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Traiter de la France de Vichy sans y ajouter de la partialite, de l'emotion ou d'idealiser le passé, est une gageure dans laquelle beaucoup d'historiens hexagonaux se sont perdus...
Paxton decortique de façon méticuleuse le contexte d'une pèriode noire pour la France et sur laquelle il nous offre un eclairage nouveau.
Outre la qualité du travail d'historien, ce livre est une mine de documents - souvent uniques- aussi bien français, allemands qu'américains.
IN-DIS-PENSABLE!
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La France de Vichy de Robert Paxton est considérée à juste titre comme un classique de l’historiographie. Cet ouvrage est parue en français pour la première fois en 1972, et la seconde édition est celle qui est actuellement disponible dans la collection Point Histoire et correspond à l’année 1997. Robert Paxton a eu un tel impact sur la compréhension du régime de Vichy que l’on a parlé de révolution « paxtonienne ».
En fait, le mérite considérable de ce travail était de fournir une compréhension très fine de la nature du régime de Vichy. Robert Paxton s’est basé pour son travail sur les archives de la commission d’armistice franco-allemande, qui permet une étude très fine des demandes françaises auprès de l’Allemagne nazi, recoupées par des archives allemandes détenues par les Etats-Unis et des archives du département d’Etat des Etats-Unis (DoS).

L’ouvrage montre que le régime de l’Etat français est né suite à une débâcle militaire sans précédent pour la France, dont l’armée fut foudroyée en 3 petites semaines au mois de juin 1940. Cet évènement toujours traumatisant en France, et qui fait l’objet de contestation quasi-révisionniste sur le plan de la résistance opposée par les forces armées françaises (Comme des Lions), a conduit la IIIème République déjà agonisante à confier les pleins pouvoir à Philipe Pétain, maréchal de France et vainqueur de Verdun pour tenter de sauver les meubles lors des négociations devant entraîner le passage de la cessation des hostilités à une situation de paix, par la négociation d’un traité de paix.

Juridiquement l’Etat français n’est nullement un pouvoir de fait comme le qualifiera le général de Gaulle mais bien un régime légal. Robert Paxton montre bien à quel point la France libre du général de Gaulle était faible en 1940, tandis que l’essentiel de la population française faisait confiance à Philipe Pétain. Cette rationalité va aller en s’inversant en 1942, lorsque le régime de Vichy est complétement discrédité auprès de la population française, et que Charles de Gaulle incarne une France combattante en exil.

La grande erreur du régime de Vichy est de croire qu’une politique de collaboration de plus en plus volontariste avec l’Allemagne nazi est de nature à assurer à la France une meilleure place dans une future Europe dominée par l’Allemagne. Comme Paxton le démontre, Vichy ne sera jamais en mesure d’être un bouclier protégeant les français, qui vont souffrir terriblement des rationnements alimentaires, et de l’instauration du STO que Pierre Laval essaye bien de tourner en faveur des français par l’instauration de la relève (libération de prisonniers de guerre contre envoi de travailleurs qualifiés français). Même si Laval restera l’interlocuteur privilégié des Allemands, ceux-ci n’auront jamais la volonté de faire des concessions substantielles à Vichy. Sans doute l’ambassadeur Otto Abetz fut-il le plus proche d’une position conciliante avec Vichy, mais ses initiatives furent toujours bloquées par Ribbentrop, Goering ou Hitler.

La volonté d’opérer une pseudo « révolution nationale » à base de slogans mortifères, rappelant « l’Ancien régime » dans ce qu’il pouvait avoir de pire, sous les yeux des occupants, pour régler de vieux comptes avec l’anticléricalisme de la IIIème République est un élément qui aggrave la perception que l’on peut avoir de Vichy. Le pseudo double jeu de Vichy avec de vraies/fausses négociations secrètes avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis est remarquablement mis à mal par Robert Paxton, plus tard Jean-Baptiste Duroselle, à l’aide des archives du quai d’Orsay aura l’occasion de bâtir un historique plus précis dans un ouvrage remarquable intitulé « l’Abime : la politique étrangère de la France de 1934 à 1945 » qui nuance tout en les précisant les découvertes et les hypothèses de Robert Paxton. Sans surprise l’examen des archives du quay d’Orsay a permis à Duroselle de corriger quelques erreurs commises en 1973 par Paxton.

Le bilan de la France de Vichy est dressé de manière impitoyable par Paxton : échec total de la politique de « bouclier » ; tentatives fumeuses de diplomatie secrètes (dont le détail était communiqué aux autorités allemandes) ; emprise des technocrates dans les ministères alors que l’épuration sera très modérée avec eux (voir les cas abjects de MM. Papon et Bousquet… parmi d’autres) ; contribution active et volontaire en 1940 à une politique antisémite (instauration de numerus clausus) et puis engrenage fatale conduisant à une participation française à la Shoah.
L’apogée de l’effondrement intellectuel et moral sera la création de la milice, sous la direction de Joseph Darnand, qui est à la fois un psychopathe et un ultra-collaborationniste, dont la mission sera de faire la chasse de manière impitoyable aux ennemis de l’Etat français : les communistes, les résistants, les judéo-saxons selon la terminologie alors en vigueur (cf Pierre Giolitto, Histoire de la milice).

Le bilan n’a guère changé en 2015, on peut lire les travaux de Jean-Pierre Azéma, Olivier Wieviorka, Philipe Burin et Jean-Paul Cointet qui sont passionnant et bien écrits sur une période noire de notre histoire récente, et comme on le dit souvent « un passé qui ne passe pas ».

On notera que Robert Paxton a indiqué dans la nouvelle préface que son ouvrage appartenait à l’historiographie de son époque, et qu’il serait un jour remplacé par de nouveaux travaux. Jamais Paxton n’a voulu créer une soi-disant doxa comme l’explique laborieusement Alain Michel dans son paradoxe français : au demeurant si cet « historien » avait réellement lu l’ouvrage de Paxton et Marrus paru en 1981 « Vichy et les Juifs » il aurait été obligé de constater que les auteurs écrivent en long, en large, et en travers, que le régime de Vichy chercha toujours à protéger les israélites de nationalité française ; ils précisent aussi que Laval ne fut pas un antisémite, mais se servi de la question des Juifs étrangers dans le cadre de négociations plus global avec les autorités allemandes, notamment Karl Oberg avec les tristement célèbres accords Oberg/Bousquet. Laval perd la main en 1943, avec l’effondrement graduel de la politique de l’Etat français, toutefois lui et Pétain se sont opposés à la dénaturalisation des Juifs qui avait acquis la nationalité français depuis 1927.

Pour autant, Pétain et Laval porte la responsabilité morale et pénale d’avoir donné des instructions aux forces de police françaises pour servir à l’accomplissement des grandes rafles réalisées en France : le bilan reste terrible avec 75000 hommes femmes et enfants déportés vers Auschwitz.

Cela ne doit pas masquer que près de 140000 personnes furent en totalité déportées, dont des résistants à l’occupation allemande, peu importe qu’il s’agisse de communistes ou de gaulliste, ou d’autres mouvance d’extrême droite tel le colonel de la Roque et Georges Valois et bien d’autre encore : ces gens ont fait honneur à leur pays.

Sur les 40000 rescapés des camps de concentration allemands, seuls 2500 juifs survécurent.

Par ailleurs, si le fait de sacrifier des juifs apatrides ou étrangers, à la place des juifs français peut sembler être aux yeux de M. Michel une stratégie de protection de l’Etat français, il est difficile, voire même impossible de ne pas prononcer une condamnation morale implacable (ce qui est d'ailleurs fait avec beaucoup de prudence par Alain Michel, il faut au moins lui reconnaître cela), car certains pourraient être amenés à penser que la vie des étrangers vaut moins que la vie d’un français, et l’on voit tout de suite quelle idéologie nauséabonde se cache en France derrière ce point de vue. Point de vue qui au demeurant, dans le cadre des lois de la République est susceptible de tomber sous le coup de la loi…

Les travaux récents de Jean-Paul Cointet « Hitler et la France » montrent que jamais Hitler n’était prêt à considérer la France comme un pays allié, mais se préparait plutôt à le disloquer une fois la paix revenue sous la férule des nazis : il comptait en faire une sorte de Suisse agrandie, et il ne fait nul doute que son Empire eut été partagé entre le régime de Francisco Franco pour ce qui est du Maroc, et pour le reste donné à l’Italie si celle-ci était restée un régime fasciste ; même si par ailleurs Hitler indiquait qu’en dernier recours il se réservait le choix des décisions ultimes et la primauté en toute chose.

Et puis, les militants d’extrême droite devraient aussi se rappeler qu’un des pires collaborationnistes français François de Brinon Délégué général du gouvernement de Vichy en zone occupée du demander une exemption, à la loi française sur le statut des juifs ainsi qu’aux dispositions allemandes en zone occupée, car sa femme née Frank était d’origine juive…

Pour les passionnés d’histoire contemporaine, la lecture de l’ouvrage de Robert Paxton demeure un excellent moyen d’appréhender la réalité de l’Etat français, sans compter que le point de vue d’un historien anglo-saxon sur une question aussi sensible est toujours le bienvenu. On notera, que par ailleurs, la thèse de Robert Paxton relative à l’étude du corps des officiers français sous Vichy reste un travail qui n’a toujours pas d’équivalent en France. Cet excellent ouvrage relatif à l’armée d’armistice française est disponible depuis 2006 dans la collection Point Histoire.
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le 31 août 2009
Bien qu'assez ancien, ce livre est une référence. Une analyse exceptionnelle, il fallait sans doute être hors du sujet (ni Français, ni Allemand) pour parvenir à une telle lucidité. Et nul besoin d'être spécialiste, ce livre se lit très facilement.
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Robert Paxton montre la collusion entre un régime autoritariste, né des décombres de la pire défaite des armées de la France, et l'occupant nazi.

Ce régime de rencontre avait abdiqué toute souveraineté pour construire, en échange d'une collaboration active, dévouée et obéissante, un ordre moral, coercitif et contre-Révolutionnaire (la grande, celle de 1789), Il s'est voulu, s'est pensé et a agi (ce jusqu'à Sigmaringen) en conformité avec les intérêts de l'Allemagne. En échange, il a tenté d'étouffer toute velleité d'espérance démocratique chez un peuple mis en veilleuse par la violence de l'effondrement, la dureté du quotidien et la terreur permanente exercée par l'occupant.

Pétain n'était pas le bouclier et De Gaulle l'épée. Le gouvernement de Vichy, variante molle d'authentiques régimes nazis (Quisling en Norvège, Tyso en Slovaquie), était aux ordres.

Si tel n'avait pas été le cas, cet état-croupion serait parti en Algérie dès l'annonce du débarquement allié et la Flotte ne se serait pas sabordée à Toulon en novembre 1942.

Seul De Gaulle était au combat depuis 1940 avec les FFL et une Résistance Française densifiée depuis l'entrée en guerre de l'URSS (et donc l'entrée dans la lutte armée du PCF).

Ce livre de Robert Paxton consitue, plus de 30 ans après sa parution, l'indispensable clé si l'on veut comprendre ce que furent ces années noires et l'abysse dans lequel la France faillit, du fait de l'impuissance politique des partis, des impérities du Haut-Etat Major et de la volonté de quelques authentiques contre-révolutionnaires, disparaître.
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le 28 octobre 2010
Un livre d'un très grand intérêt sur cette période trouble et trop méconnue.
Le livre se lit très facilement.

Bien-sûr, certains historiens ont relevé quelques imprécisions, mais c'est un livre de référence quand même.

Voilà ce que j'ai retenu en quelques phrases:
- la France n'a jamais utilisé les atouts disponibles (à savoir la marine et ses colonies) pour contrer l'Allemagne nazie
- elle a été le plus gros pourvoyeur de ressources à l'Allemagne (aluminium, etc.)
- elle a toujours recherché une alliance avec l'Allemagne pour jouer un rôle dans le nouvel échiquier mondial qui se dessinait (même si Ribbendrop ou Hitler n'ont jamais voulu d'alliance avec la France)
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le 21 avril 2012
Robert O.Paxton, Virginien d'origine, est arrivé à Paris en 1960, la même année que Beate Klasfeld. L'un et l'autre vont réviser la mémoire trouvée dans les bibliothèques. Paxton, qui s'est heurté à Paris aux mêmes interdits que les historiens français, exploite les archives allemandes, prises de guerres des Américains microfilmés et conservées à Washington.

De ses lectures,Paxton tire une version de la période 40-44 qui remet en question de la théorie du "bouclier" qui montrait le maréchal Pétain et son équipe pratiquant une résistance passive et soucieux de ne pas perdre le contact avec l'Amérique, alors que la collaboration active était le fait de Pierre Laval. Son livre est acceuilli comme une percée par les historiens. En 1997, la seconde édition de la France de Vichy,revue par Henri Rousso, Patrick Weil et Michel Winock, est traitée avec le respect qu'on accorde aux monuments. Paxton explique alors le sens de son travail dans une nouvelle préface: il consistait à ruiner les postulats sur lesquels reposait la thèse de Robert Aron et singulièrement l'idée de "bouclier" qu'il faisait assumer à un Pétain interposant son prestige de "vainqueur de Verdun" entre les arrivant, nombreux, prédateurs et brutaux (le "diktat", selon Paxton) et les Français occupés.

Paxton en doute. Disant s'appuyer sur "vingt-cinq ans de recherches dans les archives françaises et allemandes", il affirme en 1997 que "loin de jouer un double jeu avec les Alliés, Vichy bataillait avec eux pour défendre sa neutralité avec plus de vigueur que face aux Allemands: mon livre démontre que le principal objectif de Vichy a toujours été de trouver une troisième voie, celle d'Etat neutre au sein de l'Europe hitlérienne, et ensuite, quand la défaite allemande est entrée dans le champ du possible, celle d'un arbitre entre les deux camps".
Certains ont contesté que cela ressorti aussi nettement de la version de 1973, il n'importe, c'est la conclusion à laquelle parvient l'historien de 1997 dans une conjoncture nouvelle.

En 1997, donc, l'auteur de La France de Vichy a effectué un confortable parcours professionnel et il est maintenant docteur honoris causa de l'université de Caen; il a derrière lui les vingt-cinq années de recherches dont il se targue, dans un domaine qu'il a non seulement labouré mais "révolutionné". Marc Ferro n'a fait que l'égratigner dans son Pétain à propos de la "polonisation"redoutée à laquelle Paxton refuse de croire. Et les massacres d'Oradour, d'Ascq, des Glières et de Tulle, demande Ferro ?
La réédition de son livre en 1997, avec sa guirlande d'historiens français remerciés, montre combien sa compétence est reconnue et c'est une vedette qui se présente le 31 octobre 1997 au tribunal de Bordeaux pour reprendre les thèmes de La France de Vichy.
Cela l'amène à répéter le chiffre qui figure dans les premières éditions, un chiffre étonnant sur lequel les lecteurs et les correcteurs amis sont passés sans sursauter. Dans le contexte du procès et utilisé à charge contre Papon, un représentant de l'admnistration de Vichy (par ailleurs résistant gaulliste), il prend une portée et une résonance nouvelle. Il s'agit de celui des troupes allemandes d'occupation que Paxton fixe à 40 000 hommes. Ils ont suffi, d'après lui à tenir en respect les quarante millions de français vaincus!
A la barre,il reprend les donnée en soulignant que le nombre d'Allemands présent en France de 1940 à 1944 est un élément crucial dans la compréhension de la politique de collaboration.
Cela prouve que dans un pays dont les troupes allemandes sont pratiquement absentes-la sale besogne a été le fait des occupés eux-mêmes...

En réalité, tout indique que les troupes allemandes d'occupation n'ont jamais été été inférieures à 250 000 hommes. En décembre 1941 une instruction de Hitler, recommande de les maintenir fortes en prévision de l'opération Attila (l'invasion de la zone sud). La garnison locale de Dieppe rejette à la mer en 1942 le commando de 5000 Canadiens que Churchill envoie reconnaître les lieux.En 1944,alors que le STO a engendré les maquis,tout le monde semble d'accord sur le chiffre d'un million d'Allemands en arme, et le commandant du front de l'Ouest, Von Rundstedt, qui juge cela insuffisant, réclame qu'il soit porté à 1 millions et demi, soit un peu plus que les 150 hommes de renfort que Paxton mentionne à Bordeaux...
Un seul historien de la période, Pierre Laborie, professeur à l'université de Toulouse, conteste les statistiques paxtoniennes. Dans une conférence faite à Lyon en octobre 2006, il mentionne ce chiffre de "40 000" (des "vieux") trouvé dans une édition de 2005 de La France de Vichy et il relève une autre de ses assertions selon laquelle:"Les forces nouvelles seraient arrivées plus tard et elles auraient été placées sur les côtes", en la commentant ainsi: "C'est une grossière erreur, gênante en raison des commentaires qui l'accompagnent, et malheureusement répétée au cours des éditions, en dépit des demandes effectuées pour attirer l'attention de l'éditeur sur la bévue".
La bévue était là à titre confraternel, c'est de grossières erreurs dont il est maintenant question, car un chiffre erroné maintenu pendant trente ans et proféré en cour d'assises ne peut plus être une bévue, c'est une bourde tellement grossière qu'elle trahit la méconnaissance du sujet.
Pierre Laborie produit alors une série de chiffres destinés à corriger Paxton et il aboutit à cette conclusion très mesurée: "On peut regretter que le respect légitime à l'égard du grand historien de Vichy conduise à rester silencieux devant un point contestable de son travail et à lui attribuer une sorte de statut de "vache sacrée" qu'il n'a certainement jamais revendiqué".
Tout le monde peut savoir aujourd'hui que la "révolution paxtonienne" a été fondée sur des données statistiques à la limite de l'absurde. Celui qui, sans que personne ne lui demande rien, vient détailler ses fantaisies à la barre du tribunal ne peut s'en prendre qu'à lui-même si elles mettent sa construction en péril.
En fait, le Diktat allemand a été fort et constant même si la "polonisation" redoutée qui fait rappeler Laval n'a pas lieu. Arrestations, tortures, fusillades, Pétain s'offrant en otage pour épargner les otages, Abetz venant pistolet en main réclamer Laval à l'hôtel du Parc,l'irruption des troupes à Toulon pour saisir la flotte, tout cela a bien existé, et la pression allemande a été forte et constante.

Paxton est nu et ceux qui méthodiquement le couvrent sur internet n'empêchent pas que son livre ait perdu l'essentiel de sa vertu probatoire. Il faut reprendre l'histoire de Vichy là où l'avait laissée Robert Aron, sans pour autant négliger les hypothèses et les documents produits par les nouveaux historiens mais en les intégrant aux données fournies par les archives françaises enfin ouvertes et pas toutes nettoyées.
En élargissant,bien sûr la perspective. Né en 1856, le seul Pétain a été témoin de deux défaites (1870 et 1940) ce qui donnait du champ à sa vision de l'histoire. Sa recherche de la neutralité et la position de médiateur du grand conflit qu'il aurait aimé tenir sont à inscrire dans la longue durée, avec la réconciliation franco-allemande après la guerre.
La tentative de collaboration prévue par l'Armistice, dans la neutralité militaire préservée a servi à garder un pays en état de marche: lycée, universités, grandes écoles, éditions, corps constitués, industries aéronautiques, automobile, sans oublier le gaz de Lacq découvert et caché aux Allemands ou les recherches de Joliot-Curie qui aboutissent à la force de frappe. Ne pas oublier les réformes de tout genre qui se retrouvent dans les institutions actuelles.
Il faut se garder de l'idée d'une faute originelle. En fait de morale, les nations n'ont que celle de la survie.Tout pays occupés collabore et résiste. Et lorsqu'en 1944, il cherche à transmettre ses pouvoirs à de Gaulle, son disciple dissident. Pétain s'incline devant le parieur heureux, sachant qu'il exercera le pouvoir dans le même esprit sinon le même style que le sien, lui qui n'a jamais joué le sort du pays sur une seule carte.
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le 4 février 2016
Excellent, a recommander. Aisé â lire il est réellement très intéressant. C'est un très bon ouvrage.très bien fait et passionnant.
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MEMBRE DU CLUB DES TESTEURSle 27 septembre 2008
l'ouvrage de Paxton sorti en France en 1974 rompt totalement avec l'historiographie précédente qui utilisait les souvenirs des protagonistes, leur justification d'après guerre et classait Pétain parmi ceux qui avaient sauvé le plus possible de l'indépendance française face à des exigences allemandes croissantes. Paxton n'utilise que les documents d'époque et non les justificatifs d'après 1950, il serre de près la chronologie entre législation française et exigences allemandes. Il apparait finalement que Pétain n'a pas cédé aux Allemands mais a devancé toutes leurs avances.
La méthode est si rigoureuse que les ouvrages précédents sont tombés dans l'oubli (Aron...) et que l'ouvrage n'a pas à ce jour reçu de contestation. Un très bon index!
je complète mon apport. Je constate que la moitié de ceux qui apposent des appréciations n'approuvent pas mes propos. La liberté d'expression est totale et ils ont raison d'en profiter. Mais j'ai peur qu'ils détestent ce livre parce qu'il accable les dirigeants français de l'époque. Dans ce cas qu'ils rédigent un ouvrage le contredisant et ce n'est pas l'analyse rapide de M Zemmour sur ce livre qui est suffisante. Il se trouve que j'ai lu l'ouvrage d'Alain Michel. Certes Laval n'est pas antisémite en ce sens qu'on ne retrouve pas chez lui le délire de Céline ou d'autres, mais c'est quand même quelqu'un qui a fait arrêter des individus sur le seul critère de leur identité juive. Il faudra donc me dire ce que signifie l'antisémitisme pour Alain Michel. Quant à la chronologie, elle est désastreuse pour le régime de Vichy. Les réglements de Xavier Vallat sont d'AVANT toute demande allemande. Pétain est un antisémite depuis toujours (voit la dernière biographie parue). La seule chose que l'on peut concéder aux dirigeants de l'époque est qu'ils ignoraient la réalité concrète de la Shoah; ils savaient simplement que les Juifs partaient pour des camps en Pologne et que leur séjour devait y être très pénible.
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le 6 mai 2008
Ce livre de l'historien universitaire américain Robert O. Paxton -publié pour la première fois en 1972- est un travail étonnant et dérangeant.
* Dérangeant parce qu'il brosse un portrait très précis et inattendu des nombreux acteurs de l'"Etat français" et de leurs contradictions. Darlan, Laval, Weyguand, Huntzinger, Noguès ou Vallat nous sont présentés différemment de ce que nous savions d'eux jusqu'alors. Les politiques (ou l'absence de politique) de collaboration diplomatique, militaire et économique ou de répression contre les juifs apatrides n'apparaîssent plus comme plus ou moins subies sous le joug allemand mais comme des tentatives pour amadouer le régime nazi pour obtenir des contreparties, en particulier sur la question des prisonniers. Cette politique de collaboration ne convainquera jamais vraiment les Allemands.

* Etonnant parce qu'il remonte aux origines des frustrations de la politique des années 30 et explique les mécanismes complexes et contradictoires de la Révolution nationale.
L'auteur -de nationalité américaine- brosse un portait sans complaisance, dépassionné mais aussi affranchi des interprétations "franco-françaises" de cette période. S'appuyant essentiellement sur les archives allemandes, françaises et britanniques et non pas sur les compte-rendus des procès d'après-guerre, son propos est précis et étayé. Il est en particulier bien plus précis que l'"Histoire de Vichy" de Robert Aron (longtemps considérée comme une référence sur cette période), publiée en 1954 et encore influencée par les acteurs de cette époque qu'ils soient gaullistes, communistes ou pétainistes (repentis ou non).

A lire pour se faire une opinion sur le sujet. Considéré comme un travail d'historien à charge contre le régime de Vichy, ce livre mérite d'être lu pour comprendre ensuite les autres ouvrages sur la même période, qui y ont font toujours référence.
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le 1 octobre 2007
Robert PAXTON possède ce grand mérite : analyser avec clarté une époque trouble à bien des égards : la complexité des événements et le soin que les historiens d'après-guerre ont mis à dissimuler, à éluder, consciemment ou non. La vérité n'était pas encore politiquement acceptable.
Trente ans après une parution explosive, le livre de PAXTON nous assène des vérités que nous ignorions.
Vichy n'a pas subi les exigences allemandes. Il les a précédées. Vichy a réclamé des mois durant la collaboration à un occupant méprisant et très méfiant à l'égard de ses interlocuteurs français.
L'entourage du Maréchal n'était pas fait - du moins jusqu'en 1943 - que d'imbéciles ou d'hommes de main. On y retrouve des grands commis de l'Etat, politiciens de la troisième république blanchis sous le harnais. On y retrouve des techniciens de haute volée, Conseillers d'Etat, Conseillers à la Cour des Comptes. Les polytechniciens employés par le régime sont nombreux, aux postes les plus importants et les plus compromettants. Le parcours de Jean Bichelonne, dont les notes à l'X ont été les plus élevées, est éloquent.
Le propos de PAXTON est dépassionné. Il aborde le sujet en historien, preuves et éléments d'archives à l'appui. Le dossier est complet et la méthode rigoureuse.
Les conclusions ne sont pas discutables. Elles sont effarantes surtout lorsque l'on sait que beaucoup de ces collaborateurs du régime de Vichy ont repris du service dans la IVème république.
Le style est limpide. Le livre se lit d'un trait.
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