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5.0 étoiles sur 5 Shanghai Jim, "en même temps éveillé et profondément endormi, en train de rêver la guerre et rêvé par elle"
Même si l'on peut trouver son œuvre inégal, il n'est pas douteux que James Graham Ballard est un des grands écrivains d'anticipation des dernières décennies. Mort en 2009, il restera non seulement comme l'auteur des multiples romans de sa fin de carrière mettant en garde contre les dérives d'une société de...
Publié il y a 2 mois par LD

versus
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La vie c'est pas du cinéma
Jim Ballard, dans ce roman autobiographique, raconte l'odyssée qu'il a vécue durant la seconde guerre mondiale en Asie, lorsque, coupé de ses parents pendant plusieurs mois, il a été obligé de se débrouiller tout seul. Témoignage mais aussi récit d'initiation, le roman fait découvrir l'enfance de l'un...
Publié le 19 août 2002 par Louis Gastebois


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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La vie c'est pas du cinéma, 19 août 2002
Par 
Louis Gastebois (STRASBOURG, BAS-RHIN France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Empire du Soleil (Poche)
Jim Ballard, dans ce roman autobiographique, raconte l'odyssée qu'il a vécue durant la seconde guerre mondiale en Asie, lorsque, coupé de ses parents pendant plusieurs mois, il a été obligé de se débrouiller tout seul. Témoignage mais aussi récit d'initiation, le roman fait découvrir l'enfance de l'un des plus grands auteurs de SF. Par l'écho qu'il donne à certains thèmes chers à Ballard, il permet aussi de comprendre ses obsessions et ses rêves.
"Empire du soleil" a été adapté en 1987 par Steven Spielberg.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Shanghai Jim, "en même temps éveillé et profondément endormi, en train de rêver la guerre et rêvé par elle", 1 mai 2014
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Empire du Soleil (Poche)
Même si l'on peut trouver son œuvre inégal, il n'est pas douteux que James Graham Ballard est un des grands écrivains d'anticipation des dernières décennies. Mort en 2009, il restera non seulement comme l'auteur des multiples romans de sa fin de carrière mettant en garde contre les dérives d'une société de consommation aux tendances fascistoïdes, mais aussi comme celui du séminalement provocant Crash! (cf. La trilogie de béton: Crash, l'île de béton, I.G.H. republiée récemment en Folio) ou des paraboles écologiques comme La Forêt de cristal.

À partir de 1984, avec la parution de Empire of the Sun / Empire du Soleil, il est devenu clair pour tous que la période de son enfance n'a pas été pour rien dans le pessimisme de sa vision du monde. Elle ne s'y limite certes pas, tant sa découverte conjointe de la psychanalyse et du surréalisme pendant ses études supérieures ont été des influences majeures sur son écriture. Mais la rédaction, à bonne distance des événements, d'un texte qui allait puiser dans les expériences de son adolescence en Chine pendant la guerre est bien ce qui a permis non seulement aux lecteurs, mais de son propre aveu à J. G. Ballard lui-même, de mieux saisir un certain nombre de ses obsessions, des situations et images récurrentes de ses romans passés, etc.

Ballard est né à Shanghai en 1930 et ne met pas les pieds en Angleterre avant l'après-guerre (il quitte la Chine en 1946). Fils du directeur de la filiale chinoise d'une entreprise de textile de Manchester, il vit la vie dorée des enfants d'expatriés de relativement haut rang dans une ville dont il est protégé tout en ayant assez de contacts avec elle pour être fasciné par son énergie débordante et sa bigarrure. La famille Ballard reste à Shanghai pendant toute l'occupation japonaise, et se retrouve envoyée comme la plupart des autres résidents des concessions étrangères dans des camps de civils après leur reprise en main en décembre 1941, au lendemain de Pearl Harbor.

Le roman commence juste avant cette date et retrace les tribulations du jeune héros, Jim (dont l'âge est celui de James Graham au moment des événements), tout d'abord dans Shanghai puis dans les camps d'internement par lesquels il passe pendant trois ans, jusqu'à après la capitulation du Japon. Une note liminaire ne fait aucun mystère du caractère autobiographique de ce roman : "Empire du soleil s'inspire de ce que j'ai vécu à Shanghai pendant la Seconde Guerre mondiale, et au C.A.C. (Civilian Assembly Center) de Longhua, où j'ai été interné de 1942 à 1945. Ce roman se fonde pour l'essentiel sur des événements que j'ai observés pendant l'occupation japonaise de Shanghai et à l'intérieur du camp."

Au détail près que James Graham Ballard n'a pendant la guerre jamais été séparé de ses parents, alors que le héros de son roman passe ses trois années de camp sans eux, après qu'ils ont été séparés sur le Bund. S'il fallait encore des exemples d'auteurs choisissant sciemment de parler de leur passé en optant pour la forme romanesque et non pour celle de l'autobiographie ou du "memoir", en voici un des plus probants. Ballard s'en est expliqué par la suite : la période de leur internement a été celle d'un éloignement progressif et sans remède entre ses parents et lui ; d'une part ils ne pouvaient rien pour lui, ni le nourrir ni le défendre, d'autre part il a appris à se débrouiller par lui-même, en se créant d'autres liens et en devenant l'agent de sa propre liberté, voire un électron libre sur lequel ils n'avaient presque plus aucun contrôle. Dans ces conditions, faire de son personnage une manière d'orphelin ne faisait que pousser la logique de ce qui lui était arrivé à son terme. Quoi qu'il en soit, et quelle que soit l'analyse que l'on voudra bien faire de ce changement majeur apporté par l'auteur à ce qu'il a vécu pendant ses années de guerre, il est évident que si Ballard revendique le choix du roman et l'invention qui y est liée, il est allé chercher les souvenirs, une quarantaine d'années après les faits, très profondément en lui. Anthony Burgess a dit à propos de ce livre qu'il "fond de façon brillante l'histoire, l'autobiographie et la spéculation imaginative". Ce n'est pas là le moindre de ses mérites.

Un roman semi-autobiographique donc, qui derrière sa linéarité et sa simplicité, qui l'apparentent de fait à un "memoir", n'en propose pas moins un véritable travail littéraire. Dans une langue toujours précise, Ballard trouve la clé d'un style relativement sec qui se permet toutefois toutes sortes d'images évocatrices. Entre des descriptions de lieux et d'actions qui leur donnent une existence immédiates, Ballard ne perd jamais de vue l'évolution de son jeune héros en proie aux changements, soumis à des adaptations incessantes. De Jamie, le petit Britannique vaguement tête à claques dont la vie est un cocon à peine entrouvert sur une ville dont bien des aspects le fascinent (de même que les soldats japonais, qu'il respecte bien plus que les Chinois) à Shanghai Jim, le vibrion du camp que rien ni personne ne peut retenir mais qui fait pourtant le lien entre les représentants de ses différentes communautés, le narrateur fait le récit d'une formation qui est aussi une fragmentation. Nombre de phrases viennent ponctuer le récit pour donner l'état de la transformation du protagoniste principal à un moment donné, mais peut-être aucune ne résume mieux ce que le roman finit par dessiner que celle que j'ai citée dans le titre : si la guerre propose nombre de situations excitantes qui nécessitent donc une adaptation de tous les instants, celle-ci finit par avoir raison même de l'énergie la plus vivace, et plonge le garçon dans un sommeil paradoxal dans lequel il finit par rêver sa vie autant qu'elle le rêve. Les errances et les visions de Jim dans la dernière partie du roman, tout en restant clairement ordonnées pour que le lecteur ne s'y perde pas, en témoignent.

On peut bien sûr trouver quelques limites à ce roman, aussi bien du côté de son style que de ce qu'on pourra qualifier de longueurs dans sa deuxième moitié. Mais outre que celles-ci ne sont pas démesurées, Ballard me semble avoir trouvé sa manière à lui de conter cette histoire avec la plus grande exactitude possible (et sans doute fidélité à ses souvenirs et perceptions de l'époque) tout en lui conférant une étrangeté suffisante pour qu'elle reste absolument singulière et toujours captivante.

L'anglais de ce roman n'est pas d'une difficulté excessive mais nombre de mots sont choisis avec précision et peuvent entraver la compréhension. Cela étant, comme beaucoup d'entre eux sont répétés à maintes reprises, le lecteur peut les saisir à la deuxième ou troisième occurrence si cela n'a pas été le cas tout de suite. La traduction française de la regrettée Élisabeth Gille excelle à rendre ce style qui oscille entre notations cliniques et images plus poétiques. Personnalité plus qu'intéressante de l'édition de notre pays, Élisabeth Gille était la fille d'Irène Nemirovsky. Après que sa mère a été déportée, elle a passé toute la fin de la guerre à vivre dans la clandestinité avec sa sœur, en attendant vainement le retour de ses parents - elle en a fait le récit dans Un paysage de cendres. Sans nul doute cette amatrice de science-fiction, qui a dirigé la collection Présence du futur et admirait le Ballard d'avant ce roman, s'est-elle sentie une proximité avec ce texte qui est allée bien au-delà du simple intérêt littéraire. En tout cas, le résultat est à saluer.

Au début des années 90, Ballard à fait suivre Empire du soleil de The Kindness of Women / La bonté des femmes (à reparaître en juin chez Tristram), qui couvre la période de son retour en Angleterre, pays dans lequel il ne se sentait pas particulièrement en phase. Se sachant condamné, il est revenu en 2008 une dernière fois sur sa vie, et en particulier sur ces périodes, dans ce qui cette fois-ci est ouvertement une autobiographie : Miracles of Life: Shanghai to Shepperton : an Autobiography / La vie et rien d'autre. Confronter les textes romanesque et autobiographique est évidemment passionnant, d'autant que Ballard donne corps à ce qui n'étaient que des détails, même marquants, dans le roman. Il est à noter que dans l'édition anglaise P.S. de Harper Perennial que j'ai mise en lien ci-dessus, sont inclus un entretien et un article de Ballard paru dans la presse en 1995, "The End of My War" qui fait déjà le point, avant même l'autobiographie, sur un certain nombre de choses qu'il n'avait éclairées que partiellement au préalable.

Ballard, qui n'a pas été un recordman des ventes pendant des années, s'amusait du fait que ce seul roman a suffi à garnir son compte en banque plus qu'il ne pouvait l'imaginer, évidemment surtout après qu'il est devenu un film de Steven Spielberg en 1987 : Empire du soleil (dvd, disponible en blu-ray français en exclusivité dans une autre épicerie culturelle bien connue). Ballard trouvait le film "très impressionnant" et disait qu'il se bonifiait même avec l'âge selon lui, surtout lorsqu'il avait fini par le voir comme une œuvre séparée de la sienne, loin des "mille et un écarts" qu'il n'avait pu s'empêcher de noter de prime abord. Il faut reconnaître que l'adaptation du dramaturge et scénariste Tom Stoppard est habile, et qu'il condense les scènes intelligemment la plupart du temps. Je comprends mal en revanche pourquoi Stoppard et Spielberg ont choisi de ne pas situer le premier camp dans un cinéma en plein air désaffecté, comme dans le roman : c'était pourtant pain bénit pour le cinéaste - ainsi de l'image de Jim attendant dans un fauteuil que le soleil déclinant fasse surgir sur l'écran les ombres des grands hôtels du Bund. En ce qui le concerne, et pour le dire vite, on peut avancer qu'Empire du soleil concentre le meilleur et le pire de Spielberg. Alors que l'esprit du livre exigeait que soit conservée une sécheresse à peine tempérée par quelques accès de lyrisme, Spielberg verse dans une grandiloquence déplacée à trop de reprises. Mais outre que Christian Bale est magnétique dans son premier rôle (et à n'en pas douter formidablement dirigé), dans ses meilleures séquences le film exprime une bonne partie de la puissance du récit de Ballard. Pour ces séquences - aussi bien les plus spectaculaires, à la David Lean (les scènes de foule dans Shanghai en proie à la panique), que certaines plus intimistes, comme toute la partie où Jim est isolé après avoir perdu ses parents, ou certaines des scènes du camp - et pour la prestation de Christian Bale, le film vaut à mon sens amplement d'être vu. Le roman vaut quant à lui de toute façon d'être lu, que l'on ait vu le film de Spielberg ou non, et si c'est le cas qu'on l'apprécie ou non.
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5.0 étoiles sur 5 Lu d'une traite, 5 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Empire du Soleil (Poche)
Je ne connais pas les autres livres de l'auteur, n'ai pas vu le film non plus.

Mais j'AIME ce livre.

Ecriture efficace et évocatrice, des phrases magiques disséminées dans les pages, et cet enfant, qui doit survivre en se mesurant sauvagement à la vie.
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Empire du Soleil
Empire du Soleil de James Graham Ballard (Poche - 11 mai 1990)
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