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5.0 étoiles sur 5 Poignant recueil d un immense poète russe, 11 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristia et autres poèmes (Poche)
Jeté comme une bouteille à la mer, tel "Les Tristes" d Ovide alors que ce dernier gagnait, contraint à l exil, les bords de la Mer noire, la plainte d Ossip Mandelstam, dans "Tristia et autres poèmes" est inquiétude, puis angoisse et pour finir désespoir car la Révolution, loin d être grandeur assurée, est à ses yeux crainte et cruauté.

Il n empêche qu il ne cessera jamais de chanter la culture universelle ; ce qu on ne lui pardonnera jamais. Et surtout pas Staline qui le fera arrêter pour avoir écrit en 1934 un poème "civique" satirique intitulé "Le Montagnard du Kremlin" , - et qu on trouvera dans la partie "Poèmes non publiés,1930-1934". Sa détresse morale et matérielle sera alors totale. Mais son inspiration ne sera jamais amoindrie : elle se fera même chant : " (...)Dans ma voix, après l asphyxie,/Résonne la terre, ma dernière arme,/La sèche moiteur des hectares de terre noire."

Ce recueil, admirable en tous points, est précédé d une remarquable préface signée François Kérel, le traducteur.

Ossip Mandelstam est sans conteste un des grand de la littérature universelle.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La mémoire du coeur, 30 janvier 2014
Par 
M. Marconnet Thibault "Evgueni Iscarian" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristia et autres poèmes (Poche)
Ossip Mandelstam était un poète russe du mouvement “acméiste” (dont faisait partie également la grande Anna Akhmatova).

“Acmé” signifie “apogée”. Et l’on comprend mieux pourquoi à lire les poèmes de cet ensemble de recueils que constitue Tristia et autres poèmes. C’est l’apogée d’une âme qui se délivre, qui s’offre au lecteur capable de lire en laissant parler son émotion. Il y a de la vie brûlante au sein de ces pages comme un feu enclos dans le papier.

Ossip Mandelstam a eu un jour l'idée fatale d'écrire un poème pour ridiculiser Staline. Il fut donc envoyé dans un goulag où il y mourut. Brutale méthode mais inefficace à tuer l’œuvre du poète. On n’empêche pas l’herbe fauchée de repousser.

J'aimerais vous raconter une très belle anecdote qui vous donnera peut-être envie de découvrir la poésie de Mandelstam.
Peu de temps avant qu'il ne soit envoyé au goulag, sa femme Nadejda et quelques amis du couple Mandelstam, ont appris “par cœur” l'intégralité de son œuvre. Tous ses papiers avaient été au préalable détruits : la bureaucratie soviétique ne méritait pas de mettre la main sur de tels écrits.

C'est donc dans le cœur de sa femme et de ses amis que la poésie d'Ossip Mandelstam a pu survivre, continuer de battre. Ce cœur de poète a été ensuite rendu aux hommes lorsque les dépositaires se sont chargés de retranscrire son œuvre.

Et si nous avons aujourd'hui encore, la chance de pouvoir nous plonger dans cette poésie d'une immense richesse, c'est à ces âmes de scribes fidèles que nous le devons. Et l'on dit que c'est une chose stupide que de faire apprendre “par cœur” des textes aux enfants...
Si Nadejda Mandelstam avait suivie cette voie stérile, c'est une pierre importante qui manquerait à l'édifice de la beauté. Il n'y a d'ailleurs qu'en français, étrangement, que se trouve l'expression “apprendre par coeur”. Et bien peu de gens savent en saisir toute l'importance.

Car le cœur n’est pas seulement cet organe de vie défini par la science, cette pompe qui irrigue tout le corps.
Le cœur – n’en déplaise aux scientistes de bas étage –, est aussi ce qui nous pousse à vivre au-delà de nous-mêmes.

Je laisse à présent aux vers d’Ossip Mandelstam le soin de vous ensorceler. Il s’agit ici d’un poème écrit en janvier et février de l’an 1937 :

Novembre 1933 (Traducteur : Henri Abril)

Dans ce janvier que faire de moi-même?
La ville ouverte et folle se raccroche à nous.
Serais-je ivre de tant de portes qui se ferment?
J'ai envie de beugler face à tous les verrous!

Et les grègues de ces aboyeuses ruelles,
Et les greniers des rues tordues sans fin,
Et les gouspins venant à tire-d'aile
Se cacher et surgir dans les coins et recoins!

Je glisse dans les creux, dans l'ombre aux cent verrues,
Pour aller jusqu'à la pompe gelée,
Je trébuche en mâchant l'air mort et vermoulu
Tandis que s'éparpillent les freux enfiévrés

Et à leur suite je m'exclame et crie soudain
Dans cette glaciale caisse de bois:
« Un lecteur! des conseils! un médecin!
Sur l'escalier d'épines parlez, parlez-moi! »

Thibault Marconnet
30/01/2014
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Tristia et autres poèmes de Ossip Mandelstam (Poche - 16 mars 1982)
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