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5.0 étoiles sur 5 Freak Idols
Il y a à peine deux mois, j'écrivais un commentaire sur A Childhood: The Biography of a Place / Des mules et des hommes : Une enfance, un lieu, le récit que Harry Crews a consacré en 1978 à son enfance en Géorgie. Je ne me doutais évidemment pas que Crews tirerait sa révérence peu après, à la fin...
Publié le 17 avril 2012 par LD

versus
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3.0 étoiles sur 5 Un athmosphère à la Jérôme Bosch
Lorsque le chanteur de Gospel paraît, le mécréant tombe dans la tirelire du bon Dieu plus vite que la demoiselle dans le lit de Casanova. Il a le don de mettre en transe son public comme de transporter de l’extase à l’orgasme quelques privilégiées devenues pour un soir des prostituées sacrées. Surtout...
Publié il y a 21 mois par Arribat


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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Freak Idols, 17 avril 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chanteur de Gospel (Poche)
Il y a à peine deux mois, j'écrivais un commentaire sur A Childhood: The Biography of a Place / Des mules et des hommes : Une enfance, un lieu, le récit que Harry Crews a consacré en 1978 à son enfance en Géorgie. Je ne me doutais évidemment pas que Crews tirerait sa révérence peu après, à la fin mars 2012. La nécrologie du New York Times se clôt en assurant qu'aujourd'hui plus que jamais, le monde littéraire a besoin d'outsiders et de hors-la-loi, et qu'avec la disparition de Harry Crews, il en reste vraiment très peu.

Pour en savoir plus sur l'auteur, sa vie relativement mouvementée et son univers passablement déjanté, j'invite les anglophones à aller consulter le site harrycrews.org, qui regorge d'essais, d'entretiens et de liens vers des articles de presse. Et comme je fais partie de ceux qui pensent qu'il n'est pas encore tout à fait reconnu à sa juste valeur - en France, mais aussi dans les pays anglophones, où la plupart de ses livres sont aujourd'hui épuisés et quasiment introuvables - je choisis de mettre en valeur un autre de ses ouvrages, le premier de ses romans et déjà un coup de maître : The Gospel Singer / Le Chanteur de Gospel.

Levons tout d'abord les équivoques possibles. Crews a été publié dans la Série Noire, puis les livres ont été repris en Folio policier, et pourtant pratiquement aucun de ses romans ne peut à proprement parler être considéré comme un roman noir, encore moins comme un roman policier ou à énigme. Dans mon commentaire précédent, j'écrivais que Crews peut être vu comme l'enfant naturel de Erskine Caldwell et de Jim Thompson. Pères en littérature auxquels on pourrait ajouter d'autres écrivains du Sud, comme William Faulkner, Carson McCullers et surtout Flannery O'Connor. Bref, pour aller très vite, Crews serait à ranger dans la catégorie du "Gothique du Sud", qui comme bien des catégories est bien commode mais un peu trop vaste pour rendre compte de tempéraments et de styles aussi différents que ceux des auteurs que je viens d'évoquer. Cela étant, si l'on considère certains des traits les plus évidents - goût pour la difformité et sens du grotesque; exploration des zones d'ombres pour faire jouer le vice avec la vertu; fascination pour la décadence et le putride - il ne fait aucun doute que Crews se situe bien dans cette lignée et que sa Géorgie natale y joue un rôle éminent, comme c'était le cas pour Caldwell ou O'Connor avant lui.

Pour Le Chanteur de Gospel, le religieux étant son centre, on sent particulièrement l'influence d'une Flannery O'Connor (Wise Blood / La Sagesse dans le sang, repris dans l'indispensable Quarto Oeuvres complètes : Romans, nouvelles, essais, correspondance) mais aussi sans doute d'un Sinclair Lewis (Elmer Gantry / Elmer Gantry, le charlatan), en tout cas en tant qu'ils viennent se mêler à des influences sudistes plus larges. Le résultat est un drôle de mélange, assez idéalement grotesque et piquant (voir synopsis ci-dessus).

Il n'y a qu'à considérer les protagonistes principaux. Le Chanteur de gospel, enfant du cru ayant pu quitter le patelin parce que doté d'une beauté et d'une voix hors du commun, fait des tournées dans le pays, à chacune de ses apparitions fait se convertir les gens comme des mouches, et se vautre dans le stupre le reste du temps. Didymus, son imprésario-âme damnée, qui lui inflige pénitence sur pénitence en privé tout en faisant tout pour soigner son image publique. Foot, patron de foire qui exhibe toutes sortes de phénomènes, à commencer par lui-même avec son pied géant, disposé à prendre dans sa troupe le frère du Chanteur de gospel, Gerd, victime d'une maladie de peau et prêt à tout pour quitter le bled comme son frère. MaryBell Carter, beauté locale, vierge notoire sur laquelle tous les mâles du cru bavent mais qui "se garde" pour le Chanteur de gospel, jusqu'à ce que les choses tournent à l'aigre. Sans même mentionner la famille du Chanteur de gospel, constituée de quelques joyeux branques, et le reste de la population d'Enigma, souvent vue comme assemblée de paralytiques et d'éclopés ou comme foule déchaînée.

Ces personnages et situations permettent à Crews de s'en donner à coeur-joie. Mais pas forcément en cédant tout le temps au trop-plein. Ménageant des pauses, structuré de façon assez simple mais avec des flashbacks bienvenus qui apportent des éléments vitaux pour nourrir la compréhension et préparer la suite, le récit progresse à un bon rythme mais sans tout céder à l'efficacité. Efficaces, toutefois, les dernières scènes le sont. On peut parler de grand finale pour les trente dernières pages, où tout converge, et en particulier tous les thèmes : la religion-spectacle, la crédulité et l'idolâtrie, le mercantilisme érigé au rang de religion, la normalité comme monstruosité et le monstrueux érigé au rang de norme, le vice comme face obligée de la vertu, etc. Ou plus exactement, Crews montre, sans presque jamais donner dans le discours, comment tous ces aspects sont tellement interdépendants qu'ils finissent par se nourrir naturellement les uns les autres, jusqu'au grotesque le plus achevé et à la nécessaire explosion-purgation.

Bref, un livre réjouissant, pas absolument parfait au sens où certains passages peuvent sembler un peu moins réussis que d'autres, mais qui pris dans son ensemble captive et souvent amuse, avec son festival de "freaks" qui sont autant d'idoles ou rêvent de le devenir, tandis que les autres viennent nourrir les rangs d'une monstruosité ordinaire dont ils ne sont pas même véritablement conscients. Un de ces romans américains où un écrivain présente aux Etats-Unis un miroir qui, pour être déformant, n'en est pas moins un miroir. On ose espérer que ce n'est pas pour cette raison que l'on ne trouve plus ce livre aux Etats-Unis depuis déjà quelque temps. Souhaitons que la mort de Crews ait au moins cela de bon qu'elle permettra la réédition de ses nombreux romans aujourd'hui épuisés.

En France, nettement plus de ses romans sont actuellement disponibles. Parmi ceux que j'ai lus, je conseillerai en outre La Foire aux serpents, Le Roi du K.O. et Le Faucon va mourir. Et bien sûr, ses Mémoires auxquels j'ai déjà consacré un commentaire et pour lesquels le lien se trouve ci-dessus, pour l'édition en anglais comme pour celle en français. A ne pas rater.
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3.0 étoiles sur 5 Un athmosphère à la Jérôme Bosch, 21 décembre 2012
Par 
Arribat - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chanteur de Gospel (Poche)
Lorsque le chanteur de Gospel paraît, le mécréant tombe dans la tirelire du bon Dieu plus vite que la demoiselle dans le lit de Casanova. Il a le don de mettre en transe son public comme de transporter de l’extase à l’orgasme quelques privilégiées devenues pour un soir des prostituées sacrées. Surtout sacrées ! Parce que pour le chanteur, le jardin des délices c’est de s’imaginer en prof de pornographie pour chaste convertie du jour. Délice sans égal de la fornication sacrilège. Pourtant rien de véritablement pervers parce que le chanteur ne cherche à tromper personne. Il chante. Point basta. Le reste c’est de l’avantage en nature.

Autrement dit l’histoire ne va pas là où je l’attendais. Rien sur l’habituel prédicateur libidineux qui profite du gogo pour faire son beurre. Il faut s'adapter à un projet plus subtil, le retour d’un enfant prodigue attendu comme le messie, mais qui ne veut justement pas l’être. Mauvaise idée quand on sort d’Enigma, un pet de gnome lâché dans un coin de Géorgie. On ne devrait jamais remettre les pieds dans ce bled plus habitué à élever du porc ou de l’obèse qu’à pondre du mage. Si l’auteur s’écarte des habituels sentiers iconoclastes il n’arrive cependant pas à nous captiver malgré son univers burlesque sorti tout droit d’un tableau de Jérôme Bosch. Un enfer à ciel ouvert qui contre toute attente engloutit ceux qui ne veulent pas être prophètes en leur pays. Aussi en dépit de la qualité de l’écriture et de l’originalité du traitement, l’histoire linéaire a du mal à captiver. En revanche elle donne à réfléchir sur ce besoin d’illusions dont se nourrit trop souvent l’humanité, besoin qu’il vaut mieux ne pas ignorer.
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4.0 étoiles sur 5 A découvrir ., 11 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chanteur de Gospel (Poche)
J'ai aimé ce roman , parce que j'aime la littérature nord américaine et que je ne connaissait pas l'auteur . Résultat : "bonne pioche " . C'est tout ce que je recherche : un drame , des bouseux de Louisiane qui sont jamais sortis de leur trou , un noir accusé de meurtre ... Bref , dès le départ , on sait que ça va mal finir . Le style est bon ( si ce n'est que l'on ne connait pas le nom du Chanteur de gospel , à part que c'est Le Chanteur de Gospel ! Ce titre est, en effet, répété 1 par ligne et à force , c'est lourd ! A moins que ce soit voulu ? Lourd et oppressant , comme le climat du roman ???
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Le Chanteur de Gospel
Le Chanteur de Gospel de Harry Crews (Poche - 18 juin 2009)
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