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43 internautes sur 47 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dostoievski ou la contradiction., 15 mars 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Dostoievski a été pro-révolutionnaire dans sa jeunesse (il a été séduit par les idées nouvelles mais n'était pas un activiste forcené). Il fut arrêté, condamné à mort et finalement déporté en Sibérie pendant 4 ans. A son retour ses idées avaient radicalement changées (on le comprend).
Lorsque Dostoievski décide d'écrire les démons, il veut dénoncer les thèses socialistes dans un violent pamphlet en s'appuyant sur l'histoire d'un jeune révolutionnaire ayant défrayé la chronique. Seulement Dostoievski est double. Il est nationaliste et veut faire un livre réactionnaire et patriote, il crée une oeuvre foisonnante et empreinte de folie qui délaisse totalement le côté politique de l'histoire pour plonger abyssalement dans l'esprit de ses personnages. Et à ce jeu là Dostoievski est sans égal. Dostoievski veut faire passer ses idées mais il à la mauvaise habitude de laisser vivre ses personnages. Et c'est exactement ce qui se passe, ses personnages sont incroyablement vivants. On croirait qu'il vont surgir du livre. Ils sont si vivants qu'on se désintéresse vite de l'action pour se focaliser sur eux. D'ailleurs comme dans tout les romans de Dostoievski il ne se passe pas grand chose au point de vue action. Mais l'essentiel est ailleurs. Il ne s'étend pas à l'horizontale mais à la verticale. Il creuse en profondeur, là où personne n'est jamais allé. Il nous montre ces "tropismes" dont parlait Nathalie Sarraute; ces relations invisibles et inconscientes qui se nouent et se dénouent entre chaque être. En effet tous les personnages semblent englués les uns aux autres. Plus précisément ils gravitent tous autour d'un seul: Stavroguine.
Stavroguine est le sombre héros de ce roman. C'est un monstre qui a commis le plus abject des crimes. De plus c'est une sorte de surhomme qui possède une force presque infinie. mais le malheur est que c'est un homme faible et que son immense force tourne à vide. C'est un homme qui ne croit en rien et qui ne fait aucune différence entre le bien et le mal. C'est une coquille vide qui fascine mais qui n'existe que par son orgueil. On pourrait le comparer à Mychkine de L'idiot. Bien que Mychkine soit censer être un saint, c'est aussi une coquille vide qui n'apporte que le malheur autour de lui. Dans les deux cas on se retrouve avec deux hommes faibles possédant une force qui les dépasse. Stavroguine se rendra compte de l'absurdité de son existence et Mychkine deviendra fou.
Dostoievski était épileptique. Lors de ses crises il lui semblait qu'il se dédoublait. Il pouvait ainsi voir le monde de plusieurs points de vue. C'est peut-être là le secret de son extraordinaire capacité à explorer les abimes les plus profonds de l'esprit humain.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les démons de la Russie tsariste, 21 février 2011
Par 
Nastasia B "nastasia . over-blog . com" (aussi sur babelio et over-blog) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Dostoïevski s'attèle à un immense canevas qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites semblent elles-même assez floues. Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par un extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant, qui me semble révélateur avant de commenter:

"Ces démons qui quittent (NB: l'auteur vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) le malade pour entrer dans les pourceaux, ce sont tous ces ulcères, ces miasmes, toute cette pourriture, tous ces démons grands et petits, qui s'étaient accumulés dans notre chère et grande malade, notre Russie, depuis des siècles, des siècles. Oui, cette Russie, que j'aimais toujours. Mais une grande pensée, une volonté supérieure descendront d'en haut sur elle comme sur ce possédé, et tous ces démons, cette pourriture, cette plaie qui suppure... la quitteront... et demanderont qu'on leur permette d'entrer dans les pourceaux. Ils se peut même qu'ils y soient déjà entrés! C'est nous, nous et ces autres: Petroucha... et les autres avec lui et moi, peut-être, à leur tête... et nous nous jetterons tous, possédés et insensés, dans la mer et nous seront noyés, et ce sera bien fait, car nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et s'assiéra aux pieds de Jésus..."

On comprend bien je pense le message que cherche à faire passer Dostoïevski. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte "à la française" commencent à voir le jour. Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres) n'y est pas étrangère. C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol noteront que comme César, moi aussi j'ai 4 tiers dans mon cocktail). L'auteur bâtit un scénario à échafaudage animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovensky. Le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble, l'ensemble constituant les démons dont le Russie possédée devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.
En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demi-folie ambiante de presque tous ses personnages.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 modernité, 18 février 2013
Par 
Aubert Jean-françois (Provence.) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés - Les Frères Karamazov (Broché)
j'ai trouvé chez Dostoïesvski une modernité surprenante. Une fois assimilé les particularités de "l'esprit Russe" qui se manifeste dans l'écriture par des développements parfois longs, des rebondissements inattendus pour un lecteur français du vingt et unième siècle et des études sur la psychologie des différents personnages mettant en évidence des sentiments outranciers, alors il reste une clairvoyance confondante de l'auteur sur la société de consommation et la perte des valeurs spirituelles. Des phrases entières s'appliquent parfaitement à ce que nous vivons tous les jours, cent cinquante ans après cet homme visionnaire. Il fait partie de ceux qui ont tiré la sonnette d'alarme sur notre évolution vers une société quelque peu désespérée; pour autant il ne fournit pas la solution qui nous rendrait l'espoir. A moins peut-être de lire entre ses lignes captivantes...
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22 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 puissant, cru, perspicace, incisif, extra lucide, drole, 19 août 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Incroyable. Lisez les trois premieres pages pour vous en convaincre : ca demarre en finesse et en force. Ironique, fin, realiste, saisissant. Oubliez tous les commentaires sur les intentions de l'auteur, reelles ou supposees. Oubliez les soi disants evenements et prises de position de Dostoyesky qui impregnerait le livre.
C'est purement et simplement la vie, ses mouvements, ses personnages divers, ses incoherences, contradictions.
A lire en parallele :"Mensonge Romantique et Verite Romanesque" de Rene Girard. Pour mieux lire entre les lignes...
Dostoievksy vous parle de la vie, des gens, des situations, de l'absurde, de la vanite destructrice, des passions, du doute, de l'inconsequence des hommes, des peurs qui se masquent sous la bravade, du besoin et du refus des autres, des dechirements...
C'est puissant, bouleversant. Ce fourmille entre les lignes d'allusions, d'ironie. Pas toujours explicite mais toujours lucide.
Un roman intelligent. Bien assimile votre perception psychologique sera demultiplie, plus qu'avec Freud et tout les bazars theoriques peripheriques du genre.
Dostoyesky, esprit universel. Autant de personnages et situations...il parait impossible qu'un seul homme puisse avoir une perception aussi multiple.
A LIRE, DIGERER, INTEGRER.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Precisions sur l'edition, 23 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Rien a ajouter par rapport aux commentaires precedents. Attention, toutes les editions de contiennent pas "la confession de Stavroguine" qui donne un eclairage important sur le livre.
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9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Peinture grandiose d'une société en prise avec le chaos, 23 février 2007
Par 
L. Pascal (Cannes) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Roman des nihilismes magnifiquement bien construit malgré quelques longueurs - mais on ne monnaie pas le génie au nombre de pages. Comme toujours chez Dostoïevski, une incroyable minutie dans l'attention que le romancier porte à TOUS ses personnages. « L'attention aux autres », belle définition d'une certaine forme d'amour ; belle définition d'un certain génie de l'art. Roman des nihilismes donc, dont la forme politique s'exprime dans le « socialisme athée ». Nous sommes à une autre époque où les valeurs de classes et religieuses avaient une importance qui pourraient faire sourire aujourd'hui - oui ! il faut toujours un peu d'efforts de projection pour lire Dostoïevski; mais cela en vaut la peine car les idées développées restent toujours d'actualité. Toute la grandeur de se roman se trouve dans la façon dont les personnages vivent cette crise du nihilisme (le roman étant la vie, il ne saurait se résumer à une simple argumentation de thèse): dans l'orgueil extrême (Stavroguine), la manipulation et le meurtre (Piotr Stepanovitch), la naïveté (Varvara Petrova et Julie Mikhaïlovna), la fuite des responsabilités (Von Lembke), le vulgaire (Lebiadkine), la folie amoureuse (Elisabeth Nicolaevna), le suicide rationnel (Kirilov) ou le retour aux arts (Stephan Trofimovitch). Un chaos grandiose qui ne laisse pas indemne.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une vision prophétique de la Russie du XXe siècle, 10 avril 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Termine en 1871 entre l'Eternel Mari et l'Adolescent, les Demons (ou les Possedes) n'est certes pas le plus accompli des ouvrages de Dostoievski, mais il reste le plus politiquement engage.
Les Demons, ce sont les liberaux, les anarchistes, les nihilistes ceux qui veulent renverser l'ordre etabli de la Sainte Russie par la force. Une myriade de personnages, comme toujours, gravitent dans ce roman. Leur point commun: des volte-faces grotesques, un manque de consistance, des facades contradictoires.
Stephane Trophimovitch tout d'abord, censement etre le heros du roman. C'est un "liberal" pleutre, mythomane, d'une grande eloquence, espece de fantoche entretenu par la rancuniere et fiere Varvara Petrovna. Cette derniere a un fils, Nicolas Stavroguine, sorte de sur-homme, sans emotion, ne sachant differencier le bien du mal. Il ressemble etrangement a l'Etranger de Camus. C'est le personnage central du roman. Il est le mentor du fils de Tromphimovitch, Piotr Stepanovitch, un etre abject, manipulateur et petit, grandiloquent et pourtant naif. C'est le cerveau d'une cellule anarchiste qu'il a cree afin de renverser le pouvoir.
Il est entoure de Chatov, qui sera tue par Stepanovitch et ses disciples, dans un guet-apens servant a souder les hommes dans le sang, alors meme que sa femme qui avait disparu depuis plusieurs annees revient, accouche dans ses bras du fils de Stavroguine, puis meurt folle lorsqu'elle apprend la disparition de Chatov.
On cotoie aussi le capitaine et sa soeur boiteuse et taree, Lisaveta Nicholaievna, que Stavroguine a epouse, l'etudiant suicidaire Kirilov.
C'est toute une humanite, une nouvelle fois, qui compose ce roman. Seulement leur psychologie, qui est generalement le point fort de Dostoievski est ici completement contradictoire.
L'intrigue du roman est plutot fine, elle est basee sur la vie de Bakounine et la facon dont ce dernier avait reussi a charmer et federer non seulement tout ce que la Russie avait de nihilistes, socialistes, athes, etc. mais aussi l'intelligentsia, dont notamment Tourgueniev.
Bakounine avait en effet mis en place un groupe d'agitateurs politiques afin de détruire l'ordre établi. Dostoievski, ancien liberal revolutionnaire lui-meme, a retourne sa veste. Marqué du fer rouge de quatre ans de bagne Siberien, il a decide de faire des Possedes un brulot anti-liberal. Son obsession, sa hargne a du coup obscurci la trame du roman. Les personnages sont contradictoires: Kirilov parle de libre arbitre, du suicide comme forme ultime de liberte, comme seule forme de devenir lui-meme D. ieu, et pourtant, la minute suivante accepte de signer le billet s'accusant d'etre coupable du meurtre de Chatov, exonerant le groupe de Stepanovitch.
Stepanovtich est ainsi a la fois seducteur et naif, fou et brillant, manipulateur et manipulé, prévoyant et étourdi. Seul Stavroguine est a la hauteur de l'étalon Dostoeivskien. C'est un ange du mal, mais un ange dont les ailes sont chancellantes. Il ne sait pas pourquoi il commet des actes immondes. Par pur plaisir sensuel? Par ennui? Sa confession a un moine, sorte d'analyse psychologique classique chez Dostoievski (cf. le reve dans les Freres Karamazov, la scene du meurtre dans Crime et Chatiment, etc.) est fantastique. De meme que la scene du duel entre Stavroguine et un quidam qu'il a insulte.
La scene de redemption de Stephane Trophimovitch, athee toute sa vie, est bien entendu presente, sorte de clin d'oeil un peu lourdaud de l'auteur pour une fois de plus, se moquer des liberaux et de leurs croyances a la mode.
Un Dostoievski reste toujours un chef-d'oeuvre, mais celui-ci ecrit la rage aux levres n'est pas aussi bon que ses sublimes predecesseurs et successeurs comme les Freres Karamazov, Crime et Chatiment ou encore le tres beau L'Idiot.
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5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des rats avec des esprits pervertis, 30 août 2006
Par 
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Possédés (Poche)
Les personnages principaux de ce roman ne sont pas uniquement des pervertis politiques, mais également psychiques et religieux.

Le but des révolutionnaires fanatiques est de créer un monde d'obédience et de dépersonnalisation totales, excepté pour eux, parce que 'des esclaves doivent avoir des maîtres'. Tous les moyens pour arriver à leurs fins sont bons: des volontaires pour assassiner n'importe qui, des incendies, de la propagande subversive, des milliers et des milliers de tués.
Le conspirateur principal rappelle d'une manière extraordinaire certains futurs dictateurs communistes (Lénine, Staline, Mao ou Pol Pot) qui se sont tournés contre leur propre peuple.

Une partie très troublante de ce livre est la confession 'pédophilique' de Stavroguine. Elle fait penser à une scène très pénible dans 'Note d'hiver sur impression d'été', qui se passe à Londres dans le Covent Garden.

Ce livre progresse très lentement, mais l'instinct dramatique de l'auteur en fait un ouvrage très dérangeant.
Hautement recommandé.
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Les Possedes
Les Possedes de Fedor Mikhailovitch Dostoievski (Broché - 21 mai 2008)
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