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32 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le soleil d'Apollon illumine l'Occident
Il me tardait de lire ce livre qui avait fait parler de lui sur un ton polémique, sans doute à la grande surprise de l'auteur. Il me tardait mais en me disant que c'était sans doute un de ces livres universitaires touffus, bourrés de notes de bas de page illisibles et truffés jusqu'à la glotte de références...
Publié le 25 avril 2010 par Veilleur

versus
36 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Considérations contradictoires
Ce livre est bizarre. De là sans doute vient un bonne partie du malentendu à son sujet.
Réglons pour commencer, si vous voulez bien, la question posée par l'un des reproches que lui ont fait ses détracteurs: "il n'apporte rien qu'on ne savait déjà". Oui, certes, une partie de ce que "dévoile" SG, on le savait...
Publié le 26 septembre 2009 par Michel


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32 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le soleil d'Apollon illumine l'Occident, 25 avril 2010
Par 
Veilleur - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Il me tardait de lire ce livre qui avait fait parler de lui sur un ton polémique, sans doute à la grande surprise de l'auteur. Il me tardait mais en me disant que c'était sans doute un de ces livres universitaires touffus, bourrés de notes de bas de page illisibles et truffés jusqu'à la glotte de références bibliographiques. Je n'ai pas été déçu sur les références bibliographiques (Pas moins de 16 pages), ni sur les notes qui ont l'avantage d'être refoulées en fin de volume et donc de libérer l'espace de lecture (46 pages de notes tout de même). Surtout, j'ai été surpris de la très grande lisibilité du texte. Sylvain Gougenheim s'exprime clairement sur une thématique qui peut vite devenir absconse.

J'ai particulièrement apprécié ce livre. En premier lieu parce qu'il parle de livres et du savoir contenu dans ces livres. Il parle de cette volonté farouche de transmettre le savoir, d'aller le chercher, de l'insérer dans une culture donnée, de le conserver, le commenter et l'améliorer. En parlant de livres transmis, l'auteur parle bien entendu de la manière dont se construisent les civilisations. En second lieu, j'ai apprécié que l'auteur parle de ce savoir européen issu du monde grec, transmis par les byzantins, puis les arabes chrétiens qui ont traduit en syriaque puis en arabe un certain nombre de livres. Sylvain Gougenheim fait part des différents circuits de diffusion du savoir, d'abord par la grande diaspora grecque, puis par ces hommes d'Occident qui sont allés chercher le savoir là où il était disponible, puis par ces chrétiens d'orient auxquels nous devons beaucoup.

La polémique, sur fond d'idéologie contemporaine dominante, tenait sans doute au fait que l'auteur faisait une distinction nette entre les arabes et les musulmans. En effet, il apparaît dans ses propos que l'islam n'a récupéré une partie du savoir antique que pour le passer à travers ses propres filtres et éliminer tout ce qui pouvait contredire le Coran. Les systèmes de pensée entre le monde chrétien et le monde islamique étaient si antagonistes qu'il lui semble très difficile d'imaginer une transmission par ce biais. Or, la théorie dominante de transmission par l'Orient mêle habilement transmission arabe et transmission islamique, ce qui n'est pas la même chose. Et l'auteur de citer dans le chapitre 2 et en annexe 2 de ce livre les grands auteurs arabes chrétiens du VIIIè au XIème siècle : Hunayn ibn Ishaq, Théodore Abu Qurra, Yuhanna ibn Masawayd (Jean Mesué), Théophile d'Edesse, Yahya ibn al-batriq,etc.

Une des pièces les plus fascinante de ce livre est l'annexe 1 qui démontre pourquoi, dans le monde contemporain, il y a cette obnubilation béate pour le monde oriental. L'auteur indique que cela remonte à Sigrid Hunke, orientaliste allemande et nazie convaincue, laquelle a publié après la guerre un livre intitulé "Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident : Notre héritage arabe" dans lequel cette intellectuelle, par haine du christianisme, voue une admiration sans borne à l'islam, redevable de toutes les découvertes et de toutes les subtilités. Les conclusions de l'auteur sont sans appel sur cet ouvrage. On ne lui pardonnera cela pas plus que le fait de battre en brèche l'orientalophilie déraisonnée actuelle.

Un livre à contre-courant et très aisé de lecture.
-----------
Pour que l'information soit complète, j'indique ici les grandes lignes de la table des matières de ce livre :

Avant-propos sur le "Dark ages"

Introduction : histoire d'une transmission >> Lumières de l'Islam, âges sombres de la Chrétienté ? / Une vision réductrice / Les racines grecques de l'Europe

Chapitre I : Permanences éparses et quête du savoir antique : la filière grecque
Chapitre II : Survie et diffusion du savoir grec autour de la Méditerranée : Byzance
Chapitre III : Les moines pionniers du Mont Saint-Michel : l'½uvre de Jacques de Venise
Chapitre IV- Islam et savoir grec
Chapitre V- Problèmes de civilisation
Conclusion : le soleil d'Apollon illumine l'Occident

Annexe 1 : L'amie d'Himmler et le "soleil d'Allah"
Annexe 2 : Les savants arabes chrétiens du VIIIème au XIème siècle
Annexe 3 : Le corpus latin d'Aristote
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79 internautes sur 90 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage remarquable, 4 septembre 2008
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Sylvain Gouguenheim, professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon, est un historien travaillant avec des données brutes qui sait les placer dans le contexte de leur création, apparition, diffusion.

Il exploite avec diligence et esprit scientifique chacune des données qu'il expose avec rigueur. Son travail est impressionnant de qualité. Il ouvre en outre de nouvelles perspectives de travaux notamment sur l'importance des communautés chrétiennes d'Asie Mineure sous l'autorité de l'Islam.

Cet ouvrage jette manifestement un pavé dans la mare. Il en va de même à chaque fois qu'il s'agit de démontrer que le Moyen-Age n'était pas une période "obscurantiste", qu'il fut fécond dans la production de livres, la traduction, la copie de livres, la dispute, le rayonnement spirituel (je salue notamment l'excellent passage sur la renaîssance carolingienne). Il en va de même à chaque fois que l'Histoire révèle que l'Eglise catholique a permis, favorisé, encouragé le développement de la Science contrairement aux idées reçues qui mettent en exergue des comportements minoritaires, blessants certes, de l'Eglise pour les faussement généraliser (cf. La vérité sur l'affaire Galilée). il en va de même à chaque fois que l'Occident est défendu de manière juste (Le sanglot de l'homme blanc, Pour en finir avec la repentance coloniale, Les traites négrières : Essai d'histoire globale etc.).

"Aristote au Mont Saint Michel" n'est pas un livre à charge. Il est un livre qui expose avec beaucoup d'intelligence que la diffusion de la philosophie grecque a été permise par le rayonnement de chrétiens lettrés, par la Curie romaine, les monastère, dont celui du Mont Saint Michel qui abrita le premier traducteur des oeuvres d'Aristote, Jacques de Venise, et indirectement par la politique agressive, guerrière de l'islam -les invasions arabes, islamiques, conduisant à la destruction de livres réputés non sacrés et à la fuite d'une élite chrétienne.

Il va en outre plus loin car il démontre que la médecine tant vantée des Arabes a ses origines historiquement fondées chez les chrétiens et juifs, que cette médecine s'est enrichie des apports grecs, indous et persans; cette synthèse étant vécue par une élite syriaque, chrétienne. Pendant 3 siècles, 8 générations d'une même famille, chrétienne, ont été médecins du calife de Bagdad !

Le livre de Sylvain Gouguenheim illustre de nombreux exemples qui étayent une nouvelle façon de voir l'Histoire et la contribution de l'Islam dans l'ouverture à l'intelligence du monde occidental.

Les racines chrétiennes de l'Europe sont évidentes. La diffusion des textes grecs, langue de référence de la liturgie, est sûre.

Cet exceptionnel ouvrage d'historien en appelle d'autres.
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36 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Considérations contradictoires, 26 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Ce livre est bizarre. De là sans doute vient un bonne partie du malentendu à son sujet.
Réglons pour commencer, si vous voulez bien, la question posée par l'un des reproches que lui ont fait ses détracteurs: "il n'apporte rien qu'on ne savait déjà". Oui, certes, une partie de ce que "dévoile" SG, on le savait depuis toujours sauf que ... cela avait été occulté depuis une trentaine d'années par la vulgate actuelle qui, partie d'une réévaluation légitime du rôle des "Arabes" dans la transmission du patrimoine intellectuel de l'Antiquité classique est arrivé à faire avaler à l'opinion publique et aux médias l'idée absurde que "la modernité occidentale dériverait des lumières de l'Islam". Le reste, "on" le savait à travers de multiples travaux spécialisés plus récents (de sorte que ce "on" qui savait était réduit à quelques milliers de spécialistes), dont SG a eu le mérite de faire la synthèse (faire la synthèse de travaux spécialisés est une activité parfaitement légitime relevant de la mission d'un historien).
On peut faire au Pr Gouguenheim des reproches bien plus sérieux.
1- L'incertitude sur le genre dont relève l'ouvrage: s'agit-il d'une recherche historique à caractère scientifique ou d'un ouvrage "engagé", voire polémique ? Dès l'introduction, le ton est donné: l'auteur énonce clairement une intention polémique. Rien de mal à ça, d'autant plus que je suis de ceux qui partagent l'irritation qu'il exprime à l'égard de la vulgate en vigueur. Suivent quelques chapitres qui relèvent à l'évidence du genre érudit, un peu arides à lire, mais impeccables (citation des sources pour toutes les affirmations, etc.), ceux qui traitent d'une part de l'½uvre de traduction effectuée en Occident et d'autre part du rôle prépondérant des "Arabes" chrétiens dans la transmission de l'héritage hellénique par le monde islamique (entendez: l'aire géographique et culturelle soumise à la domination politique de l'Islam). Ensuite, on trouve des parties beaucoup plus polémiques.
2- Du point de vue de la composition, on reste sur l'impression que l'ouvrage est constitué d'un c½ur, correspondant à son titre, traitant des traductions "occidentales", notamment celles effectuées par Jacques de Venise au Mont-St-Michel, qui aurait pu (ou dû) faire l'objet d'une monographie destinée à une revue spécialisée, autour duquel l'auteur a agrégé des parties rédigées dans un esprit plus ambitieux, qui sont moins convaincantes. A cet égard, il faut souligner que sa démonstration de l'antériorité des traductions "occidentales" est bancale: les manuscrits du Mont St Michel ne sont antérieurs que de quelques dizaines d'années par rapport aux traduction via l'arabe (celles de Tolède et de Salerne): pour que la démonstration soit probante, il manque une chronologie comparée entre les deux "filières". Au final, on se trouve ainsi en présence d'un "objet littéraire non identifié" qui peut laisser perplexe.
3- On peut considérer que l'auteur a commis une faute "tactique": en attaquant nommément certains de ses collègues encore en activité (p. ex. Alain de Libera), il a dressé contre lui nombre de membres de sa corporation (dont beaucoup ont d'ailleurs réagi avec pas mal de mauvaise foi, dans la mesure où ils ont signé les pétitions dirigées contre lui alors qu'ils ont eux-mêmes publié des articles ou des ouvrages spécialisés allant dans le même sens que lui, comme si le vrai reproche qu'on lui adresse est d'avoir rompu l'omerta des spécialistes en révélant au grand public des "secrets" politiquement incorrects).
4- Les parties polémiques sont émaillées de considérations parfois assez superficielles (p.ex. sur la comparaison des civilisations, etc.), parfois aussi mêlées de contresens (les passages sur la prétendue "impossibilité" de traduction précise entre langues sémitiques et langues indo-européennes ne tiennent pas debout: la traduction en grec de la Bible hébraïque, dite des Septante, qui a fait autorité dans l'Eglise primitive, de culture hellénique, en est un contre-exemple flagrant; de nos jours, la pratique des organisations internationales, qui produisent des versions anglaises, françaises, arabes, chinoises, etc. des mêmes documents techniques presque sans aucune différence de signification administre une autre preuve que cette tâche, pour délicate qu'elle soit, n'a rien d'impossible). Superficielle, également, est la comparaison entre la pénétration de l'hellénisme dans l'islam et dans le christianisme. Le christianisme est, dès le départ, imprégné de pensée grecque: présence des thèmes familiers de la philosophie grecque (p.ex. les thèmes platoniciens dans l'Évangile de Jean), mais aussi du fait que, à partir de St Paul et jusqu'au concile de Chalcédoine, c'est essentiellement dans le milieu des communautés chrétiennes des régions orientales de l'Empire romain que se sont forgés, sous l'impulsion de penseurs qui étaient de culture et de langue grecque, les concepts fondateurs de la doctrine chrétienne. En Islam, et plus précisément chez les penseurs musulmans de l'époque classique, l'héritage grec ne s'introduit que plusieurs siècles après que la doctrine musulmane ait été fixée. Cette considération, pourtant simple, n'est pratiquement pas évoquée, l'auteur s'en tenant à des pétitions de principe (pas forcément fausses, mais affirmées sans discussion sérieuse) sur l'imperméabilité de l'islam aux idées étrangères.
Au total, ça fait un livre intéressant et courageux, mais il n'atteint pas l'objectif de démonstration qu'il se propose. Je ne regrette pas de l'avoir acheté (ne serait-ce que par solidarité avec un auteur injustement attaqué par les bien-pensants islamophiles) et d'avoir consacré quelques jours à le lire, mais je lui préfère de loin sur ces questions controversées l'ouvrage de Rémi Brague "Au moyen du Moyen-Age", qui n'est pourtant pas construit comme un livre mais comme un recueil d'articles, et qui est beaucoup plus convainquant et où la réflexion est bien plus profonde.
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101 internautes sur 118 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Remettre les pendules à l'heure, 30 avril 2008
Par 
Mr. E. Gautier (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Bonjour,

Je termine le livre, j'en suis à la conclusion. Personnellement je l'ai trouvé bien contruit et très documenté, parfois un peu lourd mais le sujet est aride. Il faut bien le reconnaitre. 200 pages pour le livres mais 60 pages de notes et de références de bonne qualité. C'est ça que j'appelle un livre "charpenté".

Grossièrement le livre se résume en 3 parties : Les minorités chrétiennes en Orient, le savoir grec dans l'Islam et enfin le savoir grec en Europe.

Aussi je rejoins totalement l'avis du critique du Monde quand il dit : "Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux."

Salutations
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99 internautes sur 116 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une saine révision, 4 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
L'auteur montre avec une rigueur très universitaire que les textes scientifiques de l'Antiquité étaient déjà traduits du grec en latin au Mont St Michel, 50 avant que la grande entreprise des traductions de l'arabe en latin ne soit faite à Tolède par Gérard de Crémone et d'autres.
Il rappelle que la traduction du grec en arabe a été réalisée par les Nestoriens en passant souvent par l'araméen (qu'il continue à appeler le syriaque). Cette mise au point a eu pour effet de produire une levée de boucliers par les tenants de la doxa : petitions, répliques vengeresses etc. Non, le grec n'était pas inconnu des clercs occidentaux et plusieurs papes furent grecs. Pour autant l'auteur, en bon hélleniste se perd un peu dans le monde sémite et continue à appeler "arabe" tout ce qui est écrit en arabe selon la pensée unique...Les Nestoriens n'étaient pas des Arabes mais des habitants de la Mésopotamie descendants des peuples qui ont parlé l'akkadien puis l'araméen. Les Juifs sont oubliés : Avicenne qui avait une mère juive était certes un théologien musulman et a répandu le médecine galénique dans le monde musulaman mais il n'a jamais mis le pied dans un pays arabe. Averoès, descendant de conversos juifs professe des idées inacceptables pour le islamistes. Quand il tombe en disgràce, ses ennemis rappellent ses origines et il est envoyé en exil dans une ville considérée comme juive.
L'Europe ne doit guère aux musulmans, fussent-ils d'Espagne. S. Gouguenheim le confirme dans un livre bien documenté et agréable à lire.
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73 internautes sur 86 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un travail précis, documenté et nécessaire, 10 juillet 2008
Par 
Semper Victor "FB" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Le livre de Sylvain Gouguenheim, écrit dans un style d'une très grande clarté, est un ouvrage essentiel pour permettre à tout un chacun de "re-comprendre" le Moyen-Âge de l'Europe occidentale et chrétienne. La richesse des notes et la rigueur de la documentation traduisent le sérieux du travail accompli par l'auteur.

La thèse exposée dans le livre est simple et peut être résumée par cette citation de la page 198 :
"En tout état de cause, le processus de progrès culturel et scientifique qui anime l'Europe médiévale des VIIIe-XIIe siècles paraît de nature endogène. Il est fort probable que, bénéficiant de cette dynamique, de sa quête séculaire du savoir grec, qu'illustre le courant de traductions établi autour du mont Saint-Michel, l'Europe aurait suivi un chemin identique même en l'abscence de tout lien avec le monde islamique. L'intermédiaire arabe, sans être inexistant, n'eut sans doute pas la portée décisive qu'on lui attribue ; quant à parler d'Islam des Lumières, c'est occidentaliser à l'excès la pensée des falâsifa et leur attribuer plus d'influence qu'ils n'en eurent au sein de leur propre société".

Au bout du compte, "Aristote au mont Saint-Michel" permet de conjurer la prédiction de Pauwels - « Quand on ne reconnaît plus les siens, c'est que l'on est plus des leurs » - pour nous permettre de rédouvrir que notre Moyen Âge n'avait rien d'un âge sombre. Travail salutaire pour lutter contre les déformations idéologiques post-modernes, comme l'a été celui de Pétré-Grenouilleau sur l'histoire de l'esclavage.
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47 internautes sur 56 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Historiquement incorrect, 11 novembre 2008
Par 
LAJEANNE (Lotharingie, Europe) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Patatras ! Une étude très sérieuse du très sérieux Sylvain Gouguenheim, professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon, vient ruiner un préjugé dominant qui attribuait à l'Islam la transmission du savoir antique à l'Europe. Philosophie, mathématiques, astronomie, après avoir disparu d'Europe auraient trouvé refuge dans le monde musulman. Tissus d'erreurs, démontre l'auteur en reprenant ces thèmes point par point. La transmission depuis Byzance n'a jamais cessé. Nombre de pères de l'Eglise, formés à la philosophie grecque, citent Platon et autres auteurs, en attendant Aristote. Inversement, jamais l'Islam n'a accueilli volontiers le savoir grec. Avicenne et Averroès, souvent cités, ne parlaient pas un mot de grec. La traduction du grec à l'arabe (langue sémite) était problématique et intéressait peu. Il y eut, cependant, quelques traductions de textes scientifiques. Galien, Hippocrate, Platon sont à l'origine du savoir arabe et non pas musulman, nuance que beaucoup oublis (surtout les manuels scolaires). mais l'accueil fait à la pensée grecque fut toujours limité, sélectif. Au même moment, les grands textes grecs n'avaient cessé d'irriguer l'Occident au cours des "renaissances" successives. Le rôle des moines de Saint-Michel a été trop longtemps oublié.
On peut le dire aux élèves de 5ème et de seconde : la culture européenne ne doit rien d'essentiel au monde arabe ou à l'Islam.
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45 internautes sur 54 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A lire !, 8 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Un ouvrage très intéressant et stimulant pour l'esprit, surtout dans sa seconde partie.
Malgré ce qu'on en lit, c'est très équilibré, sans aucune outrance, avec un vrai sens de la nuance ; ce qui n'empêche pas de dire ce qu'il a à dire.
A lire ne serait-ce que pour ne pas se laisser enfumer par les idéologues de tout poil qui en font une grosse polémique depuis sa sortie.
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30 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Passionnant !, 28 septembre 2008
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Voici un autre ouvrage au but salutaire qui remet à l'heure les pendules des historiens de l'idéologie dominante.

Sylvain Gouguenheim démontre, argumente, affirme et réfute magistralement. L'Occident chrétien n'a jamais coupé définitivement les ponts avec son riche passé grec car sinon cela aurait équivalu ni plus ni moins à un suicide culturel. Le Moyen-Age ne fut pas une époque lourde d'obscurantisme barbare et d'inexistence d'érudition mais plutôt une active continuité culturelle qui n'a cessé d'entretenir ce lien si fort avec ses racines grecques. En aucun cas, nous ne sommes redevables du monde islamique qui a davantage emprunté et falsifié.

Rendons hommage à Jacques de Venise, aux érudits chrétiens d'orient (byzantins, nestoriens, syriaques), aux moines copistes et à l'Empire chrétien d'orient qui a façonné en partie l'Europe de l'ouest.

Un livre à lire, à relire et à faire lire.
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53 internautes sur 64 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un salutaire scepticisme historique sur la dette de l, 3 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Broché)
Le historien Sylvain Gouguenheim, spécialiste du Moyen Age et professeur dans l''École Normal Supérieure (ENS) de Lyon, a publié un livre puissant et polémique, qui l'a déjà valu l''hostilité de quelques collègues de profession. Dans le livre, l''auteur analyse en détail la thèse, aujourd''hui très répandue, de la dette de l'' Europe envers l' 'Islam, dans la transmission du savoir antique, surtout de la Philosophie grecque', qui l''Europe n' aurait pu obtenir, sinon à travers des contacts entretenus avec une civilisation supérieure (surtout dans l 'Al-Andalus, la Péninsule Ibérique médiévale musulmane et dans sud de l'Italie et la Sicile). Sylvain Gouguenheim démontre que cette perception, qui a un certain fondement historique', est aussi fréquemment exagérée. Selon Gouguenheim, on peut confirmer ça avec un examen plus minutieux du Moyen Age européen. En fait, une partie de cette perception exagérée se doit à la méconnaissance de la propre période médiéval européenne, vue comme une sorte d' «âge des trêves». Par ailleurs, la persistance de l''héritage culturel de l''Antiquité classique, et le travail de traduction réalisée dans l''Occident chrétien - ça a été le cas des traductions réalisées au Mont Saint-Michel, qui ont précédé, en un demi siècle, celles réalisées à l'Al-Andalus - ' est habituellement négligé. L ' auteur rappelle aussi qu' 'existait, dans cette époque, une forte raison pour l''étude et la connaissance du grec, car les Évangiles on été rédigés dans cette langue. Une autre raison qui explique l'exagération de la contribution de l' 'Islam c'est la fréquente sous valorisation, par les historiens occidentaux, de l'importante contribution de la civilisation de Byzance, et son rôle dans transmission des savoirs de l'Antiquité à l'' Occident, dans le Moyen Age.

Mais une autre confusion, entre arabes et musulmans, nourri cette vulgate de la transmission islamique de la Philosophie grecque à l'' Occident critiquée dans le livre. Gouguenheim rappelle que les travaux de traduction on été réalisées, en grand partie, par des chrétiens arabes du Moyen Orient, entre les siècles VIII et X. À cette époque, la majorité de la population du nouveau empire arabe islamique était chrétienne et c'étaient les chrétiens (de la Syrie, de l'Irak, etc.) les seuls avec les compétences linguistes nécessaires pour une démarche de ce genre. Un autre point crucial pour une correcte compréhension de ce procès c'' est le suivant: l'' intérêt pour l'Antiquité classique et l' 'héritage de la culture grecque ancienne n'a jamais été incorporé dans la culture islamique majoritaire. La curiosité pour cette héritage culturelle, bien que réelle, a été a un procès réduit a une élite de savants musulmans (Averroès, Avicennes, etc.) sans un impact dans le reste de la société. Par le contraire, en Europe ce procès évolué pour une très répandue diffusion et incorporation de cet héritage classique, qui s' 'est aussi mélangé avec le Christianisme. On peu facilement voir le résultat de cette incorporation, dans la Renaissance des XIV' - XVI siècles. Ça ne veut pas dire que l' 'Islam n'a pas exercé son influence sur l'' Occident. En réalité on peut détecter cette influence dans certains aspects culturels, technologiques et même théologiques. Jacques Ellul a démontré comme, dans le domaine théologique, on peut voir cette influence dans les appelles du Pape au «milites Christi» (soldats du Christ), a partir du final du XI siècle. Dans les bulles papales concédant des bénéfices aux participants dans les croisades, on détecte les influences de la théologie musulmane (commentaires du Coran et les «ahadith») sur la «jihad» (entendue comme une sorte de «bellum justum»). L'' exhortation des croyants au «jihad» et les promises des récompenses ' un modèle de succès, surtout quand on pense dans les retombantes victoires militaires des premières conquêtes ' ont été imités para la Chrétienté occidentale avec les croisades (curieusement, la Chrétienté orthodoxe a rejeté cette voie).

Bien que le livre ne soit pas exempt de critiques, et qu'on puisse identifier quelques débilités, il mérite une lecture attentive et une réflexion sur le sujet. Son principal mérite c'' est de fournir aux lecteurs un utile contrepoint, par rapport à l'' actuelle vulgate historique en circulation, laquelle prétend que l'Europe a une grosse dette enorme à 'l'Islam, dans la transmission des savoir anciens (dans cette vulgate, sans le contact avec l' 'Islam la Renaissance n'' aurait même été possible). Ce genre d'exercices d 'histoire virtuelle, avec une forte exagération qui distors le passé, sont, en grand partie, un phénomène qui résulte de la projection des idéologies du présent dans l'' interprétation du passé. Pendant le XIX siècle et la première moitié du XX siècle, la distorsion typique de l'Histoire se devait à l'' idéologie nationaliste que dominait l' 'époque. Aujourd'hui nous avons un similaire phénomène. La différence c' 'est surtout que la distorsion se doit, non à l'' idéologie nationaliste, mais à l' 'idéologie multiculturaliste -' l ''idéologie non officielle des Sciences Sociales et Humaines. On peut discerner ça dans l ''image de la «convivencia» des trois cultures dans l'Al-Andalus (chrétiens, musulmans et juifs), une claire projection de l' 'idéologie et des utopies du présent dans le passé. En réalité, c' 'est une nouvelle mythologie de légitimation qui a été construite dans les derniers décennies, selon un procès de relecture du passé fort similaire à l' 'utilisée par l''historiographie nationaliste. C'' est pourquoi les multiculturalistes du présent, à l'' image des nationalistes du passé, n''acceptent pas facilement les comportements déviants face à l' 'orthodoxie idéologique installée, dont ils se voient (aussi comme les nationalistes) les gardiens. On peut comprendre la réaction des collègues de Sylvain Gouguenheim dans ENS ' en fait, il est coupable d' 'avoir brisé ce tabou.
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