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le 15 décembre 2004
Ce livre essentiel se prête à au moins trois niveaux de lecture : un niveau historique tout d'abord, dans la mesure où le récit de Robert Antelme est avant tout un témoignage sur l'horreur nazie ; un niveau littéraire ensuite, car c'est une véritable prose poétique que nous offre l'auteur, la beauté de l'écriture pouvant parfois même contraster avec la teneur du propos ; un niveau philosophique enfin, dans la mesure où Antelme nous amène à réfléchir au concept d'humanité. Sur ce dernier point, il est intéressant de confronter son point de vue avec celui de Primo Lévi par exemple, les deux auteurs parvenant sur le même sujet à des conclusions opposées.
Bref, un livre dont la lecture apparaît indispensable.
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Robert Antelme (1917 - 1990), époux de Marguerite Duras, résistant, est arrêté puis déporté au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne, le 1er juin 1944.

Dès 1947, Antelme, avec un héroïsme extraordinaire, une totale abnégation de soi, va consciemment replonger dans les souffrances indicibles de l'enfer dans lequel il vécut et survécut. Témoigner. Impérieuse nécessité. Folie. Alors que la Libération n'avait pas deux années, lui-même commençait à douter de ce qu'il avait souffert. Antelme est un héros, un philosophe, un combattant, un résistant.

"Les héros que nous connaissons, de l'histoire ou des littératures, qu'ils aient crié l'amour, la solitude, l'angoisse de l'être ou du non-être, la vengeance, qu'ils se soient dressés contre l'injustice, l'humiliation, nous ne croyons pas qu'ils aient jamais été amenés à exprimer comme seule et dernière revendication, un sentiment ultime d'appartenance à l'espèce. (...) La mise en question de la qualité d'homme provoque une revendication presque biologique d'appartenance à l'espèce humaine."

"L'espèce humaine" est de cette même veine de qualité que "Si c'est un homme" de Primo Levi, "Marche autant que tu pourras" de Brigitte Friang, "Des voix sous la cendre : Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau", "L'honneur de la liberté / entretiens avec Charles Ehlinger" de Jacques Sommet - liste non exhaustive.

En page 83, ce constat implacable :
"Le règne de l'homme, agissant ou signifiant, ne cesse pas. Les SS ne peuvent pas muter notre espèce. Ils sont eux-mêmes enfermés dans la même espèce et dans la même histoire. Il ne faut pas que tu sois [souligné par l'auteur] : une machine énorme a été montée contre cette dérisoire volonté de con. Ils ont brûlé des hommes et il y a des tonnes de cendres, ils peuvent peser par tonnes cette matière neutre. Il ne faut pas que tu sois [souligné par l'auteur], mais ils ne peuvent pas décider, à la place de celui qui sera cendre tout à l'heure, qu'il n'est pas. Ils doivent tenir compte de nous tant que nous vivons, et il dépend encore de nous, de notre acharnement à être, qu'au moment où ils viendront de nous faire mourir ils aient la certitude d'avoir été entièrement volés."

Page 240 :
"C'est un rêve de SS de croire que nous avons pour mission historique de changer d'espèce, et comme cette mutation se fait trop lentement, ils tuent. Non cette maladie extraordinaire n'est autre qu'un moment culminant de l'histoire des hommes. Et cela peut signifier deux choses : d'abord que l'on fait l'épreuve de la solidité de cette espèce, de sa fixité. Ensuite, que la variété des rapports entre les hommes, leur couleur, leurs coutumes, leur formation en classes masquent une vérité qui apparaît ici éclatante, au bord de la nature, à l'approche de nos limites : il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine. C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous."

L'agonie, la lancinante marche inéluctable vers la mort : Buchenwald, Ganderscheim, Dachau. Inéluctable sans l'esprit de résistance magnifié dans ce superbe ouvrage. La vie, la solidarité, la camaraderie, la sainteté (histoire sublime de Jacques, l'étudiant en médecine déporté depuis 1940), la lutte, l'amour, les gestes même aussi simples qu'un serrement de main ... :

"Le froid, SS. Volonté de rester debout. On ne meurt quand même pas debout. Le froid passera. Il ne fait pas crier, ni se révolter, chercher à fuir. Il faut s'endormir dedans, le laisser faire, comme la torture, après on sera libre. Jusqu'à demain, jusqu'à la soupe, patience, patience... En réalité, après la soupe, la faim relayera le froid, puis le froid recommencera et enveloppera la faim; plus tard les poux envelopperont le froid et la faim, puis la rage sous les coups enveloppera rage, poux, froid et faim, et il y aura le jour où la figure, dans le miroir reviendra gueuler "Je suis encore là"; et tous les moments où leur langage [celui des détenus, des "zébrés"] qui ne cesse jamais enfermera poux, mort, faim, figure, et toujours l'espace infranchissable aura tout enfermé dans le cirque des collines (...)" (p. 85)

"Mais quoique solitaire, la résistance de [la] conscience se poursuivait. Privé du corps des autres, privé progressivement du sien, chacun avait encore de la vie à défendre et à vouloir." (p. 143).

Robert Antelme a dédié cet ouvrage à sa soeur Marie-Louise, déportée, morte en Allemagne.

nb : le lecteur fera l'impasse sur la 4° de couverture. L'analyse donnée, absconse, est à la limite du hors-sujet par rapport à "L'Espèce humaine".
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Robert Antelme a écrit "L'espèce humaine" en 1946-1947, c'est à dire moins de deux ans après la libération des camps. Il fut résistant pendant la seconde guerre mondiale et mari de Marguerite Duras avec qui il divorcera en 1946.
Dans son récit il raconte sa déportation en tant que prisonnier politique (résistant) d'abord au camp de Buchenwald, puis son transfert dans un camp de travail attenant, le camp de Gandersheim et enfin le long voyage à pied et en train vers Dachau avant la libération fin avril 1945.
Son témoignage est une reconstitution minutieuse de sa vie en détention, il peut être lu comme un journal de bord de la vie d'un détenu dans un camp. Aucun détail ne lui échappe, toute l'horreur de la détention est là : l'humiliation permanente des SS et des kapos, la faim omniprésente, la maladie, les poux et la vermine qui rongent les hommes, les tabassages répétés, la promiscuité et les conflits entre détenus, l'épuisement au travail... Mais c'est aussi un livre qui raconte l'espoir (sans trop y croire au départ) de se voir libéré un jour. Les coups de canons de l'artillerie alliée qui se rapprochent et qui font paniquer les SS. La solidarité entre les déportés existait réellement même si chacun luttait avant tout pour sa survie.

La deuxième partie du livre est consacrée au voyage de Gandersheim à Dachau. Les images horribles se succèdent, de longues journées de marche à pied où les plus affaiblis tombent sur le chemin et sont assassinés sur le champ, la fatigue est à son comble et pour autant, il faudra encore deux semaines de train dans des conditions effroyables pour atteindre Dachau avec toujours autant de morts.

Robert Antelme a fait une belle description de la relation qui existait entre SS, détenus et kapos. Ces derniers étant des intermédiaires, c'était souvent eux qui frappaient les détenus pour se faire bien voir des SS et augmenter ainsi leur chance de survie. On s'aperçoit des rouages de soumission et de manipulation utilisés par la machinerie nazie. Comme l'explique Robert Antelme, ce qui enrageait le plus les SS c'est que même après avoir privé un homme de toute sa dignité possible, il n'en reste pas moins un homme et ceci est indépassable. La dialectique du maître et de l'esclave fonctionne très bien ici.
Le SS n'est rien sans son prisonnier.
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le 8 avril 2013
Mon avis sera court, le récit en lui même étant sujet de nombreux débats (l'emploi de l'imagination pour compléter le réel, car "la vérité est plus lassante que les fabulations", comme le disait Antelme lui même) mais il reste une description crue de la vie en camp de travail durant la seconde guerre mondiale, c'est ce que l'on attend du livre. Seul hic: le format, plus grand que le poche, typique des éditions Tel mais toujours aussi peu attrayant, rendant parfois la lecture longuette voir lourde étant donné le contenu du livre d'Antelme.
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le 3 juillet 2002
Le titre résume l'esprit du livre : même dans l'extrême dénument, humilié, exploité, un homme reste une homme et personne, même pas un nazi ne peut lui retirer cela. Livre qui se révèle d'une profonde humanité, à lire pour ne pas oublier. Une écriture simple et profonde, sans artifice.
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le 28 juillet 2011
Robert Antelme raconte la vie du camp de Buchenwald, un camp de concentration de rééducation politique où s'entassent les réfractaires, et les criminels d'opinion, sous la houlette de la soldatesque SS.

Avec sa superbe prose, l'auteur raconte la vie des copains, et leurs résistances souvent vaines aux humiliations, au système inhumain mis en place pour les affaiblir, pour changer l'espèce humaine, l'asservir.

Les espérances, des petits événements anodins au-delà des espérances, des traces d'humanité, et même plus, nous montrent que l'espèce humaine est irréductible et que la soldatesque SS échoue dans sa tentative d'avilir tout le groupe.

L'espoir reste présent, et renaît, même contre une petite gamelle de soupe.
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le 18 avril 2016
Ce livre constitue un témoignage à lire sur l'extermination par le travail forcé. Sa lecture m'a frappé par la force avec laquelle l'auteur décrit son quotidien et, notamment, l'obsession de la faim. C'est aussi, me semble-t-il, un livre marqué au sceau de la révolte, notamment dans la perspective chrétienne. Il est intéressant de le comparer avec d'autres témoignages, car il comporte, sur le terrain des analyses à chaud, des différences qui donnent à réfléchir.
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le 13 décembre 2015
Je me demande comment - pourquoi - je n'ai pas eu connaissance de ce livre plus tôt.
Essentiel, indispensable, douloureux mais incontournable quand on s'intéresse à l'histoire des camps de concentration.
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le 2 mars 2014
Livre très prenant et surtout très réaliste. Conseillé !
Ce livre nous plonge dans le coeur de la guerre du côté des prisonniers. Accrochez vous et appréciez ce récit
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le 17 octobre 2014
Boulversant recit qui n'a de pareil aujourd'hui en Europe, heureusement d'ailleurs, car les camps ne sont plus.

Je ne retrouve dans aucun commentaire precedent le sentiment que j'ai eu du debut a la fin du livre.

En effet, j'ai lu certes le recit de l'horreur nazie et de ce que peut endurer l'humain quand nombre d'entre nous auraient surement abandonne avant d'atteindre des desespoirs si extremes, j'ai egalement ete tres admirative de la tres grande lucidite et immense faculte d'anayse critique dont fait preuve Robert Antelme sur les nombreuses et sombres motivations humaines ....mais j'y ai egalement lu la Bible de la Nature Humaine dans son ensemble, c'est-a-dire: universelle et intemporelle.

L'espece humaine, que ce soit dans le contexte du paroxysme cruel des camps nazis ou celui plus anodin de nos jours des ambitions politiques, l'environnement professionnel ou encore celui du couple, celui-meme de la famille, semble se distinguer principalement par un manque de convictions solides et basees sur la compassion et la justice. Chaque analyse des faits et paroles des kapos, SS, ou detenus persecuteurs (Felix le violeur par exemple) me parait etre tout a fait appropriee de nos jours lorsque nous observons les desseins humains d'oppressions pour raison economiques, d'ego ou de superiorite religieuse, quand ce n'est pas juste le desir de dominer l'autre ou de detruire.
Un seul episode de tele realite (Koh Lanta par exemple) nous rappelle que l'egoisme est la base sur laquelle tous les exces sont permis, si les circonstances penchent en jour vers un extreme.

Sinon, comment expliquer que plus d'un million de femmes berlinoises se soient faites violer par les soldats Allies (americains, russes) lorsqu'ils sont venus liberer les opprimes? Comment expliquer que dans la Justice, la furie et le sadisme soient quand meme de regle?

Qu'est-ce que l'Humain?
qu'est-ce que 'intelligence?
Y a-t-il intelligence sans empathie?
Si oui, alors cela explique que les pratiques nazies aient perdure et meme se soient diversifiees pour que, telles des taches d'encre, de nos jours la Science parvienne a eliminer toute trace d'empathie chez les "scientifiques", en les conditionnant grace a des diplomes, grades, recompenses financieres et autres honneurs imaginaires, qui torturent des animaux tels que singes (99% d'ADN en commun avec les humains) ou les chiens, PARCE QU' ILS ne sont pas "nous", tous comme les Juifs n'etaient pas de la race, de l'espece des nazis....pour des excuses de recherche sur la psychologie-neurologie et guerisons de maladies humaines.

La ligne tracee entre "nous" et "eux" dans l'imaginaire des humains a ete, est et sera sans doute toujours le meme moteur de l'oppression et du massacre des autres: autres religions, autres races, autres especes, autres sexe, etc.
A moins qu'une espece de vie extra-terrestre soit trouvee un jour, alors, sous une menace commune, peut-etre uniquement dans ce contexte, l'humanite se reconnaitra comme Terrienne et orientera sa pensee et ses actions vers les valeurs du coeur et non du profit, de l'ego ou de l'esprit" /l'intellect.

En attendant je crois que l'experience d'Antelme restera malheureusement non pas un recit exceptionnel mais le precurseur de nombre d'autres experiences a venir....observons ce que nous faisons aux animaux depuis la naissance de la Civilisation pour nous rendre compte que le nazisme, le stalinisme, le sexisme, les derives religieuses engandrant la violence, etc ont la meme souche: l'indifference a la vie de l'Autre qui permet d'engendre le pire.

Auschwitz commence des que quelqu'un regarde un abattoir et pense "mais ce ne sont que des animaux". Theordor Adorno: 1903-1969.

Auschwitz begins whenever someone looks at a slaughterhouse and thinks: they are only animals.
Theodor Adorno (1903-1969), German Marxist philosopher, sociologist, and musicologist

The philosophy behind vivisection, the sacrifice of creatures we regard as 'inferior' beings, differs little from that behind the concentration camp or the slave trader.
Aga Khan (Prince Sadruddin) (1933-2003 )
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