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42 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le fondement d'une bonne compréhension de l'oeuvre de Camus
L'Homme révolté fut publié en 1951, autrement dit bien après son cycle de l'absurde (L'Etranger, Le mythe de Sisyphe, Caligula) et après le début de son cycle de la révolte (La peste). Cet essai, documenté, riche, propose une réflexion sur les manifestations de la révolte dans le monde occidental depuis...
Publié le 19 avril 2009 par Morin

versus
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2.0 étoiles sur 5 lecture trop difficile pour moi
lecture trop difficile pour moi
Je n'ai pas accroché,je ne comprends rien....
Bon je reessaie durant les vacances mon esprit sera plus ouvert ...
Publié il y a 7 mois par romuald


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42 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le fondement d'une bonne compréhension de l'oeuvre de Camus, 19 avril 2009
Par 
Morin (Près de Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
L'Homme révolté fut publié en 1951, autrement dit bien après son cycle de l'absurde (L'Etranger, Le mythe de Sisyphe, Caligula) et après le début de son cycle de la révolte (La peste). Cet essai, documenté, riche, propose une réflexion sur les manifestations de la révolte dans le monde occidental depuis le XVIIIème siècle : ne perdant jamais de vue une ligne directrice, Camus se propose - à partir d'exemples précis - de démontrer à la fois la dimension métaphysique, historique et artistique de la révolte. Cet essai à fait polémique en son temps, pour diverses raisons (Sartre s'insurgeait contre une nature humaine qui serait la base de la révolte), mais il reste un fondement, non seulement pour comprendre l'oeuvre d'Albert Camus, mais encore plus pour poser un regard toujours d'actualité sur notre monde.
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38 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un phare de la litterature francaise, 14 octobre 2009
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
Albert Camus confirme si besoin etait par cet ouvrage qu'il est a tout jamais inscrit dans le pantheon de la litterature et des penseurs francais. Livre phare sur la question de la revolte, et pourquoi elle est essentielle et inherente a la nature humaine.
En ce debut de XXIeme siecle, la portee de la pensee de Camus est incroyablement d'actualite.
Son analyse a travers la dimension metaphysique, puis historique et enfin artistique de la revolte humaine est cliniquement juste. La revolte n'y est pas vue comme une fatalite, mais comme une necessite, une catharsis de notre humanite meme.
Personnellement je conseille sa lecture aux personnes ayant deja une solide connaissance des questions universelles metaphysiques et historiques, car Camus passe en revue une tres grande partie de la pensee occidentale et offre un angle certainement original voire ultime quant a l'approche des grands penseurs et des grandes doctrines de notre culture.
Personne ne sort indemne de la lecture de "L'Homme Revolte", c'est un ouvrage qui agit sur la conscience toute une vie durant.
Albert Camus etait certainement un des plus grands ecrivains francais de l'Histoire, son oeuvre comme celle de Voltaire est universelle et incontournable. Les etudes d'Albert Camus, des essais aux romans en passant par les pieces de theatre se doivent d'etre redecouvertes, etudiees et appreciees a leur jusre valeur.
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5.0 étoiles sur 5 Je me révolte, donc nous existons, 19 août 2011
Par 
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
Alors que le suicide dans un monde absurde était la grande préoccupation d'Albert Camus dans son essai `Le Mythe de Sisyphe', la révolte contre cette même absurdité, l'affirmation de la vie et l'assassinat pur et simple sont les thèmes centraux de cet essai.
Le combat pour la liberté et la dignité de l'homme a (eu) lieu à plusieurs niveaux : philosophique, historique et pratique.
Albert Camus pose aussi une question cruciale pour toutes les révolutions: pourquoi terminent-elles souvent dans le sang sous le drapeau de la liberté et de la raison (avec la philosophie comme alibi pour justifier des crimes `logiques')?

La révolte métaphysique
Le révolté métaphysique vise la condition humaine en général dans ce monde et défend la liberté et la dignité de l'individu. Il veut contrôler entièrement son propre destin et construire un paradis purement terrestre.
Le Marquis de Sade exige la liberté absolue pour chaque individu, aussi la liberté de détruire. Max Stirner proclame la prépondérance de l'être individuel dans ce monde. F. Nietzsche défend avec bec et ongles un nihilisme actif: chaque personne a le droit de devenir son propre maître et de créer ses propres lois. Les surréalistes affirment également la liberté individuelle absolue au moyen notamment d'actes `gratuits' destinés à satisfaire les instincts inconscients.

La révolte historique
L'histoire de l'homme est la somme de ses rébellions successives. Mais, dès que les chefs révolutionnaires demandent la suppression de la liberté au nom de la loi, la terreur consomme la révolution. La volonté de puissance (le pouvoir) écrase purement et simplement la volonté de justice.
J.J.Rousseau argumente que les lois de l'Etat républicain doivent être basées sur la volonté générale. Saint-Just veut une république qui soit nettoyée de tous ses éléments `étrangers'. La dialectique de Hegel (maître/esclave) culmine dans l'Etat absolu, où la volonté de puissance remplace la volonté de justice. Les fascistes voulaient libérer une minorité par la soumission de la majorité. S'appuyant sur la prophétie de Marx de l'abolition de l'Etat, Lénine visait à libérer l'ensemble de l'humanité en l'asservissant `provisoirement' à un Parti (le sien).

La révolte pratique
En réalité, la dignité de l'homme et son niveau de vie et de liberté n'ont pas été servis par des doctrines, des dogmes ou des concepts abstraits, mais par le syndicalisme `révolutionnaire'. L'organisation des forces de travail et leur arme (la grève) ont fortement amélioré les conditions de vie pour la grande majorité des populations dans tous les pays où cette organisation a été rendue possible et libre: une semaine de travail de 112 heures (7 * 16 h) a été réduite à une semaine de 40 heures.

Cette brillante analyse historique et pratique de la condition humaine par Albert Camus n'a rien perdu de son actualité.
Hautement recommandé.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Puits de culture, 26 août 2011
Par 
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Homme révolté (Broché)
L'homme révolté pourrait être Albert Camus, qui réagit contre les "crimes logiques", ceux prémédités de manière massive (il parle de 70 millions de morts) au nom d'une "philosophie qui peut servir à tout, même à changer les meurtriers en juges". On comprend bien, et il le dit, qu'il s'agit des idéologies du XXème siècle, mues par l'absurde, la négation et le nihilisme. Mais pour mieux saisir les fondements de ces idéologies, il faut remonter bien en amont.

Après avoir défini la notion de révolte, distincte de celle du ressentiment, Albert Camus montre que "le problème de la révolte semble ne prendre de sens précis qu'à l'intérieur de la pensée occidentale. On pourrait être plus explicite encore en remarquant, avec Scheller, que l'esprit de révolte s'exprime difficilement dans les sociétés où les inégalités sont très grandes (régime des castes hindoues) ou, au contraire, dans celles où l'égalité est absolue (certaines sociétés primitives). En société, l'esprit de révolte n'est possible que dans les groupes où une égalité théorique recouvre de grandes inégalités de fait. le problème de la révolte n'a donc de sens qu'à l'intérieur de notre société occidentale. On pourrait être tenté alors d'affirmer qu'il est relatif au développement de l'individualisme si les remarques précédentes ne nous avaient mis en garde contre cette conclusion" (quelques pages auparavant, Albert Camus montre que l'on peut se révolter au spectacle de l'oppression des autres ; ce qui n'est d'ailleurs pas contradictoire avec le sens que donne par exemple Alaint Laurent à l'individualisme).
C'est, finalement, le passage du sacré des sociétés traditionnelles aux valeurs de liberté et de conscience élargie de l'espèce humaine et des droits de l'individu qui induisent cette apparition du sentiment de révolte.

Une fois le terme défini, Albert Camus passe ensuite en revue, à travers cet ouvrage, à travers des analyses complexes et absolument remarquables, les différents types de révolte (métaphysique, historique, vis-à-vis de l'art, et dans son rapport au meurtre ou au terrorisme).
Tour à tour, il dresse ainsi un panorama éloquent et complexe de la révolte contre Dieu, la négation de celui-ci, le nihilisme, les fondements de la pensée révolutionnaire de 1792, les régicides et déicides, en distinguant poésie révoltée et révolte historique dans son prolongement de la réflexion philosophique, comme dans une vague montante et allant s'amplifiant, jusqu'à atteindre des sommets de turpitude et de turbulence extrême, avec son lot de contradictions ultimes. Des analyses qui permettent de mieux comprendre la pensée révolutionnaire du XXème siècle, inspirée entre autres par la pensée hégélienne.
Ainsi, sous l'assaut de la pensée révoltée, la divinité de l'homme en vient à remplacer la religion traditionnelle, au nom de principes d'abord, puis de faits.

Si l'on peut s'interroger sur la sorte de fascination, voire d'admiration, que semble éprouver Albert Camus à l'égard des terroristes de la fin du XIXème siècle, que l'on pourrait presque qualifier, sinon de romantiques, du moins d'idéalistes et d'âmes tourmentées accomplissant leurs actes au nom de principes qu'ils considèrent justes, notre auteur n'éprouve pas la même indulgence à l'égard des révolutionnaires, qui n'ont plus rien d'humain et ne répondent plus à aucun principe, ce qui n'en fait plus des révoltés.
Au terrorisme individuel, oeuvre parfois de "meurtriers délicats", pour lesquels une vie a encore un prix, succède un terrorisme d'Etat, basé sur un régime de terreur et écrasant les libertés, au nom de la liberté (reléguée à un horizon indéfini, voire illusoire).
Aux récriminations à l'égard d'Hitler succède une critique absolument brillante de Marx, des marxistes et des révolutionnaires, qui se sont fourvoyés dans des erreurs tant au regard de l'économie (en ce domaine, la compréhension d'Albert Camus, basée sur l'observation et les faits, est tout à fait prodigieuse) que de la science. A une démarche se voulant scientifique (le socialisme scientifique), Albert Camus oppose une fin de non recevoir et la qualifie plutôt de scientiste, apportant une démonstration très intéressante (cf. pages 260 à 280 environ). De là l'échec de la "prophétie" théorisée par Karl Marx.
Ce qui fait dire à Albert Camus qu'"on ne s'étonnera donc pas que, pour rendre le marxisme scientifique, et maintenir cette fiction, utile au siècle de la science, il a fallu au préalable rendre la science marxiste, par la terreur".
Rappelons que l'ouvrage date de 1951. Des analyses très clairvoyantes et courageuses pour l'époque, et dont beaucoup aujourd'hui seraient incapables.

Ainsi, les stratégies établies par Lénine, loin d'aboutir à l'accomplissement de la liberté, que recherchaient les révoltés, conduisent à ce que "la vraie passion du XXème siècle, c'est la servitude".
En effet, "à la fin, quand l'Empire affranchira l'espèce entière, la liberté régnera sur des troupeaux d'esclaves, qui, du moins, seront libres par rapport à Dieu et, en général, à toute transcendance".
A cette fin, l'individualisme est nié et remplacé par la propagande ou la polémique, qui sont deux sortes de monologue. L'abstraction, propre au monde des forces et du calcul, a remplacé les vraies passions qui sont du domaine de la chair et de l'irrationnel. Le ticket substitué au pain, l'amour et l'amitié soumis à la doctrine, le destin au plan, le châtiment appelé norme, et la production substituée à la création vivante, décrivent asez bien cette Europe décharnée, peuplée de fantômes, victorieux ou asservis, de la puissance".

En fin de compte, la déception d'Albert Camus est immense à l'égard de ce qu'est devenu le sentiment de révolte.
A peine l'homme était-il délivré des contraintes religieuses, qu'il était parvenu à abattre, qu'il s'en inventait de nouvelles, bien plus terrifiantes et "intolérables".
La vertu, de "charitable" devient "policière" et, "pour le salut de l'homme, d'ignobles bûchers s'élèvent". "Les sources de la vie et de la création semblent taries. La peur fige une Europe peuplée de fantômes et de machines. Entre deux hécatombes, les échafauds s'installent au fond des souterrains. Des tortionnaires humanistes y célèbrent leur nouveau culte dans le silence. Quel cri les troublerait ? Les poètes eux-mêmes, devant le meurtre de leur frère, déclarent fièrement qu'ils ont Les mains propres (...) Dans les temps anciens, le sang du meurtre provoquait au moins une horreur sacrée ; il sanctifiait ainsi le prix de la vie. La vraie condamnation de cette époque est de donner à penser au contraire qu'elle n'est pas assez sanglante".
"Après avoir longtemps cru qu'il pourrait lutter contre Dieu avec l'humanité entière, l'esprit européen s'aperçoit donc qu'il lui faut aussi, s'il ne veut pas mourir, lutter contre les hommes (...) La révolte, détournée de ses origines et cyniquement travestie, oscille à tous les niveaux entre le sacrifice et le meurtre. Sa justice qu'elle espérait distributive est devenue sommaire. Le royaume de la grâce a été vaincu, mais celui de la justice s'effondre aussi. L'Europe meurt de cette déception. Sa révolte plaidait pour l'innocence humaine et la voilà raidie contre sa propre culpabilité".

Pour finir, Albert Camus se demande donc s'il faut renoncer à toute révolte, acceptant les injustices, conduisant à un "lâche conformisme". Mais il est un fait, selon lui, que nous ne sommes plus véritablement dans un monde révolté, la révolte étant devenue "l'alibi de nouveaux tyrans".
Et, "en logique, conclut-il, on doit répondre que meurtre et révolte sont contradictoires". Cependant, il ne semble pas délégitimer complètement le meurtre, puisqu'il le justifie "par exception", le vrai révolté devant accepter sa propre mort et sacrifice en contrepartie, au nom de la liberté totale qu'il défend et de sa protestation justement contre la mort (Albert Camus évoque différents cas, en particulier celui des frères karamazov, dont justement je tentais cet Eté la lecture en parallèle du tome 2 sans y être pour l'instant véritablement parvenu, mais aussi par exemple (même s'il y insiste beaucoup moins) de personnages emblématiques tels que Charlotte Corday).

Un essai, en définitive, particulièrement ardu, qui nécessite une bonne culture à la fois littéraire et historique. Je n'avais pas estimé la puissance intellectuelle d'Albert Camus, qui m'a ici absolument ébloui.
Une lecture à aborder avec une solide volonté et une grande détermination. Pour ma part, j'ai souffert tout l'Eté sur cette lecture contraignante et exigeante, au cours de laquelle j'avoue ne pas avoir toujours tout compris.
Bon courage, donc, aux courageux qui se lanceront dans cette découverte, qui a aussi le mérite de permettre de mieux comprendre la pensée de l'auteur et se qui ce cache derrière ses romans.
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15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De la monstruosité des Révolutions, 13 janvier 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
Le destin, qui lui faucha brutalement la vie à moins de cinquante ans, a sans doute empêché Albert Camus de livrer sa pensée dans toute sa plénitude. Pressé par le temps, hanté par l'absurdité de l'existence, il jeta pêle-mêle une foule d'idées dans le brûlant chaudron idéologique du XXè siècle, et son oeuvre prolixe paraît quelque peu déconcertante et désespérée.
Pourtant, si son cheminement intellectuel est ardu, il ne manque pas de cohérence et associe une grande clairvoyance à une profonde honnêteté, qui lui évita les engagements bornés de tant de ses contemporains.
Et si les illusions déçues, et les désastres humains qui ensanglantèrent le monde lui inspirèrent une certaine propension au nihilisme, il parvint à en tirer sagesse et humilité, plutôt qu'arrogance et certitudes.

L'homme révolté, qui date de 1951 illustre cette attitude courageuse. Il s'agit d'une douloureuse mise au point sur les révolutions, les révoltes et autres folies humaines engendrées par la soif d'absolu. Camus y montre le caractère inhumain de cette exigence, qui oscille entre idéalisme et nihilisme, « tel un pendule déréglé qui court aux amplitudes les plus folles», et finit par mener aux enfers, en s'abîmant dans le terrorisme, la dictature et d'une manière générale dans l'horreur.
Il s'agit en somme de dire toute la perversité de l'assujettissement aveugle à une cause trop définitive et universelle. Pour préciser sa pensée, le philosophe évoque notamment la soumission totale des individus qu'exige le communisme, et cite Bakounine réclamant dans les statuts de la Fraternité Internationale, « la subordination absolue de l'individu au Comité Central, pendant le temps de l'action » ou ien Netchaiev qui va encore plus loin lorsqu'il déclare « qu'on peut faire chanter ou terroriser les hésitants et qu'on peut tromper les confiants. » allant jusqu'à proposer « de supprimer tous les Russes de moins de vingt-cinq ans, comme incapables d'accepter les idées nouvelles. », ou encore Feuerbach qui consacre abruptement le règne du Centralisme Bureaucratique en affirmant que « le vrai dieu humain sera l'Etat. ».

Bien qu'il ne se réclame pas du libéralisme, Camus au terme de son éprouvante et longue enquête, parvient à un point d'équilibre, fait d'humilité et de pragmatisme. Au vertige mortel des grandes idées il oppose, en citant Lazare Bickel, les grandeurs relatives : « l'intelligence est notre faculté de ne pas pousser jusqu'au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire à la réalité. »
Et il tire une magnifique conclusion des vraies données de la science moderne : « les quanta, la relativité jusqu'à présent, les relations d'incertitude, définissent un monde qui n'a de réalité définissable qu'à l'échelle des grandeurs moyennes qui sont les nôtres. »
Camus vient du nihilisme et de l'agnosticisme. Il est épris de justice et de progrès, mais après mûre réflexion, il refuse de les assujettir au Moloch sanguinaire de la révolte. "Entre ma mère et la justice, dit-il, je préfèrerai toujours ma mère". En un mot, il est humain...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 G.W.F Hegel, K. Marx et J. de Maistre contre les antiques grecs selon A. Camus, 30 juillet 2013
Par 
Joseph Fouché (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
Je ne connaissais que le romancier chez Albert Camus (1913-1960) et sans détester ; cela ne m'avait pas transcendé... Cependant, il y a quelques mois que j'ai découvert le Camus philosophe en lisant "L'homme révolté" (Paru en 1951) et j'ai été soufflé ! Par la puissance de la pensée, par l’éclectisme, par l'originalité de certains rapprochements ou de certaines oppositions.

Paradoxalement, ce sont plutôt tous les sujets traités de manière éclatés dans l'ouvrage de Camus qui m'ont davantage plu que la problématique de l'homme révolté.
Les critiques envers le dandysme, Lautréamont (et même de façon un peu raide Rimbaud) c'est-à-dire toutes les idoles des surréalistes de l'époque. Des réflexions passionnantes sur la philosophie de l'histoire chez les antiques grecques (cyclique) s'opposant à la pensée hégélienne d'une histoire linéaire.

Cependant, la plus importante partie de l'ouvrage me semble être celles sur la révolution bourgeoisie, la révolution prolétarienne et le messianisme chrétien mis en parallèle qui me semble d'une intelligence géniale (c'est une importante partie : au moins un tiers de l'ouvrage).
A. Camus nous explique que le messianisme marxiste serait en fait très proche du messianisme catholique (tel Joseph de Maistre) rendant caduque la vision extrême gauche et extrême droite puisqu'en ce sens les deux extrêmes ont le même schéma philosophique, je cite en guise d'introduction (P.241) :

"En opposition au monde antique, l'unité du monde chrétien et du monde marxiste est frappante. Les deux doctrines ont, en commun, une vision du monde qui les sépare de l'attitude grecque."

Révolution hégélienne (bourgeoisie), Révolution Marxiste (socialisme), Révolution Chrétienne (tradition) sont toutes sur ce schéma linéaire dans leur vision philosophico-historique ; à l'inverse de la vision philosophico-historique grecque qui est cyclique (dont Nietzsche pouvait dans une certaine mesure se rapprochée).

Voilà, l'une des raisons qui m'ont fait découvrir un Albert Camus philosophe politique impressionnant que je ne connaissais pas puisque noyé sous le roman "l'étranger".
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre qui a fait date comme on sait, 16 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
Ce célèbre essai est un histoire des révoltes à travers les âges, depuis le début des temps. Bien sûr, quand le pouvoir en place démérite, il ne faut plus l'accepter, c'est le principe d'Antigone. Il analyse toutes ces révoltes sans complaisance, il en souligne les défauts et les insuffisances, sans excepter Marx ni Lénine, ni le communisme soviétique. On sait que les intellectuels de gauche de l'époque, Sartre en tête, n'ont pas du tout apprécié.

Il termine ainsi: "A cette heure où chacun d'entre nous doit tendre l'arc pour refaire ses preuves, conquérir, dans et contre l'histoire, ce qu'il possède déjà, la maigre moisson de ses champs, le bref amour de cette terre, à l'heure où naît enfin un homme, il faut laisser l'époque et ses fureurs adolescentes. L'arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l'élan d'une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre." C'est fort bien écrit, et c'est tout sauf une conclusion précise.

En le lisant bien, on fait de surprenantes constatations. Page 147 à propos de la Révolution française: "La pensée dite libertine, celle des philosophes et des juristes, a servi de levier pour cette révolution. Mais les rois y ont collaboré, imposant peu à peu la puissance politique à la puissance religieuse, et minant ainsi le principe même de leur légitimité." On trouve déjà cela presque mot pour mot dans "Autorité spirituelle et pouvoir temporel" de René Guénon, chapitre VI. Voilà qui nous apporte une information inattendue sur ses sources. Et l'on peut étendre cela à la "démocratie" telle qu'on la comprend maintenant: un gouvernement qui a miné l'autorité du précédent s'expose à périr de la même façon, et ainsi de suite dans un éternel jeu de balançoire, il n'y a pas de raison que cela s'arrête.

Essai brillant, fort instructif, que l'on ne peut pas se permettre d'ignorer. La conclusion, c'est à chacun de l'apporter.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'Homme Révolté, Camus en avance sur son temps, 2 août 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme révolté (Poche)
En commençant L'Homme Révolté, je n'avais pas d'autres a priori que ceux induits par le titre, mais c'était suffisant pour une méprise. En effet, cet intitulé laissait entrevoir un guide de la rébellion ou un livre rouge de l'indigné de salon. Avouez que c'est assez cool d'avoir dans sa bibliothèque un bouquin où il est écrit sur la tranche 'L'Homme révolté' ! Heureusement, je ne me suis pas laissé aller ! Loin d'être trivial, l'Homme Révolté examine les rebels sous toutes leurs coutures y compris les plus vicieuses. La réflexion de Camus traite de philosophie morale, mais elle a surtout une portée politique. Et soixante ans après sa sortie, cet essai n'a rien perdu de sa puissance polémique: Remarquable ! Quand le milieu littéraire préparait son 68, Camus possédait encore vingt années d'avance.

On cherchera en vain une simple apologie de la révolte dans ce livre. La réflexion examine aussi ses conséquences négatives : aveuglement, isolement, fuite en avant, désillusions amères'

Certes, la forme est parfois inutilement érudite et la profusion de références littéraires n'aide pas à la pédagogie de la thèse. Dostoievsky, Sade, Nietzche, Saint Augustin, Netchaiev sont abondamment glosés. De plus, la méthode souffre de l'âge et beaucoup de raisonnements sont tirés d'études de textes. L'approche est trop tranchée pour être 'réaliste' (Camus parle énormément de meurtre, comme s'il s'agissait d'une banalité, comme si les mots étaient de long couteaux). Mais si l'on parvient à faire abstraction de ce brouillard savant, la réflexion de Camus est tout à fait fascinante. Dans ce monde où les rebels ont la vie facile, il est intéressant de confronter la rébellion à son véritable visage à travers l'histoire et dans l'art.

Le message est le suivant : 'La rébellion c'est bien, mais les rebels savent-ils vraiement ce qu'ils veulent ?'
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 lecture trop difficile pour moi, 4 mai 2014
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4.0 étoiles sur 5 l'hoom révolté, 2 décembre 2013
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j'ai apprécié cette étude historique sur la révolte de l'homme, mais elle me semble un peu décalée à présent vu les guerres de religion
que nous endurons actuellement
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L'homme révolté de Albert Camus (Poche - 2 mai 1985)
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