple personnage de dessins animés survolté, le récit acquière une profondeur qui faisait défaut. Certains passages sont également plombés par un humour bien lourd (la mention de l'animal qui peut saigner pendant 4 jours être mort à la fin).

À nouveau l'ensemble des épisodes est illustré par Darick Robertson et encré par Rodney Ramos. Le lecteur retrouve donc les moues de Spider Jerusalem qui continue de mordre les filtres de ses clopes (sale habitude). À nouveau Robertson et Ramos donnent des formes crédibles aux inventions de Warren Ellis. La première scène du tome est magistrale : le réveil embrumé de Jerusalem fatigué et dégoûté, l'agressivité de la télé, sa lassitude face à la situation, etc. Tout (depuis les expressions du visage jusqu'à la mise en scène) traduit à la perfection l'ambiance et les sentiments du personnage. Les scènes de rue montrent à la fois le coté familier de l'ambiance urbaine et le décalage dans le temps par l'introduction de quelques éléments futuristes choisis. Les scènes de prise de stupéfiants ne banalisent jamais la consommation de ces substances : je me souviendrais longtemps de l'injection dans le canal lacrymal. Il suffit également de regarder la nouvelle assistante de Jerusalem pour avoir une idée assez juste de sa personnalité. Il sait également mettre en scène les dialogues pour les rendre vivants sans qu'ils deviennent théâtraux (en particulier les échanges entre Jerusalem et Yelena, sa nouvelle assistante).

Malgré quelques scènes un peu faciles (la convention du parti d'extrême droite avec un sosie d'Hitler parmi les spectateurs matraque de manière lourdingue le message), Warren Ellis finit par sortir son récit des lieux communs en développant les motivations de son personnage principal. Et quand le scénario s'envole, les illustrations décuplent chaque effet de manière magistrale. Le combat pour la vérité subjective continue dans The New Scum.
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