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100 PREMIERS RÉVISEURSle 11 octobre 2012
Kessel est l'auteur de grands classiques. Cette histoire écrite dans les années 1920 n'a pas pris une ride tant les personnages sont denses, modernes et le style d'écriture très rythmé et soutenu. J'ai lu ce livre, il y a trente ans - à 15 ans- j'étais peut-être un peu trop jeune pour cette lecture imposée par le programme scolaire mais à 45 ans ce fut une heureuse redécouverte. De plus le milieu de l'aviation d'observation durant la GG étant très bien rendu- Kessel est un ancien combattant de l'air- ce fut un plus pour moi qui suis « passionné » par cette époque.
33 commentaires5 sur 5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
L'héroïsme des pilotes et observateurs de chasse pendant la première guerre mondiale est bien présenté par l'auteur qui fut lui-même pilote de guerre, pendant ce conflit. La trahison de sentiments, toujours si vivement dépeints dans l'oeuvre de Kessel (ex" Le Bataillon du ciel") confère la tonalité tragique à cette histoire de guerre.
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le 30 octobre 2005
Je confirme le commentaire précédent. Ce livre (très court) se lit d'une traite... l'histoire est passionnante, le style superbe (comme toujours chez Kessel)... la fin du roman est très émouvante aussi...
0Commentaire8 sur 9 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Niveau de classe 3e-2e récit catégorie historique tragédie Titre L'équipage

Présentation Dans ce roman inspiré de l'expérience et la vie de Kessel, on suit Jean Herbillon, fraîche recrue de l'escadrille de Jonchery, impatient d'en découdre et de s'illustrer par des actes héroïques. Il laisse derrière lui sa maîtresse, Denise. Son arrivée dans l'escadrille du capitaine Thélis va être marquée par la découverte du frisson du vol, l'ombre de la peur, les amitiés tragiques. Il rencontre ainsi parmi les membres de l'équipage, Claude Maury, le mari de Denise.

Commentaire Un livre qui met en avant tout à la fois l'héroïsme et les doutes du personnage principal. Très réaliste par moments, l'ouvrage illustre la formation du héros, Jean Herbillon, en proie à un conflit intérieur : son amitié pour Claude Maury et sa passion pour Denise.
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le 17 mars 2013
En finalement peu de pages, Joseph Kessel crée une oeuvre splendide, inspirée par sa propre expérience. Éloge de l'amitié, de l'honneur et de la loyauté, éloge aussi d'une certaine folie mais éloge de la vie surtout. Pas de la vie à n'importe quel prix mais au contraire de la vie qui a du prix parce qu'on refuse de la brader et qu'alors on est prêt à mourir pour ne pas vivre n'importe quelle vie. Un immense roman qui a fait connaître Kessel et qui confirmera par la suite, à travers une oeuvre très dense et très forte, tout le talent qui éclate dans "L'équipage".
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le 14 octobre 2014
très bon livre, du bon kessel, je l'ai lu en une journée. Un hymne à ces hommes courageux qui se sont battus pour la France et une rivalité amoureuse amicale et désespérée entre les deux protagonistes du roman
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le 9 juillet 2015
Tout d'abord, un roman de Kessel se lit facilement et toujours avec plaisir. Dans celui-là, l'atmosphère qui devait régner à l'époque sur les terrains d'aviation est très bien décrite et l'on sent bien que l'auteur les a fréquenté. Personnellement, pratiquant l'ULM et passionné d'aviation, je suis toujours étonné et incrédule de ce que ces jeunes hommes pouvaient faire sur ces avions en bois et toile, au moteur peu fiable, sans parachute et même par mauvais temps. Un brin de nostalgie dans notre civilisation hyper sécurisée..
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le 11 janvier 2015
Bon roman traitant de la première guerre mondiale, la camaraderie et l'amour. Le style m'a plut pas trop de digression poétique.
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Un roman ayant pour cadre la Première Guerre mondiale : L’Equipage, publié en 1923 et premier succès littéraire rencontré par Joseph Kessel (1898-1979), a pour base narrative l’expérience militaire de son auteur, engagé volontaire dès l’âge de dix-huit ans dans l’armée et très vite échu dans l’aviation ; en fouinant de-ci, de-là, on peut même apprendre que le capitaine d’escadrille fictif du roman est en fait un décalque de celui, bien réel, que connut Kessel.

En lisant ce roman, on peut donc en quelque sorte voir la Première Guerre mondiale de haut, loin des tranchées, loin des barbelés, loin de la vie des « rampants », surnom peu flatteur donné aux soldats au sol par les aviateurs. C’est une autre guerre, faite d’attente surtout, de craintes météorologiques, d’exploits inouïs avec des engins encore jamais expérimentés dans le cadre d’un conflit et en progression technique très rapide : un biplace français se fait ainsi prendre en chasse par des monoplaces allemands, plus légers et donc plus rapides, pour une course haletante dont le lecteur ressent tout le suspens. Il est aussi saisissant de se rendre compte que ces engins étaient fragiles au point qu’une balle tirée du sol pouvait tuer le pilote ; de comprendre la nature exacte de ces missions d’observation souvent évoquées dans d’autres romans (un hublot dans le sol du cockpit permettait de prendre des photos) ; de prendre conscience que monter dans ces engins ne se fait que bien protégé contre le froid ; bref, d’avoir un témoignage romanesque (c’est-à-dire travaillé par l’écriture, le désir de dire quelque chose sur l’humain) de première main sur le rôle de l’aviation française durant la Première Guerre mondiale.

Dans ce cadre guerrier, Herbillon, une jeune recrue, et Maury, un officier peinant à se faire accepter de l’escadrille, forment un équipage, « pas simplement deux hommes accomplissant les mêmes missions, soumis aux mêmes et recueillant les mêmes récompenses. Ils étaient une unité morale, une cellule à deux cœurs, deux instincts que gouvernait un rythme pareil. La cohésion ne cessait point hors des carlingues. Elle se prolongeait en subtiles antennes, par la vertu d’une accoutumance indélébile à se mieux observer et se mieux connaître. Ils n’avaient fait que s’aimer ; ils se complétèrent. »

Cette belle amitié virile va malheureusement connaître un bémol majeur : durant une permission à Paris, Herbillon va s’apercevoir que celle qui est sa maîtresse et qui se prénomme Hélène dans leur intimité, s’appelle en fait Denise Maury pour l’état civil… A partir de là, le roman, écrit majoritairement du point de vue du jeune Herbillon, brode, sur la trame de la vie d’une escadrille, une histoire de triangle amoureux sur laquelle se reflète le double visage d’une femme : les petits mensonges, les évitements, les silences, les doutes et les soupçons, et pourtant la volonté de préserver l’amitié sans perdre de vue la situation globale ; on est en guerre, et l’amour d’une femme n’y peut rien changer.

Cette guerre, l’occasion de « jouer aux héros » selon Hélène/Denise, fait des ravages dans l’escadrille, et vaut à l’équipage Maury/Herbillon des décorations qui font cyniquement sourire celui-ci : quel écart entre les actes réellement posés et leur traduction au tableau d’honneur ! Herbillon en devient quasi nihiliste, et on songe au Feu-Follet de Drieu la Rochelle, ou à Thomas l’Imposteur de Cocteau, pour ces personnages qui ne croient qu’à peine au rôle qu’ils ont accepté de jouer, dans la vie en général, dans la guerre en particulier.

Ce bref drame guerrier et amoureux à la fois est porté par le style sec, puissant et dépourvu de tout lyrisme d’un jeune Kessel alors déjà journaliste : il expose les faits, dans leur dureté et leur cruauté parfois, avec une économie exemplaire dans les adjectifs et les adverbes, jusqu’au dénouement final, qui voit la guerre briser le triangle amoureux dans sa rage aveugle. Ce style rend L’Equipage un peu daté, plus personne n’écrivant de la sorte aujourd’hui, mais ce côté désuet et sans coquetterie en fait aussi le charme pour qui pense encore que l’écriture du terrible, de l’effroyable parfois, du sentimental souvent, peut exister sans pathos inutile.
0Commentaire1 sur 2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Joseph Kessel, grand reporter, journaliste, romancier, baroudeur, académicien, héros de la France libre, compagnon du général de Gaulle à Londres, co-auteur avec son neveu Maurice Druon (également académicien) du chant des partisans, est une très grande figure de la France du vingtième siècle. Juif russe né en 1898, émigré en France, il s'engage en 14 comme brancardier (à 16ans!), repart passer sa licence de lettres, s'engage à nouveau dans l'aviation dans les derniers mois de la grande guerre. De cette expérience forte il tire en 1920 le sujet de ce roman puissant et vrai, émouvant et pudique, qu'il faut absolument avoir lu. Je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait du discours de réception à l'Académie (au fauteuil du duc de la Force) de ce français exemplaire:

« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d'une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ? Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d'Europe orientale... vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d'un être humain n'ont rien à faire avec le jugement que l'on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »

Un indispensable
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