Commentaires en ligne 


3 évaluations
5 étoiles:
 (3)
4 étoiles:    (0)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du scandale de l'incarnation et de la croix, 14 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité du désespoir (Poche)
J'approuve ce qui vient d'être écrit par le premier commentateur. Et j'ajouterai : des pages admirables d'intelligence sur la notion de scandale. Le scandale d'un Dieu fait homme et humble serviteur. C'est tout le paradoxe de l'incarnation que met bien en lumière Kierkegaard : l'incarnation ne rapproche pas l'homme de Dieu, la distance demeure car l'incarnation est en soi un scandale. "Scandalise-toi ou crois". Et Kierkegaard de rappeler et démontrer, à la suite de Saint Paul (épître aux Romains) que le contraire du péché n'est pas la vertu mais la foi.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


22 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les secrets du désespoir, 10 août 2008
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité du désespoir (Poche)
Un livre dans lequel on apprend que le désespoir est un avantage infini qui nous place au-dessus de l'animal. En être conscient est le privilège du chrétien qui a assimilé la notion de "péché" qui est l'affrontement face à Dieu et non plus déni de foi mais position de foi - Socrate s'affirmant ignorant par respect envers la divinité.
Il y a une nuance entre "vouloir désespérer" pour être soi-même, et ne pas le vouloir pour être quelqu'un que l'on ignore. Concrètement, "désespérer" : perdre espoir : l'espoir est pré-conçu. De là, le désespoir, (res)source d'identité.
Sören Kierkegaard s'intéresse donc à cet "espoir" innervé, attente laïque raisonnée, qu'il confond, selon moi, avec l'espérance, attente passionnelle liée à la foi. Rappelons que le philosophe s'inscrit dans cette école éclatée de l'hégélianisme ; Hegel croit en l'objectif, Kierkegaard au subjectif, voire même aux êtres d'exception, écho sans doute aux théories de Swedenborg.
Il se soulève contre la "chrétienté établie", mondaine et d'apparence, qui a amoindri la substance intime entre le Christ et le croyant, à cause de l'exaltation du message.
Et, enfin, il condamne la presse, lieu de l'"anonymat" et destructrice de l'individu.
De très belles lignes sur le paganisme, et le péché ; existentialiste chrétien, Kierkegaard a compris l'esprit du socratisme qui saisit la notion de justice, mais pas la notion de "péché" ; en somme, le socratisme est un christianisme sans interdit.
Puissant.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La respiration de l'homme, 26 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité du désespoir (Poche)
« En face de l'infini, la finitude limite ; la nécessité de même dans le champ du possible a pour rôle de retenir. Le moi, comme synthèse de fini et d'infini, est d'abord posé, existe ; ensuite, pour devenir, il se projette sur l'écran de l'imagination et c'est ce qui lui révèle l'infini du possible. Le moi contient autant de possible que de nécessité, car il est bien lui-même, mais il doit le devenir.

Si le possible culbute la nécessité et qu'ainsi le moi s'élance et se perde dans le possible, sans attache le rappelant dans la nécessité, on a le désespoir du possible. Ce moi devient alors un abstrait dans le possible, s'épuise à s'y débattre sans pourtant changer de lieu, car son vrai lieu, c'est la nécessité : devenir soi-même en effet est un mouvement sur place.

Le champ du possible ne cesse de grandir alors aux yeux du moi, il y trouve toujours plus de possible parce que aucune réalité ne s'y forme. A la fin, le possible embrasse tout, mais c'est alors que l'abîme a englouti le moi. Le moindre possible pour se réaliser demanderait quelque temps. Mais ce temps qu'il faudrait pour la réalité s'abrège tant qu'à la fin tout s'émiette en poussières d'instants. Les possibles deviennent de plus en plus intenses, mais sans cesser d'en être, sans devenir du réel, où il n'y a en effet d'intensité que s'il y a passage du possible au réel. A peine l'instant révèle-t-il un possible qu'il en surgit un autre, finalement ces fantasmagories défilent si vite que tout nous semble possible, et nous touchons à cet instant extrême du moi, où lui-même n'est plus qu'un mirage.
Ce qui lui manque maintenant, c'est du réel, comme l'exprime aussi le langage ordinaire lorsqu'on dit que quelqu'un est sorti du réel. Mais à y regarder de plus près, c'est de nécessité qu'il manque. Ce n'est pas non plus faute de force, du moins au sens ordinaire, que le moi s'égare dans le possible. Ce qui manque au fond, c'est la force d'obéir, de se soumettre à la nécessité incluse en notre moi, à ce qu'on peut appeler nos frontières intérieures. Le malheur d'un tel moi n'est pas non plus de n'être arrivé à rien dans ce monde, mais de n'avoir pas pris conscience de lui-même, de ne s'être aperçu que ce moi qui est le sien, est un déterminé précis, donc une nécessité. Au lieu de cela, l'homme s'est perdu lui-même en laissant son moi se réfléchir imaginairement dans le possible. On ne peut se voir soi-même dans un miroir, sans se connaître déjà, sinon ce n'est point se voir, mais voir quelqu'un. Mais le possible est un miroir extraordinaire, dont on ne doit user qu'avec force prudence. C'en est un en effet qu'on peut dire mensonger. Un moi qui se regarde dans son propre possible n'est guère qu'à demi-vrai ; car, dans ce possible-là, il est bien loin encore d'être lui-même, ou ne l'est qu'à moitié. Le possible fait comme l'enfant qui reçoit une invitation agréable et qui dit oui tout de suite.»

«Supposez que s'égarer dans le possible se compare aux balbutiements du bas âge, manquer de possible alors, c'est être muet. La nécessité semble n'être que des consonnes, mais pour les prononcer, il faut du possible. S'il manque, si le sort fait qu'une existence en manque, elle est désespérée et l'est à tout moment qu'il manque.

(...) Manquer de possible signifie que tout nous est devenu nécessité ou banalité. Le déterministe, le fataliste sont des désespérés, qui ont perdu leur moi, parce qu'il n'y a plus pour eux que de la nécessité. C'est la même aventure qu'à ce roi mort de faim, parce que sa nourriture se changeait toute en or. La personnalité est une synthèse de possible et de nécessité. Sa durée dépend donc, comme la respiration (re-spiratio), d'une alternance de souffle. Le moi du déterministe ne respire pas, car la nécessité pure est irrespirable et asphyxie bel et bien le moi. Le fataliste est sans un Dieu, autrement dit, le sien, c'est la nécessité ; car à Dieu tout étant possible, Dieu c'est la possibilité pure, l'absence de la nécessité. Par suite, le culte du fataliste est au plus une interjection, et, par essence, mutisme, soumission muette, impuissance de prier. Prier, c'est encore respirer, et le possible est au moi, comme à nos poumons l'oxygène. »
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Traité du désespoir
Traité du désespoir de Sören Kierkegaard (Poche - 25 mai 1988)
EUR 7,12
En stock
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit