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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un essai engagé et surtout courageux contre les dérives de l'U.R.S.S., 14 mai 2011
Par 
Pierre-yves Champenois (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." (Broché)
André Gide nous raconte dans ce livre la passion avec laquelle il se rendait en Union Soviétique en 1935 et l'immense déception qu'il a connue lors de sa découverte du quotidien du prolétariat soviétique. Le livre se scinde en deux parties : la première ("Retour de l'U.R.S.S.") a été écrite par Gide directement après son retour, pour exorciser ce qu'il avait vu ; la seconde en revanche ("Retouches ...") a été écrite par l'auteur à la suite et en réponse aux violentes critiques qui lui ont été portées par la partie de l'intellingentsia française toute acquise à la cause du communisme à cette époque à la suite de la publication du "Retour de l'U.R.S.S.".

Concernant la première partie, on ne peut qu'être bluffé rétrospectivement par la justesse de la vision d'André Gide quant aux dérives totalitaires du communisme en U.R.S.S. Le récit est terrible pour Gide lui-même qui espérait tant trouver une société réalisée sur les fondements du marxisme et où tous les hommes devaient être égaux et la "dictature du prolétariat" s'imposer. S'il aperçoit quelques points positifs, il se rend rapidement compte que ne lui est montré que la face plaisante du régime, et jamais la face cachée où la misère, l'exploitation de l'homme par l'homme et la promiscuité sont le quotidien de tous les travailleurs. Les mots de Gide sont tellement sincères et simples, et lui-même semble tellement désemparé que le lecteur ne peut qu'être ébahi par tant de justesse intellectuelle et par une réelle force visionnaire.

La seconde partie est moins intéressante. Acculé par les attaques morales, Gide s'emploie à répondre point par point aux critiques qui ont été émises à son encontre. Le propos est dès lors moins intéressant 75 ans après, la passion concernant la problématique du communisme soviétique étant largement retombée depuis, et le consensus à peu près généralisé quant à l'horreur générée par le régime stalinien.

En revanche, à l'époque, il a fallu un courage politique et moral impressionnant à André Gide pour qu'il ose critiquer si ouvertement (et si vertement !) l'U.R.S.S. D'une nature calme, il fallait vraiment qu'il ait vu l'intolérable pour avoir une telle réaction en retour. Un grand écrivain donc, mais aussi un grand Homme.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Des bourreaux, des profiteurs et des victimes, 3 novembre 2012
Par 
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." (Broché)
Alors qu'André Gide reste poli dans son `Retour de l'U.R.S.S.' ; dans ses 'Retouches', il met les points sur les i pour les aveugles, et surtout pour ceux qui connaissaient à fond la situation en U.R.S.S., mais estimaient qu'il valait mieux la cacher à ceux qui pourraient s'en indigner.

La situation politique
André Gide constatait que maintenant que la révolution avait triomphé, ceux que ce ferment révolutionnaire animait encore, gênaient et étaient honnis, ou pire encore, étaient purement et simplement balayés de la terre. Ce que le Politburo exigeait à présent, c'était une approbation de tout ce qui se faisait en U.R.S.S. Pour André Gide, l'U.R.S.S. était très loin de la dictature du prolétariat, avec des syndicats complètement impuissants. Il y avait dictature, évidemment, mais celle d'un despote et de ses serviteurs (sa bureaucratie).

Les mentalités
André Gide voyait l'inertie de la masse, sa complète dépersonnalisation (dans les kolkhozes pas le moindre souvenir personnel).
Par contre, les femmes votaient massivement contre le régime par des avortements. Le Politburo réagissait en interdisant l'avortement.

L'éducation
Dans les écoles, il y avait une grande pénurie de livres de classe. Et s'il y en avait, ils fourmillaient d'erreurs. La fameuse liquidation de l'analphabétisme tardait à s'accomplir. En plus, les malheureux instituteurs, travailleurs isolés, n'arrivaient souvent pas à toucher leur maigre traitement.
Dans l'instruction, l'esprit critique y faisait à peu près complètement défaut. Le citoyen soviétique restait aussi dans une extraordinaire ignorance de l'étranger.

La situation sociale
André Gide y voyait l'avènement d'une nouvelle aristocratie, pas celle du mérite et de la valeur personnelle, mais celle du conformisme. S'inscrire au Parti était la première et indispensable condition pour réussir.
L'ouvrier soviétique n'était pas libre d'aller, ni de demeurer où cela lui plaisait. S'il n'était pas parmi les favorisés, il était affamé, laminé, broyé. Ce n'était pas lui qui profitait de son travail, mais les favorisés, les bien vus, les gorgés. Avec ce que l'on prélevait sur les humbles salaires, on arrondissait les gros traitements mensuels. Il y avait un manque général de produits de consommation. Et, s'il y en avait, les gens devaient faire la file pendant des heures.
Les églises étaient bondées : `aux spoliés l'opium' !

L'art
En U.R.S.S., un artiste devait d'abord être `dans la ligne'. L'art devait être populaire ; autrement, il était stigmatisé d'être du `formalisme'.
Mais, André Gide le dit clairement : `sans liberté, l'art perd signification et valeur.'

André Gide s'attendait à trouver au minimum l'amorce d'un Etat `anticapitaliste' en U.R.S.S. Son immense espoir avait été amèrement déçu. Son verdict était dévastateur et sans appel.
Où sont les André Gide d'aujourd'hui, qui `osent' casser la façade de notre monde virtuel, créé par les média ?
Lecture hautement recommandée.
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4.0 étoiles sur 5 On nous cache tout, on nous dit rien., 20 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." (Format Kindle)
Un texte qu'il était bien difficile de relire (dur à trouver), celle d'une génération embrigadée par le mirage aux alouettes soviétiques. Le retour de Gide, c'est la confession d'un homme abusé, par le régime stalinien. Combien d'intellectuels ont osé faire leurs mea culpa ? Combien on tiré à vue sur ce livre, sur son auteur... Bref une réédition qui mérite d’être signalée.
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5.0 étoiles sur 5 1935 : les preuves du monstrueux régime communiste !!!, 13 novembre 2009
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." (Broché)
Dès 1935, avec Boris Souvarine, André Gide fait parti des premiers français déçus par le communisme.
En effet, à travers son voyage en U.R.S.S., André Gide nous décrit un contexte sociétal terrifiant :
- Dès leur plus jeune âge, dans les jeunesses communistes (Komsomols) : l'Etat encourage les enfants à dénoncer autrui ; les gens sont endoctrinés, fichés et surveillés ;
- La liberté de penser par soi-même est considérée comme "contre-révolutionnaire" ;
- Le but à atteindre est : le nivellement social, l'uniformité des comportements et des esprits ;
- Certes, il n'y a plus de "classe sociale", mais TOUS sont pauvres, sauf les dirigeants du Politburo évidemment ;
- Les gens ne peuvent pas se plaindre puisqu'ils n'ont pas de point de comparaison, étant hermétiquement coupés du reste du monde (pas de journaux hormis l'officielle et Etatique Pravda, interdiction d'expression, d'opinion, etc.) ; et de toute façon, l'Etat-Parti unique ment au peuple, fait de la propagande en lui disant que les conditions sociales sont pires encore, dans le reste du monde ;
- Interdiction de quitter l'unique Parti Communiste ;
- Interdiction du droit de grève ;
- Pas de possibilité de se déplacer librement dans le pays (passeport intérieur).

Dans ce système totalitaire communiste, l'Etat promet le "bonheur"... pour plus tard ; mais d'abord il faut travailler à l'édification de l'idéologie communiste, la fumeuse "dictature du prolétariat", effectuée dans le cadre de la "lutte des classes" (guerre civile). Des générations entières ont travaillé (esclavagisme) et espéré pendant 74 ans, de 1917 à 1991. Mais en guise de récompense le peuple Russe a juste eu le droit : à la déportation en camps de concentration (environ 18 millions de personnes) et/ou à l'extermination (environ 20 millions de morts innocents) !

Et le "bonheur", lui, n'est jamais advenu !
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quelle lucidité !, 16 janvier 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." (Broché)
Gide est un des (très) rares intellectuels à s'être rendu compte de la nature criminelle du régime de Staline, pleuré par des millions de russes à son décès en 1953. Cette lucidité est trop rare chez les "élites de la nation"; je ne vois guère qu'Eric Blair (alias George Orwell), avec sa fiction : 1984 qui puisse en faire preuve dans ce domaine. Le livre n'a pas vieilli.
Soyons vigilants face au prochain totalitarisme !
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Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S."
Retour de l'U.R.S.S. / Retouches à mon "Retour de l'U.R.S.S." de André Gide (Broché - 5 novembre 2009)
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