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Je ne lis quasi pas de romans historiques ; je leur préfère les romans dans l’Histoire, ceux qui ont été écrits alors qu’elle était en train de se faire. Probablement parce que j’estime que le rôle de l’art est de montrer, pas même d’expliquer, juste montrer le monde dans lequel il se fait. Interrogé par un journaliste en 2012 sur la légitimité des artistes invités sur le plateau de Ce Soir Ou Jamais ! à parler de l’actualité, Frédéric Taddeï répondit ceci : « Légitimité ? C’est un mot qui n’existe pas. Qui est légitime ? Un économiste serait légitime pour parler d’économie, mais un artiste ne le serait pas… c’est un gag ! Prenons un exemple : la crise de 1929 ; à votre avis, qui dit les choses les plus intéressantes sur la crise économique ? Le chroniqueur économique du San Francisco Examiner, ou Charlie Chaplin ? » Personnellement, je réponds : Charlie Chaplin, et je retourne regarder Les Temps modernes. C’est pour cette raison aussi que je lis peu d’essais sur les époques récentes qui m’intéressent ; je leur préfère les romans qui leur sont contemporains, avec leurs mensonges, leurs arrangements avec le réel, leur fiction en fait, certes, mais avec un point de vue spécifique, parfois plus terrien que celui d’une prose universitaire rédigée des décennies ou des siècles plus tard.

D’où le goût pour l’œuvre de Hans Fallada, auteur allemand ayant vécu les années les plus sombres de son pays (né en 1893, il décède en 1947) et ayant écrit une trentaine de romans, dont quelques-uns sont traduits en français. J’avais déjà été sidéré par Seul dans Berlin, roman sur la vie d’une famille ouvrière sous la botte nazie durant la Seconde Guerre mondiale : il y a le blabla sur l’Allemagne nazie, puis il y a ce roman, qui laisse des marques durables chez ceux qui le lisent ; si la période historique intéresse quelqu’un, qu’il le lise, au risque de n’en pas sortir indemne et voir ses convictions sur l’Allemagne sous le nazisme chamboulées. Et tant pis si l’on sait que ce roman fut rédigé en 1947 à partir de dossiers de la Gestapo, sur la demande expresse du futur ministre de la culture de la RDA – cela aussi fait partie de sa vérité historique.

Quinze ans auparavant, Fallada écrivait Quoi de neuf, petit homme ?, dont son éditeur français indique qu’il s’agit d’un des chefs-d’œuvre de la littérature allemande d’avant-guerre – c’est en tout cas un roman bien ficelé offrant une vue en coupe de la société allemande juste avant l’avènement d’Hitler au pouvoir : une société qui se débat dans un marasme économique grave sans que l’espoir et les sentiments en soient éradiqués, malgré les troubles fomentés par les partis nazi et communiste.

L’histoire est celle de deux jeunes gens, Johannes Pinneberg et Emma Mörschel, mariés suite à une grossesse non voulue (le chapitre d’ouverture, chez le gynécologue, est d’anthologie), mais trouvant dans ce mariage et cette grossesse des raisons de s’aimer davantage. Cet amour est pourtant mis à rude épreuve, à commencer par celle de l’emploi à conserver par Johannes, petit employé, dans un magasin de confection. Cette inquiétude traverse tout le roman, incitant Emma à cette réflexion toujours d’actualité, alors qu’un autre employé est menacé de licenciement : « On s’en fiche de savoir s’il vend vraiment moins et s’il est aussi vraiment moins bon que les autres, c’est qui ces gens qui, à cause de ça, dépouillent une personne de tout revenu, et de tout travail, et de toute joie de vivre ?! Est-ce que les plus faibles ne sont plus rien du tout ? Estimer une personne au nombre de pantalons qu’il peut vendre ! » L’absurdité du capitalisme est ainsi énoncée, et redoublée de pages dignes de Kafka sur l’administration et ses chicaneries lorsque naît le petit Horst.

Dans ce petit peuple allemand paupérisé, qui vit dans la crainte de tomber à la rue mais qui voit d’autres Allemands s’enrichir et vivre sur un grand pied, on assiste aussi, en filigrane, à la montée du nazisme en tant que force politique et syndicale – mais ce n’est qu’un thème sous-jacent, de même qu’un antisémitisme larvé omniprésent que Fallada n’associe pas au nazisme : il est présent dans la société, c’est tout. C’est d’ailleurs là la grande force de ce roman sur l’Allemagne de 1932 : il ne juge rien, ne joue pas au prophète ; il montre, c’est tout, avec un réel talent littéraire (voir le chapitre sur la séance de cinéma, où l’on sent l’écrivain désireux de confronter son art narratif à celui de ce nouveau média, plutôt senti comme complément que comme concurrent) et d’occasionnelles pointes humoristiques.

Au total, un grand roman sur de petites gens, dont toute la force réside dans sa capacité à montrer sans jamais chercher à démontrer.
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le 5 avril 2011
Des millions de lecteurs se sont reconnus dans ce récit de Fallada.C'est que chaque mot sonne juste. L'auteur connaît le milieu qu'il nous dépeint,celui des anonymes,des gens de condition modeste avec leur langage,leur mentalité,leurs craintes et leurs espoirs. En pleine crise économique, il s'agit pour Pinneberg et sa femme Lämmchen avant tout de survivre dans une société où des partis politiques luttent pour le pouvoir à coup de slogans et de promesses.Or ce couple attachant traverse les épreuves,surmonte les difficultés grâce à cet amour chaleureux et solidaire qu'a si bien su exprimer Fallada.
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le 4 octobre 2009
Très bel ouvrage de Fallada sur l'existence et ses multiples difficultés! Deux personnages attachants qui vont devoir se battre au quotidien pour s'en sortir financièrement dans l'Allemagne de Weimar. Entre crise économique et sociale, montée du nazisme, misère ouvrière au jour le jour et menace permanente de se retrouver sans emploi, ce jeune couple devra assumer la naissance imprévue d'un enfant, se battre pour vivre leur amour simple et survivre dans une société grise et à priori sans avenir...
Un ouvrage bouleversant et intimiste!
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le 30 janvier 2011
Une vie simple. Des gens honnêtes. Et même dans la plus profonde misère, la dignité gardée intacte. Un ouvrage inspirant et plein de portes ouvertes sur l'espoir malgré tout.
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le 10 décembre 2012
Un bon livre, bien écrit et qui nous transporte dans cette république de Weimar où l'on sent poindre l'atmosphère propice à l’avènement du cauchemar...
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le 19 avril 2013
un roman très noir....imparfait,parfois même dérangeant de simplicité et de (trop)bons sentiments.la survie d'un jeune couple dans la république de Weimar et la longue descente aux enfer d'un homme....Pauvreté et déchéance mais sauvé par l'amour d'une femme.... Poignant....
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le 5 septembre 2013
J'ai lu en allemand ce très beau livre de Fallada. Voulant l'offrir à une personne qui ne sait pas l'allemand, j'ai cherché, et trouvé, deux traductions. La première ("Et puis maintenant?"), qui date des années 30, comporte des coupures importantes - à l'époque, c'était une exigence des éditeurs. Dans la seconde, celle qui est disponible, les deux erreurs du titre sont tout de même bien regrettables. D'abord, "petit homme" ne rend pas le contenu de l'allemand "kleiner Mann" - mais admettons. Le plus grave, c'est que l'autre partie du titre, "was nun?", fait explicitement référence à l'avenir qui attend les deux personnages et leur enfant. Or la question "quoi de neuf" porte sur le passé, ce qui change radicalement la perspective. Le titre choisi par Fallada annonce l'incertitude et l'inquiétude qui dominent la fin ouverte du roman.
Quant aux surnoms choisis pour les personnages, ils sont assez inadaptés, en particulier "Le Môme" pour Pinneberg. Et "Bichette" fait toujours un peu penser à de Funès. Reste le "Mouflet", à la rigueur, bien que les connotations et les emplois de "Murkel" et de "Mouflet" soient différents.
Entre une traduction incomplète et celle-là, il est bien difficile de se décider.
Reste que c'est un très beau livre.
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