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500 PREMIERS RÉVISEURSle 30 octobre 2008
Tout commence par un voyage en train vers la Tchécoslovaquie, avec un jeune homme de 16 ans, venu participer aux journées de la Jeunesse démocratique. Nous sommes dans le temple socialiste. Le paradis en quelque sorte. Le gamin s'appelle Alain Krivine.

Les journalistes Hervé Hamon et Patrick Rotman, débutent ainsi leur incroyable voyage à travers l'histoire de la gauche extrême, l'histoire de ces gauchistes, de ces Maoïstes, Trotskistes et autres utopistes révolutionnaires. Comment s'est forgée cette identité, quel est le terreau commun de tous ces jeunes gens, nés sur les cendres du nazisme, qui ont vu leurs parents périr dans les camps de la mort, qui ont leur judaïsme chevillé au corps, qui ont accueilli Staline comme un héros, et érigé son modèle politique en philosophie de vie ? Tel sont, entre autres, les thèmes de ce tome 1 : LES ANNES DE REVE.

Comment ses groupes, soutenus par des intellectuels, des artistes, se sont-ils organisés dans les années soixante. Prague, Cuba, le guerre d'Algérie, Jean Paul Sartre, Jean Luc Godard, Mai 68, Renault, les ateliers Citroën de la porte d'Ivry, les universités, le MLF... autant de noms et d'événements que les deux auteurs décortiquent, pour nous faire comprendre les enjeux, les engagements de cette génération. Nous faire toucher du doigt quel a été le rêve de cette génération, dont 40 ans après, nous sommes encore redevables. L'héritage n'est pas prêt d'être soldé.

Dans le deuxième tome, LES ANNEES DE POUDRE, on retrouve nos héros libertaires et épris de justice sociale, qui ont reçu un gros coup sur la tête. Les utopies s'écroulent, le régime stalinien est dénoncé dans L'ARCHIPEL DU GOULAG. En France les groupes gauchistes sont trop nombreux, trop divisés. Chacun sa chapelle, son gourou, son journal (Libé, Actuel), sa religion. Querelle, dispersion, abandon, division, sous-division... Le retour aux valeurs de la classe ouvrière, avec ses intellos bardés de diplômes qui s'en vont bosser à la chaîne (Linhart), jusqu'aux extrémistes qui rêvent de lutte armée à l'étranger (Régis Debray), ou qui glissent doucement vers le terrorisme et le banditisme (Pierre Goldman).

Ces deux livres font ensemble 1200 pages. C'est une somme, un travail colossal, une juxtaposition d'entretiens, d'interviews, de déclarations des principaux intéressés : Krivine, Debray, Cohn-Bendit, Geismar, Grumbach, July, Kouchner, Lévy, Linhart (dont je recommande l'ouvrage L'ATELIER, récit de son expérience d'ouvrier) Weber, et tant d'autres. Ce livre fourmille de personnages, de dates, de faits, on s'y perd un peu, on revient en arrière, parfois désarçonné par tant d'informations. Mais en même temps, on est soulevé par le souffle de l'aventure, le récit incroyable, la force de l'écriture, qui nous entraîne dans ce flot tumultueux d'utopie, de révolte, d'humanisme, de guerre, de désillusion, de rêve, et d'attente du Grand Soir.

C'est pour demain paraît-il... Pfff, ça fait 40 ans qu'on nous dit ça !
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le 29 décembre 2010
Retraçant sur deux pavés monumentaux le parcours de groupuscules gauchistes du milieu des années 50 à celui des années 70, le travail de Patrick Rotman et de Philippe Hamon semble s'imposer comme une référence incontournable pour toucher du doigt la réalité d'une époque qui apparaît extraordinairement lointaine. La lecture est édifiante pour qui s'est jusqu'alors contenté de quelques images d'émeute rue Gay Lussac ou du visage rieur de Daniel Cohn-Bendit comme points de repère, se laissant raconter que toute l'agitation de cette période avait dû se résumer à quelques esclandres entre étudiants agités, mais pas enragés, aiguillonnés par le leader du mouvement du 22 mars, et forces de l'ordre fermes, mais pas violentes, dirigées avec bienveillance par le préfet Grimaud. Entre autre découvertes, il faut s'attendre à l'orthodoxie vertigineuse du Parti communiste (et son extraordinaire hostilité aux immigrés), le sectarisme abyssal de quelques-uns des meilleurs éléments de Normale Sup, la violence déchaînée de forces de police, l'étouffante crispation du gouvernement en matière d'information et de moeurs.

Ainsi, toutes les postures des acteurs personnels et institutionnels qui se croisent dans ce récit semblent relever de la démence, chacun cherchant à imposer sa raison à l'autre sans lésiner sur la violence et avec une parfaite cécité. Mais entre toutes, la trajectoire de la Gauche Prolétarienne semble incarner l'absurdité radicale du moment. Que des représentants de l'élite scolaire aient pu prendre pour mot d'ordre d'avoir la tête comme une casserole vide, se conduire en sectateurs zélés d'un dictateur asiatique prônant la table rase, se placer sous la coupe réglée de deux chefs délirants, verser dans une claire ébauche de terrorisme, le tout pour libérer le peuple, tout cela ne laisse pas de surprendre. Comment comprendre ?

Plantée dans le livre, une phrase de Jean Daniel interpelle : "Composée exclusivement de gauchistes, une société est conduite à l'hystérie. Privée de gauchistes, une société est conduite à l'asphyxie". Une démocratie serait donc condamnée à engendrer des groupuscules totalitaires qui la combattent pour trouver le courage de réaliser et de corriger ses travers ? Le fourmillement de détails permettant de saisir les actes dans leur contexte et de retracer l'évolution des motivations permettra au lecteur de savoir s'il convient d'en tirer une aussi grande leçon ou s'il convient plutôt de ne voir dans les mouvements gauchistes évoqués que des phénomènes situés.
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