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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Esthétique réactionnaire
Inutile de ressasser tout ce qui a été dit sur le roman et sur son écriture. Si l'on découvre Huysmans, le livre ne laisse pas indifférent et pour qui se sent un tant soit peu réactionnaire, cette œuvre peut servir d'exutoire même si vieille maintenant de plus d'un siècle.

Le sentiment qui anime le...
Publié il y a 21 mois par Antoine

versus
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Mauvaise qualité du livre
Bonjour,
Ce livre m'a été offert, et je suis déçue..Impression de très mauvaise qualité( beaucoup de mots illisibles, traces d'impression ),et pages mal, très mal reliées, à savoir qu'on passe de la 18 à la 21(de fait il manque deux pages..),de la 38 à la 51, les pages qui manquent se retrouvent...
Publié il y a 12 mois par SYBERYA


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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Esthétique réactionnaire, 17 octobre 2012
Par 
Antoine (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Inutile de ressasser tout ce qui a été dit sur le roman et sur son écriture. Si l'on découvre Huysmans, le livre ne laisse pas indifférent et pour qui se sent un tant soit peu réactionnaire, cette œuvre peut servir d'exutoire même si vieille maintenant de plus d'un siècle.

Le sentiment qui anime le récit, au delà des fantasmagories de son personnage, est une saine colère dans un siècle en proie au matérialisme et au pouvoir croissant de la bourgeoisie qui y prit place. Ces ingrédients corrosifs qui achèveront de dissoudre un catholicisme déjà dévoyé ne pouvait faire naitre que ce genre de personnage complètement aliéné; ni tout à fait religieux, ni tout à fait impie. Et c'est ce qui fera dire à Barbey d'Aurevilly que son auteur aurait à choisir "entre la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix" puisque le personnage du livre n'est autre que Huysmans lui-même qui se livre dans cette vie imaginée d'aristocrate reclus, à un étalage d'érudition parfois somptueux, parfois grotesque.
L'auteur épargne peu de gens et à ses gouts, tendant souvent vers ce qui s'attache à la vertu religieuse, se mêlent par contradiction l'éloge des impressionnistes ou la critique de grandes figures comme De Maistre.

On sent au fil des pages, à travers ses angoisses qui iront crescendo, qu'en réalité l'auteur incarne, bien malgré lui, ce qu'il critique et ce dont il tente de s'éloigner. C'est en tout cas ce que laisse entendre la dernière phrase du livre. A rebours déploie, au delà de sa sublime prose esthétique, une juste critique d'une société désacralisée agonisant sous le panthéon déjà triomphant de la Banque et de son despotisme. C'est l'articulation de ces deux aspects qui fait de A rebours un grand roman.
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23 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un plaisir exquis pour les sens !, 23 décembre 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Je ne vais pas répéter ce qui a été dit dans les autres commentaires sur la littérature du XIXème et ses tendances. Je ne m'intéresserais pas non plus au fond de l'ouvrage, mais uniquement à sa forme.
Huysmans, le style ! Huysmans, la forme ! Huysmans, le maître des sens ! C'est à travers "A rebours" que Huysmans fait la plus belle preuve de sa culture et de sa qualité de prose. Ce qui pourrait être perçu par certains comme un simple exercice de style ampoulé et vaniteux sera au final reconnu par tous comme un intégral plaisir des sens.
Affublé d'un sens aigu de la description et du détail, Huysmans manie la langue et les champs lexicaux se rattachant aux cinq sens avec une incroyable dextérité et précision, le mot tombant toujours juste ! Dans cet ouvrage, les mots se transforment en un festival de couleurs, d'effets de lumière, de sonorités et bruitages, de textures, de goûts... De manière général, le vocabulaire employé repose sur des mots à la graphie ou à la phonie séductrice, dont l'exotisme semble sortir d'un français mystérieux et oublié : peccamineux, vergus, ribotte, rubéfiant, sinapisme, cauteuleux, lénitif, pour n'en citer que quelques infimes exemples.
"A rebours" est un livre qui sent, qui brille, qui fait saliver, qui se goûte... Certainement l'un des ouvrages de la langue française où la prose est la plus riche, la plus contrôlée, la plus belle et la plus juste.
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16 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Réfléchir sur les arts., 15 novembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Le thème de ce roman n'est pas la biographie du personnage décadent qu'est Des Esseintes: homme riche, ayant connu tous les états de la luxure et qui décide de s'isoler du monde pour recréer un monde factice dans sa propre demeure afin de le contempler à loisir... Ce roman traite plutôt des diverses réflexions sur les arts (pictural, littéraire, culinaire entre autres) qu'il tire de ses contemplations et de ses hallucinations qui le dévorent.
Ainsi, ce roman fait l'analyse de nombreuses œuvres d'art - qui, si elles ne sont pas connues par le lecteur, ne facilitent pas la lecture du texte. Pourtant, ces réflexions sur l'art sont des plus intéressantes et dénotent une analyse très approfondie des œuvres abordées, toujours d'une très grande finesse et qui permettent de voir clairement les liens qui unissent les différents arts.
Ce qui rend ce roman pittoresque est la ferveur avec laquelle le personnage s'attache à décrire et apprécier les oeuvres et les créations décadentes de son époque. Pourtant, tout au long du récit, l'on se rend compte du rapport ambigu qu'entretient le protagoniste avec la religion en laquelle il dit ne pas croire.
Ce qui distingue ce roman de nombreux autres, c'est le fait que ce qui importe n'est pas ce qui arrive au personnage, mais plutôt les réflexions que l'auteur fait émerger dans son esprit, et les paroles qu'il lui fait dire.
Cette lecture est enrichissante si l'on s'intéresse à l'art en général, mais je pense qu'elle rebutera les lecteurs en recherche d'aventure. A vous de voir quel lecteur vous êtes.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 l'aventure immobile, 28 juin 2012
Par 
Gwen - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (COMMENTATEUR N° 1)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Dernier rejeton d'une famille noble tombée en décrépitude à force d'unions consanguines, Jean des Esseintes se languit de la vie. A trente ans, il est déjà blasé de tout. Ses contemporains l'ennuient. La sottise et la vulgarité l'indisposent. Les événements du monde le laissent indifférent. D'un tempérament hautain exacerbé par une intelligence aigue, il souffre de vivre au sein d'une société qu'il juge médiocre et détestable. Même les voluptés charnelles n'exercent plus sur lui le moindre attrait. Las du cloaque humain, mais ne pouvant se résoudre au suicide pour lui échapper, il n'a qu'un désir: se retirer, ainsi que dans un cloître, dans quelque lointaine thébaïde pour y savourer les joies intenses de la réclusion, loin des turpitudes de son siècle. Jetant son dévolu sur une maison isolée de Fontenay-aux-Roses, il s'y installe donc et, avec un soin maniaque, se met à l'arranger selon son goût pour en faire un cocon de raffinement, une bulle de grâce, un lieu délicat et rare, propice à l'étude et à la méditation...

Ah, le surprenantissime roman que voilà! Paru en 1884, c'est peu dire que Joris-Karl Huysmans y jeta tout son génie, tout son art, toute son intelligence créatrice! Mais est-ce bien un roman? me direz-vous. Car enfin voilà une intrigue des moins romanesques! Il ne se passe rien dans ces pages, ou à peu près. Nulle péripétie haletante. Nulle progression dramatique. Nul rebondissement à couper le souffle. Rien qu'un homme refusant le monde et s'en créant un autre, idéal, aux dimensions d'une simple maison. Eh bien oui, c'est vrai que ce roman est statique. Tout s'y passe en un lieu, ou presque. Tout s'y concentre autour d'un seul personnage. Mais quel lieu! Quel personnage! Et quelle prose que celle de Huysmans pour nous mettre en scène l'un et l'autre!

Ah, vit-on jamais s'épanouir sous la plume d'un romancier phrases plus merveilleusement chantournées que celles qui nous content cette singulière aventure immobile? Décadent, misanthrope, misogyne, antisocial, anarchiste, élitiste: quelle que soit l'épithète qu'on attache à ce livre, c'est d'abord une extraordinaire prouesse stylistique, une prouesse telle qu'il n'en est pas plus de quatre ou cinq dans toute la Littérature française. De la première à la dernière page, ce chef-d'oeuvre suinte le génie par chacun de ses mots, chacune de ses virgules. Il est des romans dont certaines phrases vous chavirent par leur beauté, leur musique, leur intime harmonie. Dans celui-ci, chaque phrase est un pur diamant ciselé avec amour et précision. Mallarmé lui-même en fut impressionné, c'est dire! Ah, rien que le chapitre 11, mes amis... Quel joyau de style et d'humour! Ces quelques pages qui nous racontent un voyage imaginaire à Londres sont parmi les plus savoureuses jamais écrites dans notre langue...

Mais y a-t-il, me direz-vous, une part d'auto-portrait dans ce mystérieux et fantasque des Esseintes? Eh bien, c'est plus que probable. Sans doute faut-il voir dans cet énigmatique personnage une extrapolation fictionnelle de Huysmans! En tout cas, ce dandy anachorète auto-emmuré dans sa Tour d'ivoire esthétique est sûrement le plus étonnant des anti-héros et continue légitimement d'exercer, en dépit du temps qui passe, la même trouble fascination. Bref mais d'une extrême densité, ascétique dans son propos mais luxuriant par sa forme, ce livre est plus qu'un roman: c'est un long poème en prose. Il intrigue et déconcerte. Il séduit et ensorcelle. Il ne s'abaisse pas au niveau du lecteur. C'est au lecteur, s'il veut en goûter les charmes rares, de s'élever à son altitude. Mais pour qui parvient à entrer dans le mystère de cette oeuvre unique, ah, quelle enivrante récompense!
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magique, 9 mai 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
un bijou littéraire, où s'exerce en permanence le doux sortilège de l'épithète toujours juste. Imprégné par le Romantisme, ce livre est une magnifique contribution à la décadence. Critique d'art, réflexion mystique et introspection, Des Esseinte nous livre la vision d'un homme désabusé, lassé par sa propre satiété.
Un chef d'oeuvre dans la lignée directe des productions de Baudelaire, B. Constant ou encore Théophile Gautier
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 malaise fin XIX, 2 mai 2007
Par 
David W.J. (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Un essai impeccablement écrit. Le portrait (trop ?) cérébral et sophistiqué d'un misanthrope raffiné et tourmenté, à travers le catalogue (parfois encyclopédique) de ses goûts et préférences. A souligner, l'étonnante faculté de Huysmans à juger juste ses contemporains, en particulier les écrivains.
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5.0 étoiles sur 5 Aprés Dorian Gray, 18 avril 2012
Par 
NicolasB (France - Basse Auvergne) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
J'ai énormément aimé Dorian Gray.
Alors quand j'ai fini par apprendre que ce fameux livre sans titre offert par Lord Henry et que celui ci lit en cachette était : A Rebours d'Huysmans je n'ai pas hésité à l'acheter. Je voulais absolument connaitre ce qui avait marqué Oscar Wilde à ce point pour influencer son personnage de Dorian Gray.
Ce livre est une pièce d'art qui nous emmène dans les confins de la névrose du riche qui ne trouvant plus rien à son gout s'enfonce dans le luxe funeste et devient fou.
Il n'y a pas d'action, mais il y a un énorme talent d'écrivain, la langue française est un art et Huysmans la sublime.
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5.0 étoiles sur 5 "l'âme malade d'infini dans une société qui ne croit plus qu'aux choses finies" Jules Barbey d'Aurevilly, 22 juin 2014
Par 
Cinho512 - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Ici, on suit la misanthropie d'un certain des Esseintes, cloitré dans un appartement en dehors de Paris, entre ses excentricités, ses réflexions, ses rêveries ou ses expérimentations, pour une réflexion sur l'art ancien et moderne, les pierreries, la botanique, la spiritualité ou la condition humaine, dans une langue riche et belle, prémisse d'un nouveau souffle dans le roman français.

Après une enfance chez les Jésuites, des Esseintes, corps faible d'une famille noble au stade terminal de décomposition, découvre la vie mondaine parisienne, et s'y démarque par une excentricité affichée dans ses accoutrements ou ses fêtes qui prennent forme dans le château familial.
Fatigué de cet environnement qui ne le convient pas, de cette société et de ses codes en inadéquation avec son esprit et sa sensibilité, il décide de disparaitre, vendre son château, vivre de ses rentes dans un appartement, avec ses livres et une volonté de satisfaire ses excentricités esthétiques, de se délecter de ses artifices.

Des Esseintes est dans l'apologie de l'artificiel, posture qui répond au pessimisme de rigueur face à la condition humaine, lié à la vision de Schopenhauer, mais également en filigrane, au naturalisme de son temps, froid et sans relief.
A cette époque Huysmans est membre du courant naturaliste et ce roman contient également une réflexion sur l'art ancien, religieux, en négatif à son époque.
D'ailleurs ses apologies, Baudelaire, Aurevilly.. ne sont pas dans le réalisme, mais dans la profondeur de l'âme humaine.

Ce roman est celui d'une incapacité à se mouvoir dans son époque. De par ses lectures, ses intuitions forgées, ses connaissances et sa conscience, qui lui font ressentir la grandeur des temps antérieurs, de ses principes, de ses codes et de ses représentations, des Esseintes se rêve une vie à rebours.
Mais, si son aventure intérieur, à l'intérieur de cet appartement si singulier est un soulagement à son âme mélancolique, sa santé physique et mentale est un écueil à sa vie à l'envers.
De ses défaillances à l’ouïe qui se perturbe , Des Esseintes paye le contrecoup de son style de vie visiblement intenable.
Son séjour est également propice à se rappeler ses souvenirs, celui des femmes ou de ses immoralités, pour des récits qui apportent de l'épaisseur à la psychologie de Des Esseintes.

A l'instar d'un Dostoievski et de sa cathédrale "Les frères Karamazov", Huysmans place le pilier de son roman dans ses réflexions sur l’Église.
On sent de la part de Des Esseintes une attirance/répulsion entre sa raison et ses inclinaisons, les preuves scientifiques et la médiocrité scientiste, l'emphase médiévale et le catholicisme libéral.
Le roman s'achève d'ailleurs sur un éloge de l’Église, en comparaison à la société moderne systémique, qui augure la transformation progressive de Huysmans.

L’ambiguïté de la décadence illustré par Huysmans sous le personnage de Des Esseintes se trouve dans ses origines et son existence. Si Des Esseintes, par son comportement, ses activités, ses gouts mortifères peut être considéré comme un décadent, il n'est pas dupe et condamne fortement la Décadence, celle de la société moderne. Ainsi sa décadence est d'une autre nature que celle qui est habituellement admise.

Et je pense que la clé de son ambiguïté se trouve dans le passage sur le sadisme. Des Esseintes et Huysmans en miroir, analyse clairement le sadisme comme intrinsèquement lié au christianisme, une rébellion, un sacrilège qui n'a de sens seulement comme défiance, comme défi. Ainsi, Des Esseintes dans son rapport attirance/répulsion avec l’Église et la religion oscille entre un respect pour celle-ci est un nihilisme/pessimisme qui l'attire par désespoir vers cette rébellion, que l'on retrouve dans le chapitre VI.

De plus, son élitisme, sa conscience et son érudition lui rend enclin à se mouvoir dans la posture décadente, un dépassement à la fois du romantisme et du naturalisme, dicté par les temps de plus en plus désuni, de plus en plus pesant.
Moi, je vois ainsi l'opposition fratricide entre le pessimisme de son siècle et la panacée de l’Église qui se joue en Des Esseintes, entre ses tableaux mortifères et ses plantes vénéneuses d'un côté et sa bibliothèque théologique très fournie, qu'il connait par cœur, comme la fracture existentielle principale qui touche Des Esseintes.

L'autre aspect qui caractérise le roman est son symbolisme, à la suite et à l'avant d'autres œuvres qui s'inscrivent dans ceux qu'on appelle, logiquement, le roman symbolique.
Ainsi, malgré la réfutation de Huysmans d'une utilisation de symboles notamment dans le choix de l’émeraude, l'on peut se demander si il nous raconte pas des salades, qu'il veut nous faire avaler des vertes et des pas mûres.

Si ce roman apporte une réflexion passionnante sur des sujets aussi vaste que l'art ou la transcendance, il est également considéré pour le formidable style de Huysmans.
Lui qui montre son immense talent de critique dans ce roman, à travers les analyses du style de ses contemporains ou de ceux qui l'ont précédés, écrit d'une langue noble, maniant l'adjectif précis avec grand talent, mais rend également la compréhension complexe tant la langue est riche. Certains pourront parler d'afféteries, mais l'on ne pourra nier la beauté du style et de la langue, qui fait coulé le récit avec une grâce produit de sueur.
Je ne me lancerai pas dans la caractérisation du style à la Huysmans, d’adjectifs initiés, me sentant que très peu capable de cet exploit.

Je conseille fortement ce roman, qui a ouvert de nouvelles perspectives au naturalisme désincarné de son temps, mais qui apporte également une brillante réflexion sur la société moderne, l'art ou le pessimisme, tout ceci dans une langue grandiose.
Ce roman doit vraiment être une porte à l’œuvre de Huysmans où les sujets chères à celui-ci sont plus développés dans les romans suivants. De plus, ce roman donne également envie de découvrir les œuvres appréciés et si bien explicités par Des Esseintes.

On comprend aisément que Des Esseintes porte les convictions et les avis de Huysmans, d'une société moderne mortifère, matérialiste, mercantile et américanisé, en 1884, que dirait il en 2014.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 DU STYLE AVANT TOUT!, 20 août 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Huysmans, c'est avant tout un style d'écriture. Amateur d'histoire palpitante, passez votre chemin, A rebours n'est pas fait pour vous... Quoi que... C'est une aventure intérieure en quelque sorte.
En gros, le sujet du livre: Des Esseintes, homme encore jeune, riche, chez lui, sort pas beaucoup, commente et décrit par exemple la manière d'accorder le papier peint de son salon avec la lumière artificielle ou encore le choix de fleurs naturelles proche d'un esthétisme artificiel (après avoir tenté les fleurs en tissu.. signe de l'ambiance hautement décadente qui règne dans le roman...), sans oublier au passage un peu de publicité pour les amis écrivains de Huysmans ( Nerval, Aurevilly...)dont les romans tombent miraculeusement dans les mains du protagoniste.
Bon, faut pas exagérer, il se passe quand même des choses, mais ça fait quand même près de 8 ans que j'ai lu le livre et l'histoire n'est pas ce qui m'a marqué...
Car c'est surtout pour sa langue, sa plume que Huysmans vaut le détour. C'est, à ce niveau, une expérience de lecture inégalée.
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7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un classique vraiment étonnant, 14 mai 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Voila un gand classique qu'il faut avoir lu. Il marque une étape décisive dans la littérature de la fin du XIXème (1884) car il initie le mouvement du décadantisme (on comprendra mieux ce mot un peu pompeux à la lecture). La lecture est agréable bien que l'on regrette parfois certaines longueurs surtout quand l'auteur cherche à étaler ses connaissances artistiques ou littéraires. Mais le roman est riche de passages vraiment intéressants et mérite d'être lu, je le répète, par tous les amateurs, dont je fais partie, de la littérature du XIXème pour son originalité.
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