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18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ensorcelée, 7 novembre 2001
Par 
Lorelei (Saint-Etienne, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ensorcelée (Poche)
L'abbé de la Croix-Jugan, après une tentative de suicide ratée qui laissera des traces indélébiles sur son visage, revient à Blanchelande, l'abbaye où il a suivi sa formation de prêtre. Ce retour va créer un véritable chambardement dans ce petit village paisible de Normandie et notamment dans la vie de Jeanne Le Hardouey, « ensorcelée » par ce prêtre monstrueux.
Jules Barbey d'Aurevilly prend son temps pour commencer à raconter cette histoire. Il ménage beaucoup ses effets. Pendant les 40 premières pages, il plante minutieusement le décor, crée une atmosphère qui prépare le lecteur à entrer finalement dans l'intrigue.
Et quelle intrigue ! L'auteur nous propose un cocktail détonant et efficace historico-mystico-fantastico-romanesque. Historique, avec en toile de fond, les événements de la chouannerie, tous frais encore dans les esprits à l'époque du récit. Mystique, avec la résurgence de l'Eglise à la suite de cette période troublée. Fantastique, avec les superstitions, de mystérieux bergers jeteurs de sorts, « l'ensorcellement » de Jeanne, des morts inexpliqués... Tout cela dans un décor savamment choisi qui entraîne le lecteur au fil des pages.
Barbey d'Aurevilly laisse des zones d'ombre qui permette au lecteur de laisser libre cours à son imagination. Ainsi, l'intrigue se prolonge au-delà de la lecture en nous laissant à nos suppositions, nos doutes vis-à-vis de ce récit.
« L'Ensorcelée » fait partie de ce genre d'histoires qu'on se raconte au coin d'un feu pour se donner quelques frissons pendant les longues soirées d'hiver ou durant les veillées estivales. En un mot : savoureux.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quel roman !, 5 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ensorcelée (Poche)
Ce roman nous plonge dans la Normandie aux temps troublés de la révolte des Chouans et de la pacification sous le Consulat.
Le narrateur, homme du milieu du XIXème siècle, entend de la bouche d'un compagnon de voyage un récit fantastique sur un prêtre mystérieux, l'abbé de La Croix-Jugan, qui, après avoir vécu dans une atmosphère de débauche - sans s'y mêler - dans son abbaye et alentours, quitte ses habits de moine pour entrer dans la chouannerie. Héritier d'une grande famille noble, il se fait un devoir de lutter pour le Roi et la religion, commettant ainsi un péché irréparable pour un homme d'Église : faire couler le sang. Il lui en coûtera son beau visage, ainsi qu'une sanction ecclésiastique... Lorsqu'il assiste aux Vêpres, peu après la réouverture des églises, son visage inhumain effraie et fascine l'ensemble des fidèles, et parmi eux, Jeanne Le Hardouey, de sang noble et roturier, mariée à un acquéreur de biens nationaux - en somme, à tout ce qu'un ancien chouan de l'ancienne noblesse doit détester. Cette fascination prend rapidement des proportions inquiétantes, jusqu'à ce que courre la rumeur d'un ensorcellement - mais par qui ? Ce mystérieux prêtre ? Ou ces pâtres réputés sorciers, et désireux de se venger des Le Hardouey ? Quoi qu'il en soit, le lien qui unit Jeanne à Jéhoël de La Croix-Jugan se veut la source d'une série de drames qui vont émouvoir le village...

Quel plaisir ! Un peu plus d'un an après avoir découvert le dangereux charme des Diaboliques, je me suis plongé, conquis d'avance, dans ce roman fantastique. Le style est superbement maîtrisé - Barbey est, je pense, l'un des tous meilleurs écrivains français de ce point de vue ; l'intrigue, d'abord un peu décevante, réussit à captiver, même si, et c'est là le grand tort de l'édition Folio, la quatrième de couverture nous envoie déjà aux quatre cinquièmes du livre (sans compter les notes qui ne manquent pas de souligner le caractère "annonciateur" de certaines scènes). Même s'il arrive que l'écrivain exagère parfois dans le surnaturel, il n'y a pas matière à déception. Les toutes dernières pages m'ont particulièrement frappé - quelle maîtrise ! Après, Barbey d'Aurevilly reste un contre-révolutionnaire, aussi, il faut s'attendre à des prises de position susceptibles de choquer le lecteur contemporain. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé, curieux que je suis de ce qu'ont pu penser les "vaincus de l'Histoire".

Quelques mots supplémentaires sur l'édition. J'ai déjà indiqué la présence de révélations fâcheuses. Pour le reste, même si Folio nous a habitués à mieux pour les classiques, ça tient la route. Les éclaircissements sur le fantastique de Barbey sont pertinents. N'ayant pas consulté les autres éditions pour cet ouvrage, je ne peux pas me livrer à un comparatif.

Bref, laissez-vous tenter par ce roman et cette atmosphère de campagne française du début du XIXème siècle. Cela en vaut largement la peine !
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un incontournable de la littérature, même si peu engageant au départ, 13 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ensorcelée (Poche)
Un très bon roman si on passe outre le récit très engagé du début. Barbey nous peint l'aristocratie comme la seule classe étant héroïque et la seule classe capable de gouverner. Ses idées peuvent paraître réfractaires, mais elles sont essentielles pour comprendre le roman.
En effet, au-delà du couple religion/diableries, les trois personnages principaux (voire quatre) sont des allégories. Jéhoël représentent les Chouans et la propagande, la Clotte incarne la vieille aristocratie lapidée par le peuple, tandis que Le Hardouey vit son rôle de Bleu parce qu'il croit être bafoué. Jeanne, quant à elle, c'est l'enterrement de la France comme la voit Barbey d'Aurevilly : la grande époque où l'aristocratie régnait. La France a été tuée par l'affrontement des deux camps, mais on ne connaît pas vraiment la cause de la mort de Jeanne.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le chef d'oeuvre de Barbey !, 23 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ensorcelée (Poche)
L’Ensorcelée ou La Messe de la Croix-Jugan est un roman de Barbey d’Aurevilly publié par épisodes en 1852 et édité en 1854. C’est d’un changement dans la vie de son auteur, que naît L’Ensorcelée. Barbey d’Aurevilly, prétendu démocrate jusqu’alors, revient à la foi catholique. Il décide de fuir le présent pour le passé, et de s’éloigner de la réalité. Il s’en retourne aux sources normandes et à ses origines. De là, germe le projet de l’écriture de chroniques normandes. La guerre des chouans passionnant Barbey, ce dernier entreprend une peinture pittoresque de la Normandie et de son histoire. L’Ensorcelée est ainsi le premier volet de l’ensemble de chroniques dont le titre général serait Ouest, complété quelques années plus tard par Le Chevalier des Touches. En décembre 1849, Barbey écrit dans une lettre adressée à son ami Trébutien : « Ce livre est profondément normand ». Mêlant exactitude historique, tradition orale où le fantastique éclot, L’Ensorcelée, dont le premier titre a été La Messe de la Croix-Jugan, se déroule aux lendemains de la Chouannerie. L’histoire relate un événement fondateur du récit ; l’engagement de l’abbé de la Croix-Jugan auprès des Chouans. Lorsque ce dernier pense sa cause perdue, il tente de se suicider et renie son humilité de prêtre. Il survit malgré une horrible blessure au visage, signe de sa rébellion. Quelques années plus tard, « lorsqu’on rouvrit les églises », réapparaît cet ancien moine aux vêpres de Blanchelande. Apparaît également le personnage emblématique de Jeanne Le Hardouey, représentant en quelque sorte la construction de la démocratie et l’apparition du capitalisme. Noble, elle est l’épouse de Thomas Le Hardouey, nouveau riche. Jeanne donne à l’œuvre de Barbey d’Aurevilly son titre fantastique : dans une atmosphère sombre et mystérieuse, elle subit un « ensorcellement » à la vue de cet abbé au capuchon noir. Plus tard, on la retrouve noyée dans un lavoir, avec une lourde interrogation en abîme : qui est responsable de ce désastre ? L’œuvre paraît en feuilletons dans le Journal l’Assemblée nationale, du 7 au 10 janvier 1852, et en volume en 1854. Aucun article sur l’œuvre n'est publié, mais peu après beaucoup en parlent avec passion. Ainsi Baudelaire écrit : « Je viens de relire ce livre qui m’a paru encore plus chef-d’œuvre que la première fois ». S'il n'y a qu'un Barbey à lire, gageons que c'est bien celui-là. Si la littérature française vous paraît fade, le style incandescent, âpre du Normand réjouira les estomacs les plus affamés.
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L'Ensorcelée
L'Ensorcelée de Jules Barbey d'Aurevilly (Poche - 21 janvier 1977)
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