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Après l'assez décevant The Reserve / La Réserve, Russell Banks revient avec un roman plus contemporain et plus satisfaisant, sans toutefois atteindre le niveau de ses meilleurs livres, de Continental Drift /Continents à la dérive à The Darling /American darling.

Soit un jeune homme. Il s'appelle le Gamin (the Kid) et ne sort pas précisément d'un film de Chaplin. C'est le seul nom qu'il veut bien donner, parce qu'il lui faut bien en avoir un. Un nom qui ne soit pas celui qui accompagne sa photo sur un site internet bien spécifique. C'est l'accès à internet, et ce site en particulier, qui l'attirent dans une bibliothèque, lieu dans lequel il ne songerait sinon pas une seule seconde à entrer. La bibliothécaire, aimable et intriguée par ce jeune homme un peu perdu, l'aide à faire sa recherche : un délinquant sexuel habiterait dans son quartier, et il paraît qu'un site national recense tous ces délinquants et permet de les situer n'importe où dans le pays. La recherche porte ses fruits : la photo apparaît, le nom avec; la localisation est en effet précise : c'est son ancienne adresse, là où il vivait avec sa mère. Mis face à son portrait et à son passé récent mis en fiche, le Gamin prend ses jambes à son cou. Ce jeune homme en rupture de ban vit avec d'autres condamnés pour délit sexuel sous le pont autoroutier, près de la baie de Calusa, en Floride. Comme eux tous, il doit recharger son bracelet électronique fréquemment. Son seul ami est un iguane, qu'il a appelé Iggy, comme Iggy Pop.

Russell Banks éclaire ainsi ce qui l'a décidé à choisir pour protagoniste un jeune homme accro au porno depuis un âge encore assez tendre, condamné pour un délit dont la nature exacte n'est éclairée que peu à peu (mais qui n'est pas très grave, raison pour laquelle il n'a pas croupi longtemps en prison, et ... volonté de ne pas aliéner le lecteur?): "Je vis à Miami six mois par an et, il y a quelque temps, j'ai vu apparaître un groupe de sans-abri. Des délinquants sexuels uniquement, dont les délits allaient de l'exhibitionnisme au viol en série. Du fait des restrictions légales, ils n'avaient pas le droit de se trouver à moins de 750 mètres de tout lieu susceptible d'accueillir des enfants - théâtre, école, bibliothèque, immeuble - et même les refuges pour SDF leur étaient interdits. Ils en ont été réduits à se rassembler sous le pont d'une autoroute que je peux voir depuis ma fenêtre, et les policiers eux-mêmes ont pris l'habitude de les déposer là. Ils ont construit un camp, avec des tentes, des cabanes faites de bric et de broc... Un vrai scandale, mais personne ne voulait ou ne pouvait y faire quoi que ce soit. Ils avaient été exclus des portes de la cité, exactement comme on le faisait des lépreux au Moyen Age. Cela m'a fait réfléchir aux circonstances qui peuvent nous mener là. Dans certains cas, cela peut être anodin : l'ébriété ou la simple stupidité vous conduisent à avoir un comportement inapproprié et à vous faire condamner. La législation américaine, draconienne, reflète des peurs qui traversent le monde occidental concernant les crimes sexuels en général et la pédophilie en particulier. L'image de ce camp d'âmes perdues a donné naissance, dans mon livre, à une anthropologie des délinquants sexuels et du crime sexuel en Amérique. Ces délits ne sont pas nouveaux, mais les peurs qu'ils suscitent le sont et révèlent une mentalité qui n'existait pas auparavant." (Books, octobre 2011)

Sur un tel sujet, et avec de telles motivations, on pouvait craindre au moins deux écueils : l'édification, et la volonté d'humanisation du /des personnage(s) à tout prix. Il arrive à l'un comme à l'autre de pointer, mais Banks ne se fracasse sur aucun des deux. En romancier éprouvé, tout ce qu'il écrit, même très documenté, même empathique, est passé au filtre de ses personnages. Sans choisir une narration à la 1ère personne, comme dans Rule of the Bone / Sous le règne de Bone, ou ouvertement polyphonique, comme dans The Sweet Hereafter / De beaux lendemains, le regard et la vision du monde de deux personnages l'emportent : celui du Gamin, et celui du Professeur, chercheur en sciences sociales qui enquête sur les délinquants sexuels et choisit le cas du Gamin pour étude. Là où Banks gagne sur tous les tableaux, c'est que leur regard permet de bien montrer le biais et les limites que peut avoir leur point de vue. La première scène présentant le Professeur est ainsi chargée d'ironie, et l'on est amené à constater que les raisons pour lesquelles il s'intéresse à ce jeune homme isolé ne sont pas toutes glorieuses. Petit à petit, se dessinent deux portraits assez riches, qui s'étoffent encore par un tournant dans le récit. Le côté négatif de ces deux points de vue prédominants réside dans le fait que le texte est parfois quelque peu répétitif (suivant ainsi le personnage du Gamin, enfermé dans sa vision des choses et n'évoluant que petit à petit sur certaines questions) et professoral (épousant ainsi les analyses parfois pontifiantes du Professeur). Ce qui sauve Banks tout à fait, à mon sens, c'est son sens de l'humour, que l'on sent poindre finalement assez souvent, et la façon qu'il a de croquer la plupart des personnages avec une ironie sous-jacente réjouissante - sans parler des notations sarcastiques qui viennent ponctuer son texte.

Par ailleurs, il faut souligner que, dans un roman qui comporte de nombreux dialogues et traite souvent de sujets qui se prêtent assez peu aux envolées lyriques (l'addiction de l'adolescent au porno, ses relations avec ses employeurs ou les autres sous l'autoroute, etc), Banks maintient une véritable beauté d'écriture dans les descriptions : celle de la ville s'étalant sous les yeux et se déployant dans l'imagination du Gamin, celle d'une tempête furieuse, celle des marais dans lesquels il se rend, etc. Un drôle de mélange peut-être, mais qui, en dépit des redondances et maladresses, fait indéniablement littérature. Et pas seulement parce qu'il conduit à se poser des questions sur la vision qu'on peut avoir d'êtres réprouvés, qu'on pourrait comme une société tout entière rejeter sans autre forme de procès. Banks peut parfois céder au didactisme, mais il ne se laisse jamais aller à l'angélisme, et ne fait que très rarement la morale à son lecteur. Ses personnages, en dépit du fait qu'il est en empathie avec eux et au-delà de l'excès de volontarisme avec lequel il cherche parfois à les rendre ambivalents, sont trop incarnés, et le regard du narrateur par moments trop acéré, pour que l'on achève ce roman avec l'impression d'avoir été manipulé et forcé à s'attacher aux personnages.

On peut donc sortir de "Lost Memory of Skin" avec quelques questions. Banks semble répondre à certaines : "Le titre de mon roman décrit un phénomène social et culturel : nous avons perdu la mémoire de la peau, nous l'avons numérisée. Avoir une relation sexuelle, c'est s'inscrire dans l'histoire et dans la mémoire de votre peau. Les caresses de l'enfance, la tendresse d'une mère, la chaleur, la sécurité, les liens qui se sont formés... Si vous perdez cette mémoire, vous n'êtes plus capable d'établir une relation. Or, aujourd'hui, elle tend à devenir abstraite, à se muer en images qui remplacent la réalité." D'autres questions restent plus en suspens. Ce qui semble certain, c'est que dans ce roman qui met en épigraphe une phrase des Métamorphoses d'Ovide, l'identité, ce thème éminemment américain, tient le haut du pavé. Problématique et protéiforme, elle est ce qui se modifie à loisir, jusqu'à ce que les identités perdues, qu'on a laissé choir pendant sa mue, finisse par nous rattraper (quoique cela soit vrai d'un des protagonistes, mais pas des deux). On se demande si, à un moment à ou à un autre, Banks n'a pas pensé à déplacer son adjectif : "Memory of Lost Skin" pourrait aussi convenir pour son roman. Sans doute, sur ce thème et son actualisation la plus récente, le roman de Dan Chaon est-il globalement plus réussi et pertinent : Await Your Reply /Cette vie ou une autre.

A noter qu'un des personnages principaux de "The Sweet Hereafter" / "De beaux lendemains" a droit à une seconde vie dans "Lost Memory of Skin". Les admirateurs de ce roman devraient apprécier ce retour.

Avis à ceux qui compteraient lire ce roman en anglais et qui ne sont pas anglophones : la langue de Banks est assez riche, et il y a des différences de registre assez importantes entre la plupart des dialogues et les descriptions. La traduction, comme toujours chez Actes Sud, sort sous le titre Lointain souvenir de la peau en mars 2012.
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le 3 novembre 2011
I am fascinated by stories that has characters with dark sides, but the types we don't know if we should pity or condemn. Russell did a great job on that with his central character. Reminds me of troubled character of Gavin in Triple Agent Double Cross. How do we judge the weirdos as victims of circumstances or the real perpetrators that their acts depict them to be? This is a brilliantly written book with a classy plot,amazing characterization and narration that makes it he page-turner it is.
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le 28 septembre 2015
Je suis très favourablement surprise par cet auteur. Ce sont les nouvelles mais j'ai bien aimé le façon d'érire et j'ai hâte de lire d'autres livres de cet écrivain.....
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le 6 octobre 2015
Ce pourrait être le titre de ce livre. .. en tout cas c'est la façon de voir du "hero". On passe par des phases de compassion,d'espoir, des envies de révolte mais non, sa vie est telle qu'elle est et lui laccepte.
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