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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du pur Anouilh, 14 mars 2011
Par 
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eurydice, suivi de "Roméo et Jeannette" (Poche)
Jean Anouilh, toujours aussi boudé, a injustement été "oublié" des médias à l'occasion du centenaire de sa naissance en 2010 ? Soit. Qu'on lui rende justice. Et je vais tenter, à ma manière, une nouvelle fois de lui rendre l'hommage qu'il mérite.

Des pièces de Jean Anouilh j'ai jalonné mes 20 ans. Dans les années qui ont entouré cet âge, j'ai quasiment tout lu ses pièces de théâtre et m'en suis parfaitement délecté. Elles ont d'ailleurs certainement contribué à m'offrir la vision de la vie qui est la mienne.
Aujourd'hui, en conservant une impression globale, mais incapable de les distinguer, pour la plupart, à l'exception bien sûr de l'inénarrable Antigone, j'ai entrepris d'en relire une de temps en temps, afin de les présenter ici.

Dans ce volume, deux "pièces noires" de l'auteur (qui classifiait ses pièces en "pièces noires", "pièces roses", "pièces brillantes", "pièces grinçantes", etc.).
Pour commencer, "Eurydice".
S'inspirant du personnage de la mythologie, mais situant l'action à notre époque (comme d'autres, à l'instar de l'Orfeu Negro de Marcel Camus), Jean Anouilh nous plonge dans l'atmosphère peu reluisante d'un vulgaire café de gare, où un très modeste jeune violoniste saltimbanque (Orphée) qui y joue en compagnie de son très pathétique père qu'il soutient malgré le peu de qualité de celui-ci, tombe éperdument amoureux d'une jeune comédienne de passage (Eurydice).
Cet amour profond en forme de coup de foudre, où chacun aimerait bien s'abandonner à l'autre et lui promettre de l'accompagner le reste de sa vie, l'un oubliant son trop présent père, l'autre son accaparante mère, ne peut malheureusement déboucher que sur une relation très éphémère de quelques heures.
La situation est en effet difficile, compliquée. Eurydice a des choses à avouer, avant que leur relation ne s'installe. Mais Orphée est-il prêt à entendre ? N'est-il pas trop ravagé par une jalousie qui le rend amer et aveugle au bonheur promis ?

De cette vision anachronique, dans ce décor glauque et ses personnages si peu reluisants, découle une série de malentendus qui vont mener au drame.
Ce drame va se jouer sous nos yeux, dans une atmosphère fébrile et de pure tragédie, qui mèneront là où vous savez si vous connaissez le mythe d'Eurydice, avec le style et le talent de Jean Anouilh, avec ses personnages à la fois complexes et si révélateurs de l'esprit de nos sociétés, dont ils jouent le rôle de miroir.

Dans "Roméo et Jeannette", on retrouve là encore une atmosphère glauque, dans un décor qui l'est tout autant et des personnages toujours aussi perdus et pathétiques.
La famille de Julia, qui est sur le point d'épouser Frédéric, est censée l'accueillir pour faire connaissance avec le futur époux et la future belle-mère.
Mais rien n'est prêt ; tout à l'inverse. Quel affront et quelle honte pour Julia, pourtant si prévenante, si gentille, si serviable et si généreuse. Et que d'émotions elle va devoir supporter lorsqu'elle découvre dans quelles conditions de vie elle retrouve chacun des membres des sa famille, tous aussi perdus et à l'abandon les uns que les autres. Une vraie catastrophe. On la plaint, cette pauvre Julia.
Derrière l'humour désabusé et extrêmement sarcastique du frère et le caractère extrêmement négligé du père, se cache une situation des plus sinistres et une vision de l'amour loin de l'idéal qu'on peut en dresser.
Et le meilleur (ou le pire) se profile avec l'arrivée de la soeur, Jeannette...

Je n'en dis pas plus. Mais une fois de plus on a affaire à une pièce absolument savoureuse où se mêlent pessimisme, souffles fugitifs d'espoir, caractères renversés et un rapport au temps faisant des aller-retours entre le présent, le futur hypothétique, le futur passé et le passé tragique, avec l'idée d'une destinée quasi-irréversible, malgré les faux espoirs de l'idéal et la passion d'un absolu difficilement atteignable, fruit d'une jeunesse qui espère, tandis que d'autres au contraire regardent avec amertume ou sarcasme leur vie passée et leur absence de réelle perspective d'avenir.
Une pièce noire, mais par beaucoup d'aspects si juste...

Et à propos du caractère anachronique de la pièce, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter ce petit passage tout à fait dans l'esprit d'Anouilh :

"- Frédéric : On dirait que c'est un soir dans très longtemps, quand nous viendrons passer quelques jours ici avec Julia. Ce sera tout pareil... Votre papa s'endormira dans son fauteuil, laissant éteindre son cigare. Julia s'affairera là-bas dans la cuisine. Nous oublierons d'allumer la lampe comme ce soir et nous écouterons venir la nuit.
- Jeanette : Vous ne viendrez jamais ici, vous le savez bien.
-Frédéric : Pourquoi ?
- Jeannette : Julia ne voudra jamais venir.
- Frédéric, après un silence : Alors c'est un soir d'il y a très longtemps au contraire. Un ancien soir qui ne veut pas cesser de vivre. Nous devons être très vieux en ce moment, usés, brisés, séparés depuis des années et des années, et nous sommes en train de nous rappeler ce soir calme où personne ne songeait à allumer la lampe et où nous restions là à attendre, sans savoir quoi. (...)"

Encore une histoire où tout ne tient qu'à un fil, où les personnages se font emporter par un destin qu'ils maîtrisent mal, dans une atmosphère de tragédie grecque et de comédie humaine.
Une vision très sombre et en même temps très fine des caractères et des êtres humains, des psychologies et petits travers tant masculins que féminins. Par certains aspects caricatural, mais une caricature volontaire et si ressemblante de cette comédie humaine et de la vie dans notre société, où l'idéalisme cède souvent la place au réalisme.
Une évocation très riche des rapports humains, leur complexité, leurs hésitations, leurs contradictions.
Un vrai miroir de la société...
En même temps, rien n'empêche, même en lisant Anouilh, de garder sa part d'idéalisme et de croire en la force de son action et de sa volonté. On peut lire des choses graves (sous des formes légères) sans cesser d'espérer et de bâtir. Car en chacun de nous se trouve la force qui conduit à construire son bonheur (et celui des autres) ou d'en gâcher l'opportunité, c'est selon.
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5.0 étoiles sur 5 romeo et jaennette, 18 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eurydice, suivi de "Roméo et Jeannette" (Poche)
j ai commender se livre pour ma fille car elle et en 3eme et quelle doit le lire car elle a un devoir dessus
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Eurydice, suivi de "Roméo et Jeannette"
Eurydice, suivi de "Roméo et Jeannette" de Jean Anouilh (Poche - 3 septembre 1980)
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