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TEMPLE DE LA RENOMMEEle 29 novembre 2010
Herman Melville prend d'emblée un parti osé : écrire une sorte de monographie romanesque sur la baleine et la chasse qui lui est faite au milieu du XIXème siècle.

Choix doublement hasardeux d'une part parce qu'à l'époque la connaissance des cétacés n'est pas mirobolante et d'autre part, parce que le sujet de la chasse à la baleine n'est ni très fédérateur ni très palpitant, a priori. Comme quoi, l'auteur démontre qu'on peut faire un véritable chef-d'œuvre avec n'importe quoi, qu'il n'y a pas de mauvais sujet ou de petites portes d'entrée pour faire un grand roman, qu'il suffit d'un grand talent, et ça, Melville en a à revendre.

Il aborde, à travers le prisme de la baleine, l'univers dans son entier, où j'ai remarqué, pêle-mêle : l'économie, le consumérisme, l'écologie, les relations raciales entre les hommes, le système social d'un microcosme, les valeurs humaines, les passions, les mythes et les religions, l'histoire, la philosophie, le développement technique, la compétition athlétique, la législation, la solidarité, la folie, bref, le monde, à l'image de ses interminables océans où se meuvent nos augustes mammifères marins.

Quelle étrange activité tout de même quand on y songe ; il s'agit d'un bateau de pêche, mais à la vérité, on y chasse. On y chasse quoi ? Le plus grand prédateur carnivore du monde, le grand cachalot aux terribles mâchoires. On le chasse comment ? À l'arme blanche (sachant qu'à l'époque, les chasseurs utilisaient déjà le fusil pour pratiquement tous les autres types de chasse). On le chasse où ? Sur la Terre entière et son vaste océan, autant dire une goutte d'eau dans une piscine. Dans quelle zone ? Dans la mince et improbable zone de contact entre ce géant des profondeurs aqueuses et ce frileux minuscule primate aérien. Avouez qu'il y a de quoi s'arrêter sur une activité aussi singulière.

Nous suivons donc le brave Ishmaël, en rupture avec le monde citadin de New York, qui s'embarque à la fois pour oublier, se sentir vivre, donner un sens à sa vie, et aussi se faire des petites montées d'adrénaline au passage. Une manière de Kerouac avant l'heure en quelque sorte.

Notre matelot par intérim, rencontre à Nantucket — le grand port baleinier de la côte est — un harponneur coupeur de tête, Queequeg, qui deviendra un ami indéfectible. Les deux gaillards s'embarquent sur le Péquod, un baleinier de réputation acceptable, à la tête duquel officie un obscur capitaine qui sème le froid dans le dos, avec son regard farouche et sa jambe de bois, ou, plus précisément, avec sa jambe d'ivoire taillée dans une mâchoire de cachalot.

On découvre vite que ce vieux fou de capitaine se contrefiche que des gars, voire un équipage complet risque sa peau, pour peu que lui, Achab, puisse assouvir sa vengeance envers celui qui lui a retaillé les mollets, à savoir, Monsieur Moby Dick en personne, un cachalot étonnamment blanc, doué d'un caractère assez vicieux (du point de vue de l'humain) pour qui essaie de lui planter un harpon dans la carcasse.

Vous avez compris que Melville fait de ce roman bien plus qu'un basique roman d'aventures, que de bout en bout, il lui donne une consonance biblique et que le nom d'Achab n'est pas choisi au hasard et qu'il fait visiblement référence au Livre des Rois de l'Ancien Testament où Achab, un roi d'Israël, estimait ne rien posséder tant qu'il n'aurait pu mettre la main aussi sur la vigne de Naboth. On peut en dire autant de beaucoup des noms utilisés dans le roman et qui renvoient quasiment tous à des passages de la Bible.

Le personnage du capitaine Achab est donc particulièrement intéressant, avec sa manie qui tourne à la folie de vouloir à tout prix la dernière parcelle de l'océan qui lui résiste, sa science et son caractère taciturne qui le rendent comparable au Capitaine Nemo de Jules Verne, mais je sens qu'il est grand temps de ne pas vous en dire plus si je ne veux pas déflorer davantage le nœud de l'intrigue pour celles et ceux qui auraient encore le bonheur de ne pas connaître la substance de cet immense monument de la littérature mondiale, père de tout un courant de la littérature américaine, en passant du Vieil Homme Et La Mer au célèbre Sur La Route.

Qu'est-ce qu'Herman Melville cherche à nous dire avec l'essence de ce livre ? On pourrait hasarder des milliers d'interprétations car, dans cette œuvre, tout est parabole, tout est symbole, tout est à interpréter. Selon notre propre jus culturel on y lira des choses résolument différentes. Je me bornerai donc à n'en livrer qu'une seule, celle de l'homme qui essaie de maîtriser, contrôler, juguler la nature, la fantastique et surpuissante nature qui, quand il se sent trop fort, trop sûr de lui, lui rappelle qu'il n'est qu'un homme, un tout petit homme, et qu'Elle est grande, qu'Elle est éternelle tandis que lui est dérisoire, horriblement mortel et risiblement fragile. Le cachalot géant l'a rappelé au capitaine Achab et le monde nous le rappelle à nous périodiquement, avec un tsunami, une sécheresse, un tremblement de terre, un glissement de terrain, que sais-je encore, un avion qui s'abîme en mer, tellement petit, tellement frêle dans cet océan qu'on n'arrive même pas à en retrouver la moindre miette...

Mais tout ceci, bien évidemment, n'est que mon tout petit avis planctonique qui évolue gauchement au milieu de l'océan de ceux qui l'ont dit et pensé mieux que moi, autant dire, une larve de krill, presque rien. J'en terminerai en vous offrant quelques menus passages qui vous éclaireront peut-être sur la finesse littéraire de l'auteur:

"Malgré ses tatouages, c'était un cannibale somme toute propre et appétissant."

"Car dans ce bas monde, camarades de mer, le péché qui paie sa place peut voyager librement et sans passeport, tandis que la vertu pauvre se voit arrêtée, elle, à toutes les frontières."

"Pour si grande que soit la supériorité intellectuelle d'un homme, il ne peut pratiquement et durablement dominer d'autres hommes sans jouer une sorte de comédie toujours un peu vile."

"Mais il ne pouvait être question de pitié ici. Malgré sa vieillesse, son unique nageoire et ses yeux aveugles, la baleine était vouée à la mort par assassinat, afin de donner de la clarté aux joyeux mariages et autres festins de l'homme, et aussi à illuminer les solennelles églises dans lesquelles il est prêché que tous doivent être absolument inoffensifs envers tous."

"Par ces paroles, Stubb, sans doute, suggérait indirectement que l'homme a beau aimer son semblable, néanmoins l'homme est un animal fait pour gagner de l'argent et que ce dernier penchant peut souvent empêcher sa bonté naturelle."
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 26 avril 2008
Il n'est jamais trop tard pour découvrir un classique universel. Mais une question demeure pour Moby Dick : combien y'a-t-il de livres dans ce bijou ? Qui me répond "un" l'a visiblement mal lu : récit d'aventures, drame shakespearien, fulgurances philosophiques et métaphysiques, leçon d'écriture, encyclopédie de la mer, encyclopédie de la baleine blanche - autant de livres en un seul.

Le livre s'ouvre sur le plus bel éloge de l'eau qui ait jamais été écrit et se termine sur une scène qui n'a rien à envier à l'Apocalypse. Entre temps, nous naviguons sur un baleinier rempli de fous géniaux, et c'est peu dire que nous avons bien du mal à rejoindre la terre ferme.
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On se laisse transporter par ce chef d'oeuvre de la littérature qui plaira aux plus jeunes comme aux moins jeunes.

Les descriptions peuvent parfois sembler un peu longue mais ce soucis du détail d'Herman Melville rend le livre (inspiré d'une histoire vraie) encore plus passionant à mes yeux. On n'a pas le temps de s'ennuyer en lisant les aventures d'Ismaël à bord du Pequod, matelot sous les ordres du capitaine Achab, en chasse de Moby Dick.

La version Kindle semble complète, je n'ai pas remarqué d'oublis par rapport à la version papier ce qui est malheureusement souvent le cas avec les livres en format Kindle.

Très bon livre
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le 1 juin 2016
Je ne comprends pas pourquoi ce livre est élevé au niveau de standard. Certes les longues phrases aux descriptions soignées et au vocabulaire choisi nous mènent sur le chemin de comparaisons volubiles, mais je concède que je n'ai pas pris un plaisir intense à cette lecture à la limite de la lassitude.
Je remercie tout de même l'auteur pour cet instantané des connaissances sur les mammifères marins et cétacés du XIXe.

A.J. Crime
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le 4 juillet 2007
Ce livre est un choc. Sa beauté est indescriptible. J'envie ceux qui vont le découvrir, je salue ceux qui s'en sont fait un compagnon, j'embrasse celui qui en a percé les arcanes.
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le 26 décembre 2006
Le livre souffre peut-être de sa réputation de classique, les lecteurs ont peut-être peur de découvrir une vieille chose poussiéreuse...Pas du tout ! c'est un roman d'aventures au souffle épique, avec des fulgurances poétiques ahurissantes. Les tirades de Achab notamment sont des merveilles : "Vous êtes des requins, certainement, mais si vous gouvernez le requin en vous, alors vous êtes anges ; car tout ange n'est rien d'autre qu'un requin bien gouverné."

A (re)découvrir absolument !!
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le 24 février 2015
J'achetais le produit pensant obtenir la version intégrale mais non, il s'agit d'une version abrégée ! Attention à ne pas vous tromper sur la marchandise !
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le 24 mars 2016
j'ai un problème pour lire les livres kindle depuis qu'il y a eu un changement.
Je ne sais pas comment faire et je suis bien embêtée.
En ce moment je n'ai pas le temps de m'y pencher mais j'espère qu'Amazon pourra m'aider.
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le 4 mars 2005
Un suberbe album qui relate l'histoire mais avec des peintures majistrales illustrant les grands moment de l'oeuvre et qui transmettent les emotions du narrateur, avec qui le lecteur peut sympathiser.
Un tres beau livre a mettre entre les mains d'un enfant de 7/8 ans et plus - mon fils a adore, et j'ai hate a ce qu'il lise l'original:
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le 22 mai 2010
Sur la valeur du roman de Melville, aucun besoin d'épiloguer.
Mais parmi la masse des traductions disponibles, celle d'Armel Guerne est la meilleur, la plus fidèle au texte américain, la plus plaisante à lire.
Un travail superbe.
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