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Conversations en miroir/A Hundred Oceans: Mythiques mésaventures à Hollywood
Format: BrochéModifier
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 16 janvier 2009
CONVERSATIONS EN MIRROIR est composé de deux parties. Dans les 70 premières pages, Michael Cimino, réalisateur de films, auteur de VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER, LES PORTES DU PARADIS, L'ANNEE DU DRAGON, se raconte. Il ne se livre pas à un exercice officiel d'autobiographie. Cela tient d'avantage à une conversation avec lui-même (d'où le titre), où il égrène des souvenirs, des réflexions, sur son statut de metteur en scène star, de mythe vivant. Une sorte de monologue intérieur, d'une sincérité brutale, de divagations alcooliques, où on croise aussi bien Clint Eastwood (producteur et acteur de son premier métrage LE CANARDEUR), Steve Mac Queen, Lee Marvin, le vieil et le nouvel Hollywood. C'est extraordinairement bien écrit, tendu, sauvage, lucide, argotique, pas toujours simple à suivre, un peu comme un roman de James Elroy.

La seconde partie du livre est une nouvelle, A HUNDRED OCEANS, une fiction, racontant la passion de CJ Sratton, camionneur, mineur, qui ne vit que pour le golf. Une douleur à l'épaule le contraint à avaler des kilos d'aspirine, mais il est bien décidé à se lancer sur le parcours professionnel. Il fait la rencontre de Rita, une serveuse, et de sa fille Kathleen. Il est très bien accueilli dans le monde huppé des golfeurs, et y fera la connaissance d'une belle héritière, Brooke...

Ce court roman (150 pages) est magnifiquement écrit. On retrouve la dureté et l'aprêté des films de Cimino, ou de ceux de Peckimpah, avec ces décors sauvages, ces passions destructrices, ces personnages en quête de rédemption, de bonheur, aux penchants auto-destructeurs. Le style de Cimino est évidemment très cinématographique, et on imagine aisément quel film il pourrait réaliser à partir de ce matériaux. Mais on n'a pas affaire à un scénario déguisé, mais bien à une oeuvre littéraire, superbe, prenante, violente, et tragique.
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Il n' y a qu' un seul bilan à faire à la lecture de ce livre : Michael Cimino, le génial auteur de deux chefs d' œuvre de la contre-culture américaine des années 70 "Voyage au bout de l' enfer" (1977) et "La porte du paradis" (1979) au même titre que les deux premiers films de Terrence Malick, n' a plus rien à dire, il est au bout du rouleau, perdu comme Kris Kristofferson sur son voilier à la fin de cette "Porte du paradis" qu' il ne lui apporta que des déboires et une lente descente artistique pour survivre à Hollywood... C' est peut-être là que Malick se révéla plus patient en attendant vingt années afin de réaliser "La ligne rouge" (1998), ce qui lui permet actuellement d' avoir une pleine activité créative.

La première partie de l' ouvrage d' une soixantaine de pages est un salmigondis-galimatias-parano-schizophrénique où Cimino essaie d' expliquer (?) les tenants et les aboutissants de sa vie. Il parle de la mort intelligente de Georges Sanders (il s' est suicidé), n' arrête pas de dire qu' il est un mythe (ce qui est vrai) en se comparant à D.W Griffith et Welles dont il partage le même destin de loser. La consommation de drogues en tout genre dans la ville des anges y a bonne place aussi. Il faut tout de même en retenir d' autres extraits dont celui-ci car Cimino a tenté de devenir batteur (noir précise t-il) : avec une chanteuse noire tu apprends à garder le rythme. Tu rebondis partout. Si t' es pas en rythme, elle va se mettre en colère... cela m' a fait penser à Joyce Kennedy, la superbe chanteuse de Mother's Finest, le batteur (blanc) Barry Borden ne devait pas rire souvent ; à ce propos essayez de jeter un œil sur le Dvd "Mother's Finest Live at Rockpalast 1978-2003".

Le court roman qui suit de 160 pages environ intitulé "A Hundred Oceans" conte l' histoire d' un ouvrier qui a tout pour devenir un champion de golf (le golf quel sport de ...), mais il a une maladie s' appelant la ténosynovie, il rencontre une serveuse de bar élevant seule sa petite fille, mais il est plutôt attiré par une bourgeoise... Cette histoire est encore un ressassement de Cimino, cela ferait à peine les honneurs d' un téléfilm et ce n' est pas le dialogue non-châtié, la quantité ingurgitée de pilules et d' alcool qui m' ont sorti d' une certaine apathie. Bon, je reconnais... je suis un peu méchant... mais où en est cette adaptation au cinéma de "La condition humaine" de Malraux, voilà un sujet ambitieux. Tiens, je devrais relire cet ouvrage.
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