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le 14 novembre 2014
Très bonne surprise ... J'avoue que je n'étais pas très emballée a priori. Le sujet de l'homosexualité et de l'homophobie, le titre racoleur, le tapage médiatique autour du livre et le physique de jeune premier de l'auteur avaient quelque peu suscité mes appréhensions. Mais que nenni ...

C'est un roman attachant, sincère, écrit avec les tripes et qui vous prend au ventre, qui m'a touché car j'y ai retrouvé une partie de mon histoire, l'histoire - somme toute assez commune - d'enfants brimés parce qu'ils sont Noirs, trop gros, trop petits ou tout simplement un peu différents des autres.

Le décor d'abord est très bien rendu : originaire de la même région, j'y ai retrouvé tout à fait l'atmosphère lourde de ces petites villes peuplées d'ouvriers souvent misérables et des agriculteurs chassés de leur ferme, dirigées par une petite clique de bourgeois bien-pensants.

L'auteur décrit d'abord les humiliations que les autres enfants lui infligent à cause de sa différence. Il parle de sa honte de prendre les coups sans oser les rendre, de sa solitude dans une famille qui ne le comprend pas et de son désir de normalité, jusqu' à en arriver à essayer de rentrer dans le moule coûte que coûte. En forçant les apparences, en trompant son entourage, en reniant ses penchants. Et on tremble pour cet enfant prêt à tout pour être adoptés par ses pairs, au risque de se perdre.

Puis c'est un cri, un sursaut, une bouffée d'oxygène salvatrice, la fuite à la ville. Loin des siens, loin des jugements arrêtés sur lui, loin du poids du regard des autres. C'est une véritable naissance au monde, la révélation de ce qu'il porte au plus profond de lui et qu'il sait depuis toujours. Formidable leçon de courage et de maturité. Qui redonne de l'espoir à tous ceux qui sont ou ont été brimés, écrasés, détruits par les diktats du bien-pensant, de la normalité, du bon sens commun.
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le 1 mars 2014
Livre passionnant, très bien écrit. Attention il y a des scènes violentes décrites et difficile à imaginer. Cet ouvrage nous remet en question sur nos préjugés, sur notre acceptation des différences. Il pose beaucoup d'interrogation. Cela se passe, il y a quelques années en France... Espérons quand même que cela soit en partie romancé, mais je n'en suis pas certain. A fortement conseiller, mais attention aux personnes sensibles et aux jeunes esprits.
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Une fois le choc passé, et c'en est un que de lire En finir avec Eddy Bellegueule, beaucoup de questions se posent. Edouard Louis, 21 ans, aurait-il écrit le même livre à 30, 40 ou 50 ans ? Avec le recul, la rage de dire cette enfance martyrisée se serait-elle atténuée, se transformant en analyse plus froide, moins dans la souffrance immédiate et dans la catharsis réparatrice ? L'auteur a voulu témoigner à chaud, sans édulcorer quoi que ce soit, raconter une enfance et un début d'adolescence cauchemardesques dans un petit village picard, une France profonde, rurale et ouvrière dont il décrit avec une précision d'entomologiste les moeurs et la vie quotidienne entre abus de boissons, haine de l'ailleurs, racisme viscéral, culte de la violence et machisme absolu. Une autofiction infernale, sincère er douloureuse dont la lucidité et la radicalité clouent au pilori tous les récits du même acabit qui fleurissent sur les étals des libraires. Edouard Louis n'a (plus) peur de rien, il a tellement vécu dans la crainte, l'opprobre et le rejet de sa "différence" qu'il a tout mis dans l'écriture pour guérir ou, au moins panser, si cela est possible, toutes les blessures physiques et morales encaissées durant des années. On pourra bien l'accuser de misérabilisme ou de tout autre grief, qu'importe, il a sa conscience pour lui et son témoignage, brut et impudique, est tout simplement implacable. Certes, son entourage n'aura jamais le droit d'exprimer sa version, sans doute est-ce la raison pour laquelle le livre est étiqueté roman, mais il y a suffisamment de faits et d'événements de l'existence de Eddy/Edouard pour qu'on ne lui intente pas un procès pour excès de malheur. Et puis, dans la description de cet environnement sordide, un écrivain est né. Sa maîtrise, son pouvoir d'évocation sont hallucinants de maturité. Evidemment que l'on vieillit plus vite quand on reçoit des coups, que l'on se fait traiter de pédé à tout bout de champ et que chaque jour ressemble à un enfer. Edouard Louis en a fini avec Eddy Bellegueule, sa reconstruction est en marche. Puisse t-il trouver son équilibre, désormais. Si cela passe par d'autres livres de cette trempe, ils seront nombreux, ceux qui le suivront dans cette quête de la sérénité et du bonheur; si tant est que ce mot signifie encore quelque chose après de telles souffrances.
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le 1 février 2014
À la différence de beaucoup de lecteurs qui ont témoigné de leur passion pour ce livre, je n’ai ni vu ni entendu l’auteur à la radio ou à la télévision avant de le lire, je n’avais même pas idée de ce à quoi il ressemblait en dehors que la description qu’il fait de lui-même....Pourquoi ai-je lu et pourquoi faut-il lire Pour en finir avec Eddy Bellegueule ?

D’abord parce que c’est une oeuvre littéraire, une écriture, un style dont l’apparente objectivité, voire neutralité, donne au récit une formidable puissance évocatrice. Il n’y a pas chez Edouard Louis ces trucs, ces tics d’écriture qui caractérisent souvent les premiers ouvrages de jeunes auteurs. Il n’a pas besoin d’artifices pour se distinguer.

Ensuite évidemment parce que son récit est à peine imaginable au XXIème siècle, dans une famille française. Mais surtout parce que ce long chemin de douleur est universel, l’enfance gâchée, l’enfance exclue, c’est comme le dit Edouard Louis, de toutes les époques et de tous les continents.

Et c’est pour cette raison que ce livre trouve des résonances en chacun de nous, parce que, sans atteindre naturellement les extrémités souvent terribles d’Edouard Louis, nous avons tous des souvenirs d’enfance qui nous ont faits différents, qui nous ont isolés, voire exclus, du milieu social ou familial, des différences qui nous ont construits aussi, aidés ou poussés à nous en sortir....il ne faut pas lire ce livre pour de mauvaises raisons, par compassion ou voyeurisme. J’ajoute – c’est important de le souligner – qu’Edouard Louis n’exprime pas de violence, de haine contre sa famille, ni même contre ses persécuteurs. Il a même une sorte de tendresse pour tous ces "hors la vie" enfermés dans leur pauvreté intellectuelle et affective.
(...)
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le 25 novembre 2015
« En finir avec Eddy Bellegueule », Edouard Louis
Je me souviens du bruit qu’avait fait ce récit autobiographique à sa sortie. Récit qui est à la fois un début et une fin : fin de cette enfance qu’il honnit, début d’une carrière littéraire prometteuse. Le livre est écrit simplement, bien construit, très fluide, consacré sans fioriture à son sujet.
Eddy Bellegueule (qui depuis a changé de nom) découvre son homosexualité, et le rejet qu’elle suscite dans sa famille et parmi ses amis. La deuxième partie du récit est consacrée à sa « fuite », vers un autre lieu, vers un autre milieu (normalien puis écrivain). Il se décrit lui-même maintenant comme un transfuge de classe.
Edouard Louis est sans pitié pour ses proches, sa mère et son père surtout, décrit comme raciste, alcoolique et abruti par la télé. Il expose sa propre souffrance et la médiocrité de son environnement avec un acharnement méthodique, sans pudeur.
Avec ce livre, il démarre sa nouvelle vie sur les cendres de l’ancienne. Cette catharsis vaut sans doute thérapie. Cependant, en ne laissant aucune chance aux lecteurs de s’identifier aux parents, Edouard Louis ne les mets pas en condition de réfléchir profondément au sujet de l’exclusion, du rejet de la différence, qui lui tient pourtant à cœur. Bref, dans cette optique, une biographie romancée aurait pu être plus efficace que ce récit brutal.
J’attends maintenant le prochain, car ce premier roman porte beaucoup de promesses.
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le 1 juin 2014
Livre très bien écrit, Edouard prend le soin de choisir deux formes d' écriture. J' avais entendu parlé de la mentalité des personnes de ces villages, et je n' y croyais pas. Vivant dans une autre région, mes aïeux, parents et mes pairs, ont toujours eu le souci de la réussite de leurs enfants. Pas d' enferment social, pas de "reproduction" comme l' a dit Deleuze, en tant qu'éminent sociologue.
J' ai été absorbée par ce témoignage "vivant", libre dans l' expression, sans dénigrement voulu, mais bien une terrible souffrance exprimée avec courage et dans une sincérité admirable. Edouard fait preuve de résilience, dirait Boris Cyrulnik, il est à mes yeux un modèle et mérite un franc succès. Je salue son style et sa témérité. Je suis un peu restée sur ma faim, j' aimerais savoir comment il a réussi un tel parcours, et entrer à L' Ecole Normale Supérieure. J' ai lu qu'il était "maudit", ou bien qu'il avait coupé tout lien avec ses origines, je ne peux que lui donner raison. Il est nécessaire de se couper de la maltraitance, qu'elle soit familiale ou sociale.
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le 25 mars 2014
Le récit est très dur .On sent une grande souffrance au fil du récit, Ce vécu est terrible surtout la honte, le dégoût que sa famille a pour lui ; certains passages sont difficile à lire. Je pense qu'il faut lire ce livre
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le 27 janvier 2014
entendu Édouard à la radio,tout de suite touchée par le discours et aussi un peu éberluée...Il racontait grosso modo mon histoire, mais j'ai 60 ans et je pensais sans doute qu'il n'était plus possible de nos jours qu'un enfant soit ainsi maltraité, isolé, démuni sans que la société ne le repère et lui porte secours. Ainsi rien n'a changé, les vilains petits canards ont toujours autant de mal à subsister. Malgré tout, il s'en est tiré et brillamment tout comme je l'ai fait, mais en mettant beaucoup plus longtemps que lui.
Même si certaines séquelles restent à vie, en dehors du coté sordide de la description de la vie quotidienne d'Eddy, ce livre est plein d'espoir : il est possible de rompre avec le maléfice qui vous a fait naitre dans dans une famille qui ne vous reconnait pas. A recommander à tous ceux qui restent "malades" de leur enfance.
Je vais suivre la carrière d'Édouard.
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le 12 août 2014
En cette année 2014, comment imaginer que l'histoire d'Eddy Bellegueule se passe chez nous?.On redécouvre avec lui une France bien réelle, occultée cependant avec une persistance efficace par les médias , celle de la faillite de l'école, des banlieues oubliées, de l'alcoolisme et tous les jours et de la misère ordinaire des petits français qui n'attirent pas l'attention à l'inverse des misérables plus exotiques . J'avoue que j'ai été ébranlée...On se croirait chez Carson Mac Cullers dans l'amérique des années 30, sauf que leur Sud, c'est notre Nord.

Bonne chance enfin à Edouard Louis dont le parcours laisse admiratif et qui, contrairement à ce que dit le titre n'oubliera sans doute jamais les Bellegueule...
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le 29 mars 2014
Imaginer que ce que décrit Edouard Louis se passe dans les années fin 1990 début 2000 est particulièrement déroutant. La pauvreté existe depuis la nuit des temps mais cette description de ce que doit être un homme et du rôle secondaire de la femme auprès de lui est assez édifiante et paraît d’un autre âge. L’auteur évoque ses difficultés de vivre dans une classe sociale défavorisée, d’autant plus qu’il n’incarne pas la virilité attendue de par ses manières efféminées et sa voix haut perchée. Il sera insulté de « pédé » (entre autres) dès le collège et sera battu et humilié pendant deux ans sans jamais en parler à personne par deux autres collégiens. Il tentera alors de lutter contre son attirance envers les garçons et se pensera même « guéri » ( !!) à un moment de son homosexualité, qui est devenue pour lui, de par ce que sa famille et son entourage lui fera ressentir, quelque chose de sale et de honteux.
Les scènes sont souvent crues, choquantes mais particulièrement réalistes et pour cause puisqu’il s’agit d’un livre autobiographique. La pauvreté, l’alcoolisme, la violence sont comme une sorte de cercle vicieux qui ne permet pas de s’en sortir par méconnaissance même du fait qu’il existe d’autres modes de vie.
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