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19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Subtil, 14 mai 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour conjugal (Poche)
Un roman de grande qualité litteraire et surtout très subtil dans une description faussement simple des rapports homme - femme.Un homme Silvio, aime sa femme, Léda. Il la dépeint comme belle et sensuelle mais ne manque pas de noter des états spasmodiques dans son comportements et pour lesquels il ne peut vraiment expliquer l'origine. Ils se retirent dans une maison de campagne et il veut écrire un livre. Seule l'abstinence de leurs relations lui permettra de mener à bien son travail. Abstinence qui sera un pretexte pour la femme de s'éloigner de son mari et de le tromper avec un barbier coureur de jupons et veule.
Ce roman décrit surtout les sentiments de Silvio et c'est à travers lui que nous "entendrons" sa femme.. mais son amour égoiste, aveugle l'empêchera de voir que son couple ne fonctionne plus. C'est toute la finesse de leur discussions exprimées de son point de vue à lui, des sentiments unilatéraux de Silvio qui créent un contraste, une superficialité dans leur façon de s'aimer et qui établissent ainsi la subtilité du roman.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'amour conjugal, 29 novembre 2011
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour conjugal (Poche)
Alors que l'automne tire ses dernières cartouches avant que l'hiver ne nous achève, partons faire un tour du côté de la Toscane, en 1949, date à laquelle Alberto Moravia publie 'L'amour conjugal', dissection en parallèle du couple et de la création littéraire. Silvio, le narrateur, a épousé Léda et nourrit de sérieuses ambitions littéraires : simple critique, il se rêve auteur. Silvio se persuadant que la création doit s'affranchir de son attachement physique à Léda, un pacte sera donc noué : bien que retirés tous deux dans une grande bâtisse de Toscane, Silvio et Léda feront chambre à part le temps que le premier finisse son œuvre. Laquelle semble avancer à grand pas. Soudainement, Léda s'en prend à Silvio : son barbier, Antonio, aurait profité d'une coupe de cheveux pour tenter d'abuser d'elle. La suite' lors de votre lecture, bien entendu..

'L'Amour Conjugal' ou l'histoire d'un couple imparfait : une passion qui cède parfois la place à une 'bonne volonté' blessant l'ego ; deux personnages friables, faillibles, malgré l'apparente force liée à leur position sociale ou à la dureté potentielle de leur regard. Une rencontre et une destinée tracés pour l'un, une intermittence des comportements pour l'autre ; une sincérité jamais (ou presque) démentie pour les deux. On ne peut dire, et c'est une des forces du roman, que le casting de départ était idyllique ; on ne peut dire pour autant, et c'est également une force, que le ver était, dès l'origine, dans le fruit. Non plus. Tant mieux.

L'œuvre se construit, peu à peu, entre littérature et sentiments, entre aveuglement et révélation, comme si finalement, l'amour conjugal, radeau frêle ou salvateur ballotté par les contextes, était une question de perception. Tordant avec bonheur le cou aux figures imposées de l'amour-passion ou de l'amour-soutien, Moravia met le doigt (et l'enfonce) sur un amour égoïste tributaire de l'amour-propre de chacune de ses parties. Tordant le cou à une bourgeoisie sûre d'elle-même (Silvio serait-il une relique d'une bourgeoisie comtienne de l'avant 1914 aux prétentions artistiques ?) et incapable, même dans l'intimité de la vie conjugale, d'accepter que cette dernière soit bel et bien un organisme vivant et non une nature morte.

Pour autant, on ne saurait tresser des lauriers à l'auteur sans critiquer une certaine complaisance envers sa propre intelligence. Délaissant de manière coupable sa dramaturgie en plein milieu du roman, il le laisse faire du surplace et néglige d'incarner les atermoiements de son personnage principal dans des actes. Il préfère alors se réfugier dans un registre didactique au risque de la répétition : ces chapitres parfois brillants, parfois patauds semblent ne contenter qu'un auteur soucieux de bien faire comprendre son propos, quitte à le désenchanter et/ou ôter une partie du plaisir de la lecture. Alors oui, on peut également (une fois la lecture achevée) voir dans ces incartades le reflet de l'enfermement de Silvio dans son rôle du 'Silvio qui peut (et veut) tout comprendre et rationaliser'. Mais il n'empêche que cela nuit à la fluidité de l'œuvre ; du moins est-ce l'avis de l'humble auteur de cette chronique.

Ce n'est qu'après le deuxième tiers que le récit retrouve de son allant et que les qualités de conteur de Moravia s'épanchent à nouveau dans un terrain d'expression qui leur est plus favorable. Reprenant les rênes de l'action, on y voit que l'ego littéraire déçu et déchu de Silvio se double de la déconstruction de l'image d'une Léda évanescente, ailleurs ; la déconstruction de la 'Léda selon Silvio' pour enfin voir émerger Léda, la femme qui agit et qui n'est plus expliquée. Car c'est en réalité la montée en vitalité, en incarnation de Léda qui est l'élément majeur de l'œuvre ; de simple objet littéraire dépeint comme une nature morte par son (wanna-be ?)auteur de mari (et l'auteur du roman), de sorte de muse aux humeurs changeantes, elle devient sujet d'action, être humain de chair, de boue et de sang. La mise en abyme devient défavorable au créateur que se veut Silvio alors qu'émerge la suprématie de l'humain, du vécu sur la machinerie rationnelle : Silvio serait-il une sorte de Jean de Florette qui aurait troqué ses théories sur les lapins pour celles sur les êtres, les hommes, les femmes et le couple ? Il reste donc beaucoup à apprendre.

C'est donc sur cette critique de la connaissance a priori que s'achève cette œuvre, qui, sans être la meilleure de son auteur, constitue néanmoins une excellente introduction ' à la fois courte, facile d'accès et élégante ' à son univers ainsi qu'une critique solide d'une bourgeoisie compassée.

T.M.
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une construction parfaite, 25 juillet 2002
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour conjugal (Poche)
Tant la construction de l'intrigue que celle des personnages revelent une maitrise parfaite non seulement du roman mais aussi de la psychologie des etres et de la difficulte de vivre a deux.
Une lecon dans l'apprentissage de l'autre mais aussi de soi-meme.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Il faut d'abord que je parle de ma femme.", 29 décembre 2011
Par 
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour conjugal (Poche)
c'est une histoire assez simple qu'en aux faits mais beaucoup plus nuancée et subtile grâce au talent de conteur du grand Moravia ; Silvio et Léda sont mari et femme pour le pire et le meilleur "Elle avait à peu près mon âge et il me sembla que sous bien des aspects ma vie ressemblait à la sienne. En réalité, il n'y avait qu'une similitude très superficielle qui se limitait au fait qu'elle était comme moi riche et oisive, qu'elle vivait dans le même milieu et de la même manière ; mais avec mon habituel enthousiasme éphémère, il me sembla que c'était là une chose immense et que j'avais trouvé l'âme soeur." ils nourrissent une véritable passion l'un pour l'autre, Silvio qui avait commis quelques nouvelles il y a de nombreuses années en lit une à sa femme qui la trouve très bonne et lui conjure de s'y remettre puisqu'il possède un véritable talent littéraire, il accepte, ils se rendent dans leur villa en Toscane isolée et confortable afin qu'il puisse écrire son livre, après des débuts arides et infertiles, il veut même renoncer à écrire "Peut-être aurais-je délaissé mon travail, l'amour que je nourrissais pour ma femme suffisant à mon bonheur, si elle même ne m'avait pas incité à y persévérer. Il ne se passait pas de jour qu'elle demandât avec une sollicitude affectueuse et exigeante comment allait mon travail (...)" mais elle le persuade d'insister "Et puis, il te faut travailler comme tout le monde ; tu peux pas vivre ainsi en oisif, te contentant de faire l'amour avec moi... Tu dois devenir quelqu'un." il comprend qu'il doit cesser de faire l'amour à Léda le soir afin de garder tout son influx créateur pour ses matinées d'écriture Et ça marche, les pages se remplissent, il croit véritablement écrire un chef d'oeuvre qui s'intitule "L'amour conjugal" fortement inspiré de son couple idéal ; tous les jours vers midi il fait venir un barbier pour le raser, un sicilien d'apparence ignoble mais apparemment probe, quand il coiffe Léda, elle revient effarée par des gestes supposés indélicats du barbier et elle demande à Silvio de le renvoyer de suite, égoïstement il refusera Et la première fissure dans leur bonheur sans tâches apparaîtra... il termine son roman, il le relit pour le dactylographier et se rend compte de sa médiocrité "Il apparaît donc que l'auteur s'est exprimé dans son livre tel qu'il était : un homme privé de sens créateur, velléitaire, intentionnel, stérile. Le livre est le fidèle miroir de cet homme." Et lors de cette nuit de désespoir sa vie en sera changée "(...)car cette nuit seule m'avait appris plus de choses sur moi-même que toutes les autres années de ma vie. Cette pensée me calma.(...)".... Je vous laisserai découvrir le dénouement des plus humain de ce roman ; Moravia une fois encore se révèle un immense romancier qui nous subjugue par ses canevas si proches de la réalité sur les êtres humains, sur la difficulté de communiquer entre les êtres (particulièrement -forcément- entre un homme et une femme) grâce à sa prose fluide, fouillée et tellement imagée. Je le conseille.
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L'Amour conjugal
L'Amour conjugal de Alberto Moravia (Poche - 16 novembre 1972)
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