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4.0 étoiles sur 5 Panorama inédit sur la domestication de la nature par l'homme
Recherche impressionnante qui remonte au fond de l'histoire des hommes et revisite les facteurs qui ont orienté les hommes dans leur développement. La domestication des plantes, des animaux, des microbes, du climat, ou de la géographie ont eu une influence déterminante sur la sédentarisation des hommes, la formation d'états, le...
Publié le 2 avril 2009 par Iokanaan

versus
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Ouvrage riche... trop riche peut-être !
Ouvrage qui apportera à un public non spécialiste d'excellents et très nombreux éléments d'anthropologie sous ses aspects les plus divers : biologie, évolution, préhistoire, histoire, linguistique, cultures, religions, etc. Le livre pâtit cependant d'un plan un peu confus et d'assez nombreuses redites.
Publié le 27 mars 2011 par phg


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39 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Panorama inédit sur la domestication de la nature par l'homme, 2 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Recherche impressionnante qui remonte au fond de l'histoire des hommes et revisite les facteurs qui ont orienté les hommes dans leur développement. La domestication des plantes, des animaux, des microbes, du climat, ou de la géographie ont eu une influence déterminante sur la sédentarisation des hommes, la formation d'états, le développement de l'écriture, la promotion des innovations, la diffusion du savoir aux peuples voisins et in fine sur leur puissance et leur domination sur d'autres civilisations.

Diamond démontre tout au long de ce livre que la différence de puissance n'est pas le résultat d'une inégalité de l'intelligence ou des capacités parmi les peuples. Au contraire, indépendamment ou grâce a la transmission de découverte des voisins, tous les hommes se sont attelés depuis 10000 ans à la domestication de la nature avec des succès divers. Ce que les uns ont réussi à domestiquer ou ce que les autres n'ont pas réussi à domestiquer résultent de facteurs objectifs sans rapport avec leurs facultés. Ces différences ont eu en revanche des conséquences importantes dans leur degré de développement.

Par exemple, la domestication des chevaux, facteur clé de puissance (transport de biens, d'hommes, d'information, de guerriers) s'est faite rapidement en Eurasie alors que l'équivalent africain, le zèbre, ne l'a jamais été. Malgré toute les tentatives effectuées (encore aujourd'hui) il s'avère que le zèbre n'est pas domesticable (agressivité structurelle et colonne vertébrale souple ne permettant pas le portage).

Bref les diverses idées reçues, à commencer par les noix de coco tombant des arbres qui auraient incliné les tropicaux à s'endormir sur la douceur de leur environnement, sont battues en brèche.
Le travail est énorme, la perspective est à la fois panoramique, originale et inédite. Les anecdotes fourmillent, ce livre est une découverte à lire absolument. Loin d'être végétative, la préhistoire a été une période d'intenses découvertes, de domestication qui a rendu nos récents progrès possibles. Diamond nous rend ces premiers découvreurs étonnamment familiers.

4 critiques toutefois :
- De forme: certaines longueurs et un certain nombre de répétitions.
- De fond: l'exposé semble partir de la conclusion - qui est incontestable - les arguments semblent être agencés dans ce but, et lui fait perdre en objectivité.
- De fond : La puissance des civilisations est ici exclusivement expliquée par des facteurs exogènes (l'environnement, les ressources végétales, animales etc.). Leur importance est démontrée de façon très convaincante, mais il semble douteux que le destin d'une civilisation et son développement soient seulement le fait de causes externes. Peut-on faire l'impasse par exemple des valeurs d'une civilisation qui font sa grandeurs ou sa décadence, sa combativité, ses choix collectifs, son tempérament, ou même de son modèle fondamental (la puissance est elle le seul critère pertinent?)?
- De fond : l'Eurasie a dominé la plupart des civilisations d'après Diamond. Un ensemble aussi hétérogène est-il tout à fait pertinent? les peuples eurasiens sur l'histoire récente ont connu des fortunes diverses et tournantes (nous autres gaulois, puis gallo-romains, puis mixés avec les peuples des grandes invasions, puis challengés par les sarazins etc.).

Quoique l'on puisse contester une certaine vision déterministe, ce livre donne un éclairage étonnant sur l'histoire des hommes et les raisons qui les ont poussés à prendre les orientations qu'ils ont pris. A lire !
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4.0 étoiles sur 5 Analyse originale, 25 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
D'où viennent les inégalités entre les différentes civilisations, et en particulier, pourquoi les civilisations eurasiennes ont-elles survécu et colonisé le monde?

C'est à cette épineuse voire polémique question que tente de répondre Jared Diamond, professeur de géographie et de physiologie à UCLA, dans son ouvrage Guns, Germs and Steel paru en 1997 et dont le présent opus est la traduction française.

En synthèse, l'auteur soutient que cela n'a rien à voir avec une quelconque supériorité intellectuelle ou génétique desdites civilisations mais résulte plutôt de différences environnementales combinées à des cercles vertueux.

La théorie avancée met à mal toute idéologie partant du postulat qu'il y a plusieurs races humaines et que, parmi celles-ci, certaines sont intrinsèquement supérieures à d'autres.

Un ouvrage salutaire donc et qui devrait faire partie de tout enseignement.

Cependant, quelques points sont susceptibles de gêner le lecteur.

Sur la forme tout d'abord. Le livre est écrit à l'américaine. L'auteur part d'une assertion et décrit le cheminement logique qui y conduit. Ce mode de raisonnement induit certaines répétitions (parfois lassantes) afin de justifier la validité du raisonnement par la multiplication des situations conduisant au résultat attendu. Le lecteur est en droit également de se poser la question de l'existence ne serait-ce que d'un seul contre-exemple qui invaliderait ainsi le raisonnement.

Sur le fond, ensuite. Toutes les "démonstrations" sont basées sur un déterminisme s'articulant sur "le hasard et la nécessité". Si ce postulat a été une avancée majeure en biologie sous la plume de Jacques Monod, on est en droit de se demander si, à cette échelle, la prise en compte supplémentaire de la dimension ontologique ne serait pas d'un quelconque apport.

Il est à noter que ce travail a valu à son auteur le prix Pulitzer 1998 pour le meilleur ouvrage général de non-fiction ainsi que le Prix Aventis du meilleur livre de science.

Un documentaire en a été tiré, produit par la National Geographic Society et diffusé par Arte en 2008.

Enfin, pour quelques euros de plus, amazon.fr propose la version originale en anglais, accessible à toute personne avec un niveau de terminale, qui permettra de surcroit de rafraichir ses connaissances dans la langue de Shakespeare. Guns, Germs, and Steel: The Fates of Human Societies
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3.0 étoiles sur 5 Ouvrage riche... trop riche peut-être !, 27 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Ouvrage qui apportera à un public non spécialiste d'excellents et très nombreux éléments d'anthropologie sous ses aspects les plus divers : biologie, évolution, préhistoire, histoire, linguistique, cultures, religions, etc. Le livre pâtit cependant d'un plan un peu confus et d'assez nombreuses redites.
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5.0 étoiles sur 5 Exposé séduisant, 1 janvier 2012
Par 
Sverdlovsk - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Le but de ce livre est de répondre à la question "Pourquoi certaines sociétés sont-elles plus riches et plus avancées que d'autres?"
Jared Diamond fait un brillant exposé. Il remonte jusqu'à 10.000 ans en arrière pour revenir aux sources des inégalités des sociétés humaines. Ses connaissances lui permettent de faire appel à des disciplines universitaires très variées (histoire, écologie, zoologie, climatologie, démographie, médecine, etc...) pour avancer ses thèses.
L'exposé est passionnant, assez convainquant pour les handicaps des sociétés africaines et américaines, moins pour les Asiatiques (Chine, Proche et Moyen-Orient). L'amplitude de la démonstration laisse forcément des blancs. Le mélange de disciplines permet difficilement de discerner les éventuelles erreurs ou approximations.
Il faut cependant souligner la grande faiblesse de l'analyse des spécificités des cultures européennes. Sont ainsi passés totalement sous silence l'influence du raisonnement philosophique grec basé sur la confrontation des idées et le raisonnement argumenté, celui du christianisme et de sa vision d'un monde à construire pour parachever un projet divin, et toutes les idées de la Renaissance et des Lumières, époques assoiffées de savoir comme il y en eût peu dans l'histoire. L'Américain Diamond n'a visiblement pas les connaissances et la culture pour s'intéresser à ces facteurs humains de progrès, beaucoup moins mécaniques que ceux qu'il décrit (ressources naturelles, situation géographique, etc...).
L'ouvrage permet néanmoins d'acquérir une vision globale de l'évolution du monde humain, et donc de lire le monde moderne plus clairement. Il constitue une bonne analyse de départ, très séduisante, qu'il ne faut cependant pas à hésiter à remettre en question pour la compléter, voire la corriger... si l'élève s'avère capable de dépasser le maître.
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5.0 étoiles sur 5 Excellente traduction, 1 mai 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
J'avais tellement apprécié la version originale que j'ai offert celle-ci à ma compagne. Le traducteur a fait un excellent travail, le style reste fluide, clair... Un livre qui marque un tournant dans la compréhension des sociétés humaines pour le lecteur.
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2.0 étoiles sur 5 Un livre qui est à l'histoire humaine ce que le fast food est à la gastronomie., 20 janvier 2015
Par 
Chris René (Ile de France) - Voir tous mes commentaires
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Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
En règle générale, je ne lis guère de livres «d’opinion» sur l’histoire, parce qu'en règle générale de tels livres sont d'abord des ouvrages de manipulation mentale.
Ma préférence va aux études simplement factuelles, aussi argumentées scientifiquement que possibles et dépourvues de jugements, le tri n’étant pas toujours facile…
J’ai fini par lire un livre (en fait deux) de Jared Diamond à force d’entendre d’un côté les politiques ou les célébrités de tout bord s’en réclamer et de l’autre universitaires, anthropologistes et chercheurs sérieux émettre au mieux des réserves polies (remettre en cause Diamond, c’est prendre des risques en matière de carrière et de crédits…), mais plus souvent faire des critiques acerbes.
J’ai d’ailleurs appris que ce livre de Jared Diamond était assez couramment étudié en fac d’histoire, non pour ses qualités historiques mais pour forger l’esprit critique des étudiants, en traquant les multiples erreurs historiques de l’auteur.

Passionnée d’histoire et notamment d’histoire des techniques et des sociétés, ainsi que de botanique, «De l’inégalité parmi les sociétés» m’a paru un sujet intéressant.
Quel choc... quel malaise... quelle inquiétude également quand on pense à la notoriété de cet auteur et à son prix Pullitzer… Décidément, les grandes entreprises de manipulation des masses n’appartiennent pas au passé.

Ce livre doit se lire en deux temps, une première fois, pour comprendre que l’on puisse être ébloui par le style, mais aussi bluffé par le contenu riche et livré en « fatras » susceptible d’impressionner notamment si on est pas ou peu historien.
Indéniablement un fatras comme un hamburger dont la viande est un réassemblage de toutes sortes de morceau bons ou moins bons mixés ensemble. L’ouvrage est ensuite à reprendre à tête reposée, carnet en main, vérifiant scrupuleusement dans des publications solides et des recherches universitaires, tout ce qui, de mémoire, semble farfelu ou totalement erroné et prenant des notes au fur et à mesure.
Au final, on ne peut être qu’effondré.

Indéniablement, Jared Diamond écrit avec brio et possède une très vaste culture historique et scientifique, sans laquelle un tel ouvrage eut été impossible, mais en manière de manipulation des réalités historiques, il est difficile de faire mieux : faits faux complètement ou partiellement, omissions, interprétations, déformations, contradictions…

Pour un commentaire Amazon, il faut donc trier un peu, je ne reviendrais pas sur par exemple les erreurs historiques et les interprétations erronées relatives aux Vikings du Groënland ou à l’Ile de Pâques, cela a été fait superbement dans « Questionning Collapse », un livre qu’il y aurait urgence à traduire.

J’ai donc essayer de trier quelques questions pour garder juste un minima :

1°/Le procès en règle des Européens…
A lire Jared Diamond, on a l’impression que les Européens d’Europe (de souche) ont toujours été là, en tout cas depuis des dizaines de milliers d’années et qu’ils n’ont jamais rien inventé mais se sont bornés à copier des inventions faites par d’autres peuples dans d’autres régions du monde, notamment dans cette fameuse zone du croissant fertile et dans les steppes au nord du Caucase…
La vraie question est : qui habitait ces régions, il y a 7000 ou 8000 ans à l’époque des grandes domestications animales et végétales ? ce débat est loin d’être clos...
Il y avait indéniablement des populations sémites qui se sont dispersées ensuite dans tous le Moyen Orient et sur tous les bords de la Méditerranée.
Mais les données de la linguistique historique (recherches anciennes comme récentes) donnent aux langues indo européennes pour origine le nord Caucase et l’Anatolie d’où elles auraient commencé à se disséminer par des vagues progressives et successives s’échelonnant entre 8000 ans et -500 ans environ, atteignant peu à peu l’Europe, puis l’Inde où elles ont remplacé les populations pré-existantes notamment par les lignées masculines.
Ces populations indo européennes amenaient avec elles l’élevage, notamment du cheval probablement domestiqué dans la steppe, le travail des métaux et l’agriculture. A noter que les dernières recherches sur la domestication du blé ne situent plus celle-ci entre le Tigre et l’Euphrate mais en Anatolie.
Les recherches de paléogénétique recoupent ces données de paléolinguistique puisque l’Anatolie et le Caucase seraient également le lieu d’origine des haplogroupes humains les plus courants en Europe actuellement. Ces populations se seraient en grande partie substituées aux populations Européennes paléolithiques et mésolithiques, une petite partie ayant été assimilée par métissage, notamment via les lignées féminines.
Alors les Européens, descendants de minables copieurs ou descendants de géniaux inventeurs ? beaucoup de données font pencher du côté des géniaux inventeurs…
A consulter le très sérieux site « Eupedia » qui fait des points réguliers, accessibles même au non-scientifiques sur l’état des recherches en matière de génétiques des populations humaines et de paléo-génétique ou le très bon livre très récent de Jean Chaline, biologiste et directeur de recherches au CNRS : Généalogie et génétique.
Et lire également à ce sujet une « vrai » historienne, Jean Manco : Ancestral Journeys: The Peopling of Europe from the First Venturers to the Vikings ou pour ceux versés dans la linguistique historique, David W Anthony : The horse, the wheel and language (how bronze-age riders from the eurasian steppes shaped the modern world).

2°/Disparition des mammouths, responsabilité totale de l’homo sapiens ou partielle ?
Sur notre responsabilité dans le massacre des mammouths, rhinocéros laineux et autres, d’une manière générale, j’ai tendance à adhérer aux idées de Théodore Monod qui faisait de l’espèce humaine la 6ème catastrophe, c’est à dire qu’il considérait, avec une certaine lucidité, que notre espèce était en train de provoquer la 6ème extinction massive des espèces vivantes depuis le début de l’ère primaire.
Maintenant, Jared Diamond va largement trop vite quand à ses conclusions, certes l’homo sapiens moderne a sans doute donné le coup de grâce aux mammouths et rhinocéros laineux mais les modifications climatiques intervenues au début de l’holocène ont sans doute joué LE rôle majeur.
Il suffit de prendre une carte donnant les couvertures végétales en Eurasie à la fin du mésolithique pour se rendre compte que les fameuses steppes à mammouth (et autres) couvraient entre 1/3 et 1/4 de la superficie du continent, s’étendant de l’Atlantique aux confins de ce qui allait devenir la Chine et la Sibérie. Dès le début de l’holocène, le climat change rapidement et ces steppes sont réduites de façon drastique à 5 ou 10% de ce qu’elles étaient, soit un changement écologique vertigineux. Les nouveaux couverts végétaux se révèlent impropres à l’alimentation assez exclusive des mammouths (et consorts...). Donc la responsabilité humaine est sans doute à nuancer...

3°/Deux mots sur les plantes :
Sans entrer dans la question de la domestication de toutes les plantes, dans «Comment faire une amande», on apprend, que confrontés à l’amertume des glands du chêne, nous n’avons pas été capables de domestiquer cette source de nourriture ??? M. Diamond, qui est américain, ignore vraisemblablement l’importance de la «glandée» dans les civilisations agricoles traditionnelles de l’ouest de l’Europe. Certes les Européens ont peu mangé les glands du chêne (sauf dans certaines régions du sud de l’Europe) mais ce fut, pour ces derniers millénaires, une très précieuse source d’alimentation pour nos troupeaux de porcs, (avec les faînes de hêtre). Quasiment pas une charte de commune du Moyen Age sans que cette question ne soit sérieusement réglementée... Encore aujourd’hui, certaines régions d’Europe font du porc nourri spécifiquement aux glands de chêne, une spécialité...
Dans ce chapitre, rien non plus sur le très précieux châtaignier qui fut si fondamental dans l’alimentation des populations d’une partie du sud de l’Europe. Ca ne devait pas rentrer dans les schémas de Jared Diamond...
Même chapitre, la sélection récente des «grosses fraises» grâce à l’invention de filets pour protéger les récoltes des oiseaux est tout simplement grotesque. Outre le fait que l’on sait faire des filets sans doute depuis le paléolithique final, le plus basique des livres d’agronomie explique que la petite fraise des bois Européenne a subitement grossit à la Renaissance puis au XIXème siècle en raison de croisements avec des variétés de grosses fraises ramenées d’abord d’Europe de l’Est puis de Virginie et du Chili…

4°/Des espèces domesticables ou des sociétés ayant mené un travail de longue haleine pour domestiquer des animaux ?
La domestication, dans un méli-mélo des plus confus, on retient que nous européens avons été immensément chanceux car nous étions entourés d’animaux domesticables ??? Jared Diamond semble oublier que la domestication est souvent un processus sélectif très lent. Il y a fort à parier que les chevaux ancestraux étaient aussi rétifs et imprévisibles que les zèbres, et il ne fait pas de doute que c’est une sélection répétées sur des centaines voir des milliers d’années des animaux les plus dociles qui ont donné les chevaux actuels.
Idem pour les antilopes ou les gazelles qu’il serait impossible d’enfermer ! Comme si les ancêtres de nos chèvres, de nos moutons ou des rennes Lapons s’étaient jetés spontanément dans des enclos. Il fallu également sans aucun doute un long processus de sélection avant d’aboutir à des chèvres, des moutons ou des rennes coopératifs…
A noter que les diverses variétés d’antilopes Africaine sautent en moyenne aux alentours de 2m, une seule antilope atteint des sauts de 4m de haut, c’est la célèbre «Springbok» et non pas 9m comme l’affirme Diamond.
Et n’oublions pas que les chèvres domestiquées Européennes peuvent tout de même faire des sauts de 1m20 ou 1m30. On met en général des grillages de 1m40, en principe enterrés sur 20cm car elles ont également du talent pour passer en dessous.
Certes le grillage est une invention récente... mais autrefois dans les campagnes françaises, on fabriquait des enclos de haies en entaillant les jeunes pousses de diverses espèces d’arbres et d’arbustes et en les faisant plier dans un sens ou dans un autre de sorte à créer des treillis croisés de branches. Ce savoir qui semble remonter au moins à la haute Antiquité était un long travail repris tous les ans et il fallait pouvoir se projeter au moins dans les 10 ans à venir, le temps que la haie soit suffisamment épaisse et haute.
D’autre part, laissez repartir en liberté des chevaux et en une deux générations, vous verrez si vous pouvez encore les approcher ou les atteler ou les monter. Quand aux mouflons de Corse et des Alpes, ils descendent de moutons domestiqués retournés à l’état sauvage.
Lire sur toutes ces questions, Jean Denis Vigne, l’historien de l’élevage…

Que dire des éléphants ? L’éléphant d’Afrique fut autrefois domestiqué par les Carthaginois qui en faisait un animal de transport et de guerre. Il fut à nouveau domestiqué au Congo Belge dans les années 1930 à 1960, grâce au savoir de coolies que l’on avait fait venir d’Inde. Après l’indépendance, livrés à eux-mêmes ces éléphants retournèrent à l’état sauvage. Une nouvelle expérience de domestication est en cours dans le parc Kruger en Afrique du Sud pour leur faire transporter des touristes.

5°/Un exemple de surprenant raccourci historique, l’Afrique du Sud :
Page 600, les blancs d’Afrique du sud se heurtent aux Xhosas au niveau de la Great Fish River en 1702, s’ensuivraient 175 ans de combat acharnés et 9 guerres aux cours desquelles bien que ravitaillés depuis leur base du Cap, les blancs d’Afrique ne progressent que de 1,6 km par an ???!!!
Bon résumons, cela fait 280 km. Je ne suis pas une spécialiste de l’Afrique du Sud mais cela ne cadrait pas avec mes souvenirs de l’histoire de ce pays. Donc je me suis replongée dans les livres.
En réalité, en 1702, il y avait à peine 1700 blancs (Hollandais, Français, Allemands) dans le petit comptoir du Cap, car il s’agissait bien d’un comptoir de la Compagnie Hollandaise des Indes dont la seule et unique fonction était le ravitaillement alimentaire des bateaux de cette compagnie sur la route des Indes. Les limites de ce comptoir vers 1710 se situent à peu près 800 km au sud ouest de la Great Fish River. La compagnie n’avait aucune velléité d’expansion territoriale, ce qui lui aurait coûté financièrement, or son seul souci était de s’enrichir par le commerce des épices avec Java.
La Great Fish River est atteinte vers 1778 (juste une erreur de 76 ans !) aucunement par une armée de «blancs» organisés et ravitaillés par le Cap mais par quelques milliers de colons Boers « rebelles » montés vers le nord et le nord-est justement pour se soustraire au gouvernement du Cap qui les empêchait entre autres de s’établir comme ils le souhaitent sur des nouveaux territoires.
Il y aura 3 guerres ou plutôt guérillas faites d’escarmouches entre des petits groupes, sans résultats notables jusqu’à ce qu’en 1811, les Britanniques, nouveaux maîtres de la colonie du Cap ne s’en mêlent en envoyant effectivement un véritable armée soutenue par une réelle base arrière (juste une erreur de 109 ans !).
Entre temps, les Boers, qui menaient une guerre sur deux fronts, contre les Anglais et contre les tribus Bantous avaient fondé dès 1852 la république libre du Transvaal dans la partie nord est de l’Afrique du Sud. A noter que la frontière nord de cette république se situait à environ 1100 km au nord est de la Great Fish River... On ne sait absolument pas d’où Jared Diamond sort ses 280 km en 175 ans...
Et au demeurant, cette histoire racontée par Jared Diamond comme une guerre entre blancs et noirs fut bien plus compliquée que cela puisque les blancs se battirent passablement entre eux, les noirs également puisqu’ils étaient en plein «mfecane», blancs et noirs s’allièrent souvent contre d’autres blancs et noirs et n’oublions pas les «bastards» qui « roulèrent » pour l’un, pou l’autre et pour eux selon les circonstances. On est à des années-lumières des assertions de Jared Diamond.

6°/La chine oubliée parce qu’inadaptée à la démonstration………
Dernier point qui m’a interpellé profondément, sur 641 pages, Jared Diamond consacre seulement un chapitre à proprement parler à La Chine, le chapitre 16 de la page 485 à 501. Ces maigres pages sont consacrés à la description rapide des langues et peuples de la Chine et se veut un abrégé pour le moins succinct de son histoire. On aimerait comprendre comment un peuple bénéficiant de tant de ressources naturelles et d’une technologie qui fut constamment très en avance de l’Occident, sauf pour les quelques derniers siècles, n’a pas conquis le monde ? Lire au sujet de l’histoire des sciences et de la technologie Chinoise le passionnant Joseph Needham, on ne peut pas faire mieux !

Pas un mot sur l’aventure du grand amiral, Zheng He, qui s’élança sur les mers du Pacifique en 1405 avec une flotte d’une centaine de bateaux dont les plus grands faisait au moins 5 ou 6 fois la taille de la Santa Maria et dont la technologie, (caissons étanches, voiles à armatures de bambous, navires-jardins spécialisés pour la culture de pousse de soja contre le scorbut …) laisse pantois. Son aventure fut interrompue uniquement pour des causes politiques et idéologiques en 1433, juste de quoi nous souvenir que l’histoire des peuples est aussi (et sans doute en tout premier lieu…) fait de choix idéologiques et d’évènements politiques.
Evidemment, on se retrouve avec une histoire absolument incasable dans les schémas démonstratifs du « comment s’est fait l’histoire du monde » vus par Jared Diamond, alors rideau…
Rideau aussi sur l’histoire récente, où comment 50 ans de communisme ruinèrent la Chine sans compter un coût humain faramineux, sans doute 30 millions de morts pour le seul grand bon en avant.

Je conclurais ce commentaire déjà bien long par un contrexemple :
L’Islande : une île au climat à peine plus clément que les côtes ouest du Groenland où vivaient les Vikings, une terre secouée tous les 10 ans, voir plus souvent, de tremblements de terres, d’éruptions volcaniques, rapidement déboisée dès les premières années de la conquête, dont les sols sont essentiellement des déserts de sable, de glaces ou de débris volcaniques, bref une terre où l’adaptation de ceux qui s’y sont installés, avec des moyens rudimentaires, a été époustouflante.
Les 300 000 Islandais actuels descendent d’une petite population fondatrice de quelques milliers de personnes arrivés au IX-Xème siècle, installée avec des moyens rudimentaires, qui a survécu au refroidissement climatique du XIVème siècle, traversé le mini âge glacière du XVIIème siècle, survécu à la peste bubonique, à la variole, à la terrible explosion du Laki en 1783, au refroidissement climatique des années 1880, à l’immigration sur le continent américain d’une partie de sa population... à la crise économique de 2008. C’est un des pays les plus riches et les plus modernes du monde. A méditer...
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 des pistes de reflexions, 13 mars 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Livre majeur a avoir lu.
une etoile en moins pour prevenir ceux qui ont deja des bases: dans un souci pedagogique Diamond fait souvent des recapitulatifs, ca plombe un peu l'ensemble en le rendant repetitif.

Mais tres erudit, tres, tres interessant, ouvre d'excellentes pistes de reflexions.
A mon sens un incontournable.
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2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A lire et relire, 5 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Un livre qui reponds a beaucoup de questions mais en pose beaucoup.

J'ai lu ce livre en anglais deux fois ce qui m'arrive rarement pour un livre.

jared Diamond embrasse une multitude de sujets. Son enthousiasme est contagieux.
Il essaie d'apporter une reponse simple a la question de l'inegalite.
Ayant un grand interet pour la science et l'histoire, ce livre fait merveille.

L'auteur a aussi le soin d'expliquer de multiples notions et concepts scientifique comme par exemple la dendrochronologie, la paleobotanique, etc. sans se montrer rebarbatif.

A lire pour toute personne de pres ou de loin interesse par la science, l'histoire et notre humanite.
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5.0 étoiles sur 5 Un livre qui fait grandir, 16 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
C'est un ouvrage très riche en faits scientifiques mais la présentation de l'auteur est très pédagogue. J'ai donc parcouru le livre chapitre après chapitre avec toujours la même curiosité et soif d'en apprendre un peu plus sur l'histoire des civilisations.

Ce livre apporte un regard très impartial sur des sujets trop souvent instrumentalisés et permet de mieux comprendre tout ce que l'Homme a accompli/subit/et malheureusement détruit depuis le début de son existence.

Saviez-vous par exemple que jusqu'au milieu du XXe siècle, les populations des villes occidentales et leurs problèmes sanitaires dépendaient complètement de l'exode rurale pour se renouveler et augmenter en nombre ?
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5.0 étoiles sur 5 Un must-have, 20 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire (Broché)
Jared Diamond explique en un peu plus de 600 pages les "causes des causes" de l'histoire humaine. Le livre est complet et extrêmement intéressant, des anecdotes drôles et inattendues appuient les paragraphes plus scientifiques et conceptuels. Vous vous êtes probablement posé la question "Pourquoi donc les Européens ont ils débarqué en Afrique et pas les Africains en Europe?" , le livre y apporte la réponse la plus complète et scientifique possible.
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De l'inégalité parmi les sociétés: Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire
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