undrgrnd Cliquez ici Livres Fête des Mères nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici nav_HPTV Cliquez ici Acheter Fire Acheter Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo Fête des Mères

Commentaires client

4,8 sur 5 étoiles5
4,8 sur 5 étoiles
5 étoiles
4
4 étoiles
1
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoile
0
Format: Broché|Modifier
Prix:21,50 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium

Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article
Partagez votre opinion avec les autres clients

Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

500 PREMIERS RÉVISEURSle 17 mars 2014
Nathalie Heinich est certainement une des sociologues les plus intéressantes travaillant en France. Ses nombreuses recherches en sociologie de l'art font référence, tant elles ont renouvelé et enrichi notre compréhension de l'art. Sa réflexion a également porté sur les présupposés et fondements de la sociologie même, ce qui l'a amené à faire une déconstruction raisonnée des théories de Bourdieu («Pourquoi Bourdieu»), puis un essai assez décapant concernant certains présupposés implicites des sociologues («Le bêtisier du sociologue»).
Ici, elle nous propose une synthèse de ses 30 ans de recherches et de réflexions sur l'art contemporain. Le livre qui en est l'aboutissement est certainement le texte le plus intéressant et le plus éclairant que j'ai lu sur le sujet. Il se positionne dans la «sociologie compréhensive» issue de Max Weber, qui se caractérise par sa «neutralité axiologique». Le sociologue n'a pas à prendre parti «pour» ou «contre» l'art contemporain, mais d'en montrer les rouages et les fonctionnements. Dès le départ, Nathalie Heinich demande au lecteur de lui faire crédit de cette intention, elle demande d'accepter qu'à ses yeux «donner son opinion puisse être une distraction assez indigente comparée à la joie de comprendre le monde.» Dont acte.
D'après la sociologue, trois «paradigmes» ont structuré l'art jusqu'aujourd'hui, le classique, le moderne et le contemporain. La force de son argumentation est de montrer que l'art contemporain est un «genre» qui se distingue, coexiste et rivalise avec les deux autres genres. Ce n'est donc pas «l'art qu'on fait aujourd'hui», comme le suggère faussement l'installation aux néons de Maurizio Nannucci: «All art has been contemporary». L'analyse qu'elle fait de la rupture entre l'art moderne et l'art contemporain, générateur de tant de controverses et de malentendus, est un des points les plus intéressants traités dans le livre.
Fallait-il pour autant mobiliser pour cette entreprise le concept de paradigme, ou plutôt en rester au terme de «genre», plus neutre, moins connoté? Le concept de paradigme pose déjà pas mal de problèmes en ce qui concerne le monde scientifique et est générateur de dérives relativistes («tout marche si on est d'accord») et de discours sentencieux, chacun ayant eu une idée qu'il croit nouvelle proclamant une «révolution paradigmatique». La transposition d'un concept issu de la sociologie des sciences au domaine de l'art est-elle pertinente quand on sait les problèmes que le concept pose dans les sciences?
Se pose aussi le problème de la délimitation du paradigme. Par exemple, le mode de penser sociologique constitue-t-il un paradigme, ou faut-il distinguer différents paradigmes à l'intérieur de la sociologie? Par exemple, Wikipedia nous énonce quatre paradigmes en sciences sociales: la naissance du capitalisme avec Weber, le capital social avec Bourdieu, la lutte des classes avec Marx et la démocratie avec Tocqueville. Va-t-on s'arrêter en si bon chemin? N'y a-t-il pas d'autres paradigmes? Faut-il alors considérer des sous-paradigmes, voire des sous-sous-paradigmes? D'ailleurs, dans le livre de Heinich la question se pose très sérieusement, car elle distingue une première génération d'artistes contemporains centrée autour de la contestation des codes sociaux, d'une deuxième génération plus intéressée par le marketing. Les deux générations ont elles plus à se dire que les partisans de l'art moderne et de l'art contemporain?
D'ailleurs, détail piquant si on connait la fortune du terme en sciences sociales, Kuhn notait dans la préface de son livre «La structure des révolutions scientifiques», qu'il avait créé le concept de paradigme pour distinguer les sciences naturelles des sciences sociales. Ces dernières n'ayant selon lui pas de paradigme, les chercheurs n'arrivant jamais à se mettre d'accord sur des théories ou des concepts.
Mais le terme utilisé n'est pas ici la chose la plus importante, ce qui compte dans ce livre, c'est la description rigoureuse, très précise, des mécanismes de fonctionnement de l'art contemporain, son jeu avec les transgressions et les limites, dont je laisse la découverte au lecteur... La langue est ciselée, précise et d'une grande élégance. Régulièrement, la sociologue se fait anthropologue et nous fait visiter par des anecdotes souvent délicieuses les mœurs d'une tribu finalement très fermée au grand public, même à ceux qui visitent les expositions, les foires ou les musées.
Dernier point d'interrogation. Il est juste que le sociologue soit neutre vis-à-vis de son objet d'étude. Mais ce n'est pas le cas pour le citoyen ou l'amateur d'art. Sur ce point, en découvrant les mécanismes de l'art contemporain, le livre nourrit aussi le jugement éclairé, mais auquel il ne peut se substituer. Quelle politique de soutien à l'art sommes-nous amenés à préconiser en tant que citoyens ou en tant que contribuables? Vers quelles œuvres nous porte notre goût, notre sensibilité ou notre désir de stimulation?
11 commentaire|26 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 17 avril 2014
Nathalie Heinich, sociologue passionnante. J'ai adoré son livre "La gloire de Van Gogh" qui m'a fait comprendre ce qu'était un paradigme dans le domaine de l'art ainsi que les déterminantes sociologiques qui font la gloire ou le désastre des artistes.
Quant à son "paradigme de l'art contemporain" il éclaire de façon incisive ce qu'il en advient à ce jour de la démarche artistique et l'on se pose, comme N. Heinich, la question de savoir s'il s'agit réellement ou pas d'autre chose que d'un discours le plus souvent abscons par où l'art contemporain se distingue de l'art moderne.
Si vous allez admirer ici ou là quelque "installation" ou "performance", conservez soigneusement le carton d'invitation qui doit vous éclairer sur le pourquoi et le comment de la chose.
Quant à la beauté qui nous fait du bien (concept sans doute largement subjectif), elle paraît s'être noyée corps et âme dans les méandres intellectuels de cette démarche mercantile.
11 commentaire|5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 4 octobre 2015
Brillant ouvrage. Pensée synthétique forte d'une approche méthodologique remarquable pour faciliter la compréhension d'un univers complexe aux enjeux profondément renouvelés.
La problématique parfaitement posée, l'articulation se déroule à merveille. Un grand bonheur. Merci à l'auteure!
0Commentaire|Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 20 avril 2014
Ce livre est indispensable pour qui veut savoir ce qu'est le monde de l'art depuis les années 1960 jusqu'à nos jours. Comment il fonctionne et pourquoi il y a une incompréhension totale et dramatique entre les tenants de "l'art contemporain" et les autres.
11 commentaire|4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 8 septembre 2014
a lire pour mieux comprendre le fonctionnement du marché.La pertinence des propos nous laisse deviner les rouages du système economique
0Commentaire|Une personne a trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Liens Sponsorisés

  (De quoi s'agit-il?)