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17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Roman,
Par lyly "lysambre" (Quelque part sur cette Terre) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
La mère et ses deux enfants, Joseph qui a vingt ans et Suzanne qui en a seize, vivent, ou plutôt survivent, dans leur bungalow à l'autre bout de la planète, une colonie française.Leur concession est incultivable car envahie chaque année par l'océan et son sel qui brûle tout sur son passage. Le barrage du titre est construit et détruit bien avant le début du roman, et ne sert que de vague fil rouge, un peu comme les mailles d'un filet qui serait la dernière chose à pourvoir retenir la sanité mentale de la mère. Car elle n'a pas toute sa raison cette mère, son esprit semble avoir été brûlé comme la terre par les marées, et l'on se demande ce qui la tient encore en vie si ce n'est la présence de ses enfants. Ces enfants, jeunes adultes qui ne rêvent que de s'échapper de ce taudis, par tous les moyens mais sans trop savoir comment s'y prendre ni par où commencer. Et comme dans toutes les histoires qui méritent d'être racontées, il suffira d'une rencontre pour que change leurs trois vies. Ce que j'ai aimé dans ce livre, ce sont les quelques fou-rires que l'on surprend soudain au milieu de cette misère. Un rire qui est à la fois moqueur et libérateur, un rire qui nous rappelle que même dans la pire des misères on reste un être humain tant que l'on sait encore rire. Ce qui m'a troublé c'est l'admiration presque incestueuse de Suzanne pour son frère Joseph, et ceci de la première page jusqu'à la dernière ligne du roman. J'aime aussi cette description du colonialisme où tout n'est pas blanc, contrairement aux habits du parfait bourgeois colonialiste. Il y a dans ce roman comme un espoir. Un espoir perdu, un espoir étouffé voir étouffant, désespérant par moment, mais toujours un peu présent. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Indochine, mon amour,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
Marguerite Duras nous livre ici ses souvenirs d'adolescence indochinoise d'avant guerre (période 1920-1930) alors que la France est engagée dans la guerre d'Indochine. C'est donc probablement avec une certaine douleur que ces lignes furent écrites, d'autant plus que son histoire personnelle n'est pas elle-même, dénuée de douleur. Elle nous conte, de façon un peu romancée le calvaire de sa mère, institutrice pauvre ayant perdu son mari et s'étant fait berner par l'administration coloniale dans l'achat d'un terrain complètement inexploitable car inondé par les eaux salées de la mer de Chine en période de mousson. Laquelle mer de Chine est dénommée Pacifique par la mère, comme si seul un ennemi de cet acabit avait le droit de lui causer des misères, et contre les furies duquel elle va s'échiner à tenter de construire une digue pour protéger les terres du sel dévastateur et ainsi rendre les terres cultivables. L'aventure tournera au fiasco et la mère y laissera jusqu'à son dernier sou, plongeant la famille dans une misère noire. Joseph, le frère aîné, garde rancune de ce mauvais coup du sort et cultive une sorte de misanthropie bourrue d'homme des bois qui a quelque chose de touchant. Aussi, la jeune Marguerite va-t-elle être convoitée par un fils de famille richissime, un chinois, inversant ainsi le rapport ordinaire entre blancs et asiatiques. Une relation très ambiguë va naître, soutenue par l'argent, où la jeune héroïne sera tiraillée entre les désirs avides de sa famille néanmoins pondérés par leurs accusations de prostitution. Un amour impossible d'un côté comme de l'autre (le père fortuné menace de déshériter son fils s'il se compromet avec la française), une vie impossible, sans espoir autre que l'exil, à savoir le retour en France. Un très bon livre, peut-être pas le plus grand chef-d'œuvre de tous les temps, mais une vision poignante à 99% autobiographique. J'en retiendrais surtout les personnages ambigus qu'on ne sait trop si l'on doit aimer ou détester, à savoir le frère et la mère. D'une façon générale ce livre vaut surtout, à mon sens, pour ses personnages et sujets secondaires, comme la critique de l'administration coloniale. L'histoire de l'héroïne m'a moins transporté. Marguerite Duras est revenue plus tard sur cette période et y a apporté des précisions et des modifications dans L'amant.
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12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Superbe roman sur la déchéance et l'espoir,
Par Max Weber "Max Weber" (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
Sommes-nous capables de réaliser notre propre déchéance, quand celle-ci est le fruit d'une érosion aussi imperceptible qu'inexorable ? Sommes-nous condamnés à répéter l'aventure de ceux qui, démunis de tout, hésitent encore à tenter leur chance ailleurs, quitte à pourrir sur place ? Voilà la question que Duras nous pose dans ce roman sévère, qui restitue parfaitement l'ambiance unique de l'Indochine des années 20. Il y a des formules admirables dans ce livre, d'autant plus saillantes qu'elles tranchent radicalement avec la simplicité des dialogues que Duras a adoptée pour suggèrer la condition misérable des personnages. Le style de l'ensemble est ainsi parfaitement équilibré, c'est un plaisir à lire. Un roman sur la déchéance donc, mais aussi sur son compagnon de route, l'espoir. Car la grande leçon, c'est ici que les deux sont inséparables. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
la matrice des romans de Duras,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
Barrage est vraiment la matrice de l'oeuvre de Duras qui ne cessera par la suite de réécrire son histoire d'amour scandaleuse - elle a 15 ans- avec le "chinois"dans l'Indochine française de l'entre-deux guerres. On retrouve ce récit dans L'Amant et l'Amant de La Chine du Nord , avec quelques variantes. Dans Barrage, le récit est encore chronologique, l'écriture assez classique. La mère, ancienne intitutrice, après le décès du père, achète une concession au gouvernement colonial. Mais la plantation est inondable et ainsi, chaque année, les récoltes sont dévastées par la mousson.Alors germe dans son esprit le projet fou de construire un barrage pour arrêter le Pacifique. Entreprise vouée à l'échec,sans cesse recommencée. Et le roman nous plonge en pleine tragédie. La folie de la Mère va générer des sentiments exacerbés, au-delà de toute morale: amour ambigu entre le frère et la soeur, prostitution de la fille par la mère elle-même. Ici le prétendant de Suzanne est laid et ridicule, mais l'intérêt du roman est ailleurs, dans ces relations d'amour-haine entre ce trio qui a perdu tout repère et qui rappelle les grands maudits de la mythologie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
Utile,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Classico Un barrage contre le Pacifique (Broché)
Edition très utile pour les élèves qui préparent le bac français. Livre divisé en plusieurs parties pour faciliter la lecture. Commentaires complets.
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4.0 étoiles sur 5
CLASSIQUE RECOMMANDE,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Classico Un barrage contre le Pacifique (Broché)
Produit fidèle au besoin , classique à ne pas rater.Bon livre pour la preparation du bac Français. Conseillé par les professeurs Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
Cynique et puissant,
Par Catherine (Saint-Denis, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
Un roman puissant, très beau, mais aussi très sombre. La première partie m'a marquée par sa cruauté, les personnages sont tous très durs, sans parler de la bureaucratie coloniale, corrompue et injuste. Les relations entre Suzanne, son frère et leur mère -la mère, au seuil de la folie- sont conflictuelles, parfois cruelles, leurs relations aux autres également. La description des femmes qui enfantent année après année, des enfants qui meurent par centaines dans l'indifférence, des plaines noyées, de la chaleur étouffante, de la fin de tout espoir, tout cela concourt à donner une sensation d'engourdissement, d'écrasement. La seconde partie est plus vive, avec des personnages plus attachants, comme par exemple Carmen, la fille de putain aux jambes parfaites. Tout se termine heureusement sur un vague espoir, celui de la liberté.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Folie douce, folie furieuse,
Par D. Legare "Lire c'est respirer" (Ile de France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
La Cochinchine, début des années trente, au bord de l'Océan Pacifique, une mère - La Mère - et ses deux enfants survivent misérablement. Le roman débute au moment où, une fois encore, le Pacifique a envahi les rizières et les plantations malgré le barrage érigé quelques mois plus tôt. L'histoire de la Mère est d'ailleurs édifiante : elle a durant des années économisé sur sa maigre paie de professeur de piano et ses cachets dans les bars de grands hôtels le soir pour acheter une concession. L'ironie du sort fait que la concession qu'on lui a attribuée est incultivable, car tous les ans le Pacifique envahit les terres basses. Seul un lopin de terre un peu en hauteur échappe à ce phénomène et permet à la famille de survivre dans une grande pauvreté. Alors, la mère, avec ses dernières économies décide de construire un barrage pour protéger les terres et elle convainc tous les paysans du coin de se joindre à elle. Cependant malgré tous leurs efforts, le Pacifique démolit leur pauvre barrage et baigne à nouveau les terres d'eau salée. C'est là que commence le roman.Joseph est le fils aîné, il est bourru, brutal et semble insensible, il vient juste d'acheter un cheval pour gagner quelques sous en faisant une navette entre leur village et la ville la plus proche. Là encore, il s'est fait rouler et il a acheté une vieille carne qui ne tarde pas à crever dans une ambiance lourde, un peu comme l'écroulement du dernier espoir. Suzanne, la soeur, une jeune femme à peine sortie de l'adolescence, aide comme elle le peut et aussi elle attend, et elle attend toujours, rudoyée par la Mère et Joseph. Suzanne attend qu'un homme l'emmène loin de toute cette pauvreté. La Mère, elle, règne sur son petit monde, c'est à la fois un tyran et une mère poule, aigrie, dépressive, idolâtrant son fils Joseph qui lui, pour oublier écoute sans discontinuer les trois mêmes disque sur un vieux gramophone et boit. Monsieur Jo apparaît, un pseudo homme d'affaires, fils d'un industriel, il reste dans le coin pour quelques semaines. Il semble tomber amoureux de Suzanne, mais elle ne cède pas malgré les cadeaux et espère ainsi recevoir une proposition de mariage...bien sûr, la mère est complice. Elle a un rôle trouble dans cette affaire, un peu comme une entremetteuse un peu maquerelle. Joseph, lui, comme toujours, méprise, rejette, tout, en bloc, violemment. Mais l'histoire avec Monsieur Jo n'aboutira pas et alors l'attente recommence pour Suzanne. Joseph le rebelle sera le seul à se `sortir' de ce bourbier désert... Difficile de rester insensible à cette écriture, violente, heurtée, poétique, fluide, tout ça à la fois. J'aime le détachement de l'auteur de ses personnages, elle est comme un témoin objectif et cependant, ils prennent une certaine forme devant nous et ne sont que plus présents, un procédé d'écriture assez incroyable. L'atmosphère du livre est lourde, pesante, dégoulinante de sueur et de misère. La misère matérielle est si aiguë qu'elle a gagné les âmes et qu'elle est devenue misère mentale en tous les cas chez Joseph et Suzanne la soumise ; la Mère, elle, est décidément devenue folle. C'est beau, c'est prenant, c'est rude et poétique. Ce n'est pas un livre que l'on avale, mais c'en est un qui fascine, auquel on revient pour une dose mesurée, mais quotidienne. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Desespere,
Par El KNar (Londres) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Broché)
Ce livre decrit la lutte deseperee d'une femme en Indochine contre les elements (le Pacifique) et les gens (ceux du cadastre). C'est un roman dur, la lutte deseperee de cette femme y est omnipresente. Ce roman etant probablement non pas autobiographique mais proche de la realite, il contient a la fois une lecon de courage mais un courage plein de desespoir.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Denonciation de la corruption coloniale!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un barrage contre le Pacifique (Poche)
Un grand livre sur la maternite tourmentee, violente, veneneuse. La mere vieillissante perd l'elan vital qui lui permettait d'affronter le monde. Elle se bat contre la corruption, l'administration et meme contre les vagues du Pacifique. Son territoire s'ecroule, balaye par les marees. La folie rode dans ce livre mais la mort aussi. Le livre s'ouvre sur la mort du cheval et s'acheve sur la mort de la mere. La mere, le frere et la petite ne sont pas du meme monde. Violents, a la limite de la sauvagerie, ils sont tous trois hors la loi et l'assument avec une belle fierte. Marguerite Duras n'a jamais fait mystere de la dimension autobiographique du roman.Ce texte est une reussite, peut-etre due au style de l'ecrivaine. Car le lecteur est transporte dans le lieu qu'elle decrit. La moiteur de l'air, la poussiere que souleve le passage de la Leon Bollee sur l'unique route de la plaine aride et seche, l'odeur repugnante du ragout d'echassier que prepare la mere a tous les repas a cause de la misere, les planches disjointes de la veranda devant la jungle fremissante : ce monde brinquebalant et qui tient encore par miracle... Ce recit, sans bavure, se composant d'une succession de scenes tragiques ou cocasses parfaitement montees, est un veritable chef-d'oeuvre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras (Poche - 20 janvier 1978)
EUR 7,13
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