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5.0 étoiles sur 5 Critique sociale pertinente et virulente, 12 août 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Transmetropolitan Vol. 7: Spider's Thrash (New Edition) (Broché)
Ce tome fait suite à Gouge Away ; il contient les épisodes 37 à 42.

Épisodes 37 à 39 - Back to basics - Spider Jerusalem a été contraint de passer dans la clandestinité. Par voie de conséquence il est à nouveau libre d'écrire ce qu'il veut sur les sujets qui lui tiennent à coeur, sans se préoccuper des attitudes timorées des actionnaires du journal pour lequel il travaillait. Il ne lui reste plus qu'à choisir le sujet qui mérite le plus son attention, après avoir échappé à un attentat.

Épisodes 40 à 42 - Il s'agit de 3 épisodes indépendants. Dans le premier, Spider enquête sur la prostitution de mineurs dans la Cité. Le constat est terrifiant, et Spider s'attaque à nouveau aux abus de pouvoirs de certains (ici les parents). Le deuxième épisode est encore plus angoissant et atterrant car il aborde un phénomène déjà existant maintenant : comment notre société prend en charge les individus atteint d'une maladie mentale légère ? Dans le dernier épisode, Spider Jerusalem se lance dans une promenade en ville en s'adressant au lecteur, en rédigeant mentalement sa chronique sur la façon dont notre présent est façonné par le passé.

Warren Ellis continue d'alterner les histoires qui rapproche le lecteur de la confrontation inéluctable entre Spider Jerusalem et le président Gary Callahan, et des points de vue personnels sur des composantes de notre société. Dans la première partie, le lecteur retrouve le Spider Jerusalem proactif, celui qui prépare des sales coups contre ceux qui veulent le faire taire ou le manipuler. Il continue de se servir des gadgets à la James Bond qu'il avait achetés sur le marché noir dans le tome précédent. Et il manipule l'opinion au travers de ses colonnes pour se venger de Fred Christ. Lorsque Spider expose ses projets à ses assistantes (Yelena Rossini et Shanon Yarrow), Ellis en profite pour inclure en arrière plan des événements donnant plus de substance à la Ville et à ses habitants. En accompagnant les personnages dans leurs déambulations, le lecteur assiste médusé au suicide d'un homme avec 3 seins, aux flashs d'infos mettant en évidence l'usage des technologies pour une gratification toujours plus intense et toujours plus immédiate (d'excellents remarques sur l'addiction à l'instantanéité), etc.

Puis dans les 3 derniers épisodes, Spider se remet au boulot, il s'adonne au journalisme d'investigation et il écrit ses chroniques. Ellis augmente l'intensité de plusieurs crans, d'abord avec ces jeunes adolescents vendant leur corps dans une société qui a banalisé cette activité, puis avec le reportage sur les malades psychiatriques et la manière dont la société les gère le plus efficacement possible (surtout d'un point de vue économique). Il n'y a pas à s'y tromper : ce n'est pas Ellis qui alimente la fureur rebelle de Spider, c'est Ellis qui refuse de cautionner ce genre de pratique ici et maintenant. Ce qui commence comme une moquerie grinçante à l'encontre des doux illuminés qui voient des conspirations partout, se termine par une condamnation sans appel d'un gouvernement qui se débarrasse de ses missions sous prétexte de rentabilité économique. Le dernier épisode fait également mouche car Ellis met le doigt sur une évidence de plus en plus prégnante : plus la société et les individus vivent dans le temps présent, moins ils s'intéressent au passé et à leur histoire, et moins ils ont d'avenir.

Darick Robertson et Rodney Ramos continuent d'être les illustrateurs attitrés de la série. Leur point fort le plus évident continue d'être les expressions et les traits des visages. Spider Jerusalem conserve ce visage qui exprime si bien le mépris, la rouerie et d'autres traits de caractère encore moins nobles. Le visage de Yelena Rossini dégage une forte aura d'énervement et d'agressivité rentrée. Mais les efforts des illustrateurs ne se limitent pas aux personnages principaux. Dans une foule, chaque individu a une expression unique. L'épisode sur la prostitution des jeunes est rendu encore plus insoutenable par le fait que chaque jeune paraît son âge, et non un âge indéterminé entre 15 et 25 ans. Et chacun des individus plus ou moins paranoïaques dispose de sa propre apparence qui en dit long sur son milieu social, sa culture et son état de désocialisation plus ou moins avancé. Chaque personnage, même les seconds rôles, est un individu à part entière. Chaque localisation et chaque usage de technologie à des fins de divertissement (ah ! ces danseurs sur la façade) présentent des particularités et des singularités qui rendent l'expérience de lecture d'autant plus riche.

Avec ce tome, Ellis, Robertson et Ramos ne se reposent pas sur leurs lauriers ; ils continuent d'emmener le lecteur toujours plus loin dans les recoins peu reluisants de cette ville, à proximité de ses habitants, vers des perversions d'autant plus révulsantes qu'elles nous ramènent à notre quotidien. Spider poursuit sa croisade dans Dirge (épisodes 43 à 48).
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Transmetropolitan Vol. 7: Spider's Thrash (New Edition)
Transmetropolitan Vol. 7: Spider's Thrash (New Edition) de Warren Ellis (Broché - 11 mai 2010)
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