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Panorama qui, à vrai dire, commence un peu plus tôt, au moment de l'affaire Dreyfus, du nom de cet officier français, juif, accusé de trahison, et qui déchaîna contre lui les passions les plus radicales de l'antisémitisme. Maurice Barrès d'un côté, Emile Zola de l'autre. Deux hommes, deux tendances, deux pensées, qui détermineront le siècle à venir de la pensée philosophique et politique en France. Ou comment des écrivains, ont mis leur art au service d'une cause, d'un camp politique, et pesèrent sur les consciences (n'oublions pas l'investissement de Voltaire, sur la fin de sa vie).

Ce livre imposant de Michel Winock (770 pages sans les annexes) se lit merveilleusement bien. Il est bien écrit, accessible, et il est surtout passionnant. Il se divise en trois parties, où dominent un maître à penser : les années Maurice Barrès (1862-1923), les années André Gides (1869-1951) et les années Jean Paul Sartre (1905-1980). Maîtres à penser, car à un moment de leur carrière, les idéologies se sont cristallisées autour de ces trois hommes là.

Dans cette première partie, on croise Barrès, ultranationaliste, catholique et conservateur, ainsi que Charles Maurras et sa future Action Française, militariste antisémite, admirateur de Mussolini, avec Daudet. Mais aussi Peguy, Claudel, Henri Barbusse, Bergson, Valéry, Anatole France, et Gides déjà, la création de la NRF, Gallimard... L'affaire Dreyfus oppose ces hommes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, puis la Grande Guerre et ces horreurs, les mouvements pacifistes, le communisme qui fait rêver... Autant d'évènements qui précipitent chacun derrière ses idéaux.

Avec les années Gide (l'anticonformiste, au grand dam de son ami Claudel) Michel Winock nous retrace les années vingt et trente, les empoignades entre surréalistes (Breton, Eluard) et marxistes, la radicalisation des mouvements fascisants, la tentative de coup de force contre l'Assemblée en 1934, la menace hitlérienne, la guerre d'Espagne, et les Céline, Montherlant, Malraux, Martin du Gard, Bernanos, Drieu la Rochelle, Brasillach. De longues pages sont consacrées à la seconde guerre mondiale, aux écrivains qui entrent en résistance, physiquement, et/ou par leurs oeuvres, ceux qui hésitent, tergiversent, ceux qui choisissent le camp des fascistes. Période noire et terriblement complexe, parfaitement et lucidement rendue par l'auteur. J'y découvre Jean Paulhan, infatigable éditeur, résistant de l'ombre, directeur de la NRF, remplacé par Drieu La Rochelle, tous deux ennemis jurés, mais curieusement respectueux, car liés par la littérature. L'épuration et les rancœurs, procès, haines, vengeances, mais aussi le pardon. Et encore Jean Paulhan, qui souhaite une littérature détachée des idéologies. Au contraire de Sartre...

Jean Paul Sartre, qui impose à tous dès la libération le « tout idéologie », thème de la troisième partie. Derrière chaque livre, pièce, article, derrière chaque mot il doit y avoir du sens politique. Sartre omniprésent, sur tous les fronts. On retrouve Gide et son « Retour d'URSS », les années Staline, la flamboyance du PCF qui enrôle à tour de bras, le retour des démocrates chrétiens comme Mauriac, et puis les Camus, les Aron, Aragon, Beauvoir, Clavel, et encore une fois, des écrivains qui s'entredéchirent, qui portent très haut le verbe et l'injure, sur Tito, la Hongrie, la guerre d'Algérie, les mouvements gauchistes, 68...

Ce livre de Michel Winock regorge de noms, de titres, que l'on ignore, que l'on connaît, vaguement, un peu mieux, et surtout que l'on croyait connaître. Il montre qu'il n'y a pas deux camps adverses, mais de multiples ramifications, parmi la droite, catholique, laïque, le centre, la gauche socialiste, marxiste, que certains restent sur leur position toute une vie, et d'autres évoluent... Tous ces intellectuels, qui flirtent avec le monde politique (c'est toujours vrai aujourd'hui !) sont en perpétuel affrontement, les uns contre les autres, amis un jour, fâchés le lendemain. Ce livre montre aussi le nombre incalculable de revues, groupes, réunions publiques, maisons d'édition, associations, journaux, créés au moindre évènement, pour imposer son courant, et se distinguer du voisin... Le récit est chronologique, mais les carrières souvent se croisent et se superposent, l'auteur le rappelle sans cesse, afin que tout soit clair, et il use de courts chapitres thématiques.

Où l'on découvre que deux ou trois grandes questions reviennent sans cesse dans le débat : la Nation, Dieu, le Socialisme. Certains, comme Emmanuel Mounier (la revue "Esprit"), que j'ai découvert dans ces pages, semblent les avoir réunies.

Panorama de la pensée politique et intellectuelle, plus que des styles littéraires, LE SIECLE DES INTELLECTUELS est une lecture enrichissante et passionnante.
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Cet ouvrage se lit comme un roman, le style est très agréable comme pour la plupart des ouvrages de winock. Surtout il permet de nous introduire à certains des intellectuels français qui ont fondé notre société moderne mais aussi nos préjugés. De sarte à aron en passant par gide et l'histoire de la nrf, l'introduction est intéressante et appelle à des lectures complémentaires.
Un très précieux ouvrage à lire en complément des "voix de la liberté" du même auteur.
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le 2 janvier 2011
Un livre très intéressant, en particulier sur la période de l'entre deux guerres. À lire en parallèle avec Ory et Sirinelli, "Les intellectuels en France", plus synthétique. Les deux livres se complètent bien.
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le 10 juin 2009
Ce livre, comme le défendent fort justement les autres commentateurs, s'est imposé en quelques années comme un classique de l'historiographie française. Winock brosse ici le tableau des engagements des intellectuels depuis le conflit séminal que représenta l'Affaire Dreyfus jusqu'aux décès de Sartre et d'Aron, et avec eux, d'une figure type de l'intellectuel engagé. Cette synthèse, qui court, chronologie comprise, sur plus de 800 pages, repose sur des chapitres assez courts, thématico-chronologiques, très lisibles. L'ensemble, bien rédigé, se lit avec une grande aisance.

Difficile de passer outre le travail de Winock quand on s'intéresse à la vie intellectuelle française depuis 1900. La réédition, en cette année 2009, du dictionnaire des intellectuels français, accompagnera utilement ce livre. Attention à ne pas se méprendre, ce n'est pas là une histoire des oeuvres ou des courants littéraires (au-delà de l'inévitable ouvrage de Benda, La trahison des clercs), mais plutôt un panorama de l'engagement des écrivains (principalement) dans les grandes causes du XXe siècle : Dreyfus, la première guerre mondiale, le 6 février 34, la guerre d'Ethiopie, la guerre d'Espagne, la seconde guerre mondiale, les débuts de la guerre froide, l'Algérie, les années 60, le maoïsme des années 70. Autour de trois figures majeures, que sont Barrès, l'antidreyfusard, Gide, l'anticonformiste et Sartre, l'anti-anticommuniste, Winock raconte ce que furent les prises de position des intellectuels dans l'espace public. Le lecteur croisera Zola, Maurras, Péguy, France, Breton, Aragon, Martin du Gard, Malraux, Drieu, Mounier, Camus, Alleg, Foucault, etc... Le livre ne se résume pas à ce name-dropping : le champ intellectuel connaît une évolution propre, décrite ici de manière sous-jacente avant d'être résumée dans la conclusion.

L'Affaire Dreyfus cristallise de manière manichéenne le monde intellectuel : un camp de la vérité finira par émerger et par l'emporter. Les engagements suivants ne retrouveront jamais la pureté originelle de la geste dreyfusarde ou antidreyfusarde. Réagissant aux grands enjeux du temps de la période 1914-56, les intellectuels, par idéalisme, par volonté d'émettre des positions morales et politiques que permet leur talent ou leur réputation, seront de tous les combats, surtout les mauvais d'ailleurs. Le plus impressionnant dans ce livre, c'est finalement de constater la faillite répétée de l'intelligence française face à la politique. Le cri naïf de Romain Rolland "l'intellectuel qui s'engage en politique est une réclame sur une poubelle" est un des rares éclairs de lucidité des écrivains engagés : Aragon tresse les louanges de Staline et de la tchéka, Breton joue les maximalistes de gauche, Benda se trahit lui-même en approuvant le procès Rajk, les pacifistes finissent par approuver l'inacceptable pour éviter la guerre, Drieu cède à la fascination envers la virilité fasciste, Brasillach se vautre dans le nazisme, ...
Pour un Suarès dénonçant le nazisme en 1936 dans un livre que Grasset refusera de publier par opportunisme, combien de Fernandez et de Jouhandeau? d'Aragon et de Wurmser? Utilisés par les politiques comme des cautions, incapables de reprendre leur indépendance, englués dans leurs prises de position.

Peu d'intellectuels ont finalement gardé une certaine dignité morale dans ces engagements, peu défendent la démocratie, peu défendent la liberté, la plupart posent, fanfarons, dans les uniformes de l'indignation, de la simplification et de l'extrêmisme. Cet espace 6 février 34 -> 1956 prend près de la moitié du livre.

Après 1956 et le tournant de Budapest, les engagements intellectuels se délitent peu à peu, jusqu'à l'émergence de figures d'expertise sectorielle à rebours des penseurs ou romanciers généralistes investissant des causes qu'ils considèrent comme justes. A ces spécialistes, sociologues ou économistes, s'adjoindront des intellectuels médiatiques, dont l'oeuvre passe loin après les interventions télévisées. Une dichotomie qui achèvera de démolir le rôle synthétique de l'intellectuel, prenant appui sur sa condition d'écrivain ou de philosophe pour se positionner dans l'espace public sur des sujets où il n'est pas spécialiste.

Le lecteur suivra donc, au fil du siècle, le récit des engagements intellectuels français, parfois confus ou imbéciles, souvent pleins de bonne foi et d'ardeur. Je ne regrette qu'une chose, l'impression de bâclage que laissent les chapitres finaux, à partir du maoïsme des années 70. Foucault, Barthes ou, plus tard Bourdieu, méritaient plus que les maigres paragraphes qui leur sont consacrés. Tout cela est peut-être trop récent pour avoir suscité une bibliographie utilisable et conséquente?

Cette remarque mise à part, l'ouvrage mérite son excellente réputation.
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le 6 juin 2011
Dans un pavé qui se lit aisément M Winock, mêle subtilement l'histoire politique, l'histoire tout court ,l'histoire des idées et l'histoire littéraire (un peu moins). Ou comment les écrivains, philosophes et penseurs ont plongé à pieds joints dans les débats politiques de l'affaire Dreyfus à mai 68 (enfin un peu plus tard, l'ouvrage s'achève a peu près à la mort de Raymond Aron 1983) et ont influencé leur époque. L'ouvrage a le mérite de nous remettre en mémoire, ces personnages un peu oubliés malgré leur influence passée "énorme" , Barrès , Gide , Peguy ... (eh oui on est loin des Zemmour and co...)qu'on devrait avoir lus .... Deux petites critiques néanmoins; dans le chapitre consacré au conflit israelo-arabe (dans le débat intellectuel français s'entend)indiquer que les origines du conflit remontent à la naissance d'Israel en 1948 n'est pas digne d'un historien de ce niveau; la chronologie comparée histoire/histoire intellectuelle est un peu hypertrophiée. j'en profite pour recommander la lecture de Roger Stéphane : Biographie moins universitaire bien sûr mais qui narre la vie d'un journaliste, "engagé" sur la période 1930/1970 et qui a vécu une partie de la période étudiée par MW
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J’ai été immédiatement séduite par la capacité de synthèse de Michel Winock, qui retrace chronologiquement chaque période du siècle écoulé, sans perdre le fil de ses démonstrations, pistant chaque auteur dans ses évolutions et circonvolutions. Rien n’est laissé au hasard : courriers, journaux, entretiens, tout sert à écrire la pensée de ces hommes sur l’histoire en train de se faire. Ce qui fait tourner la tête c’est justement la complexité des positions. Trop souvent, nous simplifions afin qu’il soit plus tranquille d’établir qui est ou pas du bon côté, qui a su faire montre de courage ou de lâcheté. Dans son récit, Michel Winock dévoile le dessous des cartes, les doutes, les avancées ou reculées de chacun en fonction de « son terreau », ses lignes de fuite et de ses fondamentaux, et surtout le risque d’aveuglement face à l’histoire immédiate. Cela est évident mais ce qui l’est moins c’est de voir que nos grands écrivains avançaient difficilement, ce qui ne veut pas dire que la valeur littéraire de leur oeuvre tient à la position prise dans l’histoire. Il faut se garder de cette chasse aux sorcières. Néanmoins tout compte quand on aborde un texte : nous ne sommes pas des lecteurs hors sol, et les auteurs n’ont pas écrit hors de leur temps. Il importe de faire dialoguer les époques. C’est à cela qu’aide l’impressionnant travail de Winock. Je ne sais ce que cette lecture laissera en moi comme savoir constitué. Il est difficile d’édifier sur du sable mais cela m’aura donné le goût de cette écriture de l’histoire, ce récit qui relie les événements et les hommes. Je suis loin de pouvoir briller en société en citant, l’air de rien, événements, dates et lieux sans sourciller. Certains continueront donc de m’impressionner mais j’aurai saisi ce qui les passionnent : la soif de remettre les choses à leur juste place tout en approchant l’épaisseur du temps.

A lire d’un bloc comme une traversée du siècle ou par feuilletons étape par étape.

Marcelline ROUX (CULTURE-CHRONIQUE)
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le 31 octobre 2009
Se lit comme un roman, on est tenu en haleine d'un bout à l'autre du siècle.
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le 4 septembre 2015
Très très intéressant ..... j'ai beaucoup aimé découvrir et redécouvrir tous ces intellectuels ..... je conseille ce livre ....à tous ceux qui veulent comprendre la relation politique et idéologique
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