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5.0 étoiles sur 5 2 contes pour les grands, 18 mars 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Fables Vol. 18: Cubs in Toyland (Broché)
Ce tome fait suite à Inherit the wind (épisodes 108 à 113). Il contient les épisodes 114 à 123, tous écrits par Bill Willingham, parus en 2012.

Épisodes 114 à 121 (dessins de Mark Buckingham pour tous les épisodes, encrage de Steve Leialoha, aidé de Dan Green et Andrew Pepoy pour les épisodes 116 à 118) - Bigby et Winter (l'une de ses filles) sont restés dans le monde de North Wind. Dans leur chaumière, Blanche Neige s'occupe des autres rejetons et leur intime l'ordre d'aller ranger leur chambre. Therese se plaint auprès de sa mère qu'elle a hérité d'un jouet de garçon : un bateau en plastique, un jouet de bain. Les autres Fables commencent à envisager de se réinstaller à New York. Ils découvrent, dans la demeure de leur choix, une prisonnière du nom de Leigh Duglas, et un prisonnier du nom de Verian Holt. Le lendemain, les 6 louveteaux (enfants de Bigby) profitent de la neige pour aller jouer dehors. Therese s'aventure un peu plus loin et découvre un tigre mécanique en taille réelle grippé par la rouille : Lord Mountbatten. Elle suit les conseils de son bateau jouet qui lui demande de le remettre à l'eau et s'embarque pour aller découvrir un nouveau monde. Blanche Neige finit par s'inquiéter de ne pas la voir revenir.

Il s'agit donc du deuxième de tome de suite essentiellement consacré aux enfants de Blanche Neige et Bigby. Bill Willingham décide de profiter pleinement du terrain de jeu sans limite que constitue l'univers des Fables pour explorer un monde entièrement nouveau. Le sort des Fables exilés à la Ferme passe au second plan et l'intrigue se concentre sur le voyage de Therese et la nouvelle contrée qu'elle découvre. À ce titre, Willingham force le respect en s'éloignant du chemin bien balisé, et de l'histoire attendue, pour emprunter un chemin de traverse moins fréquenté. En fonction de ce que le lecteur attend de la série, il sera plus ou moins réceptif à ce détour. Ceux essentiellement intéressés par le sort de la communauté des Fables estimeront qu'il s'agit d'une aventure superfétatoire et pourront à ce titre s'agacer de cette tergiversation supplémentaire. Ceux prêts à accepter que Willingham n'est pas là pour donner au lecteur ce qu'il attend (ce n'est pas la première fois qu'il fait le coup) s'embarqueront comme Therese dans une aventure dénuée de repère, dans le sens où tout peut arriver.

Bill Willingham s'amuse à installer une ambiance d'aventure enfantine, en laissant planer une vague inquiétude. Voilà une enfant qui s'embarque sur un bateau en plastique coloré pour arriver sur un rivage désolé, avec un château lugubre au loin, mais des autochtones très accueillants malgré leur aspect bizarre. Ce début capture immédiatement le ton juste pour raconter un conte pour enfant, et Buckingham effectue un travail remarquable de dosage des ingrédients en apportant beaucoup à la narration. Le début repose sur un mélange d'ingrédients mêlant l'apparence innocente des enfants, la neige signe de jeu et de plaisir de la nouveauté (avec une très belle couleur bleutée choisie par Lee Loughridge), l'improbable tigre mécanique rouillé avec son monocle, et ce bateau magique en plastique qui transporte Therese vers un ailleurs merveilleux. Sans tomber dans les illustrations à la guimauve, Buckingham retranscrit le plaisir et la joie de vivre de ces enfants, tout en glissant un indice sur la nature du voyage (le reflet du bateau dans l'eau). Il va réaliser tous les épisodes en funambule aguerri, laissant le lecteur décider par lui-même (en fonction de son état d'esprit) si ce qui est représenté est plutôt bénéfique ou maléfique. Le lecteur de la série Fables retrouvera le style si agréable de Buckingham, empruntant à Jack Kirby la façon de représenter les textures qui font de la lecture un plaisir presque tactile. Il dessine les visages de façon moins radicale que Kirby, leur laissant une apparence jolie, même lorsqu'ils sont marqués par la douleur.

Willigham reste fidèle à l'essence de la série qu'il a créée en concevant un conte débarrassé de la mièvrerie à l'américaine pour une histoire qui parle aussi bien aux adultes qu'aux adolescents. En prenant le risque de se libérer de la continuité qu'il a créée, il raconte une histoire dont le thème central est résolument adulte et difficile à accepter pour chaque individu. Il se montre plus ambitieux que d'habitude sur sa description de la nature humaine et réussit une fable adulte et émouvante.

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Épisodes 112 & 113 (dessins et encrage de Gene Ha, avec des remerciements pour Zander Cannon, mise en couleurs d'Art Lyon). Un monsieur d'un certain âge, un peu empâté, écrit l'histoire des Fables. Ce soir, il couche par écrit une aventure du Grand Méchant Loup dans la Forêt Noire. Au cours de ses déambulations, il découvre une sorcière dans sa hutte qu'il s'apprête à dévorer. Elle réussit à obtenir sa clémence en lui dévoilant son avenir : il mourra dans 3 jours, déchiqueté par une horrible bête.

Le temps est venu pour Mark Buckingham de souffler un peu, et donc pour le lecteur de découvrir une nouvelle histoire indépendante. Première bonne surprise : elle est dessinée par Gene Ha qui a une idée très claire de ce qu'il souhaite représenter et de ce qu'il souhaite laisser de coté, pour un résultat détaillé sans être surchargé, capturant parfaitement l'ambiance d'un conte, faisant coexister harmonieusement un être humain normal avec un vêtement sophistiqué aux allures médiévales, et un loup énorme mené par ses instincts de bête. Le lecteur attentif éprouve même un petit frisson lorsqu'il comprend que Zander Cannon a aidé Ha, et qu'il perçoit que certaines cases s'approchent de l'expérience de lecture unique de Top Ten (série dessinée par Ha et Cannon). Art Lyon a choisi une palette de couleurs vraiment foncées, et il vaut mieux disposer d'un bon éclairage pour lire ces 2 épisodes.

En plus de dessins à forte capacité immersive, le lecteur a le plaisir de découvrir un conte bien ficelé, et de voir réapparaître l'un des personnages les plus réussis de la série : la tortue avec sa tasse à thé (déjà apparue dans Rose Red). Willingham lui écrit des lignes de dialogue ciselées, irrésistibles. Le grand enfant qui sommeille en chaque lecteur éprouve le plaisir ineffable de se laisser porter par ce joli conte si délicatement ouvragé.
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Fables Vol. 18: Cubs in Toyland
Fables Vol. 18: Cubs in Toyland de Bill Willingham (Broché - 22 janvier 2013)
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