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4.0 étoiles sur 5 Un sujet ambitieux,un ensemble mitigé.
Des passages forts sur les guerres coloniales,formidables sur l'Indochine en particulier; et des pages contestables ressemblant souvent à des discussions style Café du Commerce,problème des banlieues,avec des parallèles exagérés,comparez les policiers en tenue d'aujourd'hui avec les parachutistes en Algérie!!Qu'apporte...
Publié le 31 août 2011 par MERIC

versus
130 internautes sur 148 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 prometteur mais insuffisant
Cet ouvrage à les qualités et les défauts de bien des romans actuels plus ou moins liés à l'histoire .Ils procèdent d'un vrai talent d'ecrivain et d'un piètre talent de romancier .
Qu'est-ce à dire ?
En fait l'auteur y décrit avec justesse et une grande force d'évocation divers moments...
Publié le 5 octobre 2011 par daniele Achach


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102 internautes sur 116 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un sujet ambitieux,un ensemble mitigé., 31 août 2011
Par 
MERIC (FRANCE) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Des passages forts sur les guerres coloniales,formidables sur l'Indochine en particulier; et des pages contestables ressemblant souvent à des discussions style Café du Commerce,problème des banlieues,avec des parallèles exagérés,comparez les policiers en tenue d'aujourd'hui avec les parachutistes en Algérie!!Qu'apporte Mariani et son grotesque groupuscule d'extrème-droite?
Bizarre lecture,l'auteur fait preuve de deux styles qui sont différents l'un brillant,l'autre "ras les paquerettes",admiration certaine pour le guerrier parachutiste puis un brouillamini sur notre société dont le narrateur n'est d'ailleurs pas un exemple brillant!
Je donne 4 étoiles car c'est un livre ambitieux et bon en définitive pour moi,mais il faut franchir les écueils (633 pages)et il ne fera sûrement pas l'unanimité!Gallimard a t'il voulu nous faire un coup nouveau "Les Bienveillantes" auquel cas aucun rapport,c'est raté!
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130 internautes sur 148 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 prometteur mais insuffisant, 5 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Cet ouvrage à les qualités et les défauts de bien des romans actuels plus ou moins liés à l'histoire .Ils procèdent d'un vrai talent d'ecrivain et d'un piètre talent de romancier .
Qu'est-ce à dire ?
En fait l'auteur y décrit avec justesse et une grande force d'évocation divers moments historiques ou sociétaux, dans lesquels il sait nous plonger. Mais on a trop le sentiment que ces morceaux de vraie littérature ont été elaborés dans un premier temps pour eux-mêmes, pour être ensuite raboutés les uns aux autres avec un fil trop apparent,à savoir le destin imaginé d'un personnage qui y est mêlé à un titre ou un autre, comme acteur ,spectateur, ou victime.
Et là on ne marche plus .On entre dans le événements ,mais pas dans le destin du personnage .
C'est dommage
On a une série de reportages, souvent magnifiques mais pas un roman
Et cela on pourrait même le dire pour une oeuvre aussi forte que « Les bienveillantes « bâtie elle aussi selon cette recette
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Ennuyeux, 5 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Le sujet promettait d'être intéressant, et le prix prestigieux validait à lui seul cet achat.
Je suis très déçu car j'ai trouvé le livre ennuyeux au point que je n'ai pas dépassé la page 82 ! C'est la première fois que ça m'arrive, et j'y regarderai à deux fois dorénavant avant d'acheter aveuglément un livre primé !
L'auteur est dépressif et sa narration sort du sujet.
La lecture est laborieuse parce qu'inintéressante.
Quelle déception par rapport au magnifique livre qui a eu le Goncourt en 2013 !
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 JPE, 9 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
j'ai laissé ce livre a la page 300 pour le reprendre plus tard et l' abandonner définitivement.
Monsieur,continuez a enseigner.
NEC SUTOR SUPRA CREPIDAM.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 « L'Odyssée » d'une France perdue dans sa « guerre de vingt ans », 19 janvier 2012
Par 
Semper Victor "FB" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Le livre d'Alexis Jenni, lauréat du prix Goncourt, se présente à la fois comme un récit initiatique et comme une méditation sur la France : en échange de cours de peinture, le jeune narrateur du roman pose ses mots sur l'histoire de Victorien Salagnon, soldat de toutes les guerres menées par la France, de 1942 à 1962. Salagnon n'a justement sauvé son âme qu'en peignant tout ce qu'il voyait, de la Résistance aux guerres de la décolonisation : ses dessins lui ont offert le recul qui lui a épargné la colère qui hantera pour toujours son compagnon d'arme Mariani. Mais peindre ne suffit pas. Il faut des mots pour dire les choses, car aujourd'hui comme hier, « on meurt d'engorgement, on meurt d'obstruction, on meurt d'un silence vacarmineux tout habité de gargouillements et de fureurs rentrés. Ce sang trop épais ne bouge plus. La France est précisément cette façon de mourir ».

C'est bien des mots, de la langue et du traitement romanesque de l'histoire qu'il est question dans « L'art français de la guerre ». Comme l'explique le narrateur, la guerre est surtout affaire de mots : « César par le verbe créait la fiction d'une Gaule, qu'il définissait et conquérait d'une même phrase, du même geste. César mentait comme mentent les historiens, décrivant par choix la réalité qui leur semble la meilleure. Et ainsi le roman, le héros qui ment fondent la réalité bien mieux que les actes, le gros mensonge offre un fondement aux actes, constitue tout à la fois les fondations cachées et le toit protecteur des actions. Actes et paroles ensemble découpent le monde et lui donnent sa forme. Le héros militaire se doit d'être un romancier, un gros menteur, un inventeur de verbe ». Partant de ce constat, et presque naturellement, l'histoire de la « guerre de vingt ans », vécue et dessinée par Salagnon, prend alors toute sa puissance dans les mots avec lesquels le narrateur parvient à la traduire. Le livre d'Alexis Jenni s'inscrit alors comme une parabole de « L'Odyssée ». Il faut à la France un Homère. De Gaulle, que le narrateur - tout à son mal être initial et perdu dans une France dans laquelle il ne sait plus qui il est - se plait à qualifier du nom finalement admiratif du « Romancier » est évidemment celui-là.

Au bout du livre d'Alexis Jenni, on finit par bien comprendre les motivations contradictoires d'hommes aussi différents que Salagnon ou Mariani, unis pour toujours simplement parce qu'ils sont revenus vivant de cette odyssée, on comprend aussi pourquoi autant d'entre eux se sont portés volontaires, avec une bravoure déraisonnable, pour aller jusqu'à la dernière minute mourir à Dien Bien Phu : « Il ne nous restait plus grand chose après des années de guerre, que ça : dans ce pays-là nous avions perdu toutes les qualités humaines, il ne nous restait plus rien de l'intelligence et de la compassion, il nous restait que la furia francese, poussée à bout ». La volonté d'en finir, de sauver son honneur. On comprend également, in fine, le développement suggéré sur les récentes émeutes de banlieue comme héritage de cette fameuse guerre de vingt ans. Avec un regard discret mais aiguisé sur la question de la religion - « L'Eglise mange mal, s'exclama Montebellet, mais elle a toujours eu du bon vin. - C'est pour cela qu'on lui pardonne, à cette vénérable institution. Elle a beaucoup péché, beaucoup failli, mais sait donner l'ivresse ».

Jenni nous offre un texte lucide, particulièrement bien écrit et habilement composé sur l'état de la France : « Personne ne s'occupe de personne, Salagnon. La France disparaît parce qu'elle est devenue une collection de problèmes personnels. Nous crevons de ne pas être ensemble. Voilà ce qu'il nous faudrait : être fier d'être ensemble ». Si l'identité ne peut pas et ne dois pas s'écrire, « L'art français de la guerre » nous démontre que l'histoire, elle, doit impérativement l'être, avec ambition et ouverture, comme un roman qui redéfinira les contours de notre avenir : vérité romanesque, aux accents girardiens, éloge de la transmission et de la narration, avec des mots et une langue qui finalement nous définissent mieux que tout autre chose.
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39 internautes sur 48 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Excellent début qui se gâte, 9 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Voilà un roman qui démarre sur les chapeaux de roue. J'aimais ce style, cet humour quand il définit le rôle du narrateur:

J'aimerais bien une autre vie mais je suis le narrateur. Il ne peut pas tout faire, le narrateur. Déjà, il narre. S'il me fallait, en plus de narrer, vivre, je n'y suffirais pas.

J'aimais aussi sa façon de nous ouvrir sur les yeux sur les inégalités entre pays pauvres et riches, décelable à la manière dont on traite leurs morts:

On ne saura jamais le nombre des morts iraniens, ni comment chacun mourut. Comment le saurait-on? C'est un pays pauvre, ils ne disposent pas d'une mort par personne, ils furent tués en masse[...]. Ils sont morts en gros, on n'en retrouvera rien. Leur nom n'a pas été gardé.

Une différence de traitement symbolisée par le film La Chute du faucon noir (merci à mon mari pour avoir retrouvé le titre de ce film car Alexis Jenni n'en donne pas le titre) où chaque mort d'américain est détaillée alors que les somaliens mouraient comme au ball-trap, en masse, on ne les comptait pas.

Jusque là, j'aimais beaucoup ce roman mais tout d'un coup, mon enthousiasme est retombé. A force de trop vouloir donner de leçons, il m'a semblé que le roman s'enlisait. Il faut dire que les leçons, j'aime qu'on les donne avec subtilités. Là, par exemple, Alexis Jenni passe des pages à décrire la peur de personnes qui attendent leur tour pour entrer dans une pharamcie de garde, alors qu'une bande de jeunes de couleur rôde en ricanant. L'ennui a commencé alors à pointer le bout de son nez. A côté, il nous fait un brillant compte-rendu du rôle de la carte d'identité. Je n'ai pas réussi à retrouver mon intérêt pour ce roman. A peine ai-je retrouvé un semblant d'attention dans sa critique acerbe du Général De Gaulle appelé le Romancier, tout simplement parce que cela m'a rappelé la colère de mes collègues profs de lettre qui s'insurgent (avec raison), d'être obligés d'enseigner les mémoires de De Gaulle au bac littéraire alors qu'il y a tant de vrais auteurs à faire découvrir à nos ados.

Mais si ce roman parle de guerre, il parle aussi d'amour, celui du narrateur pour celle qu'il rencontrera au cours de l'écriture de son récit et celui de Victorien pour Eurydice, dont le narrateur a l'intelligence de percevoir la beauté, malgré leur différence d'âge: A cause des différences d'âge, on ne sait plus juger de la beauté, car la beauté se ressent comme un projet: est belle celle que je peux désirer embrasser. Et malheureusement, j'ai trouvé que les scènes d'amour n'étaient pas crédibles et que les dialogues, en général, étaient trop ampoulés pour paraître vrais. On nous livres des points de vue mais sans subtilité. Malgré tout, je me suis forcée à aller au bout de ce pavé (plus de 600 pages grand format, c'est à dire plus grand que le dernier Foenkinos par exemple) mais ce fut pénible pour moi car je n'ai, à aucun moment, ressenti une quelconque émotion.
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12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La guerre, même pas en peinture...., 21 décembre 2011
Par 
Joël (Hotonnes, Ain) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
J'avoue que j'ai du mal à commenter ce livre. Il est vrai que je suis d'accord avec beaucoup d'autres commentateurs(trices): les quelque 600 pages peuvent paraître un peu longues et sans doute que ce livre aurait pu gagner en intensité en le racourcissant. Mais je dois dire que, pour ma part, le style m'a suffisamment plu pour que je ne m'en lasse pas.

Maintenant sur le fond, il est clair que tout le monde ne peut pas être d'accord avec l'auteur dont les vues sur la guerre "made in France" sont tranchées et sans appel. Pourtant, venant d'un anti-militariste, j'ai été agréablement surpris par le ton. L'auteur ne rejette pas tout en bloc. Il analyse, il dissèque ou, pour être plus proche de l'esprit de Victorien Salagnon, le protagoniste de ce livre, il use de son pinceau pour nous dépeindre la guerre. N'utilisant que le blanc et le noir, il arrive pourtant à nous en montrer tout le dégradé de couleurs.

D'aucuns ont trouvé la comparaison entre les guerres coloniales et le maintien de l'ordre dans les banlieues outrancière. Une fois de plus, je l'ai comprise comme étant une variation de ton pour décrire la même réalité. Ce n'est donc pas identique, mais c'est la même idée sous-jacente. La référence faite également dans ce livre à la gifle, véritable défouloir d'un mal-être, est pour moi caractéristique de cette idée.

Enfin, pour avoir eu la malchance d'avoir vécu de l'intérieur des conflits armés, certaines descriptions m'ont paru d'une véracité extraordinaire. Les couleurs, mais aussi les odeurs, sont là dans ce livre. Ces perceptions qui ne sont pas faciles à décrire, je les ai bel et bien vues et perçues au fil des pages.

Bref, tout cela pour dire que j'ai eu plaisir à lire L'art français de la guerre et que je le recommande.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Nos soldats:des stipendiaires assoiffés de sang ?, 14 janvier 2012
Par 
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
L'art français de la guerre/Alexis Jenni/Goncourt 2011

Il est difficile de commenter ce roman riche et divers sans donner un bref aperçu du contenu. Et pour antimilitariste notoire que paraisse l'auteur par le biais du narrateur, la guerre est fort bien contée dans son premier roman. Ce qui pouvait sembler une gageure au début du récit s'avère au fil des pages être un défit relevé avec en apothéose la guerre d'Indochine en deuxième partie du livre.
D'emblée on comprend que l'on a affaire à un écrivain à la plume acérée : c'est un style facile, alerte et puissant au service d'une critique tous azimuts de notre société qui commence. Un beau style avec des répétitions utiles telles des refrains et des leit-motiv. Débute une satire violente et emportée de l'armée puis des média : la télévision ne montre rien et les commentaires sont radoteurs au cours de la guerre du Golfe en 1991.
« L'armée en France est un sujet qui fâche. On ne sait pas quoi penser de ces types, et surtout quoi en faire. Ils nous encombrent avec leurs bérets, avec leurs traditions régimentaires dont on ne voudrait rien savoir, et leurs coûteuses machines qui écornent les impôts. »
Ensuite le narrateur fait la rencontre de Victorien Salagnon, non seulement un artiste de la peinture à l'encre de Chine, mais aussi un talentueux stratège et fin tacticien. Beaucoup de références à l'art pictural et au dessin dans ce chapitre. Salagnon à la Grande Institution s'avère être un fort en thème (latin) ainsi qu'une forte tête.
La construction de ce livre est originale avec un chapitre sur deux de commentaire dans lequel le narrateur s'exprime à la première personne, et l'autre intitulé « roman « dans lequel la vie de Salagnon est contée.
Le chapitre sur l'état de la France, commentaire, avec ses grèves et ses manifestations vaut vraiment le détour : une fine analyse des comportements marque ces pages inoubliables.(p.156 à 161).
L'auteur se complait à critiquer la société, la police, l'identité par le sang ou la langue. Les digressions sont nombreuses et vont dans tous les sens, avec une dominante concernant l'attitude déplorables des français, policiers ou citoyens.
Les scènes de guerre sont décrites avec réalisme et souci du détail que ce soit dans le mâconnais ou au Tonkin. Avec de très beaux passages comme celui où Salagnon décrit Roseval mourant, ou celui évoquant les amours de Victorien et Eurydice. Je citerai un splendide passage évoquant la tombée de la nuit indochinoise qui comme partout sous les tropiques ne dure que quelques instants :
« La nuit déferlait comme une meute de chiens noirs qui montaient par les chemins du fonds des vals, flairaient les lisières, remontaient les pentes, recouvraient tout et à la fin dévoraient le ciel. La nuit venait d'en bas avec un halètement féroce, avec le désir de mordre, avec l'agitation maniaque d'une bande de dogues. »
L'auteur aime aussi les phrases choc, laconiques et cinglantes :
« À la guerre, on meurt à la sauvette. »
« L'art est un état plus subtil que le talent. »
Au chapitre des critiques, Il est vrai, comme l'ont dit certains commentaires, que l'on a parfois l'impression d'un collage de morceaux avec des redites et des retours plus ou moins utiles: anaphores et épanalepses se succèdent avec par moment une certaine cacophonie. Le récit est découpé en tranches qui se lient plus ou moins bien, telles une série de réflexions ou de reportages. On a le sentiment que l'auteur a voulu tout dire ce qu'il avait sur le cœur dans ce roman, comme cela, de suite, en oubliant un peu son roman.
Certains passages m'ont mis mal à l'aise : « La France m'exaspérait avec son grand F emphatique, le F majuscule comme le prononçait De Gaulle, et maintenant comme plus personne n'ose le prononcer' » Le narrateur semble se fourvoyer dans une diatribe inutile. Je n'adhère pas. Pour l'Histoire, De Gaulle restera un grand homme. Mystificateurs, menteurs et rusés : tous les grands hommes l'ont été : de Richelieu à Mitterand en passant par Napoléon. Si les propos tenus par le narrateur aux pages 457 et 458 sont ceux de l'auteur (ce qui n'est pas douteux), alors je dis que malgré la qualité de ce roman, je n'acquiesce pas quand il charrie le Romancier. Cela fini par agacer.
Et puis s'il déplore que la police se soit militarisée, pourquoi n'ajoute 't-il pas que c'est parce que les délinquants eux aussi se sont militarisés. Le temps des gendarmes à pèlerine et bâton blanc et bel et bien révolu.
Le point d'orgue de ce beau roman concerne la guerre d'Indochine : l'aventure guerrière désespérée et sans illusion du Corps Expéditionnaire qui n'ignora jamais qu'il allait au casse-pipe. Des pages inoubliables et dures :
« On avait jeté sur l'Indochine une étrange armée qui avait pour seule mission de se débrouiller. Une armée disparate commandée par des aristocrates d'antan et des résistants égarés, une armée faite de débris de plusieurs nations d'Europe, ' »(P 453)
Les trois personnages clefs de cette épopée au travers de trois guerres que sont Mariani, Salagnon et le narrateur sont tous trois attachants.
Quand plus loin l'auteur revient sur la guerre d'Algérie, je pense que son jugement est décalé par rapport à l'Histoire : il juge les pieds-noirs et leur histoire qui débute au XIXé siècle, ainsi que la colonisation en général avec les critères d'aujourd'hui. Cela me fait penser à la critique que l'on pourrait adresser à Hergé pour avoir écrit « Tintin au Congo » à une époque où la chasse aux fauves était de bon ton. Il faut savoir replacer les faits dans leur contexte ce que ne fait pas toujours l'auteur. ''
Il y a toujours eu des exactions : il n'existe pas de guerre propre. L'auteur fait preuve parfois d'un idéalisme frôlant la naïveté. Il est facile de parler ainsi aujourd'hui et de critiquer à tout va. Il eût fallu pouvoir le dire à l'époque : mais était-ce envisageable ? Là est la question.
Le dernier commentaire sombre carrément dans le délire et l'auteur veut nous asséner sa vérité à propos de l'usage immodéré de la force et du délit de sale gueule face à la délinquance dans les banlieues.
Au final, un livre assez plaisant à lire, relativement bien écrit, au contenu intéressant mais qui irritera plus d'un lecteur par son parti-pris.
.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Belle idée ; mais quelle longueur..., 6 avril 2012
Par 
M. Girardin (Thionville) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 (Broché)
Voilà un pari ambitieux : placer 2 romans en un. Le premier, appelé "Commentaires" montre l'histoire, à la première personne, d'un homme, un peu paumé, fasciné par la guerre à la française, qui rencontre, justement, un vétéran des guerres coloniales. Le second, appelé "Roman", est la biographie du second, écrit par le premier. Tout est bien écrit, et l'auteur-narrateur interroge sur les rapports entre les émanations culturelles (linguistiques surtout) et guerrières de la France.

Seulement, pour cela, il laisse la place à des digressions en cascade. Et un roman digressif, cela peut être long. Alors deux en un...

Peu à peu, l'intérêt se transforme en lassitude ; la langue, belle au premier abord, devient boursouflée. Le fil de l'histoire se perd. Quelques magnifiques scènes, soudainement actives, gardent l'intérêt en éveil : un dîner transformé en exhibition d'art contemporain, l'attente dans une pharmacie de nuit, une poursuite dans la jungle vietnamienne.

Mais même ces courts moments de grâce s'éparpillent, et il ne reste plus rien. Je l'avoue, je n'ai pas été au bout, malgré mon enthousiasme dévorant au début du livre.
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4.0 étoiles sur 5 Prenant, 11 septembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
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On retrouve dans le roman d'Alexis Jenni la structure complexe de nombreux romans anglo-saxons écrits par des auteurs professeurs de littérature tel David Lodge (L'Art de la fiction mis en pratique dans La Vie en sourdine, par exemple). Si les aller-retour dans le temps sont menés par Alexis Jenni avec nettement moins de brio ce qui désempare, perd, le lecteur après les premiers chapitres-livres, c'est finalement la pesanteur, l'inhumanité, des guerres modernes qui s'empare du lecteur.
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L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011
L'art français de la guerre Prix Goncourt 2011 de Alexis Jenni (Broché - 18 août 2011)
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