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Maximes et pensées : Caractères et anecdotes
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le 8 décembre 2011
Parmi les auteurs "classiques", et plus particulièrement parmi les "moralistes" français, si La Rochefoucauld arrive encore plus ou moins à échapper à l'oubli, certainement à cause de nos reminiscences scolaires, cela n'est pas le cas pour Chamfort, et ceci est bien dommage.

Chamfort est un auteur qui nous apparaît tout de suite plus humain qu'un La Rochefoucauld, moins représentant que ce dernier d'une caste élitiste. Chamfort dédaignait, refusait et combattait le monde corrompu dans lequel il était obligé de vivre, sans pour cela abandonner sa liberté de pensée vis-à-vis du monde nouveau qui se formait. Chamfort était un "esprit libre" et on peut comprend facilement pourquoi Nietzsche l'admirait. Albert Camus, dans sa préface, le qualifie quant à lui de "moraliste de la révolte".

Ses "maximes" sont en fait plus des "traits" que des maximes à proprement dit, dans le style de La Rochefoucauld, où la structure prend souvent autant d'importance que le sens. Ici le contenu prime. Il faut lire ces maximes un peu au hasard, en butinant de-ci de-là, et prendre le bonheur quand il arrive de tomber sur une de ces perles d'intelligence enrobées d'humour amer. Ces petits plaisirs peuvent même être encore plus vifs quand se fait jour un rapprochement possible avec notre actualité, comme si ces maximes avaient été écrites hier. Ainsi, pour illustrer mon propos, en voici deux relevées récemment :
- (n°457) : "Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant de vif".
- (n°502) : "Le public est gouverné comme il raisonne. Son droit est de dire des sottises, comme celui des ministres est d'en faire".

Albert Camus écrit que si Chamfort s'était "jeté tout entier dans la révolution", ce dernier "avait trop le goût d'une justice idéale pour accepter vraiment l'injustice inséparable de toute action". Chamfort, pour qui "les caractères vigoureux se reposent dans l'extrême", est décédé en 1794 après avoir fait une tentative de suicide...
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3 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Si Chamfort (1740-1794) reste encore un énigmatique inconnu pour beaucoup d'entre nous, son ouvrage Maximes et Pensées que voici (connu aussi sous le titre "Produits de la Civilisation perfectionnée") peut être considéré comme une lecture incontournable. Moins célèbre toutefois que La Rochefoucauld et La Bruyère, Chamfort est le moraliste de la révolte. Une édition réduite (à tarif réduit) a été publiée par folio tout récemment (Maximes et Pensées Morales) mais l'on privilégiera cette édition complète pour une lecture croustillante d'anecdotes, ainsi que pour ce très beau texte préfacé par Albert Camus (1944), lequel revient sur la difficulté d'entrer avec Chamfort "dans un de ces sentiments les plus communs et les plus sots qui soient au monde, je veux dire le mépris des femmes". Il est vrai que l'auteur de ces maximes n'est pas tendre avec la gente féminine, mais c'est pour mieux justifier le célibat à mon sens. Comme Camus, je n'aime pas toujours chez l'auteur de ces aphorismes ce côté "roquet" qu'il a parfois, ni sa hargne entrée et encore moins son désespoir total (1). Disons que je préfère largement un Cioran (autre époque, certes) ou un Nietzsche. Enfin, l'inconvénient des maximes, c'est bien souvent leur côté péremptoire, leur équation morale et généraliste où les signes du premier terme se retrouvent exactement dans le second. Il faut finalement beaucoup de style et de savoir faire pour arriver à la hauteur d'un Nietzsche (Le Gai Savoir), d'un Schopenhauer (Aphorismes sur la sagesse dans la vie) ou encore d'un Baltasar Gracian (L'art de la prudence) (2).

Mais l'intérêt de Chamfort, c'est qu'il n'écrit pas que des maximes (les deux premières parties). Et, que du style, il en a. Maîtrise de la langue française, chutes impressionnantes, et enfin art de la litote. Bien sûr, son amour pour le retrait et son éloge de la solitude pourraient être jugés malvenus par certains. Peu importe ! Son argumentation est lumineuse. Au delà de ce qu'en dit Camus dans sa préface, le lecteur admirera quelques recommandations de Chamfort, ces quelques rappels à ne pas se faire trop d'illusions sur la nature humaine. Ce sont des traits, certes, des coups de sonde, des éclairages brusques, mais ce ne sont jamais des lois. Toujours un appel à la simplicité (sans tomber dans le simplisme ou la bêtise) et surtout à l'observation. Voici un exemple éclairant à mon sens : "Il y a des fautes de conduite que, de nos jours, on ne fait plus guère ou qu'on fait beaucoup moins. On est tellement raffiné que, mettant l'esprit à la place de l'âme, un homme vil, pour peu qu'il ait réfléchi, s'abstient de quelques platitudes qui, autrefois, pouvaient réussir. J'ai vu des hommes malhonnêtes avoir quelquefois une conduite fière et décente avec un prince, un ministre; ne point fléchir, etc. Cela trompe les gens et les novices qui ne savent pas, ou bien oublient, qu'il faut juger un homme par l'ensemble de ses principes ou de son caractère". (3) D'autres exemples, notamment dans les deux premiers chapitres, me paraissent en revanche d'une trop grande évidence : "Préjugé, vanité, calcul, voilà ce qui gouverne le monde. Celui qui ne connaît pour règle de sa conduite que raison, vérité, sentiment, n'a presque rien de commun avec la société. C'est en lui-même qu'il doit chercher et trouver tout son bonheur" (maxime 159).

Comme pour Baltasar Gracian, on replacera l'oeuvre dans son contexte historique (début du XVIème pour Gracian, fin du XVIIIème siècle pour Chamfort). Mais ce qui fait toute la force de ces Maximes et Pensées, c'est, de façon assez paradoxale, leur caractère, leur "actualité". Ce constat assez amer aussi : l'homme n'a pas évolué ! Mieux, en ce début de XXIème siècle, c'est du pareil au même : Nous sommes au milieu d'une société sans force, sinon sans grâce, qui subit, et dont l'unique occupation paraît être de danser sur les volcans, avec ses minorités riches séparée du reste du monde, sourdes et aveugles, et le reste du monde qui, lui, subit mais peut paraître toujours aussi entêté de plaisirs fugaces et futiles. Or Chamfort nous rappelle l'importance de garder une bonne conscience : "La conviction est la conscience de l'esprit" (maxime 151) même s'il oublie que la conscience évolue (Nietszche). Ce qui m'a beaucoup plu dans ces maximes, c'est aussi la critique à l'égard d'une société figée dans les abstractions des étiquettes. Chamfort a choisi de les montrer sans fard, sans hypocrisie, ces étiquettes, comme des marionnettes, de l'extérieur. Comme le rappelle Camus une fois de plus, "les êtres sont toujours représentés dans leur action. Les traits de Chamfort peignent des caractères". Et le lecteur d'être comme éclairé, c'est certain. Par ailleurs, Chamfort revient souvent sur la notion de "réussite sociale". Pour lui, celle-ci n'a de sens que dans une société à laquelle on croit. Tout un programme ! Malheureusement, "le monde est devenu si méprisable que le peu de gens honnêtes qui s'y trouve, estiment ceux qui le méprisent, et y sont déterminés par ce mépris même" (maxime 201). Un certain art du paradoxe, donc. D'une extrême sensibilité, Chamfort pourrait se rapprocher, de par son pessimisme, de L'Ecclésiaste : "Vanité des vanité, tout est vanité."

_________________________________________________________________________________________________________

(1) Chamfort s'est suicidé dans des circonstances tragiques...

(2) On lira ce recueil en veillant d'abord à replacer ces maximes dans leur contexte historique (tout comme l'ouvrage de Baltasar Gracian).

(3) On prendra bien sûr le sens du verbe "juger" dans celui "d'évaluer" et non de condamner.

(4) Ainsi l'ouvrage se compose de deux parties :
Première partie. "Maximes et Pensées"
"Maximes générales", puis "De la société, des grands, des riches, des gens du monde", "Du goût pour la retraite et de la dignité du caractère", "Pensées morales", "Des femmes, de l'amour, du mariage et de la galanterie", "Des savants et des gens de lettres", et enfin "de l'esclavage et de la liberté, de la France avant et depuis la Révolution".
Seconde partie. "Caractères et anecdotes".
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le 27 janvier 2013
C'est un de mes livres de chevet, la dernière flamboyance de l'Esprit Français, un connaissance de l'âme humaine qui va bien au delà de la psychologie
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le 3 juin 2014
Misanthrope, qui aime trop "l'Homme", pour pouvoir aimer tous ceux qui prétendent à ce titre. Diogène l'aurait trouvé son "Homme" s'il avait été son contemporain.
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le 11 août 2011
La préface de Camus est éclairante et lumineuse ; l'œuvre en soi merveilleuse, chef-d'œuvre du XVIIIe siècle ! A lire...
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