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36 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"La mondialisation ne fut pas, ne fut jamais 'heureuse'. ", Jacques Sapir,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
Jacques Sapir étonne ses lecteurs ouvrage après ouvrage. Ce grand économiste, libre, engagé, est un chercheur scrupuleux, enseignant, docte, intelligent. L'homme en outre est courageux, vertu qui se fait rare chez les économistes attitrés des media, ayant perdu le sens de l'indépendance, privilégiant les intérêts bien compris de leurs employeurs (souvent des banques) au détriment d'un exposé libre. Jacques Sapir est directeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'université de Moscou.Le mythe qu'il entreprend avec succès de démolir est celui de la "mondialisation heureuse" chère aux imposteurs de tous poils et trafiquants d'influence. Jacques Sapir n'est pas le premier économiste à démontrer qu'il s'agit d'un mensonge (étymologie du mythe). Paul Bairoch l'avait brillamment démontré dans un ouvrage Mythes et paradoxes de l'histoire économique naturellement pris en grippe par tous les libre-échangistes. L'auteur sait donc qu'il va heurter des tabous d'autant plus puissants que distillés depuis 30 ans (par la grâce de l'infâme Jacques Delors dès 1983) et intéressant la frange de la population qui accélère son enrichissement de manière flagrante, soit le 1% des pays occidentaux (qui aux Etats-Unis contrôlent 20% du PIB par exemple). Il analyse ainsi avec profondeur les causes et conséquence de la crise de 1929 : "La lecture rétrospective de la contraction du commerce international des années 1930 qui met en accusation les politiques protectionnistes et les dévaluations se trompe - de bonne ou de mauvaise foi- de cibles. Quant à prétendre que ces mesures économiques auraient été à l'origine de la Seconde Guerre mondiale, il faut soit une profonde méconnaissance de la nature du nazisme et du fascisme - et l'on rappelle qu'il y a dans l'Allemagne nazie une dimension pathologique spécifique- , soit une mauvaise foi qui est du même ordre que celle des auteurs négationnistes." (p.129) La globalisation a été voulue politiquement avec à son origine une préférence optée pour le traité de Bretton Woods contre celui proposé de la Havane, contre Keynes. L'auteur, après avoir exposé les raisons pour lesquelles elle ne s'est libéralisée que dans les années 1970 apporte deux explications à son développement : 1/ Une globalisation marchande due à l'adaptation des grande firmes occidentales et japonaises au modèle de multinationales ; course à la taille par la croissance organique et la croissance externe (acquisitions d'entreprises). Le commerce mondial s'est développé non pas suivant les principes erronés de Ricardo mais entre des sous-ensembles; "le commerce international ne s'est pas fait au départ par une spécialisation des avantages relatifs mais par plusieurs spécialisations techniques entre firmes" (p.67) 2/ "L'ouverture a été conçue par les classes dirigeantes de ces pays afin de baisser la pression que les salariés exerçaient au début des années 1970 sur les profits. Ceci a pris une ampleur particulièrement importante avec l'ouverture sur les pays d'Afrique du Nord et d'Asie, puis avec le mécanisme d'intégration des anciens "pays de l'Est" à l'Union Européenne. Derrière le discours sur la "contrainte extérieure" puis sur la "solidarité européenne", se cache le projet très construit de revenir sur les principales conquêtes sociales des années 1950 et 1960." La concurrence faussée du fait de l'absence d'homogénéité entre les pays commerçant entre eux (cf. la triche chinoise brillamment démontrée par Antoine Brunet in La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique) a conduit à créer des pressions déflationnistes sur les salaires, à générer du chômage (qui alimente la déflation salariale) : un chômeur sur 2 en France est la victime de la globalisation. L'indice Balassa de la France (rapport commerce international sur PIB) est passé de 34% en 1987 à 63% en 2008 ! Un chômeur sur 2 sans oublier le coût du stress qui est estimé entre 2 et 3% du PIB ! Avec un taux de chômage divisé par deux, les comptes sociaux sont équilibrés et la dette publique stoppée. Où réside l'intérêt de la majorité des citoyens ? La réponse n'est certainement pas à trouver dans la poursuite d'une politique suicidaire d'un Euro fort qui implose (les taux bas, offerts par l'Allemagne aux pays adhérents de la zone Euro en contrepartie d'une monnaie forte sont devenus des chimères pour la Grèce, le Portugal, l'Espagne et bientôt la France). Jean-Paul Fitoussi avait déjà révélé que la croissance économique s'était réalisée au détriment des salariés (Le débat interdit). Jacques Sapir va plus loin en analysant la composition même de la masse salariale, de son évolution, des modifications substantielles apportées à cette dernière qui faussent les comparaisons dans le temps. Ainsi les rémunérations des employés -chers payés - des charges d'agents de change, acquises par les banques, ont été converties en salaires. Le secteur tertiaire, essentiellement financier et communication, a ainsi vu croître de manière spectaculaire le salariat ; élément de distorsion dans l'analyse de sa valeur relative au PIB. La globalisation a appauvri les salariés. En revanche, il a violemment enrichi la frange des 1% de la population, avec quelques résistances en France, mais à noter une étonnante situation en Allemagne (12% du PIB) qui est devenue identique à celle des années 1936-1937, en pleine période du nazisme. Attention à bien analyser la différence entre salaire médian et salaire moyen. Le salaire moyen peut progresser grâce à l'augmentation du salaire des très riches (il progresse de 12% par rapport à 1996). Le salaire médian en revanche, celui perçu par la moyenne des salariés, stagne depuis 1996 (+2,5% par rapport à 1996). Jacques Sapir constate que la démondialisation a déjà commencé. Il alerte les politiques et les citoyens sur la nécessité de contrôler ce mouvement, chemin qui n'est pas du tout pris par nos dirigeants. Sortir de l'Euro : non, si l'on repense la monnaie non pas comme unique, mais comme commune (autorisant les nécessaires ajustements de parité monétaire / dévaluations), dans une zone économique protégée (protectionnisme). Mais la sortie de l'Euro nous sera imposée si les dirigeants se cramponnent à l'idéologie de l'inflation zéro (stabilité des prix), objectif premier de la mission de la Banque Centrale Européenne (qui n'est pas celui du plein emploi) "admirablement" bien servie par le fossoyeur Jean-Claude Trichet sans prendre en compte notamment la stratégie de "cavalier solitaire" menée par l'Allemagne depuis le début des années 2000 (dumping social pour augmenter ses exportations réalisées essentiellement avec les pays de la zone Euro) et l'effondrement des économies sud-européennes (dette incontrôlable qui impliquera une restructuration et donc un abandon partiel du principal). Alors nous irons à l'implosion dans une société non préparée à cela... qui interviendra au plus tôt à la fin 2011 et au plus tard au printemps 2012, en pleine période électorale en France (sans commentaire). Il est nécessaire de reprendre le contrôle de notre monnaie, pour contrôler notre dette. Les disparités sociales, structurelles, fiscales entre les pays de la zone Euro ont démontré que le postulat d'une monnaie unique était faux. Reprendre l'initiative politique et ne plus subir comme nous l'avons fait depuis 30 ans est une nécessité. L'auteur indique plusieurs voies dignes d'un grand intérêt politique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un tabou mis à mal,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
Il paraît bien loin le temps où Alain Minc célébrait La mondialisation heureuse. La crise de 2007-2008 est passée par là, révélant crûment les dysfonctionnements liés à la globalisation financière. Mais même avant cet épisode sombre, a-t-elle jamais existé cette mondialisation heureuse ? Dans son dernier ouvrage, Jacques Sapir s'attaque à cette idée reçue qu'il n'hésite pas à qualifier de « mythe » et prolongeant son analyse, propose alors une véritable « démondialisation ».Le livre témoigne de la grande compétence de cet économiste hétérodoxe, foisonne de références, se révèle plutôt ardu par endroits (notamment dans la partie sur la globalisation financière), mais stimule constamment la réflexion. « Non, nous dit Sapir dès la première page, la globalisation ou la mondialisation ne fut pas, ne fut jamais `heureuse'. Le mythe du `doux commerce' venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces... Mais, à la vérité, ce n'est qu'un mythe. Toujours le navire de guerre a précédé le navire marchand » (p. 9-10). Et l'auteur, de développer ensuite une analyse mettant en exergue les effets négatifs de la mondialisation : désindustrialisation, chômage, accentuation des inégalités... tandis que ses effets positifs seraient généralement surévalués et, pour une large part, se limiteraient à quelques pays, la Chine tout spécialement. Sapir, qui n'est pas avare de formules percutantes, écrit pour résumer : « la globalisation marchande (...) apparaît comme une politique qui appauvrit les pauvres des pays riches et enrichit les riches des pays pauvres » (p. 113). La lecture achevée, j'ai deux petits regrets : d'une part, j'aurais aimé que l'auteur puisse se frotter plus directement aux auteurs pro-mondialisation (par exemple Krugman - lequel il est vrai a depuis quelque temps sérieusement amendé son discours en la matière - ou Cohen en France) et, le cas échéant, critiquer leur argumentaire ; d'autre part, il est un peu court sur les « solutions » à mettre en oeuvre (Chapitre 10). Ainsi, y a-t-il une dizaine de lignes, à peine, sur de possibles « montants compensatoires sociaux et écologiques » qui, en tant que mesures d'ajustement aux frontières, font figure d'outil important dans une stratégie de démondialisation (il est vrai, cette question a fait l'objet d'un traitement plus significatif dans un livre antérieur de Sapir : La fin de l'eurolibéralisme). Il n'en reste pas moins que "La démondialisation" de Jacques Sapir apporte beaucoup par ses analyses et constitue une pièce essentielle à verser au dossier de la critique du capitalisme mondialisé. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un ouvrage pédagogique de référence,
Par Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
Les livres de J. Sapir ne sont généralement pas faciles d'accès car il écrit dans le style d'un chercheur de haut niveau, souvent en compilant des communications scientifiques, qui n'est pas limpide pour le profane. Mais ses analyses sont toujours utiles et ses références très riches.Ici, on a un livre véritablement écrit qui fait oeuvre de pédagogie à la portée du plus grand nombre. Le récit de la progression organisée vers la mondialisation est clair et l'absurdité des chiffres qui prétendent en faire un progrès bien démontée. Je ne vais pas le résumer et je me contenterai de conseiller à chacun d'investir dans cet ouvrage de grande qualité, que devra désormais avoir sous le coude à chaque fois que l'on va parler, dans la campagne qui s'annonce, du libre-échange et de ses effets destructeurs. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
très interessant...,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
pour faire très court, ce livre m'a étonné car, par le titre, on dirait un livre d'alter mondialiste ! mais il n'en est rien. un livre très passionnant qui explique une fois de plus les problèmes de la mondialisation financière et marchande, de la déréglementation et de la privatisation... un très bon point pour ce livre qui traite du problème d'un point de vue européen et français. Car les livres de ce genre sont parfois d'étranger (américain comme J. Stiglitz) . sans oter de la prestige des ouvrages de Stigliz, les multiples références americaines et du systeme des USA peut nous paraitre lointain. celui ci est très claire.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Pour se persuader que le développement économique l'Europe ne peut suivre en aveugle les règles du libre échange,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
C'est un livre d'une grande clarté que le néophyte peut comprendre à la condition qu'il s'accroche un peu. Mais son caractère pédagogique et bien documenté (not drowning by figures)le rend possible.Ce n'est pas un livre passéiste - il faut revenir sur le libre-échange mondialisé - mais c'est un livre qui montre que la marche du monde n'est pas égalitaire et que peu de pays au final tirent un profit de la mondialisation. C'est pourquoi le terme de démondialisation est impropre et traduit plus le fait d'un recentrage de l'Econonique sur des questions de justice sociale et de régulation économique. Dans ce contexte, un retour à un protectionnisme mesuré, non pas au niveau d'un pays, mais d'un bloc économique - L'europe - serait une solution envisageable dans le contexte ou les termes de l'échanges sont faussés par des zones qui ne respectent pas les mêmes contraintes que l'Europe sur un plan social et environnemental. C'est pourquoi de livre fait écho au débat télévisé de Nicolas Sarkozy, président de la France au moment où j'écris ces mots, à la notion de naiveté de l'Europe dans ses échanges commerciaux. J'ose à penser que Nicolas avait cela en tête. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
enfin des perspectives,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
Parfaite analyse de la situation.Surtout, pour une fois, description très réaliste pour sortir de la dépendance, retrouver des perspectives sociales et écologiques et y entraîner l'Europe. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Les derniers rêves marxistes,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La démondialisation (Broché)
Le communisme qu'adorait Sapir est mort, rejeté par les populations qu'il avait conduit à la misère. Depuis qu'ils sont passés au capitalisme, les Chinois ont vu leur revenu par habitant multiplié par ...23 ! Prétendre qu'il faut bâtir des barrières protectionnistes pour développer un pays est une absurdité, ou alors la Corée du nord devrait être prospère (elle est, par habitant, 20 fois plus pauvre que la Corée du Sud capitaliste). Sapir oublie évidemment de préciser que des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas profitent de la mondialisation, alors que la France avait des difficultés économiques dès 1981 ! Enfin il n'explique jamais comment on pourrait "démondialiser" : en se passant de pétrole et de gaz (achetés à l'étranger puisque nous n'en avons pas) ? En fermant les frontières avec l'Allemagne, notre premier partenaire commercial ? En licenciant le quart des salariés français qui travaillent pour l'exportation ? Et surtout, si même l'immense URSS n'a jamais réussi à atteindre l'autarcie (elle achetait du blé aux USA, des machines à l'Allemagne), comment imaginer que la petite France, avec 1% de la population mondiale et 3% du PIB mondial, puisse imposer ses choix -absurdes au demeurant- à la Chine, aux USA ou à l'Inde ? Le gros problème des marxistes comme des Keynésiens, c'est qu'ils se basent sur des théories métaphysiques sans tenir compte de la réalité : la France ne peut vivre sans commerce international, à moins de vouloir atteindre le niveau de vie du Zimbabwe -mais sans le soleil.
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La démondialisation de Jacques Sapir (Broché - 7 avril 2011)
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